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Comme le phénix... , livre ebook

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Description

L'histoire de Hisan se passe au Cambodge et raconte les massacres et les exactions des khmers rouges contre la population cambodgienne tout juste sortie de la colonisation. C'est par la bouche d'un témoin privilégié que nous parcourons cette époque difficile. Hisan connaîtra la misère avant d'être recueillie par les notables de la région et apprendra l'histoire de son pays par une vieille dame qui l'a vécue.

Informations

Publié par
Date de parution 07 janvier 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312030111
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Comme le phénix…
À tous ceux qui souffrent et désespèrent de retrouver une vie normale, je dédie cette fiction. Je souhaite sincèrement que « comme le phénix » ils renaitront de leurs cendres !
C.N.
Claude Nativel
Comme le phénix…
Roman












LES ÉDITIONS DU NET
22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2015
ISBN : 978-2-312-03011-1
I
L’histoire de HISAN commence au bord de la mer, une mer qui est couleur émeraude, toujours calme, toujours tiède. Un océan dans lequel la petite fille se baigne, juste en face de la maisonnette de ses parents.
Son père est un homme fluet, vêtu d’une espèce de short en coton blanc, raccommodé un peu partout, et d’une petite chemise à col droit, elle aussi rapiécée. Il a élevé deux oiseaux, sa fortune, affirme-t-il, puisqu’ils pêchent pour lui et sa famille les poissons de l’immense océan. La mère d’HISAN, HAHO est une toute petite femme qui porte un chapeau de bambou tressé, attaché par une ficelle qui lui passe sous le menton. Elle ne s’arrête jamais de travailler, elle lave les pauvres vêtements de son époux, fait cuire les repas, prépare le lit de sa fille qui dort dans une sorte de petite cabane adossée à la leur. Les journées défilent et la maman d’HISAN ne s’aperçoit pas du temps qui passe.
HAKIAVE gâte ses oiseaux, les caresse, leur parle comme s’ils étaient des humains qui peuvent le comprendre. Sa fille pense, elle, que son papa est une sorte de cormoran qui a pris forme humaine, c’est pourquoi, il s’entend si bien avec les siens. Tous les jours, en allant à l’école, elle passe devant une grande maison, une maison de riches sûrement, on le devine rien qu’à voir le portail imposant, et surtout le garde armé et le monstrueux chien qui l’accompagne, postés devant les deux battants majestueux et décorés du portail.
La vie quotidienne n’apportait aucune joie, aucune satisfaction à HISAN : après l’école qui finissait à quinze heures, elle redescendait vers la mer, en courant presque, sauf lorsqu’elle passait devant le garde. Celui-ci semblait encore plus sévère, à moins que ce fût un autre qui l’avait remplacé. Le dogue grondait toujours et HISAN ne respirait que lorsqu’elle était hors de portée de la sentinelle.
Un matin, alors qu’elle arrivait près de la maison aux toits vernis et aux tourelles dorées, elle remarqua un remue-ménage inhabituel : le garde s’était placé au milieu du chemin de terre battue, le majestueux portail s’était ouvert lentement et, tiré par deux hommes musculeux, un pousse-pousse en était sorti. HISAN, cachée derrière un buisson, avait vu toute la scène mais elle n’avait pas eu le temps d’apercevoir le passager du petit véhicule, dissimulé par un voile richement brodé. Une fois la voiturette disparue, le portail se referma, le garde et son chien reprirent leur place. La fillette continua sa route en rasant presque le mur d’en face, tant elle craignait de les déranger.
Qui donc pouvait demeurer dans ce château ? Un grand seigneur, sûrement. Rien qu’à observer l’extérieur de la construction, on devinait la richesse des peintures, la finesse des sculptures, la beauté des jardins à travers lesquels coulaient de petits ruisseaux. HISAN qui vivait misérablement avec sa mère, aurait aimé pénétrer dans ce domaine enchanté pour découvrir les plantes rares qui y poussaient, les fleurs dont elle ne connaissait même pas le nom et les oiseaux qui chantaient continuellement. Elle pensait avoir un jour la chance de visiter cette habitation princière, elle aurait aimé devenir domestique pour avoir accès aux salons, aux chambres ou plus simplement servir le thé et les repas à des hôtes de rêve, habillés de vêtements de luxe, de robes scintillantes, des jeunes filles invitées pour leur premier bal, ainsi que les décrivaient de vieux journaux qu’elle lisait le soir, dans sa misérable cabane, à la lueur d’une lampe à huile.
