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Émilie et la favorite du roi , livre ebook

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Description

1746. Deux femmes des Lumières aux caractères opposés sont amies envers et contre tout. La première, Jeanne-Antoinette de Pompadour, est ambitieuse. Louis XV vient de l’imposer comme sa favorite à la cour. La seconde, Émilie de Beaumont, n’aspire qu’à vivre paisiblement entre son mari, homme moderne et secret, et leur fille. En voulant épauler la marquise de Pompadour dans sa difficile intégration à la cour, Émilie se crée de féroces inimitiés. Elle doit affronter des adversaires impitoyables. Émilie saura-t-elle faire face à cette conjuration qui se prépare dans l’ombre ? Qui est cet homme puissant qui l’observe de loin ? Que lui veut-il ? Et quel est ce lourd secret qu’Émilie garde profondément enfoui et qui menace de ressurgir à tout moment ?



Émilie et la favorite du Roi est un roman d’aventures historiques. C’est aussi une histoire d’amour, de rivalités, de haines et de complots.



"Une belle histoire d’amitié, qui met en lumière la position fragile et incertaine de favorite royale, laquelle ne doit sa place qu’au bon plaisir du roi." Anaïs Geeraert, Histoire et secrets



Linda Sayeg est autrice, passionnée par l’Histoire et les questions de diversité et de genre. Elle a vécu en Espagne, au Canada et en Grande-Bretagne. Émilie et la favorite du Roi, son quatrième roman, est ici republié dans une nouvelle édition en deux tomes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 31 mars 2023
Nombre de lectures 4
EAN13 9782385150112
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Roman HISTORIQUE
 
 
Éditeur : Loreleï
Une marque des éditions d’Avallon
 
Distribution papier & numérique : Immatériel
 
Composition : Valentine Flork/Agence A&L
 
ISBN papier : 9782385150129
ISBN numérique : 9782385150112
 
Dépôt légal : mars 2023
 
© 2023 Les éditions Loreleï/Les éditions d’Avallon
Émilie et la favorite du Roi Tome 1 : La conjuration de Versailles
De la même autrice
L’éducation courtisane , Éditions Michel Quintin, 2013
La duchesse d’Anglase , Éditions Michel Quintin, 2014
Adélaïde et le cœur du Régent , Éditions Michel Quintin, 2015
Émilie et la favorite du Roi, Tome 2 : Le Secret du Roi , Éditions Loreleï, 2023
 
Linda Sayeg
 
Émilie et la favorite du Roi
 
La conjuration de Versailles Tome 1
 
ROMAN
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
On peut jouir de tous les avantages extérieurs, de grandes richesses,
d’une bonne santé et cependant n’être point heureux.
Mais sans biens, avec une santé faible, on peut se trouver heureux :
car le vrai bonheur dépend de nous-mêmes.
 
Madame d’Épinay
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À Julia, Simon, Juliette, Lou, Mathis et Nael
 
Eva, Lénaé, Melouenn, Baptiste, Tristan, Vincent et Alexis
 


Prologue
La vie est un songe. Le mien a été beau, mais il est court.
Maurice de Saxe
 
 
Château de Versailles, avril 1764
 
Madame du Hausset, la fidèle chambrière, vint au-devant d’Émilie qui reçut comme un coup de poignard au fond du ventre. Elle avait grise mine et ses yeux rougis ôtaient tout espoir. Cette fois, c’était la fin. Même si Émilie s’y attendait depuis longtemps, ce fut le cœur meurtri qu’elle gagna la chambre où son amie était prête à jeter son dernier éclat.
 
