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De la poussière et du vent , livre ebook

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Description


À la mort de sa grand-mère, Léa, jeune femme d’une vingtaine d’années, découvre un cahier et des objets ayant appartenu à Emilien, son arrière-grand-père.


Qui est cet homme étonnant qui a traversé l'Europe et le siècle ? Comment a-t-il pu survivre aux heures noires de la guerre ? Quels sont ces secrets de famille que le temps a jusqu'ici protégés ?


Pierre après pierre, Léa, aidée de sa mère, reconstruit et découvre la personnalité d’un homme hors du commun dont l’étrange destin ricoche encore sur la vie de ses descendants par-delà le temps.


"Attention, livre coup de cœur ! le coup de cœur qui fait pleurer, qui emporte dans un tourbillon d’émotions fortes." Marceline Bodier, 20 minutes


Cathy Borie a travaillé dans l’enseignement avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Elle a déjà publié des romans, des pièces de théâtre, des poèmes et des essais, pour lesquels elle a obtenu plusieurs prix. Elle a publié, en 2022, Dans la chair des anges aux éditions d’Avallon et Ana aux éditions Tohu-Bohu.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 décembre 2022
Nombre de lectures 5
EAN13 9782385150051
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

LES RÉCITS DE LA COMBE
 
 
 
 
 
 
 
 
Crédits photographiques : Midjourney
Composition du livre : Valentine Flork / Les éditions d’Avallon
 
Distribution papier / numérique : Immatériel
 
ISBN papier : 9782384390922
ISBN numérique : 9782384390793
 
1ère édition
 
Dépôt légal : décembre 2022
 
La Combe
Une marque éditoriale des éditions d’Avallon
342 rue du Boulidou
34980 Saint-Clément-de-Rivière
 
© 2022 Les éditions de la Combe / Les éditions d’Avallon
De la poussière et du vent
De la même autrice
Romans
 
Dans la chair des anges , Les éditions d’Avallon, 2022
Ana , L’échelle du temps, 2022
Mille jours sauvages , La Rémanence, 2020
La nuit des éventails , La Rémanence, 2015
La perte , Éditeur indépendant, 2007
 
 
Poèmes
 
Toucher le ciel , Éditions Maïa, 2017
 
 
Théâtre
 
Ciel rouge le soir , Les Points sur les i Éditions, 2015
 
 
Essais
 
Il était une (première) fois , Les Points sur les i Éditions, 2013
18 ans… et après ? , Les Points sur les i Éditions, 2012
Cathy Borie
De la poussière
et du vent
RÉCIT
 
 
 
 
 
 

Prologue
— Tu te souviens de Margot, Maman ?
Clarisse et Léa se tiennent toutes les deux à genoux sur la moquette de la bibliothèque, des chemises cartonnées éparses devant elles, certaines ouvertes, des cartons défoncés emplis de photos, des dossiers à élastiques d’où s’échappent des feuilles cornées, de vieux cahiers recouverts de lignes au crayon à papier rédigées dans une écriture parfaite et minuscule, à demi effacée.
— Bien sûr, je m’en souviens très bien, nous allions souvent chez elle avec mémé Juliette et ma sœur quand on était gamines.
Léa lui tend une photographie jaunie, développée sur un papier épais et dentelé, où le visage de Margot est représenté en gros plan, de face, et très légèrement penché : ses yeux clairs illuminent le cliché.
 
