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Berlin-Mohrenstrasse , livre ebook

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Description

Werner van Heyden déménage pour deux ans de Genève à Berlin pour y finaliser un projet industriel pour le compte d’une entreprise est-allemande. Une particularité : il va habiter à l’Ouest mais travailler à l’Est, en RDA, l’obligeant ainsi à franchir tous les jours le fameux Mur ! Travailleur frontalier dans un cadre symbolique de la Guerre froide, il va devoir faire face au fossé existant entre les deux Allemagne. Évoluant dans un milieu qui va rapidement le dépasser, il va devoir gérer de front les aspects économiques, politiques, culturels et sentimentaux tout en évitant les pièges qui lui seront tendus. Un roman captivant mêlant affaires et espionnage, et décrivant de façon détaillée de nombreux aspects de la vie des deux côtés du Mur de la honte avant la réunification du pays.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 septembre 2016
Nombre de lectures 12
EAN13 9782334207553
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-334-20753-9

© Edilivre, 2018
Avant-propos
Ce roman est basé en majorité sur des faits réels. Toute ressemblance avec des personnes et faits est donc rarement le fruit du hasard. Les noms de certaines entreprises et personnes ont été modifiés, sauf ceux des personnes ayant eu un rôle politique public dans l’Histoire.
Chapitre 1 Ich bin ein Berliner
– Bienvenue à Berlin ! Voici vos clefs, j’espère que vous allez passer un très agréable séjour parmi nous. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous savez où me joindre. Tschüss !
Frau Brunner était déjà repartie, laissant Werner seul dans son nouvel appartement berlinois. Ses bagages étaient encore dans sa VW Golf qui était stationnée dans la rue. Il venait de faire un trajet de 1200 km depuis Genève en Suisse et allait commencer une nouvelle page de sa vie. Il regardait par la fenêtre de la cuisine qui donnait sur une place charmante, d’une ambiance presque provinciale, la Viktoria-Luise Platz, dans un quartier résidentiel de Berlin-Ouest. Lorsqu’il était descendu de sa voiture, il se serait presque cru dans les quartiers huppés du Kijkduin de La Haye, la ville des Pays-Bas d’où venait sa mère, avec une ambiance villageoise et les mêmes briques rouges aux maisons. Et surtout, les pavés sur les trottoirs, des carrés d’une trentaine de centimètres de côté sur lesquels il adorait marcher. Comme les pavés hollandais sur lesquels il adorait jouer à une sorte de marelle quand il était petit. Werner était néerlandais, mais il n’avait jamais vécu aux Pays-Bas. Il connaissait surtout son pays d’origine par les nombreuses visites auprès de ses grands-parents lors des vacances scolaires. Il dormait alors chez son grand-père à Den Haag, La Haye en français, et rendait souvent visite chez sa grand-mère à Amsterdam. Werner se sentait plus suisse, car il y était né et y avait suivi toute sa scolarité. Là, il travaillait pour une société genevoise active dans la représentation de sociétés industrielles au Moyen-Orient. A vrai dire, son boulot n’était pas une sinécure, il l’ennuyait un peu, coincé entre un PDG caractériel et un directeur commercial pervers narcissique. Si cette aubaine de pouvoir venir à Berlin ne s’était pas présentée, il aurait sans doute démissionné tôt ou tard…
Il était fatigué. Le problème avec le voyage en voiture vers Berlin était sa longueur, ainsi que l’état d’une partie de la route. Werner pouvait rouler sans problème 800 km par jour. Plus loin, il pouvait atteindre avec plus de peine un deuxième seuil à 1000 km, mais au-delà, cela devenait franchement difficile. Normalement, il se serait arrêté et aurait pris une chambre d’hôtel pour continuer le lendemain, mais une fois en transit à travers la République démocratique allemande, il n’avait pas le droit de sortir de l’autoroute et de chercher un hébergement. Il était donc condamné à rouler jusqu’au bout. A chaque voyage, une fois à Dreilinden, aussi appelé Checkpoint Bravo par les Américains, il était content d’arriver, et exténué. De plus, il était pompeux de nommer « autoroute » cet horrible ruban fait de dalles de béton plus du tout planes sur lesquelles les amortisseurs souffraient. La chaussée n’avait plus été entretenue depuis 1945. En plus, on était surveillé en permanence, l’attente aux postes de douane pouvait être longue, et on mangeait assez mal dans les restoroutes.
Werner fit le tour de l’appartement qu’il avait réussi à trouver grâce à un ami travaillant au consulat général de Suisse à Berlin-Ouest. Il n’était pas facile de trouver un logement à distance ! Lorsque Frau Brunner lui fit faire le tour, il avait tout de suite été séduit par l’appartement. Spacieux sans être trop grand, avec un haut plafond comme c’était l’habitude dans les anciens immeubles de la ville, bien plus que les logements standards qu’il avait connus, bien situé, à deux pas du métro de la ligne n° 4 menant vers Innsbrucker Platz et Nollendorfplatz. Deux chambres à coucher donnant sur l’arrière-cour, un salon spacieux, une cuisine et une salle de bain, et une vaste terrasse à l’arrière pour pouvoir profiter des nuits chaudes de l’été. Werner savait déjà que les hivers pouvaient être glacials à Berlin, mais les étés torrides. Il testa le lit, juste parfait, avec les incontournables grosses couettes blanches. Il rejoignit sa voiture et vida le coffre. Une fois le travail terminé, avant de remonter ses dernières affaires, il regarda encore une fois la place, il huma l’air, cette odeur unique qu’on ne pouvait trouver qu’à Berlin, une odeur mélangeant tilleuls, kebab et renfermé, et il sourit. Il était heureux !
