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L'Inde française , livre ebook

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Description

En 1744, Georges Ducamp, 17 ans, décide de quitter sa famille pour visiter l’Inde. Il part sur un navire de son père, armateur Nantais. Le trajet, long et périlleux, lui fait vivre de fortes aventures, qui le marquent à jamais. Débarqué à Pondichéry, il est émerveillé et se lie d’amitiés avec le gouverneur, Joseph-François Dupleix. Décidé à ne pas rentrer, il est très vite amoureux, épouse l’Inde à travers une jeune indienne et la religion hindou. Parallèlement, il monte ses affaires et participe à divers coups militaire sous les ordres de son mentor. Ses aventures ne font que commencer, dans cette Inde devenue majoritairement française...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 février 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782414160273
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-16025-9

© Edilivre, 2018
Du même auteur
Du même auteur :
– L’usurpateur
– Xlendi mon amour
1 La route des Indes
L’ Albatros , trois-mâts à grandes voiles carrées, traverse le golfe de Gascogne. Sa forte cargaison de sel, vins, tissus et diverses babioles, emplit ses cales à plein. Le vent porte bien, malgré un océan quelque peu mouvementé. Sur le pont du château arrière, pantalon écru dans mes bottes noires, grande redingote ouverte sur un gilet serré chevrotine et chemise blanche, j’observe attentivement, appuyé au bastingage. Visage clair, brun aux cheveux courts, nez aquilin, mon regard vert plonge alternativement entre l’océan et mon calepin. Je note scrupuleusement tout ce qui m’arrive et ce que je découvre. Le capitaine, Jean Lyphard, la quarantaine passée, mince, tout de bleu vêtu en complet aux fioritures de guipures argentées, les yeux charbon, tricorne assorti et perruque longue bouclée blanche, s’approche.
– Alors mon garçon, tout va bien ? Pas triste de tout quitter ?
– Pas du tout. Je vais très bien, capitaine ! La mer est calme, le temps est beau. C’est merveilleux !
– Comme tu dis, grommelle Jean. Pour le moment. Jusque-là, on a eu beaucoup de veine avec la météo… J’pense pas qu’ça puisse durer… Enfin…
– Vous pensez à un gros temps à venir ?
– Sûr… Chacun connaît son job, mais j’reste attentif… à tout !
– À tout quoi ?
– Ben la mer, le bateau, la météo, l’équipage…
– Comment ça l’équipage ?
– Plus du tiers de nouveaux… Donc j’fais attention… Une rébellion est si vite arrivée. J’observe donc tout… Enfin… Et toi mon garçon, pourquoi l’Inde ?
– J’veux connaître ce pays, comme le maîtrise si bien Dupleix (1). J’ai entendu beaucoup de bien de lui et de ses contrées. J’ai donc décidé de m’y rendre…
– Pourquoi pas les Caraïbes ? C’est pas mal non plus.
– Sauf ce commerce d’esclaves. Je n’veux pas être attaché à cette honteuse cannibalisation humaine. Mon père s’y mouille énormément… J’ai donc décidé de tout plaquer… J’n’veux pas rentrer dans ce commerce, je n’peux pas ! Vous comprenez ?
– Pas vraiment… Mais ça t’regarde. Moi, j’transporte ce qu’on m’demande, sans question… Le reste, basta ! J’ferais d’l’eau sur la côte, à Gorée…
– J’en ai entendu parler. Mon père en discute souvent… Moi, pas…
– C’est ton affaire… Bon, j’y vais…
J’accompagne Jean Lyphard. Au poste de commandement, il échange avec son second, Simon Patruel. L’homme est bien plus jeune, à peine trente ans, mais plutôt râblé et plus petit. Son regard semble fuyant, comme caché sous sa petite barbe brune et son turban cramoisi. Rien de nouveau. Tout va bien. Le galion de 500 tonneaux * navigue à merveille, fendant les fortes ondes par temps clair. Même le soleil réchauffe les cœurs de ce monde en partance. C’est l’été en ce mois de juillet de l’an 1744.
Nous sommes partis de Nantes il y a maintenant un mois. Le galion navigue bien seul au milieu des dangers, bateaux ou convois malveillants… Corsaires en particulier… Avec ses 153 pieds de longueur, pour une largeur de 61, l’ Albatros porte sa haute mâture avec un cynisme à faire pâlir bien des adversaires, d’autant qu’il est armé d’une dizaine de canons en première cale, plus cinq sous le château arrière à dix cabines sur trois niveaux. Jean Lyphard descend, comme chaque jour, voir ses marins. Ce jour-là, il m’y a convié. Sous les tangages réguliers, le grincement des bois est devenu inaudible, comme s’il n’existait plus. Non, l’inquiétude n’est pas là. Nous marchons sur le pont. Le capitaine glisse quelques mots à chacun. Là, un groupe tape les cartes dans un fort tapage d’un vocabulaire rustique.
– Tout va bien les gars ?
– Pour l’moment. Rien en vue, une mer calme, tout baigne !
– Bien, bien.
Nous poursuivons la visite. Une dizaine d’hommes en vigilance sur le pont. Les tenus y sont disparates, mais globalement chemises épaisses et pantacourts sans couleur. Au gaillard avant, Jean Lyphard observe l’immensité si bleue, reste un instant dans ses pensées ; puis nous descendons en première cale, celle si bien armée. Des hamacs accrochés, quelques hommes allongés y prennent un peu de repos avant la relève. Par les clairevoies aménagées, j’aperçois la cargaison. Tout est en ordre.
