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L'Épingle ouverte , livre ebook

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Description

La guerre et ses atrocités ont envahi la France. L’occupant règne en maître, obligeant bon nombre de Français à se transformer en émigrés clandestins dans leur propre pays. Les restrictions, les rafles et la surveillance policière touchent toute la population. On pourrait s’imaginer que dans la campagne, le bruit des combats arrive assourdi par le calme de la nature. Mais le vacarme des armes s’insinue partout. Les joutes verbales fratricides d’avant-guerre se convertissent en un affrontement acharné entre collaborateurs et résistants. Qu’est donc devenue l’entente des frères et sœurs des années trente, source de fête, de pêche et de joies ? Cependant, alors que les hostilités atteignent leur paroxysme, on se croirait chez les Labardière en dehors du temps, mais ce conflit et ses luttes s’infiltrent même dans la tribu familiale et la déchirent. Pourtant tous devraient s’unir, car la vie d’un enfant est en jeu. Au milieu de ces fracas, les frangins retrouveront-ils leur amitié d’antan pour le sauver ?

Informations

Publié par
Date de parution 24 octobre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312069166
Langue Français

Extrait

L’Épingle ouverte
Bernard Watier
L’Épingle ouverte
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2019
ISBN : 978-2-312-06916-6
Avant -propos
Bernard WATIER est né durant l’année 1943. Après avoir passé son enfance à Bayonne et étudié l’aérothermodynamique, il travaille plus de quarante années à mettre au point, développer et faire fonctionner des turbines à gaz sur des aéronefs ou dans des installations industrielles, telles que trains ou groupes électrogènes. À l’âge de la retraite, revenu à Bayonne, il écrit, d’abord, un livre philosophique « L’Univers Dieu » paru aux éditions du Net, un recueil de poèmes, « Amour de Poésies » publié par la maison Mélibée, « La Bouteille », roman édité aux éditions du Net.
La guerre et ses atrocités ont envahi la France . L’occupant règne en maître, obligeant bon nombre de Français à se transformer en émigrés clandestins dans leur propre pays. Les restrictions, les rafles et la surveillance policière touchent toute la population. On pourrait s’imaginer que dans la campagne, le bruit des combats arrive assourdi par le calme de la nature. Mais le vacarme des armes s’insinue partout. Les joutes verbales fratricides d’avant-guerre se convertissent en un affrontement acharné entre collaborateurs et Résistants . Qu’est donc devenue l’entente des frères et soeurs des années trente, source de fête, de pêche et de joies ? Cependant , alors que les hostilités atteignent leur paroxysme, on se croirait chez les Labardière en dehors du temps, mais ce conflit et ses luttes s’infiltrent même dans la tribu familiale et la déchirent. Pourtant tous devraient s’unir, car la vie d’un enfant est en jeu. Au milieu de ces fracas, les frangins retrouveront-ils leur amitié d’antan pour le sauver ?
Chapitre I. La rencontre
Ce n’est pas l’horreur d’une profonde nuit, mais au contraire, un beau dimanche du printemps en ce début des années trente. René, ce héros au sourire si doux, roule à vive allure sur sa Peugeot vers le château où son ami Pierre l’a invité. Chargé de clientèle dans une agence bancaire, René a fait la connaissance de Pierre de Labardière, fils du duc de Labardière, grand propriétaire terrien aux environs de Limoges, lors d’un dépôt de liquidités. De suite, ils trouvent des centres d’intérêts communs tels que la nature, le sport et la pêche. Ils sortent ensemble plusieurs fois pour aller au restaurant, au cinéma ou dans des bars. Pierre, se rendant compte de la solitude de son ami, lui a demandé de venir passer un dimanche au château, non sans en avertir ses parents.
René Crèvecœur , né à Bayonne au début du siècle, est le troisième garçon d’une fratrie de quatre enfants. Son père Antoine , militaire de carrière, a épousé Maylis , une jeune fille du Sud - Ouest , dont les parents vivent entre Bayonne et les Landes . Antoine a quitté ses racines picardes pour s’installer dans le Sud bien qu’il ait hérité de plusieurs propriétés dans le Nord . D’ailleurs, il s’y rend de temps en temps pour contrôler l’exploitation de ses domaines et rencontrer les membres de sa famille restés « au pays ». À la tête d’une fortune assez importante, il a pu agrandir le patrimoine de sa femme de plusieurs centaines d’hectares en Chalosse tout en conservant ses terres en Picardie .