Ne supportant plus la position allongée, Jeanne-Antoinette était assise sur une veilleuse. Quand elle aperçut la duchesse, elle sourit d’une façon qui, un fugace instant, lui redonna vie. Voir cette figure cadavérique illuminée par une résurgence de souffle rappela à Émilie ce même visage, sublime et plein de vie, au début des années 1740, lorsqu’elles s’étaient rencontrées. Était-il possible que la vie fût passée si vite ? Sans mot dire, elle s’empara de la main de son amie et de l’autre lui fit signe, un doigt sur la bouche, de ne pas parler. Elle savait que chacune de ses respirations la faisait suffoquer. Leur dialogue fut silencieux. Par le regard, Émilie disait à Jeanne-Antoinette qu’elle serait près d’elle jusqu’à la fin. Pour Jeanne-Antoinette, l’amitié fidèle et à toute épreuve d’Émilie serait l’une des dernières douceurs de son existence. Les yeux verts de son amie l’apaisaient, la chaleur de sa main dans la sienne la sécurisait. Elle baissa les paupières. Elle endurait la douleur avec courage et résignation. Émilie le savait, sa dignité devant la mort en imposerait à tous, même à la famille royale. Une autre opinion d’elle se ferait jour ; ce serait sa dernière victoire après que les froides ombres de la nuit éternelle l’auraient emportée.
Le cœur d’Émilie se serra un peu plus. En perdant la vie, son amie allait lui ravir une partie de son être. Depuis leur rencontre, leurs destinées n’avaient cessé d’être mêlées. Leur attachement de plus de vingt ans avait été la grande amitié de son existence, l’unique. Jeanne-Antoinette allait laisser un vide immense derrière elle. En lui étreignant un peu plus fort la main, Émilie se remémora leur jeunesse, puis comment, peu à peu, elle lui était devenue indispensable. Cela avait commencé après que Jeanne-Antoinette avait été choisie par le roi comme favorite.
 
 
 
 
 
 
PREMIÈRE PARTIE
 
UNE BOURGEOISE
À LA COUR
 
 
La favorite du Roi
Vous êtes belle ; ainsi donc la moitié du genre humain sera votre ennemie. Vous possédez un sublime génie ;
On vous craindra. Votre tendre amitié est confiante,
et vous serez trahie.
Voltaire
 
 
Paris, hôtel de Beaumont, novembre 1746
 
Rue des Vieux Augustins, à proximité du Palais-Royal et du cimetière aux Innocents, était sis l’hôtel de Beaumont. De cette belle et ancienne construction édifiée sous le règne de Louis XIII, le duc de Beaumont avait fait une demeure à la mode du temps, recourant à un excellent architecte, des peintres, un ornemaniste et un ébéniste. Les artisans avaient fabriqué de faux plafonds habillés de stucs, installé des alcôves sculptées à la rocaille, des trumeaux, des dessus-de-porte et des volets intérieurs décorés de pastorales et de scènes d’angelots. Les immenses pièces du rez-de-chaussée avaient été transformées en plusieurs appartements, les étages avaient été modelés en riantes chambres, en boudoirs et en cabinets de commodité. L’extérieur, en revanche, était resté fidèle à sa conception d’origine avec ses trois corps de logis. Gervald de Beaumont n’avait voulu entendre parler ni d’ajout ni de retranchement.
Au premier étage, la duchesse donnait une leçon à leur fille. Pour la jeune Aliénor, madame de Beaumont ambitionnait une instruction à l’égale de celle octroyée aux garçons, elle voulait qu’aucune connaissance ne lui fût rendue inaccessible. Elle-même avait souffert de son apprentissage chez les Bénédictines qu’elle avait jugé négligé lorsque, après son mariage, elle avait suivi des cours avec des professeurs particuliers qui lui avaient fait mesurer l’ampleur de son ignorance. Ce n’avait été qu’une fois mariée qu’elle avait découvert les auteurs tels Platon et Lycurgue pour lesquels l’éducation des enfants était l’affaire la plus importante de l’État. S’inspirant de leurs idées et de ce que son époux avait fait pour elle en se dénotant du commun des hommes, elle avait décidé qu’Aliénor ne connaîtrait pas le sort des petites filles de son âge qui partaient pour de longues années loin de leur famille, et dont l’enseignement était réduit à l’éducation morale, l’écriture, la lecture et quelques notions d’histoire. Elle avait personnellement pris en main la direction de ses études, fait exceptionnel à une époque où les soins maternels n’étaient pas considérés comme dignes de préoccupation pour les femmes du monde.
Ne prêtant pas garde à la neige fondue qui, au gré des rafales, frappait les carreaux des deux fenêtres du cabinet, Émilie de Beaumont et son enfant étaient assises côte à côte, face à un secrétaire. Leur dos, droit, ne touchait pas le dossier des fauteuils assortis au mobilier.
— Qu’as-tu appris à travers cette fable ?
Le regard d’Émilie de Beaumont glissa sur les cheveux châtains aux reflets auburn de la petite fille, attachés en un chignon surmonté d’une barrette de fleurs. Elle n’avait pas seulement légué sa chevelure à son enfant, la forme de leur visage était identique : elles possédaient le même nez droit et une bouche fine similaire. Les yeux étaient la grande différence ; ceux de la mère étaient étirés et verts, ceux de l’enfant en amande et bleu gris. Sans qu’elle se l’expliquât, la ressemblance de sa fille avec elle-même inspirait parfois à la duchesse une sorte de mélancolie. Comme en cet instant où de la grisaille envahit son regard émeraude. Elle inspira pour chasser cette poussée de tristesse.
Ce fut d’un accent sérieux que répondit la petite fille :
— En toutes choses, il faut considérer la fin . La Fontaine nous dit de réfléchir avant d’agir.
Émilie l’embrassa sur le front, respirant son odeur d’enfant. Aliénor en profita pour enlacer sa mère et blottir la tête contre sa poitrine.
On frappa à la porte. Une chambrière entra.
— La marquise de Pompadour a envoyé une voiture depuis Versailles pour vous chercher, Madame. Elle a besoin de vous. Encore…
Émilie glissa un regard jusqu’au cadran de l’horloge.
Elle avait le temps de faire l’aller-retour dans la journée.
— Renvoie le cocher à Versailles, Edwige. Et demande à Serge d’atteler notre voiture la plus rapide. Si je ne pars pas avec mon propre carrosse, la marquise m’empêchera de rentrer chez moi avant ce soir. Ne quitte pas Aliénor des yeux pendant mon absence.
— Comme toujours, Madame.
***
Versailles, appartement de la marquise de Pompadour
 
