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L'éclat de l'onde , livre ebook

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Description


Après quinze ans de silence, les révélations de Beleiza sur la naissance de ses enfants ont bouleversé les relations déjà compliquées des jumeaux du solstice. Urreki retrouvera-t-elle en Ilun le frère qu’il ne veut plus être ? Izhaun, toujours rongé de culpabilité pour son geste fou contre Beleiza, s’apaisera-t-il un jour ? Découvrira-t-on enfin l’identité de la femme morte au cercle de pierres ?



Dans ce second tome de la saga Les ciels noirs des équinoxes, on retrouve avec jubilation les personnages de Celle-qui-sait, amenés à affronter leurs propres démons, ennemis tout aussi redoutables que les envahisseurs venus du nord pour déferler sur l’Aquitaine.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782366511321
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Titre
Dorothée Dieuzeide
L’éclat de l’onde Les ciels noirs des équinoxes - Tome 2
roman



 
« Il m’arrive parfois de penser [...] que je ne suis pas une femme ; que je suis le rayon de soleil qui éclaire cette barrière, ce coin de sol. Il m’arrive parfois de penser que je suis les saisons, le mois de janvier, le mois de mai, le mois de novembre : que je fais partie de la boue, du brouillard et de l’aube. »
Virginia WOOLF, Les Vagues
.
 




Chapitre : 1
Beleiza avait été appelée au Mont Bleu pour y soigner un mineur à la suite d’un accident : une galerie mal étayée s’était en partie éboulée dans une des concessions, et l’homme avait eu la jambe blessée par la chute des pierres. Mais le plus grave était le choc qu’il avait reçu à la tête, le laissant inconscient. Aidée d’Urreki, Beleiza soigna ses plaies, puis elle passa la nuit à effectuer un rituel pour tenter de ramener du monde-autre l’esprit du mineur. Elle n’était pas sûre d’avoir réussi, mais il n’y avait plus maintenant qu’à attendre, en espérant que l’état du pauvre homme s’améliore. Épuisée par l’épreuve, elle sombra dans le sommeil juste après l’aube.
Il faisait jour depuis longtemps quand elle se leva. À part le mineur blessé qui reposait sur sa paillasse, veillé par sa femme et l’une de ses filles, la petite maison de bois était déserte. Tous étaient sans doute au travail, dans les galeries ou aux bas fourneaux. Elle échangea quelques mots avec les deux femmes, qui lui offrirent à boire et à manger, puis elle sortit. Elle entendait le son lointain des pics des hommes travaillant sur les veines à ciel ouvert, qui étaient cependant les moins nombreuses : la montagne était exploitée depuis la nuit des temps, et il fallait maintenant souvent creuser en profondeur pour pouvoir extraire le précieux minerai de fer. Dans le ciel clair montaient les volutes de fumée dégagées par les bas fourneaux des différentes concessions, certaines toute proches, d’autres cachées derrière les crêtes accidentées du mont. Le soleil radieux promettait une journée très chaude. L’été s’annonçait.
Elle aperçut Urreki qui revenait d’une maison voisine.
« Bonjour mère. Comment te sens-tu ? » demanda-t-elle avec affection.
Son serpent d’argent jetait des éclats de lumière dans ses longs cheveux châtains en partie nattés. Elle souriait, son visage à peine marqué de fatigue alors qu’elle avait comme sa mère veillé toute la nuit.
« Je crois que j’ai de plus en plus de mal à récupérer après un rituel, sans doute à cause de mon âge. Mais je vais bien, merci », répondit Beleiza.
Urreki éclata de rire.
« Tu parles comme une vieille grand-mère ! Trente-cinq ans, ce n’est pas si vieux, tout de même ! »
Beleiza ne répondit rien. Sa fille de quinze ans avait commencé son initiation, et dans quelques mois, à l’équinoxe d’automne, elle deviendrait une véritable femme-qui-sait tout comme elle. Elle était si fière ! Mais elle ne pouvait nier qu’une certaine nostalgie l’habitait depuis quelque temps. Elle repensait à l’époque où Urreki et son frère Ilun étaient petits et l’accompagnaient partout, cette époque où leurs relations étaient naturellement harmonieuses, leurs disputes futiles et oubliées aussitôt terminées. Que ces temps étaient lointains... Elle ne dit rien de ses pensées mais s’étira lentement en soupirant.
« Sais-tu que c’est aujourd’hui le jour de la levée ? reprit Urreki.
—Ah oui ? Je serais curieuse d’y assister, et puis cela me fera du bien de marcher un peu. Allons-y. »
Une fois par mois, les barres de fer issues du traitement du minerai dans les bas fourneaux étaient achetées par un transporteur qui les vendait ensuite à Aquae Tarbellicae. Lors de la conquête romaine, toutes les mines du peuple des montagnes avaient été confisquées. Depuis, beaucoup de concessions avaient été rachetées à l’État romain par des civils qui pouvaient à nouveau exploiter les mines de leurs ancêtres, mais les mineurs n’avaient pas le droit de vendre directement leur fer aux marchands de la ville ; le transport et la négociation des métaux restaient l’apanage de marchands privilégiés qui tenaient ce droit du procurateur romain.
Les mines du Mont Bleu étaient éloignées les unes des autres, les habitations de leurs propriétaires situées en général près d’elles, mais la vie de la communauté était organisée comme pour tous les villages par un conseil qui se tenait une fois par mois juste avant la levée, et où chaque concession envoyait un représentant chargé des barres de fer produites durant le mois écoulé. Le point était fait sur les quantités de fer fournies par chacun, afin d’anticiper la répartition du produit de leur vente, et le métal était préparé pour son transport. Le conseil se réunissait au pied de la montagne, dans une des rares zones où subsistaient encore des arbres en nombre. La plus grande partie du mont était en effet pelée, les bas fourneaux consommant une quantité importante de charbon fabriqué à partir du bois des forêts environnantes.
 
