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L'Hermione, ma liberté , livre ebook

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Description

Jean Ferru, jeune laboureur protestant, vit humblement avec les siens dans une chaumière isolée, perdue au fond des bois dans le Sud des Deux-Sèvres. En 1775, il est arrêté pour braconnage sur dénonciation du père de celle qu'il aime, un riche propriétaire terrien catholique. Condamné à 6 ans de travaux forcés au bagne de Rochefort, il va y vivre l'enfer jusqu’à ce que l'Hermione entre dans sa vie...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 mars 2014
Nombre de lectures 0
EAN13 9782332684066
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-332-68404-2

© Edilivre, 2014
Le contrat
Mon histoire a basculé le 22 Février 1775…
Avant cette date fatidique, dans cette région éloignée de tout du sud des Deux Sèvres, dans ce fief protestant, on vivait misérablement de la terre. Plusieurs chaumières s’élevaient aux abords de deux domaines détenus par de riches propriétaires catholiques. Perdus au milieu des champs et des bois, seul un chemin blanc caillouteux nous reliait au premier village.
On dépendait des Malinaud. Mon père Paul avait réussi à se faire enrôler comme fermier, il y a cinq ans déjà. Cela n’avait pas trop été difficile, même si on regardait les protestants d’un air méfiant. Les récoltes s’annonçaient prometteuses et on manquait surtout de bras. Il fallait faire vite ; les épis mûris par le chaud soleil de l’été ne pouvaient attendre. Mon père fut pris à l’essai et on lui confia une parcelle à moissonner, dans les plus brefs délais. C’était inespéré et l’espoir renaissait à la maison D’une constitution robuste, le travail ne lui faisait pas peur d’autant qu’il maniait à merveille le fléau, la faucille ou la faux. Pour se mettre à son avantage et prouver ce qu’il savait faire, il partait tôt le matin pour rentrer tard le soir. A ce rythme, dépassant la fatigue, il eut tôt fait de terminer sa tâche bien avant Léon Bouvrit qui devait traiter une parcelle pourtant plus petite…
Le lendemain, le vieux Malinaud surpris par la rapidité de mon père et l’exécution du travail bien fait, le fit appeler au château comme on disait…
Sur la grande table de la cuisine, un contrat de travail l’attendait, le liant désormais à la vie du domaine. Le patriarche était assis en bout de table et le regard en coin, observait les réactions de mon père qui prenait connaissance du fameux document. C’était un acte de fermage qui prendrait effet à la Saint-Michel. Mon père se voyait ainsi octroyer la libre exploitation de deux arpents de terre derrière la chaumière et la possibilité d’élever plusieurs animaux qui pourraient paître sur le domaine. En contre partie, il devait travailler six jours par semaine, sur les terres de Malinaud. Piètre marché ou marché de dupe, mais pouvait-il refuser ?
Rusé, le vieux Malinaud tenait une plume trempée dans l’encre et demanda à mon père, d’apposer son nom, au bas de la feuille : Ferru Paul.
– Je suis bien content de travailler pour vous !
– Moi aussi, je suis bien content de t’avoir enrôlé. Tu seras d’un grand secours au Léon.
Buvons et trinquons à notre marché. La piquette n’était pas trop bonne, mais les yeux étaient rieurs, pour des raisons diverses. L’un était déjà satisfait d’avoir sauvé ses récoltes, et l’autre se réjouissait de ne plus avoir à quémander un travail journalier aléatoire à droite, à gauche, pour assurer la subsistance des siens. Tout allait pour le mieux, dans le meilleur des mondes, dans notre chaumière jusqu’à ce jour maudit du 22 Février 1775, où ma vie bascula…
Les années fastes
Les années fastes… C’est beaucoup dire, mais il y avait toujours plus pauvre parmi les protestants, dans notre contrée. Il subsistait encore des comportements de défiance à leur égard et il leur était plus difficile de trouver du travail. Malinaud, pourtant n’avait pas hésité… Dès lors, une sérénité toute humble régnait dans la chaumière.
En suivant un sentier bordé de fougères et de buissons, à quelques encablures du château, se dressait notre modeste maison, au milieu d’une cour, où s’ébattaient en liberté, poules et canards. Un muret en pierres sèches, une spécialité de la région la ceinturait, pour préserver son intimité et la protéger des rôdeurs. Au fond de la cour, un abri pour loger nos deux vaches et cinq chèvres jouxtait le toit du cochon.
Chaque jour, nous avions l’habitude avec mon frère Rémi de conduire les bêtes à la pâture. Nous devions, seulement avant de partir, indiquer à notre mère la parcelle sur laquelle nous allions, insouciants du danger qui pouvait arriver…
– Aujourd’hui, on va à Puyssotteau. !
– Vous êtes prudents et ne rentrez pas trop tard, la nuit tombe vite.
On riait comme des fous et on tombait entre les rires et les larmes, dans les bras l’un de l’autre. Notre complicité était totale… Puyssotteau, c’était une belle pâture dans un contrebas, cernée par des chênes centenaires. Tout à l’entrée, derrière les barrières de bois, se trouvait l’un des rares puits de la contrée. C’est ici que les gens venaient chercher l’eau. Sur la margelle, une corde était enroulée autour d’une énorme poulie. Sur le côté, Un grand volant qu’il fallait manœuvrer, faisait remonter le seau à la surface qui heurtait de temps à autre les parois du puits. Tirer sur le volant, demandait de gros efforts. C’était une de nos corvées assumées. Ensuite, sur un long fléau posé sur l’épaule, à chaque extrémité, on y accrochait un seau plein et il fallait rentrer à la maison, sans renverser le précieux liquide.