Des mois se sont écoulés depuis la mort de sa grand-mère lorsque Léa convainc Clarisse, sa mère, de mettre un peu d’ordre dans les papiers qui trainent au grenier. Il faudra bien se décider un jour prochain à mettre la maison en vente et effectuer un gigantesque tri. Mais ce n’est pas la principale motivation de Léa : elle sait que sa grand-mère a conservé, des années durant, sans les consulter, de nombreux documents ayant appartenu à son père — l’arrière-grand-père de Léa et de Tom. Encore aujourd’hui, vingt-cinq ans après son décès, Emilien demeure pour tous la figure mythique de la famille, et se pencher sur son passé, aller au-delà de ce que leur a raconté Mamina — c’est le nom que donnent à Mina ses petits-enfants —, répondre à des questions que plus personne n’ose poser, mais qui n’en restent pas moins mystérieuses, voilà ce qui motive suffisamment Léa pour qu’elle profite de son séjour en Dordogne afin de mener de vraies recherches au sujet d’Emilien. Et dans cette quête, il ne s’agit pas seulement de fouiller le parcours d’un aïeul : Léa veut aussi découvrir les liens possibles que le chemin d’Emilien entretient avec sa route à elle, l’arrière-petite-fille d’un homme né en 1899, ancien déporté du camp de Neuengamme ; elle qui n’a rien connu de ces soubresauts tragiques et qui, pourtant, peint depuis toujours des corps tordus et des visages tourmentés, des silhouettes squelettiques et des hommes rayés de barreaux en fer, des visages édentés et des membres torturés.
Où a-t-elle puisé ces images ? Qui lui a transmis les messages de ces fantômes désespérés ? Se ressemblent-ils vraiment ou viennent-ils d’univers différents ? Ce sont ces réponses-là qu’elle cherche, autant dire les secrets de la vie, un peu de poussière dispersée par la brise.
 
Pendant que Clarisse observe la photo, Léa continue de fouiller au hasard dans les dossiers éparpillés, soulevant des pages volantes, feuilletant de petits carnets, écartant des couvertures usagées ne tenant que par un fil.
— Et ça, Maman, qu’est-ce que c’est ?
Elle présente sur sa paume ouverte une sorte de bracelet en cuir desséché, craquelé par le temps ou les intempéries, dont les deux parties retiennent une plaque de métal terni : sur cette plaque, cinq chiffres gravés. 31799. Rien d’autre. Clarisse pose la photographie de Margot et approche doucement les doigts de l’objet, comme si elle avait peur de se brûler. Puis elle le saisit fébrilement.
— C’est son bracelet de déporté. Celui de mon grand-père Emilien, le père de Mamina.
— Tu savais qu’il était là ? Que Mamina l’avait gardé ?
— Non. Je ne l’avais jamais vu.
Ainsi commence leur cheminement dans le passé d’Emilien, et dans celui de Mina, balisé par les trouvailles plus ou moins heureuses qu’elles font dans les cartons éventrés, et par les souvenirs d’enfance transmis par Mina à Clarisse, comme si les échos de ces vieilles vies n’en finissaient pas de se répercuter dans les vies suivantes et d’y marquer des empreintes infimes mais indélébiles.
Chapitre 1 : La mort de Mina
Quand arrive l’année de ses soixante ans de mariage, Mina prend la résolution de célébrer très officiellement cet anniversaire. Elle porte toujours épinglée sur la poitrine, bien qu’invisible pour les autres, comme une jolie petite broche surannée, l’image de son mariage hâtif et de ses treize convives. Excepté son alliance, il ne reste rien de ce jour de mars pluvieux : aucune photo, aucune musique, aucun objet, son frère Jean est mort, ses parents et ses beaux-parents aussi, et hormis Simon, le frère de Gaspard, personne ne pourrait raconter la moindre anecdote, se souvenir des chansons qu’on y avait chantées, de ce qu’on avait bu et mangé, des tenues que portaient les hommes, de la coiffure des femmes. Soixante ans plus tard, elle voit presque comme une revanche sur la vie le fait de recommencer cette fête avec tout le cérémonial qu’elle mérite, tout l’apparat qu’elle n’avait pas revêtu à l’époque, faute de moyens, et d’y convier ceux qu’elle aime, tous ceux qu’elle aime et qui font encore partie de ce monde.
Obstinée, elle se consacre à la préparation de l’évènement dès le mois de janvier. Gaspard, son mari, observe ces projets d’un œil circonspect, étonné et un peu désemparé de constater l’enthousiasme que peut mettre une femme de plus de quatre-vingts ans à ces plans un peu futiles, ne comprenant pas la portée de ces festivités programmées.
Il faut tout d’abord convenir d’une date qui rassemblera toute la famille proche et les quelques amis que Mina souhaite y voir, puis d’un lieu à la fois chaleureux et assez commode, un lieu chéri et ensoleillé, où elle ne craindra pas que la pluie vienne gâcher les réjouissances. Mais avant même la résolution de ces détails pratiques, Mina commence à chercher une toilette qui sera à la hauteur du symbole : un mariage, soixante ans après les noces accomplies dans la précipitation, avec le même homme que jadis, et en présence des enfants et petits-enfants issus de cette union… Elle est bien loin, la petite jupe de lainage ! Elle veut une belle robe longue, de jolies chaussures, des couleurs claires et même un chapeau, quelque chose qui lui donne de l’allure, peut-être une voilette ou une plume, de l’aérien et du frémissant, du léger, tout ce qu’elle n’a pas connu pour ses vingt ans, avec son ventre lourd qui poussait sous sa fine combinaison et ses pieds froids dans les ballerines.
Bien sûr, elle en a parlé à ses filles, mais sans trahir le secret sur son habillement, précisant juste que ce sera un peu élégant et qu’elles ne manquent pas de prévoir pour elles aussi une tenue en conséquence.
 
