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Berlin - Le soleil se lève à l'est , livre ebook

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Description

Un quart de siècle s’est écoulé depuis la chute du Mur. Que sont devenus Jana et Werner, nos deux héros ? Après la réunification de l’Allemagne, Werner essaie, malgré lui, de préserver le patrimoine historique de la ville tout en organisant le départ des forces d’occupation soviétiques du pays. Ils tentent de mener leur nouvelle vie au sein de la ville redevenue capitale. Toutefois, les rancunes sont tenaces. Jalousie, rivalités, goût du lucre, xénophobie et Ostalgie viendront leur mettre des bâtons dans les roues. Des alliances vont se créer et ce sont, paradoxalement, les plus improbables qui leur permettront de déjouer ces embûches et d’atteindre leurs buts. Un roman captivant qui permettra de mieux se rendre compte de la vie berlinoise après la fin de la Guerre froide.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 mai 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782414337187
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
194 avenue du Président Wilson – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-33719-4

© Edilivre, 2019
Remerciement

Merci à Cathy pour son amour et son soutien, ainsi qu’à Jean-Louis pour son aide précieuse dans la relecture.
Avant-propos
Mon premier roman, Berlin-Mohrenstrasse , écrit en 2016, était autobiographique. Dès sa parution, des amis lecteurs me réclamèrent la suite. Ils voulurent surtout connaître l’évolution de la relation entre Werner et Jana, les deux héros du récit. Hélas, je n’avais pas de suite à leur proposer… Dès mon retour de Berlin, ma vie avait pris une tout autre tournure. Sur ce, mon épouse me recommanda d’inventer cette suite tant attendue. Nous étions quelques jours avant Noël 2016 ; deux semaines plus tard, ce nouveau roman était dans la boîte ! Vous aurez donc compris que ce tome est une pure fiction, contrairement au premier, mais se basant toujours sur des faits historiques. De surcroît, ce livre tombe à pic pour l’anniversaire des trente ans de la chute du Mur de Berlin. Car il ne faut jamais oublier ces temps sombres de la Guerre froide.
Cette histoire se réfère donc, à plusieurs reprises, au premier ouvrage de l’auteur Berlin-Mohrenstrasse, publié en septembre 2016 chez le même éditeur. Afin de bien comprendre ce récit, il est dès lors conseillé de lire ce premier roman, au préalable.
Pour le confort de lecture, les nombres ont été écrits sous leur dénomination suisse : septante, huitante et nonante pour soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix. Les repas sont aussi décrits sous leur dénomination d’usage en Suisse, Belgique et Canada, soit dîner pour le repas de midi et souper pour le repas du soir.
Chapitre premier
— A voté !
Werner venait de glisser son bulletin dans l’urne. Il sortit de la salle de gymnastique de la Freie Universität Berlin , l’Université libre de Berlin, où se trouvait l’un des nombreux bureaux de vote pour ce référendum. Il venait de se prononcer pour le maintien, dans l’état, de la surface occupée par le tarmac et les pistes de l’aéroport de Tempelhof. Nous étions le 25 mai 2014 et les habitants de Berlin devaient décider si le parc de Tempelhof, ouvert en 2010 à l’occasion du 65 e anniversaire de la capitulation du III e Reich, devait rester tel quel ou être cédé aux promoteurs immobiliers avides d’y construire de nouveaux logements. Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, du côté des promoteurs, avait osé faire s’exprimer la vox populi . Pour Werner, la démocratie directe, telle qu’elle était appliquée en Suisse, son pays de naissance, était sans doute la meilleure façon de perpétuer la tradition des agoras, initiée par les Grecs, plus de deux millénaires auparavant. C’est pour cela qu’en qualité de résident de Berlin, il tenait absolument à participer à ce scrutin.
L’aéroport de Tempelhof restait cher dans les cœurs des Berlinois, surtout pour ceux qui avaient vécu à Berlin-Ouest lors du fameux blocus de 1948. Sans ce cordon ombilical avec le reste du monde libre, cet îlot de démocratie aurait été affamé et gobé par les Soviétiques de Staline. Alors, lorsqu’on décida d’arrêter l’exploitation de l’aéroport en 2008, un premier référendum fut organisé pour s’opposer à cette fermeture. Hélas, malgré la victoire du « non », le taux minimum de 25 % de participation ne fut pas atteint et les autorités berlinoises ne se sentirent donc pas liées par les résultats. Bien que l’aéroport fût protégé par le programme Raphaël de l’Union européenne en faveur du patrimoine culturel en Europe, il fut donc fermé et le trafic redirigé vers les aéroports de Tegel et de Schönefeld. Certes, on promettait bientôt l’ouverture du « grand » aéroport de BBI (Berlin Brandenburg International) en prolongement de la piste de Schönefeld, mais le chantier était constamment retardé et prolongé. Cet aéroport, supposé miracle, était une véritable Arlésienne…
