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Histoire de la Maurienne (Tome 6) , livre ebook

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Description

La Maurienne, c’est cette vallée de la Savoie passage traditionnel de France en Italie, véritable “clé” du passage des Alpes. Bien évidemment, une telle vallée allait avoir une histoire riche et tumultueuse. Et elle le fut. En voici le sixième tome qui nous fait vivre, le « ré-attachement » au royaume de Piémont-Sardaigne, après plus de vingt années passées au sein de la République française puis du Premier Empire, les aléas de la marche vers l’unité italienne et la cession à la France de Napoléon III en 1860...


Un admirable travail mené sur les archives de la Maurienne permet de restituer, avec minutie et vivacité, l’histoire de ce pays de Savoie.


Le chanoine Adolphe Gros (1864-1945) fut un des érudits majeurs de la Savoie et particulièrement de la Maurienne. Il fut président de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Maurienne. Son oeuvre principale et de référence est précisément cette Histoire de Maurienne en quatre tomes parue après sa mort, à partir de 1946. Elle couvre la période allant des origines à la Révolution. Le chanoine Louis Gros, son neveu (1891-1975), se chargea de la poursuivre jusqu’à l’annexion de 1860.


L’Histoire de Maurienne enfin rééditée permettra à tous ceux, intéressés ou passionnés, de pouvoir avoir de nouveau accès à un texte majeur devenu introuvable.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782824054056
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

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isbn

Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition : © edr/ EDITION S des régionalismes ™ — 2016/2020
Editions des Régionalismes : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.8240.0644.4 (papier)
ISBN 978.2.8240.5405.6 (numérique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.


AUTEUR

Chanoine LOUIS GROS






TITRE

HISTOIRE DE LA MAURIENNE tome vI (1815-1860)




