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Esclave blanche en Nouvelle-France , livre ebook

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Description

Rescapée d’un raid mené par des Indiens et des Français en Nouvelle-Angleterre, Sarah, une enfant de douze ans qu’on force à marcher pendant plus d’un mois dans la neige et le froid de l’hiver 1704, n’est pas au bout de ses tribulations. En tant que prisonnière, on la vend à loisir et elle doit sans cesse s’accommoder de nouveaux maîtres, sans compter les persécutions dont elle est victime de la part d’un Huron de Lorette à qui le surnom de Serpent va comme un gant. Un seul moyen d’en finir avec ce cycle infernal : accepter de se faire papiste, elle qui a été élevée dans la tradition puritaine la plus rigoureuse.
En s’inspirant de faits historiques survenus durant les guerres intercoloniales, les auteurs font revivre dans un récit chargé d’émotion le destin atypique d’une jeune fille dont la postérité continue de fleurir de nos jours.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 septembre 2014
Nombre de lectures 47
EAN13 9782894359280
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Illustration de la couverture : Boris Stoilov
Infographie : Marie-Ève Boisvert, Éditions Michel Quintin
Conversion au format ePub : Studio C1C4

La publication de cet ouvrage a été réalisée grâce au soutien financier du Conseil des Arts du Canada et de la SODEC. De plus, les Éditions Michel Quintin reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition.
Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC
Tous droits de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par procédé mécanique ou électronique, y compris la microreproduction, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.

ISBN 978-2-89435-928-0 (version ePub)
ISBN 978-2-89435-745-3 (version imprimée)

© Copyright 2014

Éditions Michel Quintin
4770, rue Foster, Waterloo (Québec)
Canada J0E 2N0
Tél. : 450 539-3774
Téléc. : 450 539-4905
editionsmichelquintin.ca
À Diane, Richard, Danielle, Marie-Josée, Érik, Adam, Sara, Liam, Brennan et Grace, en mémoire de leur ancêtre. À François, un autre des nombreux descendants des prisonniers du raid de Deerfield.
MOT DES AUTEURS
Le récit proposé ci-après constitue avant tout un roman, qui procède cependant de faits historiques attestés.
En 1704, à une époque où la collision de trois mondes dessine l’avenir de l’Amérique du Nord, Sarah Allen, une jeune fille ordinaire d’un village puritain de la Nouvelle-Angleterre, vit une aventure hors de l’ordinaire.
Peu de faits de sa vie demeurent. Seules nous sont parvenues les mentions officielles des registres de l’époque relatives à sa naissance, à son mariage, au baptême de ses enfants et au décès de certains d’entre eux. Mais trois autres faits connus nous ont motivés à réaliser cet ouvrage. D’une part, son nom figure sur une liste de prisonniers capturés par des Français et des Indiens à Deerfield, au Massachusetts, et emmenés en plein hiver en Nouvelle-France; d’autre part, elle s’est convertie au catholicisme à Sainte-Anne-du-Bout-de-l’Île – aujourd’hui Sainte-Anne-de-Bellevue; en outre, elle a décidé de rester en Nouvelle-France après sa libération.
Sarah a donc connu le colonialisme puritain de la Nouvelle-Angleterre, la vie chez les Indiens, la Nouvelle-France et la révolution sociale consécutive à la conquête de la colonie par les Britanniques.
Nous avons élaboré notre version de l’histoire de Sarah Allen autour de faits connus, non sans modifier ou inventer certains détails historiques. Nous avons également combiné des personnages afin d’harmoniser la trame narrative.
En ce qui a trait aux nations amérindiennes, la terminologie utilisée dans les dialogues, qui peut paraître raciste au lecteur d’aujourd’hui, reflète néanmoins la culture, les mœurs et les valeurs du temps. Il est à noter aussi que très peu d’éléments d’archives permettent d’approfondir notre connaissance et notre compréhension des personnages extraordinaires qui sont issus des nations autochtones et qui ont participé à l’histoire.
Nous aimerions souligner très respectueusement le travail colossal effectué par les historiens contemporains Evan Haefeli, Kevin Sweeney et John Demos sur le raid de Deerfield. Nous tenons aussi à mentionner la rigueur encyclopédique de l’ouvrage de George Sheldon, A History of Deerfield, Massachusetts, publié en 1895. Les ouvrages de Marcel Trudel, L’esclavage en Nouvelle-France , et de Marcel Fournier, De la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-France : l’histoire des captifs anglo-américains au Canada de 1675 à 1760 , ont été pour nous d’une importance inestimable. Parmi les premiers livres à succès diffusés au sud de nos frontières, les ouvrages du XVIII e siècle, écrits à la première personne par des prisonniers des Indiens et des Français – John Williams, Mary Rowlandson –, nous ont aussi été d’une grande utilité.