Le logis de la favorite se situait au dernier étage du corps central, au-dessus des salons de Mercure et d’Apollon. Relié aux petits cabinets privés du monarque, il permettait aux amants de passer leurs nuits ensemble. Il était confortable avec sa cuisine qui dispensait d’envoyer chercher son souper chez un traiteur, et sa chaise volante qui évitait d’emprunter les marches de l’escalier d’Épernon. Il n’avait pas été transformé depuis l’arrivée de son actuelle locataire ; celle-ci patientait pour une telle sollicitation.
Dès qu’Émilie eut pénétré dans les appartements, la première femme de chambre de la favorite, madame du Hausset, l’accompagna dans la pièce à dormir lambrissée de grands panneaux à coquille. Le désespoir de la marquise de Pompadour lui éclata aux yeux. Hors d’elle, elle faisait les cent pas, laissant échapper de temps à autre des soupirs à fendre l’âme, se modérait, essuyait des larmes puis tombait dans de nouveaux spasmes nerveux. Émilie anéantit l’espace entre elles et posa une main sur son bras :
— Très chère, me direz-vous ce qui vous tracasse ? 
Sans répondre, l’accablée marquise gagna son bureau et prit une lettre, celle qui se trouvait au sommet de la montagne de papiers jonchant son écritoire. Son front se rembrunit un peu plus. Elle se tourna vers Émilie. Ses beaux yeux fatigués par les larmes s’égaraient dans le vide. La duchesse l’interrogea d’un regard inquiet.
— Lisez donc, lui dit-elle d’une voix lente et grave. Ils m’attaquent même sur les enfants que j’ai perdus, moi qui rêve d’offrir un fils à Louis. Dans ce pays-ci, la méchanceté est le seul air que nous respirions avec l’hypocrisie.
Émilie étreignit tendrement le bras de sa compagne avant de se saisir du papier. Les quelques lignes étaient un ramassis d’horreurs, vulgaires à souhait, à travers lesquelles on se gaussait des tristes pertes

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