Sa carrière militaire perturbée par l’Affaire Dreyfus fut de courte durée. En effet, il prit parti contre Dreyfus. À la fin du procès de réhabilitation, il est démissionné et devient alors un fervent défenseur de la droite française cléricale, opposée à toute idée progressiste. Une des raisons de son installation dans les Landes était de faire taire les quolibets qui le visaient personnellement en Picardie suite aux positions qu’il avait prises. En 1914, il est rappelé sous les drapeaux. Avec son étiquette de contestataire, il est éloigné des centres de décision. Incorporé avec le grade de colonel, il terminera la guerre au même niveau. Il en gardera une rancœur éternelle contre tous les ministères de la troisième République. Il transmettra ce rejet de cette gouvernance à la majorité de ses enfants auxquels il donnera une éducation très stricte presque militaire. Son côté antidreyfusard est tellement exacerbé qu’en 1932, il refuse de souscrire aux bons du Crédit Municipal de Bayonne, car cette banque est dirigée par un aventurier juif auquel il n’accorde aucune confiance.
René se réjouit de retrouver Pierre, un véritable ami dont les idées, la culture, la manière de vivre et le niveau de vie correspondent aux valeurs que son père lui a inculquées depuis sa prime jeunesse. Les virages des routes limousines s’étirent sous le soleil de ce début de printemps. Le peu de trafic lui permet de pousser sa moto et de se griser de vitesse. À cette époque, Limoges est une petite ville régionale. Tout le monde ou presque se connaît. La majorité des Limougeauds ont des parents dans la campagne environnante et profitent des produits fermiers. Seuls les émigrés de la Grande Guerre ou de la guerre de 70, les fonctionnaires et quelques salariés, non Limousins, sont de réels citadins.
L’air frais du matin siffle à ses oreilles et autour de son blouson en cuir. La route défile, les courbes succèdent aux virages. La griserie de la vitesse lui permet d’oublier qu’il va bientôt aborder ce terrible Paul de Labardière dont Pierre lui a décrit le mauvais caractère.
En effet, ses proches redoutent ses colères et sa morgue qui lui font rejeter tous ceux, qui ne sont pas de son rang. Il est grand, rigide, très imbu de son titre et de sa personne. Pour diriger la France, il ne croit que dans la monarchie et réclame à tout vent le retour du roi à la tête de la France. Le duc de Labardière est le descendant d’une famille dont l’arbre généalogique remonte à Louis XII. Ce souverain avait anobli les Labardière pour services civils rendus au royaume. Par la suite, cette famille a fourni à la couronne nombre de généraux et grands serviteurs de l’état. Mais depuis la Révolution, ils vivent sur leurs terres limousines et se méfient de tout ce qui vient de Paris.
Le duc soutient ouvertement l’Action Française. Il est très fier de voir deux de ses fils participer avec zèle à ce mouvement. Il les encourage à aller manifester contre cette République qu’il juge issue en droite ligne de la Terreur. Il est persuadé qu’elle conduira la nation à sa perte et que les Français s’en rendant compte, un nouveau roi remontera sur le trône. Comme tout noble de l’ancien régime, il ne dirige pas directement ses propriétés et laisse ces basses œuvres à son majordome en qui il a toute confiance. Le château vit au rythme qu’impose le duc. Le matin, il passe le plus clair de son temps à écouter les informations à la radio et à visiter ses purs sangs dans ses écuries. À midi trente, la famille et ses invités éventuels se mettent à table dans la salle à manger où deux employés de cuisine servent les convives dans de la vaisselle en porcelaine de Limoges. Toutes ses après-midi sont occupées par des promenades à cheval ou à pied à travers ses propriétés. Le souper a lieu à sept heures et demie. La soirée se passe au salon où la plupart du temps le duc lit l’Illustration, les journaux de l’Action Française ou des livres de son immense bibliothèque, tout en discutant avec Agathe son épouse. Tous les dimanches, la famille va à la messe dans la chapelle du village où des prie-Dieu leur sont réservés dans le chœur de l’église. Le vendredi, on ne sert que du poisson et l’on suit strictement les consignes du catholicisme durant le carême.
Les Labardière, en cette période de l’entre-deux-guerres, mènent un grand train de vie. Les chasses à courre du château sont réputées, ainsi que les réceptions fréquentes de la noblesse française à laquelle il est allié à la suite de plusieurs apparentements croisés. Ses écuries sont renommées et contiennent une dizaine de purs-sangs. Le duc est un homme des temps anciens persuadé que l’aristocratie détient un pouvoir divin et des connaissances que n’ont pas les dirigeants de cette République.
Malgré ses idées, il s’est marié par amour une trentaine d’années plus tôt, avec une roturière issue d’une riche famille bourgeoise. Cette union lui vaut l’opprobre de sa parenté et notamment celui de sa mère, qui n’admet pas cette entente contre nature. Pour elle, la noblesse doit s’allier avec des gens de son rang comme si le reste de la population n’existait pas. Depuis ses noces, sa génitrice ne l’a plus jamais revu. Elle est partie vivre en Normandie avec ses filles dans un manoir qui appartenait à sa famille. Elle ignore jusqu’à la naissance de ses petits-enfants et

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