Léonard Priest est un descendant de Sarah Allen. Nous racontons ici l’histoire de son ancêtre.
1
FUNESTES FRAMBOISES
5 juillet 1703, près de Deerfield, au Massachusetts
— C’est ici, souffla Sarah, la bouche sèche.
Les hommes à bord de la charrette et les cavaliers qui suivaient derrière avaient tous vu le filet de sang qui descendait doucement le courant des eaux troubles du ruisseau Muddy Creek. À peine avaient-ils débouché du sentier forestier que les deux percherons de l’attelage de Ben Stebbins s’étaient arrêtés net.
Les corps des victimes du massacre dont Sarah avait été témoin du haut de Long Hill tapissaient le sol de la clairière.
Le croassement assourdissant des centaines de corneilles, les unes perchées sur les arbres ou dans les buissons, les autres arpentant le sol, déchirait l’air étouffant. Une obscène grappe vivante de ces oiseaux grouillait sur les cadavres ensanglantés. Sarah dénombra dix-neuf corps, criblés de flèches, éventrés par des plombs de mousquet ou décapités à coups de hache. Tous avaient été scalpés.
Même le vieux cheval bai de Nate avait été abattu; il était toujours attelé à la voiture des miliciens de Deerfield d’où pendaient bras et jambes; un coup de mousquet à bout portant avait défoncé sa cage thoracique. En voyant une corneille plonger la tête dans le trou béant, Sarah fut saisie de violents vomissements.
— Occupe-toi des chevaux, Sarah, dit Ben. Ce n’est pas la place d’une enfant de douze ans!
— Non, je reste! répliqua la jeune fille, qui respirait lentement et profondément pour tâcher de maîtriser ses nausées.
Mais elle n’eut pas sitôt prononcé ces mots qu’elle vomit de nouveau.
Ben l’ignora. Il sauta à terre et s’approcha des corps. En baissant vivement la tête pour éviter une corneille trop territoriale, il remarqua un autre oiseau qui le regardait calmement venir, un œil humain au bec. De la crosse de son fusil, il balaya furieusement la charrette pour la débarrasser de la vermine ailée.
— Ça, c’est Nate, dit-il simplement en retournant le corps du jeune homme qui gisait face contre terre dans la boue à côté du cheval, le crâne défoncé.
Il désigna successivement d’autres corps du geste.
— Là, il y a Joshua. Là, Eleazer. Ça, c’est Robert… Price…
Autour de lui, l’horreur engourdissait les réactions des hommes. Troublés par l’odeur de la mort, les percherons agités piétinaient le sol.
— Mais qu’est ceci? demanda Ben en voyant le corps d’un officier en uniforme qui semblait avoir été délibérément placé en position assise sur la voiture, dominant le cheval mort.
Il s’approcha.
— C’est le capitaine Munn, murmura-t-il. Du moins ça semble être son uniforme.
L’officier n’avait plus de visage. À la place se trouvait une horrible charpie d’os et de viande rouge. Irréfutablement, on avait pris soin de lui donner sa position grotesque. On l’avait adossé à la paroi de la voiture, les bras très précisément croisés sur sa poitrine. On avait glissé contre lui ce qui semblait être une branche sculptée et gravée, semblable à un gros sceptre au bout étoilé. Ben saisit l’objet noueux.
— Un bâton fourchu de la tribu des Penobscots! dit-il.
— Il n’y a que toi pour savoir une chose pareille, observa Gershom Mattoon qui, comme à son habitude, cachait sa frayeur sous la raillerie. J’imagine que tu vas aussi nous préciser quel âge a le bâton et quel est le nom de l’Indien qui l’a sculpté?
Ben faisait tourner l’objet dans sa main. L’arme, d’une longueur de trois pieds, était peinte en rouge et noir. Lourde et bien balancée, elle était couverte de gravures sophistiquées.
— J’en ai vu plusieurs lorsque j’étais prisonnier. Certains ont été façonnés il y a des générations.
Les hommes s’approchèrent.
— Pour les fabriquer, continua Ben, les Indiens coupent un jeune bouleau gris au collet, juste sous le niveau de la terre. Les plus grosses racines sont taillées et affilées pour créer ces pointes.
Il toucha l’une des redoutables excroissances de bois.
— Si ça ne te fait rien, suggéra Gershom, au lieu d’étudier cette œuvre d’art indienne, on devrait plut&

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