Chapitre 2 Guerre et paix
– Et l’Europe s’est retrouvée ainsi séparée par une frontière étanche de la Mer Baltique à la Mer Noire, longue de presque 4000 km.
Werner n’en croyait pas ses oreilles ! Ce jour de mars 1977, lors de son cours hebdomadaire de géographie donné par son professeur Monsieur Zwicky, Werner eut probablement le choc, ou plutôt la révélation de sa vie scolaire. Il venait d’apprendre les détails de la Guerre froide et de ses conséquences géopolitiques. Il se rappela mot pour mot de ce cours :
Après la capitulation allemande, la Conférence de Yalta réunissant Roosevelt (USA), Churchill (GB) et Staline (URSS) a permis de se répartir les territoires occupés par les nazis. L’Allemagne est divisée en quatre secteurs, trois tenus par les Alliés (USA au sud-est, Grande-Bretagne au nord et France au sud-ouest) et le dernier (à l’est) par l’URSS.
L’ancienne capitale, Berlin, est également divisée. Bien que située dans la partie soviétique de l’Allemagne, elle est divisée en quatre secteurs : français (nord-ouest), britannique (centre-ouest), américain (sud-ouest) et soviétique (est).
La ville est considérée comme une enclave indépendante gérée par les forces d’occupation, et n’est juridiquement pas une ville appartenant à l’Allemagne. Elle possède son propre drapeau et ses propres timbres-poste (marqués Deutsche Bundespost Berlin). Son code postal est 1000. Toutefois, vu que la majorité du budget de la ville est financé par la RFA et que son administration civile est gérée depuis Bonn, elle est considérée de facto comme une ville ouest-allemande.
Très vite, déjà en juillet 1945, Staline ne supporte pas cette présence occidentale à Berlin et entreprend la construction du Rideau de fer, nom courant donnée à la frontière interallemande, en grillageant les 1393 km de la ligne de démarcation entre la Mer Baltique et la Bavière. Les mouvements entre l’Est et l’Ouest sont restreints, mais les candidats au départ peuvent toujours rejoindre Berlin-Est, passer en métro vers Berlin-Ouest et rejoindre la RFA sans aucune tracasserie. Ainsi, des millions de personnes quittent le secteur soviétique de l’Allemagne (il ne s’appelait pas encore la RDA) pour rejoindre l’Occident.
Des voies de transit sont donc créées, par la route, le rail et les airs.
En 1948, les forces alliées occidentales créent une monnaie pour la RFA qui sera aussi d’application à Berlin-Ouest : le Deutsche Mark (DM). Afin de protester contre cette opération visant à donner de l’importance à Berlin-Ouest par rapport à Berlin-Est, et afin d’empêcher l’acheminement des billets de banque 1 vers Berlin-Ouest, Staline impose le 24 juin 1948 le blocus de Berlin-Ouest. But de l’opération : affamer les habitants et les obliger à abandonner Berlin-Ouest aux Soviétiques. En réponse, un pont aérien est organisé entre l’Allemagne fédérale et Berlin-Ouest. Le surlendemain, un premier avion se pose à l’aéroport de Tempelhof, suivi deux jours plus tard par un autre avion à l’aéroport britannique de Gatow. Les Français entreprennent la construction de l’aéroport de Tegel qui sera terminé en 49 jours. Toutes les trois minutes, puis toutes les minutes depuis 1949, un avion se pose et redécolle. Ce ballet durera 324 jours, et le 12 mai 1949, obligé de constater l’inefficacité de son opération, Staline lève le blocus et rouvre les voies de transit terrestres. En réponse à la nouvelle monnaie ouest-allemande, l’URSS crée le 7 octobre 1949 la DDR, la République démocratique allemande (Deutsche Demokratische Republik), et déclare Berlin-Est comme sa capitale. Ni le pays ni la capitale ne sont reconnus par la RFA et la communauté internationale.
Le 11 juin 1953, des émeutes éclatent à Berlin-Est. Walter Ulbricht, président du parti socialiste SED au pouvoir, fait appel à l’URSS qui envoie les chars le 17 juin pour mater la rébellion, tuant une centaine de personnes. Une avenue de Berlin-Ouest porte cette date, et le 17 juin a longtemps été un jour férié en RFA. On y trouve la Colonne de la Victoire, la Siegessaüle sur le rond-point du Grosser Stern. Cette avenue plonge droit sur la Porte de Brandebourg.
L’exode de la population continue, la RDA se vide de ses forces vives et l’économie périclite. En 1961, la nuit du 12 au 13 août, dans la plus grande surprise, la frontière entre les deux parties de la ville est grillagée. Commence dans la foulée la construction d’un mur afin d’empêcher la fuite des habitants. Les lignes de métro entre les deux parties de la ville sont coupées. Le matin au réveil, c’est le choc. Des familles sont divisées, et elles le resteront pendant 28 ans. D’autres lignes de métro traversant Berlin-Est continuent à fonctionner, mais les accès aux stations situées à Berlin-Est sont murés, les transformant en stations-fantôme où les trains ne s’arrêtent plus.
Le 26 juin 1963, John Fitzgerald Kennedy vient en visite officielle à Berlin-Ouest. C’est là qu’il clame sa phrase restée célèbre, mais une faute grammaticale fit qu’il se traita de vulgaire beignet. Il aurait dû dire :

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