Les soldats qui remontaient HAHO arrivaient. Ils posèrent le corps de la vieille femme sur une sorte de canapé, enlevèrent le drapeau qui le recouvrait et le général fit une courte allocution où il était question de bravoure, de courage, de philanthropie. HISAN ne finissait pas de pleurer. L’instant était solennel ; à un moment des obsèques le général vint vers elle, la salua et s’inclina devant les autres femmes qui étaient présentes. Les moines marmonnaient leurs prières, et le cortège passant, dans une trouée du feuillage, arriva devant l’ouverture d’une caverne immense qui contenait de nombreux cercueils.
C’est une maison minuscule dont les volets ont été mangés par les embruns qui déferlent sur elle, au moment où la tempête rugit au large. Mais ses parents sont habitués aux caprices des typhons et prennent quelques précautions : mettre de gros rochers sur la tôle du toit pour qu’elle ne s’envole pas, encorder les bascules des volets de bois ajourés, rentrer le petit matériel dont le père a besoin pour pêcher. Il faut dire que HISAN redoute les coups de butoir de la grande bleue qui l’empêchent de dormir mais qui n’affolent ni papa, ni maman.
Quand elle ne va pas à l’école là-haut, dans la montagne, elle aide sa mère qui est malade et qui peut à peine se déplacer. C’est HISAN qui balaie tout autour de la maison, qui lave les vêtements sales, qui fait cuire à manger, qui s’occupe de sa maman. Jamais un pleur, jamais une plainte, la petite fille est très courageuse.
Pendant ce temps, papa est à la pêche une fois de plus : le père de HISAN n’a pas d’autre travail, prendre des poissons pour ensuite les revendre, c’est ce qui lui rapporte un peu d’argent, surtout pour les médicaments dont a besoin sa femme qui est très malade.
Papa a une étrange manière de pratiquer la pêche : il ne se sert ni d’un hameçon ni d’une épuisette ni d’un filet, il utilise deux oiseaux pêcheurs, des cormorans. En Asie, où habite HISAN, beaucoup de personnes attrapent comme cela des poissons. Elles capturent des oiseaux sauvages, les dressent à pêcher en eau douce, les nourrissent parce qu’ils n’ont pas l’habitude de prendre des poissons dans l’eau des rivières. HAKIAVE, le papa de HISAN n’a pas la même manière de faire, lui, il demeure au bord d’un golfe où la mer est rarement rude.
HAKIAVE préfère élever des oisillons : il pourra les dresser, quand ils sont encore tout petits. D’abord, acheter des œufs récemment pondus, puis assurer la couvaison de deux œufs au moins, les bichonner et surveiller la poule sous laquelle on les met à couver même si elle pousse des caquètements de colère, les retourner tous les jours, attendre plus de vingt et un jours et dès que les oisillons sont nés, les enlever du nid et les soigner comme des bébés. Leur repas fait l’objet d’un soin particulier : les oiseaux prennent le vieux pêcheur et sa fille pour leurs parents.
A la nuit presque tombée, le papa les rentre, leur donne une sorte de pâté de poissons et de farine mélangés : ils sont gourmands et quand leur maître tarde trop à leur apporter leur pitance, ils poussent des cris sans discontinuer.
HISAN, quand elle a du temps devant elle, va aider son père à nourrir les cormorans, ils ont pris du poids et la fillette peut à peine les porter jusqu’au bac métallique où leur repas est entreposé. Ils grossissent rapidement et leurs cris sont devenus rauques, ils ont maintenant l’habitude de voir HISAN et, quand la petite fille s’approche d’eux, ils dandinent, un peu comme des canards.
Le plus difficile pour le père, c’est de les amener à ne pas avaler le poisson qu’ils pêchent : aussi, HAKIAVE use-t-il du même procédé que les autres pêcheurs. Il a posé à la base de la gorge de ses oiseaux une ligature faite d’une corde souple mais solide, ce système permet aux volatiles de laisser les petits poissons passer dans leur estomac mais les empêche d’avaler les plus gros que HAKIAVE récupère, quand les oiseaux remontent du fond de la mer, et viennent se reposer sur la proue du canot, à portée de main de leur maître.
Il a fière allure quand, le matin, il s’embarque avec ses deux cormorans, sa tête couverte d’un chapeau chinois, par crainte du soleil. HISAN admire son papa et se dit prête à aller pêcher, elle aussi, quand elle sera plus grande.
Une bonne journée pour HAKIAVE, c’est une bonne dizaine de poissons, quelquefois la pêche est moins fructueuse, mais la famille a de quoi se nou

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