Werner reprit le métro de la station Thielplatz, en direction de la maison. Jana l’avait appelé pour lui dire qu’elle irait voter en sortant du travail et qu’elle arriverait un peu plus tard. Lorsqu’elle raccrocha, elle pesta contre la météo du jour. Dehors, il faisait très humide et cela déclencha des douleurs vives dans son épaule gauche, reliquat d’une blessure subie quelques années plus tôt. Werner fit un crochet par la gare Zoo, l’ancienne gare centrale de Berlin-Ouest, pour y poster une lettre. Il aimait utiliser la poste attenante à la gare, ouverte jour et nuit. La Bahnhof Zoologischer Garten avait énormément perdu de son importance, depuis l’achèvement de la toute nouvelle gare centrale, Berlin-Hauptbahnhof, entièrement souterraine, construite non loin de l’ancienne gare centrale de Berlin, la Anhalter Bahnhof, bombardée et détruite lors du blitz sur Berlin. La gare du jardin zoologique n’accueillait plus que les trains de banlieue du S-Bahn, le réseau express régional de la capitale. Le quartier, autrefois un peu miteux, de Zoo essayait de reprendre de sa superbe, avec la reconstruction systématique des immeubles dans ses environs. Les mésaventures de la jeune adolescente Christiane F., décrites dans le livre magistral Wir Kinder vom Bahnhof Zoo 1 , semblaient bien lointaines…
Il ressortit du métro à la Viktoria-Luise Platz pour retourner chez lui.
L’appétit des promoteurs véreux, il connaissait ! Et il s’était promis de leur rendre la vie la plus misérable possible depuis un épisode malheureux survenu vingt ans plus tôt. Un quart de siècle s’était déjà écoulé depuis la fameuse nuit où Jana sonna à une heure et demie du matin à l’ancien appartement de Werner, profitant de la chute du Mur pour retrouver son amoureux et mettre, pour la première fois de sa vie, les pieds dans la partie occidentale de la ville. Depuis, ils avaient décidé de vivre ensemble, de rester à Berlin et d’y recommencer une nouvelle vie affective et professionnelle. L’amour que Werner portait à Berlin et à Jana avait eu raison de sa volonté initiale de retourner vivre en Suisse. Il avait découvert sa nouvelle maison et ne voulait plus en repartir. Étant donné qu’ils restaient tous deux très attachés au quartier, ils ne déménagèrent pas loin ; ils achetèrent tout simplement le grand duplex au dernier étage du même immeuble. Werner avait rapidement trouvé un nouvel emploi dans le tourisme. Il commença, en 1994, par organiser des tours guidés dans la ville réunifiée et ouvrit une agence de voyages réceptive. Ensuite, celle-ci se lança dans la vente de voyages « classiques » et, grâce à ses entrées auprès des anciens ministères est-allemands et de l’armée fédérale allemande, il réussit à rendre captive une proportion non négligeable de la clientèle. Pendant presque une année, alors que la ville ne faisait plus qu’une, il subsistait deux États distincts et bon nombre de politiques est-allemands, déconcertés par la tournure des événements, firent appel à lui pour leur éclairer le chemin. Ils comptaient sur la clairvoyance et la franchise de Werner pour leur dire s’ils faisaient fausse route ou non. Il était d’ailleurs surpris par sa popularité auprès de la classe dirigeante de la RDA ! Certes, cela ne l’aidait pas pour obtenir la confiance d’un éventuel nouvel employeur ouest-allemand mais, au moins, il n’avait pas l’impression de laisser ses anciens confrères dans la panade.
Jana trouva, assez rapidement, un emploi chez Interflug , la compagnie aérienne est-allemande, dans le siège situé à l’intérieur de la Haus des Reisens 2 , grande tour située non loin de l’Alexanderplatz, la place centrale de Berlin-Est. Certes, la pérennité de la compagnie aérienne était menacée par la réunification allemande, mais entretemps, Jana avait un emploi, ce qui assurait des rentrées d’argent suffisantes pour le couple.
1. Livre traduit en français sous le titre « Moi, Christiane F., droguée, prostituée ».
2. Maison du voyage.
Chapitre 2
Les pensées de Werner firent un retour en arrière. Il n’avait jamais oublié la fameuse nuit du 9 novembre 1989, presque vingt-cinq ans plus tôt, après l’ouverture du Mur, conséquence directe de l’opération Lutsch, orchestrée par le Kremlin, afin de mettre les réformateurs Hans Modrow et Markus Wolf à la tête de la RDA, en remplacement d’Egon Krenz. C’est en effet ce jour qu’il vit apparaître, presque miraculeusement, Jana devant la porte d’entrée de son appartement, alors que le spleen avait envahi son cœur. Puis, la nuit folle qui avait suivi ; Jana et Werner partirent, en métro, vers la Kurfürstendamm, la rue principale commerçante de Berlin-Ouest, où une véritable marée humaine d’ Ossies , surnom donné aux habitants de l’Est, venaient découvrir, beaucoup pour la toute première fois, les rues de Berlin-Ouest. Devant les illuminations du centre-ville, les yeux de Jana brillaient de mille feux ! Des magasins rouvrirent leurs portes pour la nuit, les concessionnaires automobiles firent aussi de la publicité, car ils savaient pertinemment que très rapidement les Est-allemands allaient changer leurs Trabis pour des voitures plus rapides et plus confortables. Pour cela, le réseau des transports en commun resta ouvert toute la nuit et devint gratuit, pour l’occasion.
Et, vers quatre heures du matin, il se passa quelque chose que les autorités est-allemandes n’avaient jamais envisagé ni prévu : les touristes d’un soir rentrèrent tout simplement chez eux, à Berlin-Est, car il fallait bien retourner travailler le lendemain ! Quitte à retraverser la frontière le lendemain soir pour continuer à explorer Berlin-Ouest encore plus loin, et ainsi de suite. Les autorités de la DDR furent donc étonnées de voir que leurs ressortissants ne se sentaient pas si mal chez eux.
Jana dormit quelques heures dans l’appartement de Werner, puis retourna t

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