CHAPITRE I er : LES DERNIÈRES ANNÉES DE LA MAURIENNE AVEC LES ÉTATS SARDES
Changement de régime, organisation administrative. — Evénements politiques et militaires.
Changement de régime. Organisation administrative
E n 1814, la Maurienne, la Tarentaise, la vallée de l’Isère, celle de l’Arve et le Chablais étaient rendus à la monarchie sarde. Chambéry Rumilly et Annecy restaient à la France. Le second traité de Paris, en novembre 1815, rendit la Savoie tout entière à Victor-Emmanuel.
Le duché de Savoie fut divisé en neuf circonscriptions territoriales la Maurienne voisinait avec la Savoie propre, dont la capitale était Chambéry et la province de Haute-Savoie, dont le chef-lieu était l’Hôpital, aujourd’hui Albertville. En 1814, la Maurienne comptait 49.730 habitants.
Le changement de régime se fit sans difficultés. Il apportait évidemment quelques modifications. L’autorité supérieure appartenait à un intendant général, résidant à Chambéry, il était secondé par des vice-intendants, établis au chef-lieu de chaque province. Le gouverneur de la Savoie détenait l’autorité militaire il avait sous ses ordres les commandants de province et les carabiniers royaux qui assuraient l’ordre public. Les communes étaient administrées par des syndics et par des conseillers, nommés par le roi dans les localités comptant au moins 3.000 habitants, et par l’intendant général dans les autres. Victor-Emmanuel restituait au clergé la tenue des registres de l’état civil, dont la Révolution l’avait dépouillé. Les registres antérieurs à la Révolution furent, sous l’occupation française, déposés à la mairie, par édit du 22 décembre 1815, ils furent restitués aux curés.
D’après l’édit de la Chambre des comptes du 17 février 1815, les notaires créés par le gouvernement français purent continuer leurs fonctions, mais ils durent fournir une déclaration attestant leur bonne conduite et les qualités requises par les constitutions générales.
La conscription fut abolie. Les droits de succession en ligne directe furent supprimés. Ils furent fixés à 2 % entre frères, sœurs et époux, à 5 % entre oncles et neveux, grands-oncles et arrière-neveux et vice-versa, à 6 % entre autres parents et alliés et à 10 % entre personnes non parentes. Les impôts directs furent très bas, jusqu’à 1848. A partir de cette date, ils furent rapidement majorés par le Parlement sarde, ce qui provoqua un vif mécontentement.
De toute la Savoie parviennent à l’intendant des demandes de bureaux de tabac, sur papier timbré avec de beaux filigranes à l’effigie de l’Empereur ou de Louis XVIII, roi des Français. Les candidats exposent qu’ils sont toujours restés attachés au roi et que, du fait de cette fidélité, ils ont eu à souffrir de la Révolution. Ces protestations étaient sans doute intéressées. Cependant, nous croyons volontiers que nombre de nos compatriotes étaient restés fidèles à leur roi. Le docteur Mottard, dans son annuaire de 1843, raconte que le soldat Bois, de la Maurienne, s’était engagé, à l’âge de dix-huit ans, dans les armées de Victor-Amédée. Fait prisonnier par les troupes françaises, il prit part aux campagnes d’Italie et d’Espagne. Par son courage, il mérita la croix de la Légion d’honneur Se trouvant en Piémont en 1814, il fut l’un des premiers à saluer le drapeau de Savoie. Ses compagnons d’armes voulant le ramener en France, il répondit « J’ai trouvé mes anciens rois, je ne les quitte plus ». Il fut décoré par Charles-Félix de la croix de l’Ordre militaire des saints Maurice et Lazare. Il mourut avec le grade de capitaine.
Le système métrique, péniblement et partiellement instauré en Maurienne par le sous-préfet Bellemin, est abandonné et l’on revient aux anciens poids et mesures. Les monnaies sardes font leur apparition le double de Savoie en or vaut 24 livres, soit 28 fr 45, le demi-double vaut la moitié moins. Les monnaies d’argent sont l’écu qui vaut 6 livres ou 7 francs, le demi et le quart d’écu les monnaies de billon et de cuivre sont au pair avec les monnaies françaises. La multiplicité des poids et mesures en usage dans les États sardes présentait de nombreux inconvénients. Ainsi le débitant de sel devait avoir des poids différents suivant qu’il vendait du sel ou d’autres denrées. Les poids et mesures variaient souvent d’une commune à l’autre. Notre vallée était sillonnée par des marchands ambulants qui apportaient avec eux leurs poids. Ils se servaient tantôt du poids de Piémont, de Gênes, de Genève ou du poids du pays, suivant leur avantage, faisant croire à leurs clients qu’ils les favorisaient.
En 1842, les conseils municipaux demandèrent l’introduction du système métrique qui était déjà enseigné dans les écoles. Il était partiellement en usage, à Saint-Jean, chez les bouchers et les boulangers qui vendaient au kilo. De plus, les nombreux émigrants mauriennais qui voyageaient en France étaient familiarisés avec ce système. A partir du ter janvier 1850, le système métrique fut obligatoire. Seule a survécu une mesure de superficie, le paysan évalue toujours son terrain par cartelées ou par journaux. Le besoin d’unité se faisait moins sentir dans ce domaine, parce que les transactions d’une commune à l’autre étaient rares.
Les frontières de la Maurienne sont les mêmes qu’en 1792. En bon propriétaire, le gouvernement sarde surveille son domaine. L’intendant demande aux maires des communes limitrophes du territoire français de vérifier l’état des bornes. Le comte Fernex, intendant de Maurienne, en 1817, convoque à son bureau les chasseurs de chamois. De leurs déclarations, il résulte que la frontière entre Savoie et Dauphiné était bien délimitée en 1792 par des bornes de cinq pieds de haut, avec la croix du côté Savoie et un dauphin ou des fleurs de lys du côté France. Ces limites avaient été placées en 1761. Parfois les bornes en pierre étaient remplacées par des croix en mélèze ou par des fossés d’un mètre de largeur sur cinquante centimètres de profondeur Au Galibier, à cause du terrain gypseux et crevassé, on avait placé des poteaux en bois de quatre mètres, ces poteaux portaient armoiries et millésime. Plusieurs bornes avaient été brisées par les troupes françaises c’était du moins l’explication donnée par les maires. Elles furent remplacées, de même que les croix et les poteaux en mauvais état.
Il y avait deux commissions démarcatrices, l’une française, l’autre sarde, il n’y eut que des difficultés tout à fait secondaires qui furent facilement réglées. Cependant, en 1824, il y avait encore une contestation entre les communes de Valloire et de Neuvache, la limite restait indécise dans la région des Rochilles. Le 14 mai 1824, le vicomte de Chateaubriand, ministre des Affaires étrangères du roi de France dit que la commission française devait s’en tenir à la ligne indiquée par la commission sarde.
Il y avait d’autres comptes à régler avec la France, les réquisitions faites par les armées françaises ou autrichiennes n’étaient pas encore toutes réglées. Le terrain réquisitionné pour la route du Mont-Cenis n’était payé qu’à une échéance plus ou moins reculée. La chute de l’Empire ne permit pas le règlement de ces dettes, il s’agissait de sommes peu impor

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