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Chichen - Mère des jaguars , livre ebook

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Description

Longtemps avant l’arrivée des Européens, des guerres fratricides déchiraient déjà ce qui deviendrait la péninsule du Yucatán.
Coincée dans un désastreux mariage arrangé avec un riche commerçant étranger, la jeune Manik se retrouve malgré elle au milieu de la tourmente. Elle qui ne rêvait que d’exercer ses talents de peintre devra s’armer de courage pour veiller à la protection de sa famille, que chacun tente de s’approprier à des fins politiques.
Les jaguars, ses petits, seraient-ils le présage tant espéré par son peuple, annonciateur d’une victoire prochaine de Chichen contre les cités voisines et de la fin de la terrible sécheresse qui sévit dans la région ? Le cadeau reçu d’Ixchéel, astre de la nuit et déesse de la fertilité, présente un double tranchant.

Comme Manik ne réagit pas, la prêtresse prend sa main et la met dans celle du rameur. Avec délicatesse, celui-ci soulève la dame et l’emporte vers l’embarcation. Là, deux autres bras s’ouvrent vers elle. Manik voit d’abord des doigts fins. Son regard suit les ocelles tatoués jusqu’aux épaules musclées… Elle ose à peine lever la tête pour apercevoir le visage… maquillé comme celui d’un félin. L’homme porte un pectoral de jaguar, des colliers, des bracelets, un panache de plumes d’aigle. Son pagne est couvert de broderies.
Contrairement à ce qu’elle avait imaginé, celui qui lui lance un regard de braise est jeune. En posant les pieds sur la bordure du bateau, Manik songe qu’il est à peine plus vieux qu’elle. Elle saisit les mains tendues vers elle afin que l’homme la hisse à l’intérieur. L’ample barque s’avance vers une petite baie.
La prêtresse en chef retourne auprès des autres pèlerines ; il reste à convaincre Ixchéel.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 octobre 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782764432815
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0850€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

De la même auteure
ROMANS
L’astronome maya , Montréal, VLB éditeur, 2013.
Neige maya , Montréal, VLB éditeur, 2010.
L’homme-ouragan , Montréal, VLB éditeur, 2003.
ROMANS - ÉDITIONS EN ESPAGNOL
El escriba del Imperio maya , México, Random House Mondadori, 2011.
Nieve maya , México, Random House Mondadori, 2009.
Quetzalcóatl, el hombre huracán , México, Random House Mondadori, 2008.
ESSAI
Les Mayas et Cancún , Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1999.





Projet dirigé par Myriam Caron Belzile, éditrice
Conception graphique : Claudia Mc Arthur
Mise en pages : Pige communication
Révision linguistique : Diane Martin et Chantale Landry
En couverture : Photomontage réalisé à partir d’images
de shutterstock.com : berry2046 / Malysh Falko / Tony_88
Conversion en ePub : Nicolas Ménard
Ce roman tient compte de la nouvelle orthographe.
Québec Amérique 7240, rue Saint-Hubert
Montréal (Québec) H2R 2N1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010
Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d'édition.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. L'an dernier, le Conseil a investi 157 millions de dollars pour mettre de l'art dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d'impôt pour l'édition de livres – Gestion SODEC.



Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Dufresne, Lucie Chichen : mère des jaguars (Tous continents)
ISBN 978-2-7644-3279-2 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-3280-8 (PDF)
ISBN 978-2-7644-3281-5 (ePub)
I. Titre. II. Titre : Mère des jaguars. III. Collection : Tous continents.
PS8557.U307C44 2017 C843’.6 C2017-940813-5 PS9557.U307C44 2017
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2017
Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés
© Éditions Québec Amérique inc., 2017.
quebec-amerique.com




Avant-propos
L’histoire commence le 15 janvier 890, dans le nord de la péninsule du Yucatan, territoire appelé les Basses-Terres, où affluent les migrants, venus des anciennes cités du sud. Là-bas, les mythes fondateurs s’écroulent, les rois divins ont perdu leur liaison avec les dieux. La mort y sévit. Les déplacés par les guerres cherchent à s’enraciner dans des lieux presque encore vierges.
Les premiers habitants de Chichen, comme ceux qui arrivent au cours des VIII e et IX e siècles, utilisent alors trois calendriers principaux qui se complètent : le compte-long, le solaire et le lunaire. Grâce à cette combinaison, il est aujourd’hui possible de convertir ces dates dans notre calendrier.
Cependant, ces traditions et plusieurs autres vont être bouleversées par les étrangers qui s’introduisent dans les réseaux commerciaux de la péninsule. Pour l’une des héroïnes de ce roman, Manik, la vie va basculer le 10.3.1.7.7, le 1 Manik 5 Kank’in, soit le 21 septembre 890. 1
À l’époque où se déroule son histoire, le terme « maya » n’avait que peu de résonance. Ce mot a été inventé ou utilisé par les Espagnols, probablement à partir d’un malentendu, ma’ yaan signifiant « je n’ai pas » ou « il n’y a pas ». Par exemple : « Il n’y a pas d’or. » Les gens de la péninsule du Yucatan, parfois joliment baptisée Méso-Amérique, ont tous été inclus dans le vocable « indien » ou « maya » par les colonisateurs. Pratique, mais réducteur. Ces « Mayas » s’étaient déjà attribué des noms, plusieurs en fait. La péninsule était divisée en au moins seize provinces, contrôlées par différents clans, qui tentaient de conserver leurs routes commerciales et les faveurs des dieux.
Selon les endroits, il y avait des Kupuls, Kokoms, Kochuahs, Ekabs, chaque clan maitre de savoir-faire uniques… Cependant, quand vous verrez ces noms étranges, vous pouvez les traduire tous par « Maya » dans votre tête, je ne m’en offusquerai pas. D’ailleurs, pour nous simplifier la vie, je me suis limitée à mettre en scène quelques-uns des seize clans alors dans la région. Peut-être par grandeur d’âme ?
Le récit, qui se termine au début de l’an 905, présente ce monde en révolution vu à travers les yeux de l’audacieuse Manik…
Bon voyage,
Lucie