Dans la clairière entourée de hauts chênes où se passait la levée, les discussions n’avaient jamais été aussi vives. Dressé de toute sa hauteur, ses poings énormes sur les hanches, Tarquilius le géant tenait tête à la douzaine de représentants des mineurs qui lui faisaient face.
« Puisque je vous dis que les brigandages se multiplient sur les routes. Nous devons être de plus en plus nombreux pour sécuriser les convois. N’oubliez pas que nous risquons nos vies pour vous !
—Il n’y a jamais eu de problèmes sur la route d’ici à Aquae Tarbellicae ! vociféra un vieux mineur.
—Qu’en savez-vous ? répondit crânement Tarquilius.
—Nous en aurions entendu parler ! glapit le vieil homme aux joues rougies par la colère.
—Vous connaissez comme moi les troubles qui ont bouleversé les Gaules. Entre les raids des barbares et les affrontements qui opposent les troupes romaines de Gallien à celles de son rival Postumus, il n’y a jamais eu autant de pauvres gens jetés sur les routes après la destruction de leur ville ou de leur village. Autant de désespérés prêts à tout pour ne serait-ce qu’un bout de pain, et qui s’organisent de plus en plus en bandes redoutables.
—Nous ne sommes pas en Gaule, ici, mais en Aquitaine ! Cela ne nous concerne pas ! tempêta une jeune femme.
—Écoutez, c’est à prendre ou à laisser. Soit vous acceptez l’augmentation de la commission, soit vous cherchez un autre transporteur. Mais sachez que mon maître Horatius vous fait une fleur en proposant de continuer à assurer le transport de votre fer par les temps qui courent. »
Soudain, une femme que Tarquilius n’avait pas remarquée jusqu’ici s’avança.
« Ton maître est un menteur et un voleur, dit-elle calmement en croisant les bras, révélant les bracelets en forme de serpents qui ornaient ses poignets.
—Comment oses-tu insulter mon maître ? tonna Tarquilius.
—Je dis simplement la vérité. J’étais il y a quelques semaines chez les orpailleurs qui vivent à trois heures de cheval en aval. Ils m’ont raconté que leur transporteur leur avait tenu le même discours le mois précédent. Ils ont accepté l’accord proposé, mais lors de la levée suivante de leur or, le convoi était le même, sans hommes ni armes supplémentaires. Et je sais avec certitude qu’il n’y a eu jusqu’à maintenant aucune attaque à déplorer sur la route d’Aquae. Maintenant qu’ils ont accepté l’accord proposé, les orpailleurs ne peuvent plus s’y soustraire. Mais ils m’ont dit le nom de leur transporteur : il s’appelle Horatius. »
Le brouhaha reprit de plus belle parmi les mineurs. Derrière Tarquilius, près des chariots et de leurs chevaux, les hommes armés chargés de l’escorte du convoi commençaient à échanger des regards inquiets.
« Ce ne sont pas les affabulations d’une vile femelle qui vont changer mon offre ! » s’écria Tarquilius exaspéré.
Il ne s’attendait pas à une telle résistance de la part de ces sauvages des montagnes.
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