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Description

Février 1135. Alzey, petit bourg du palatinat du Rhin, se réveille tranquillement. Frénégonde, la dame apothicaire, ouvre son échoppe comme tous les matins. Mais celui-ci n'est pas comme les autres. Tout commence par une visite impromptue, puis un vol, une agression... pour finir par un assassinat. Impliquée dans toute cette affaire contre son gré, Frénégonde va devoir mener l'enquête auprès de Thibald, l'officier. Mais le caractère bien trempé de cette dernière n'est pas toujours compatible avec celui-ci... Qu'importe, elle va avancer tête baissée dans cette histoire qui va l'amener à découvrir de mystérieux secrets de famille, à commencer par son lien avec Hildegarde...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 août 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782342054668
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Frénégonde
Lydia Bonnaventure
Mon Petit Editeur

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Mon Petit Editeur
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
Frénégonde
 
Avertissement aux lecteurs
Ce roman met en scène une célèbre figure du monde médiéval germanique puisqu’il s’agit d’Hildegarde de Bingen, cette religieuse au destin extraordinaire qui pratiquait aussi bien la littérature que la musique et qui s’intéressait également à la médecine. Renommée pour sa sagesse et pour ses écrits, notamment le fameux Scivias , elle se distinguait, en outre, par ses visions.
 
Issue d’une famille nombreuse – dix enfants –, celle-ci a été « offerte » à Dieu dès son plus jeune âge. Si nous connaissons, à l’heure actuelle, l’identité de quelques frères et sœurs – sept, précisément – deux restent dans l’ombre. J’ai donc profité de cette lacune pour créer de toutes pièces une de ses sœurs, Frénégonde. Ce roman n’est qu’une fiction, ne l’oublions pas, même si certains éléments purement historiques ont été la source de mon inspiration. Pour être au plus juste avec la réalité, j’ai rassemblé bon nombre de documents et je me suis rendue sur place, dans l’actuel land de Rhénanie-Palatinat. J’ai ainsi pu visiter Bermersheim, lieu de naissance d’Hildegarde, Alzey, où ses parents ont élu domicile afin d’être plus proches de leur fille lorsqu’elle fut consacrée à la religion, ainsi que les ruines de ce majestueux monastère du Disibodenberg.
 
J’ai dressé une liste des personnages ayant réellement existé afin de vous faciliter la lecture. Tout le reste n’est issu que de mon imagination fertile…
Les personnages ayant réellement existé
Hildegard von Bermersheim dite Hildegard von Bingen : Née le 16 septembre 1098 à Bermersheim. Décédée le 17 septembre 1179 dans son couvent du Rupertsberg. Religieuse bénédictine mystique, visionnaire. Compositrice. Femme de lettres.
Hildebert von Bermersheim : Père d’Hildegarde. Issu d’une famille de la petite noblesse.
Mechtild von Bermersheim : Épouse d’Hildebert et mère d’Hildegarde.
Drutwin : Frère aîné d’Hildegarde. Il resta un laïc.
Roricus : Deuxième frère d’Hildegarde. Prêtre et chanoine à Tholey (sur la Sarre).
Hugo (Hugues) : Troisième frère d’Hildegarde. Maître de chapelle à Mayence.
Imgard (Irmengard), Jutta et Odilia : Sœurs d’Hildegarde.
Clementia : Autre sœur d’Hildegarde. Elle devint nonne au Rupertsberg.
Jutta von Sponheim : Morte en 1136. Religieuse ayant recueilli Hildegarde à l’âge de dix ans.
Richarde von Stade : Cousine de Jutta von Sponheim. Margravine (le titre correspondant en France serait « Marquise ») et généreuse bienfaitrice du couvent du Disibodenberg.
Otto (ou Othon) de Bamberg : Évêque
Adalhun : Abbé du Disibodenberg
 
 
 
 
 
 
Un petit soleil réconfortant dardait ses rayons, en ce matin de février 1135. La bourgade d’Alzey, située dans le palatinat du Rhin, se réveillait tout dou…
 
— PAR SAINTE GAUBURGE !
 
Ce rugissement intempestif provenait de la boutique de Frénégonde, dame apothicaire. C’était une femme gaillarde, solide, quelque peu rougeaude et, aux dires de certaines mauvaises langues, légèrement mal embouchée à ses heures perdues. Les jurons étaient, certes, courants dans son vocabulaire mais celui-ci démontrait une certaine irritation. Écarlate, elle était prête à exploser, entre ses fioles et ses onguents, la coiffe totalement en désordre. Un événement venait de se produire, sans aucun doute. Au milieu de ses hululements, on distinguait un net agacement. La cause en était un vol et elle n’hésitait pas, par des cris de gorets, à en faire profiter toute la population. Le temps d’aller dans le potager attenant à son échoppe, de ramasser quelques herbes aromatiques qui lui permettaient de préparer tisanes ou onguents, et le larcin était commis. Ce ne pouvait être que quelqu’un qui connaissait ses habitudes, se dit-elle. Et qui d’autres que ces jongleurs, qui étaient toujours là, à traîner autour de sa chère boutique située près de la fontaine principale ?
 