Chapitre 1 – Préliminaires
Le soleil s’arrache de l’horizon. Il inonde la terre et l’océan de sa lumière rosée. La brise marine secoue doucement la forêt aux cimes ajourées par la saison sèche. Le sorcier admire l’azur à travers la frondaison de l’arbre immense qui se dresse au milieu de sa cour. Les dieux circulent le long de cet axe vivant entre les cieux et l’inframonde. Tsoltan les entend chanter et se réjouit ; la journée s’annonce bonne. Les préparatifs avancent bien : tisanes, pommades, philtres, alcools… Il ne manque presque rien. Des bruits saccadés lui parviennent de la cuisine. On travaille : le couteau frappe la planche, le pilon s’abat dans le mortier. Sons agréables. Le sorcier s’approche. À travers le mur de tiges entrelacées, il voit un esclave hacher des végétaux, un autre, les broyer. Les deux s’agitent sous l’œil sévère de son père, habitué de longue date aux rituels.
Le jeune homme s’estime chanceux de profiter de l’expérience de son père ; un festival de la pleine lune ne s’improvise pas. Devenu vénérable avec l’âge, le vieux sorcier occupe maintenant le poste d’orateur principal du sanctuaire sur l’ile de Kusaamil, la « place des hirondelles », réputée pour être bénie des dieux.
Le fils se frotte les mains. La prochaine fête s’annonce très courue. Au dire de celle qui dirige la place sainte, sept pèlerines auraient confirmé leur venue, avec escorte ! Elles proviennent de différents coins de la péninsule, dont une noble de Chichen. Sept dames qu’il faudra aider à engendrer une descendance. D’habitude, le sanctuaire n’en reçoit que deux ou trois à la fois. Alors, cette pleine lune sera une grande célébration !
Accompagné de son couple de jaguars, le fils quitte la maison, leur repaire, pour se rendre au sanctuaire : les bêtes ont besoin d’exercice et lui veut s’assurer de la qualité des préparatifs. Tout devrait être bien organisé ; celle qui gère le centre de prières, une femme qu’il a longtemps admirée, est digne de confiance. Une certaine complicité les unissait, des souvenirs d’amour aussi, mais maintenant… la maladie l’a aigrie.
Après une matinée de marche, il atteint le boisé qui borde l’enceinte du sanctuaire. Une fois qu’il a soufflé dans une conque accrochée là pour s’annoncer, on lui ouvre. Le sorcier pénètre dans l’espace sacré avec ses deux bêtes ; il aime faire étalage de ses pouvoirs. Après avoir traversé la grande place de la stèle, qui parait très calme pour le moment, il se rend dans les quartiers des prêtresses.
De loin, il voit la chef sur l’esplanade de sa résidence, dirigeant un groupe de jeunes filles qui répètent une danse. Elle porte un chapeau à large bord sur un voile qui la couvre presque en entier. Le sorcier sait que si ce voile protège la peau très fragile des rayons du soleil, il cache également les effets de la maladie : cheveux clairsemés, lésions…
La femme voit le bellâtre qui vient dans sa direction. Elle remarque les jaguars et serre les dents. Cet homme… quel arrogant ! Les danseuses, apercevant aussi les bêtes, s’agglutinent en une masse compacte. Le sorcier monte sur l’esplanade, encadré de ses félins à qui il ordonne aussitôt de s’assoir. Les filles reprennent leur danse. La chef voilée se campe sur ses pieds écartés et croise les bras sous sa tunique. Son visage très pâle fait ressortir la prunelle des yeux ; un volcan y couve. Elle ricane.
— Le premier sorcier en personne… escorté ! Que me vaut cet honneur ?
Le visiteur s’incline.
— Noble mère des prêtresses,

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