Finalement, il est décidé que la fête se tiendra en Corse. Mina et Gaspard avaient découvert l’île à la fin des années soixante, en famille, parcourant les routes escarpées dans une 404 vert bouteille, avec sur le toit un paquetage digne d’un exode : tente familiale, réchaud, caisse de vaisselle, matelas pneumatiques, lits de camp pour les parents, duvets, table de camping. Dépliant et repliant la toile de tente, ils avaient sillonné l’île du nord au sud et d’est en ouest, à la découverte des villages perchés et des torrents de montagne, faisant halte au bord de plages sauvages et bordées de pins parasols, visitant la vieille ville de Bonifacio et les menhirs de Filitosa, la cathédrale d’Ajaccio et les ruelles de Calvi. Ils avaient tout aimé. Et n’avaient eu de cesse de revenir sur cette terre des merveilles. Si bien qu’une dizaine d’années plus tard, ils décidèrent d’acheter un petit appartement à Ajaccio et Emilien, le père de Mina, se proposa aussitôt pour les aider dans cette entreprise.
Ils dénichèrent un vaste deux-pièces dans un immeuble encore en construction, en rez-de-jardin, avec vue sur la mer qui se déployait deux cents mètres plus bas, dans une petite résidence adossée aux collines couvertes de maquis. Au bout du petit jardin poussait un palmier, et Gaspard planta hibiscus et bougainvillées, griffes de sorcières et plumbagos, qui encerclèrent bientôt la terrasse et leur fit comme un nid de fleurs odorantes. Mina et Gaspard y passaient chaque année une quinzaine de jours en septembre, puis Mina y retournait avec ses parents tant qu’ils furent en vie, ou avec ses filles, leurs maris et leurs enfants quand elles en eurent, ou encore avec des amis, avec de la famille… Ajaccio devint très vite leur ville de cœur, et l’appartement un refuge paisible et douillet, d’où ils continuèrent à rayonner pour explorer sans cesse les recoins de cette île où ils ne se lassaient pas de fureter, toujours curieux, toujours séduits.
Plus tard, Clarisse, leur fille ainée, y vécut plusieurs années, et Mina et Gaspard multiplièrent leurs séjours dans l’île, renforçant encore leur attachement pour ces lieux qui désormais constituaient le décor quotidien de leurs petits-enfants, eux-mêmes complètement immergés dans cette nouvelle vie et cette nouvelle identité. Ce fut seulement au moment du divorce de Clarisse, quand elle se résolut à rentrer « sur le continent » pour enfin réus

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