Elle s’accommodait très mal de ces voisins bruyants qui lui cassaient les oreilles toute la sainte journée, faisant des tours, lançant des objets, se tenant en équilibre, ou pire, déclamant des inepties de leurs voix de faussets. Certes, chacun devait gagner sa pitance comme il l’entendait. Elle savait que cette catégorie était habituellement constituée de gens tranquilles, affiliés parfois, dans les grandes villes, à la cour. Cette dernière classe regroupait, en général, des ménestrels. Mais là, elle avait hérité, par malchance, de vulgaires saltimbanques, de vagabonds qui ne l’amusaient guère. Ces vauriens se complaisaient, à son sens, dans la paresse et dans la rapine, arrivant même à faire fuir les dames venues acheter quelque préparation. Leur plaisir était de les interpeller et de les poursuivre en leur demandant une piécette ou deux pour vivre de leur art. C’était sans parler de ces fameux objets qui avaient la fâcheuse manie de venir s’écraser, tels des moucherons ivres, sur sa porte, causant par là même un fracas retentissant à en faire sursauter les personnages gravés sur le socle de la fontaine, un chevalier et son vassal. Si seulement un officier pouvait passer par là ! Mais l’échoppe ne se situait pas à proximité du palais ducal de la famille Hohenstaufen où les garants de l’ordre se trouvaient. Dame ! Elle n’était pas bien loin non plus mais ces messieurs semblaient prendre un malin plaisir à ne jamais faire leurs rondes lorsqu’il le fallait.
 
À l’heure où le village sortait de sa torpeur, Frénégonde ouvrait sa boutique. Elle mettait un point d’honneur à être présente très tôt car il n’était pas rare qu’on vienne lui demander un onguent destiné à calmer des douleurs ayant pris naissance dans la nuit. Alzey comptait, parmi sa population, des notables mais aussi des paysans qui cultivaient la vigne ou les champs et les corps fatigués et endoloris avaient souvent besoin de ses services. Aux abords du Rhin, la terre était idéale pour toutes sortes de cultures. Les légumes ou les fruits ne demandaient qu’à pousser dans ces champs dont la limite était définie par les lisières des forêts ou quelques bourgs. Le Rhin les fertilisait et les nourrissait en serpentant agréablement au milieu de ces étendues qui formaient de belles couleurs, surtout lorsqu’un rayon de soleil venait les éclairer et les réchauffer. Frénégonde se demandait parfois si elle n’aurait pas mieux fait d’épouser un de ces solides gaillards. Peut-être aurait-elle été plus tranquille ? Mais en y réfléchissant bien, elle aimait ce qu’elle faisait car elle se sentait utile. Les clientes, excédées généralement par le couinement nocturne de leurs époux se plaignant du dos, venaient dès le petit jour et Frénégonde se faisait une fierté de leur inculquer deux ou trois conseils tout en leur délivrant un onguent à base de Rue dont les feuilles avaient la vertu de soulager les douleurs lombaires.
Ce métier, elle le pratiquait depuis plus de vingt ans. Lorsqu’elle avait rencontré Eberhard, elle n’était pas dans une période des plus faciles. Elle venait de quitter son village natal, Bermersheim, situé à une dizaine de kilomètres. Elle n’avait pas bien compris la raison de ce déménagement à cette époque-là, d’autant plus que ses parents, descendants de petits seigneurs, avaient quelques biens hérités de leurs glorieux ancêtres. Mais puisqu’il en avait été décidé ainsi, il était hors de question que Frénégonde ait son mot à dire. C’était donc résignée qu’elle avait arpenté les rues de cette nouvelle ville qui ne manquait pas de prestance avec son petit château flambant neuf, achevé en 1118. Elle préférait encore être à l’extérieur que dans cette demeure qui lui était pour le moins étrangère. Habituée à son modeste château de Bermersheim, convivial et chaleureux, elle avait du mal à se faire à ce nouveau foyer bien plus restreint en espace. À plusieurs reprises, sa mère l’avait envoyée chercher chez l’apothicaire de la teinture d’Ancolie, conseillée par le médecin en gargarismes, pour soigner les maux de gorge de son père sujet aux refroidissements. Cette boutique était son réconfort. Lorsqu’elle y était entrée la première fois, elle avait ressenti un certain bien-être. Frénégonde adorait les odeurs de menthe, de thym et de romarin qui se dégageaient de ce recoin où les chevrettes en terre cuite et les boîtes en bois blanc munies d’étiquettes aux formules sibyllines s’entassaient sur les étagères. Au sol, les décoctions se préparaient dans de petits chaudrons.
 
C’était précisément dans cette officine qu’elle avait vu, pour la première fois, celui qui allait devenir son époux. L’apothicaire était veuf depuis quelque temps. Sa tendre épouse, Martha, s’était éteinte tout doucement, dans son sommeil, atteinte par un mal dont on ne connaissait pas la cause. Martha était la gentillesse incarnée. Elle avait réussi à attirer une grosse clientèle et il n’était pas rare que les dames de la ville viennent la voir pour converser. Elle vendait les onguents et les potions pendant que son mari s’occupait, dans une arrière-salle, à les préparer. Si certains apothicaires étaient confondus avec de simples épiciers, ce n’était pas le cas de cette famille respectée, tant pour ses valeurs que pour son professionnalisme. Eberhard père travaillait en lien avec le médecin de la ville, Auderic. Celui-ci indiquait aux malades ce dont ils avaient besoin et passait souvent voir lui-même l’apothicaire pour l’en tenir informé. Eberhard fils, quant à lui, était responsable du jardinet dans lequel poussaient tout

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