Les bêtes étaient vite sorties du toit et les deux vaches filaient, l’une derrière l’autre, sur le sentier qui les menait à Puyssotteau Elles savaient que dans moins d’une demi-heure, elles brouteraient l’herbe tendre. Les chèvres, quant à elles étaient moins dociles, car elles prenaient des libertés, avec le tracé du chemin. Tantôt attirées par les branches basses d’un chêne, elles essayaient avec leur petite langue rugueuse de chiper quelques feuilles. Tantôt prévenues par le bêlement d’une copine, elles traversaient le chemin, pour déguster une convoitise fleurie. Rémi s’en donnait alors à cœur joie Il se prenait pour un chevalier chasant les manants et armé de son bâton, il poursuivait les chèvres espiègles, en les frappant sur l’échine, pour les ramener dans le droit chemin. Au passage, il se faisait surprendre, par quelques orties avides de chair tendre. A cause de mes moqueries, mes mollets non plus n’étaient pas épargnés.
– Tiens, prends ça, sale bouc !
– Oh ! Calme toi. Je ne suis pas un bouc et d’abord, je suis sur le sentier !
En arrivant à Puyssotteau, à peine avions nous baissées les barrières que les deux vaches ne tardaient pas à entrer dans le champ, pour y brouter l’herbe verte. Les chèvres montraient moins d’empressement à rejoindre la pâture. Peut-être, sentaient elles un danger imminent les menacer. Toujours est-il, que Rémi, gesticulant, devait s’employer avec son bâton, pour les chasser dans l’enclos. On allait alors se poster, sur le côté opposé, à l’abri d’un gros chêne pour mieux surveiller nos bêtes. Les vaches ne posaient pas de problème particulier, elles allaient au milieu du champ, là où l’herbe est la plus tendre. Les chèvres, quant à elles, étaient d’un naturel plus mesquin et attirées par les bordures que proposaient les branches des arbres, elles cherchaient souvent à fuguer, comme si l’espace dont elles disposaient ne suffisait pas. Il fallait être vigilant, ouvrir l’œil et le bon… Il n’était pas possible d’envisager de rentrer à la maison, avec une chèvre en moins.
Allongés dans l’herbe, notre garde commençait…
– Rémi, passe-moi le couteau qui doit se trouver dans la besace à côté de toi. J’étais passé maître dans l’art de préparer les manches d’outils. Un tas de perches rectilignes m’attendaient. La lame du couteau à la verticale comme un racloir se déplaçait sur la branche pour en retirer l’écorce juste avec une pression suffisante pour obtenir un manche lisse. C’est mon père qui dès mon plus jeune âge m’avait appris à manier le couteau.
– Il a eu de la chance, papa, d’être enrôlé par Malinaud…
– Oui et non, répondis-je.
– Comment ça ?
– C’est vrai, que c’est une chance pour un protestant de trouver du travail chez un riche notable catholique, alors que la plus grande méfiance est de mise…
– Et alors, pourquoi tu dis « non » ?
– Tout simplement parce que papa méritait d’être enrôlé, et Malinaud ne s’y est pas trompé.
– Pourquoi tant de défiance envers les protestants ?
– Oh ! Là, c’est toute une histoire qu’on m’a vaguement racontée…
– Allez, dis-moi, Jean ;
– Tu sais, c’est comme dans les familles où il y a des discordes. Les catholiques et les protestants ont la même origine mais sous l’influence d’un pasteur, un nommé Calvin, ils ont voulu se séparer, chacun suivant sa propre voie.
– Et ça a mal tourné ?
– Tu peux le dire ! Le pouvoir royal ne l’entendait pas ainsi et voulut par la force punir les dissidents.
– De quelle manière ?
– En leur faisant la guerre, en les pourchassant, en les privant de droits seulement admis aux catholiques.
– N’as tu pas remarqué ce qui se trouve derrière la maison, à l’abri d’une rangée d’ifs ?
– Si, bien sûr, une dizaine de pierres plates alignées.
– Ce sont les tombes de nos ancêtres. Ils n’ont pas eu droit au cimetière du village voisin. Au moins, ils sont près de nous.
– Rémi s’était mis debout, pour compter à haute voix les bêtes dispersées dans le pacage. Aucune bête n’avait fugué. Tant qu’à moi, j’avais terminé l’ouvrage que je m’étais assignée et cinq beaux manches en témoignaient ainsi que les salissures d’écorce qui recouvraient maintenant mes vêtements.
La nuit que nous n’avions pas vue arriver, tombait déjà et le soleil déclinait très vite. On rassemblait à la hâte nos menues affaires, quand un bruit furtif se fit entendre dans les herbes. C’était notre père qui inquiet, venait à notre rencontre.
– Chut ! Pas un mot, venez près de moi…
– Qu’y a t-il ?
– Regardez en direction des deux chèvres, en lisière du champ, derrière le bouquet de fougères, et ouvrez bien vos oreilles.
Cette attention particulière nous fit serrer la gorge Trois paires d’yeux immobiles nous observaient. On entendit perceptiblement un léger gémissement. Une louve et ses deux j

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