La tête dans les nuages, le regard vide, je revois encore le quai de l’île Faydeau à Nantes. À dix-sept ans, c’est sans remords que j’ai quitté ma famille et sa belle demeure de la rue Kervégan. Je ferme les yeux et revois encore les vitrines du bas aux arches de pierres blanches sculptées aux armoiries des Ducamp, ma famille. Au-dessus, les bureaux, où j’aidais parfois. Au niveau supérieur, le vaste appartement, avec son grand salon aux fauteuils dorés, nappés d’un velours bleu aux lourdes brodures or. La salle à manger, avec sa grande table et les chaises assorties, donne côté rue, avec de grandes fenêtres à petits bois. Sous les nombreuses peintures suspendues aux parois recouvertes de tentures platinées, vaisselier, armoire, commode, secrétaire fermé, et même un clavecin, donnent la richesse de la famille. Sauf un invité de temps à autre, personne n’en jouait. Enfin, les étages supérieurs, où j’aimais me sauver quelques fois, histoire de partager des blagues avec les nombreux domestiques. Je m’entendais bien avec les gens de maison. Cela fait maintenant deux ans que je n’y vais plus, coincé avec mon père, Joseph, pour l’aider et apprendre le commerce. Durant cette période, j’ai suivi des cours de maniement d’armes et pratiqué l’équitation dans la grande cour du château. J’ai aussi fréquenté régulièrement le salon de madame de Nohant, lors de soirées avec des artistes, écrivains, peintres, musiciens, voyageurs aussi. C’est là que j’ai découvert les aventures de Joseph-François Dupleix (1). Lorsque j’ai su que mon père armait un navire pour Pondichéry, je lui ai sollicité mon départ. La discussion a finalement été brève, car Joseph, en homme droit, toujours vêtu en tenue trois-pièces brunes, a convaincu Janine, ma mère, plutôt réticente au début. Quant à mes aînés, Jean et Brenda, ils n’ont que pu subir. Mais ils en avaient assez de mes vives critiques au sujet du commerce triangulaire. Tous deux me trouvaient insolent, ignare de la vie, incapable de m’enrichir. Il faut dire que j’étais parfaitement hors sujet dans ma famille d’armateurs, riches et bien nés, car mon père montait de brillantes opérations, gagnait énormément ; surtout sur l’Afrique et les Caraïbes.
Sur le quai, non loin du château des ducs de Bretagne, je les ai salués. Janine, ma mère, avec sa larme au coin de l’œil, Joseph, mon père. Puis Jean et Brenda, brièvement, et je suis monté à bord. Lorsqu’ils ont largué les amarres, le fossé s’est finalement creusé entre nous. Définitivement, je crois… Noyé dans cette petite foule d’adieux aux marins, ces hommes audacieux, téméraires, qui ignorent tout de leur devenir. Reviendront-ils ? Au-delà, j’ai perçu l’intense activité du port, un quotidien qui me lassait. Des hommes de partout, charriant des ballots, des barriques, des malles, des charrettes fortement chargées, tirées par des bœufs. Dans tout ce fatras de trafics en tous genres, quelques chiens furetaient, en tous sens. Sur le bateau, Jean Lyphard a hurlé ses ordres. Dans le courant vers l’océan nous drainant très lentement, les marins se sont exécutés, accentuant notre avance dans l’estuaire. L’ Albatros a laissé goélettes et gabarres pour couler seul au long des vertes berges. Au loin, le pont de pierres aux jambages surmontés de commerces et logements s’efface. Nous sommes maintenant bien seuls au milieu de plaines subtiles et généreuses, marécage insondable avec cette kyrielle de volatiles s’égrenant dans les airs. Jean a vociféré à nouveau des ordres. Des hommes ont grimpé aux mâts. De petites voiles se sont alors déroulées. Le navire a pris un peu de vitesse dans ce cadre si calme. Un marin, grimpé sur l’artimon, a annoncé Sanctus Nazarius de Sinuario.
– Nous arrivons en pleine mer, dit le capitaine.
Peu de temps et nous passons le petit port de pêche pour arriver sur la grandeur océanique, verte et bouillonnante.
– Apprêtez-vous pour les voiles, hurle Jean Lyphard.
Des marins ont escaladé les mâts, se sont déployés sur les traverses hautes des brigantines, grand-voile, huniers, diablotin et trinquettes. Aux ordres du capitaine, les voiles sont tombées, offrant toute leur portance au galion qui a pris de la vitesse, mais bouge maintenant beaucoup. Le superbe bâtiment aux couleurs des Ducamp a vogué enfin pleine mer, vers le sud. Sur le pont, la pression est retombée. Des hommes chantent, d’autres se retrouvent et forment des groupes. Malgré la houle, peu de choses à faire en réalité. Sauf les sautes du vent qui impliquent des manœuvres, l’ Albatros est maintenant soumis au commandement avec le barreur. La surveillance des flots fait l’objet de la plus grande attention. Unique préoccupation, l’ennemi, pirate ou autre. Pour le moment, rien en vue. Jusqu’à Gorée, le risque est très faible.
L’ Albatros croise longtemps en mer houleuse, arrachant le beuglement des bois au tintamarre de l’eau se brisant sur l’étrave. Le souffle porte bien et le navire file dans cette immensité violacée que de blanches écumes surmontent, montrant la violence des flots. L’ennui s’est installé, fort, ajoutant des tensions, sources de disputes. S’ajoute à ce calvaire l’eau qui pourrit et la bouffe qui pue. L’inconfort avec le risque de maladie. Bientôt, la première escale. Les îles du Cap-Vert, lointaines, sont à peine visibles. Jean Lyphard laisse la main au second et je l’accompagne pour une visite à l’équipage. Jean ressent une pression , impalpable, et l’attitude de

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