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Description

Avila est une jeune Celto-ligure, elle vit dans l'importante cité commerçante de La Courtine, vers 200 avant JC, non loin de ce qui deviendra Toulon. Elle a oublié qu'elle descend d'une famille de chamans aux pouvoirs immenses. Elle va le découvrir au fil d'une initiation et d'épreuves personnelles qui la feront grandir spirituellement et moralement. Nous pénétrons avec elle au cœur d'une société mal-connue, celle des Celtes de Provence, bien différents de leurs cousins du nord. Nous vivons cette époque de confrontation avec les Grecs, si fiers de leur civilisation, au point de prendre les autres peuples pour des sous-hommes mais aussi avec les premiers Hébreux dans la région et le monothéisme. Avila pourra sans doute nous apprendre à réfléchir sur notre passé pour mieux comprendre notre présent et notre avenir.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 janvier 2014
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312020860
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Ève Melan
Avila
Des Lumières dans la nuit 2
















LES ÉDITIONS DU NET
22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2014
ISBN : 978-2-312-02086-0
Avant-Propos
Nous connaissons peu de choses sur la manière de vivre des Celtes. Ils n’écrivaient pas, donc, le peu que nous savons provient de leurs ennemis Grecs ou Romains. Et, logiquement, ils pouvaient manquer d’objectivité… Par contre, grâce aux fouilles effectuées ces dernières années, nous arrivons à mieux les cerner. Nous constatons notamment la richesse de leur artisanat : ferronnerie, ébénisterie, bijoux, tissage,…
Les Celto-Ligures représentent le métissage qui s’est effectué entre les Celtes et une population autochtone dite « Ligure », issue des populations néolithiques. Les Celtes arrivèrent en Provence par vagues successives de peu d’importance numérique depuis le 8 e siècle avant JC. Apparemment, il n’y eut pas « invasion » dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui ; pas de grandes batailles mais un mouvement lent de tribus qui s’intégrèrent assez facilement à la population ligure, lui donnant souvent ses chefs.
Il ne faut pas ignorer non plus l’influence de la civilisation grecque de Marseille (depuis 600 avant JC) et de ses colonies, grâce au commerce mais aussi aux techniques agricoles qu’ils apportèrent : culture de l’olivier, de la vigne… Elle se retrouve aussi dans les vestiges de statues, nombreuses dans les cités celto-ligures, que l’on découvre très rarement ailleurs dans le monde celtique.
A partir de 200 avant JC, des problèmes constants vont opposer les Phocéens et la fédération des Sal y ens . Ils aboutiront à la conquête de la Narbonnaise par les Romains, alliés des Grecs, en 121 avant JC.

Avila est une jeune Celto-ligure, elle vit dans l’importante cité commerçante de La Courtine, vers 200 avant JC, non loin de ce qui deviendra Toulon. Elle a oublié qu’elle descend d’une famille de chamans aux pouvoirs immenses. Elle va le découvrir au fil d’une initiation et d’épreuves personnelles qui la feront grandir spirituellement et moralement. Nous pénétrons avec elle au cœur d’une société mal-connue, celle des Celtes de Provence, bien différents de leurs cousins du nord. Nous vivons cette époque de confrontation avec les Grecs, si fiers de leur civilisation, au point de prendre les autres peuples pour des sous-hommes mais aussi avec les premiers Hébreux dans la région et le monothéisme. Avila pourra sans doute nous apprendre à réfléchir sur notre passé pour mieux comprendre notre présent et notre avenir.

Les données historiques m’ont été apportées par Henri Ribot qui a conduit les fouilles des ruines de La Courtine. Grand Merci pour sa gentillesse !
1. La Courtine
Avila et son bébé se blottissaient désespérément derrière le métier à tisser, elle aurait voulu pouvoir se fondre dans le mur de torchis. Elle caressait doucement des lèvres la tête de l’enfant en priant de tout son cœur pour qu’il ne se mette pas à pleurer…
Des supplications, des hurlements de douleur lui parvenaient de l’extérieur, il lui semblait reconnaître des voix amies… Des impacts sur les murs lui rappelaient que les guerriers armés de frondes {1} projetaient leurs billes de plomb sur les défenseurs.
Elle entendit un bruit de combat encore plus proche. La jeune femme perçut les chocs des épées les unes contre les autres comme autant de blessures à son propre corps : elle devinait que Lugis, son mari, était en train de lutter pour leur protection.
Puis, un grand coup dans la porte…, un silence relatif… Le vantail s’ouvrit brutalement. Deux soudards se précipitèrent dans la pièce. Sur le coffre à vêtements, ils aperçurent la petite jarre remplie de pièces d’argent, disposée ici dans le but d’attirer tout de suite leur attention. Le cœur d’Avila battait à tout rompre, lui résonnait dans les oreilles comme si sa tête était prête à éclater. Allaient-ils se contenter de cette aubaine ou fouiller partout et les découvrir médiocrement cachés par une étoffe à moitié tissée ? Qu’allait-il advenir d’elle et de son petit ? Devrait-elle subir le viol, l’esclavage, ou la mort ? Son bébé, lui, serait certainement tué, il était trop petit pour intéresser les marchands d’humains. Comme s’il comprenait la gravité du danger, l’enfant se taisait, il serrait ses lèvres en une "bèbe" expressive mais silencieuse. Et Lugis, qu’était-il devenu ?
A son grand soulagement, les soldats se congratulèrent d’avoir trouvé un si beau trésor. Ils raflèrent les quelques vêtements aux couleurs vives qui se trouvaient dans le coffre et, tout heureux, ressortirent vers d’autres maisons à dévaliser, sans deviner leur présence.
La jeune femme se dressa, les jambes tremblantes. Elle ouvrit la porte qui s’était refermée… et se trouva nez à nez avec Lugis, la poitrine transpercée par une épée qui le clouait au vantail. Avila poussa une long cri de désespoir…
****
– Ce n’est rien ma douce, réveille-toi. C’est encore un de tes affreux cauchemars.
Elle se blottit dans les bras de Lugis, bien vivant. D’un coup d’œil, elle vérifia qu’Anou, leur fils, reposait tranquillement dans son berceau suspendu à une poutre près de leur couche.
– Là, calme-toi. Tout va bien.
– Oh ! Lugis ! C’était encore le sac de la ville. Tu étais tué par des soldats, c’était horrible ! Mais pourquoi fais-je si souvent ce genre de rêve, depuis quelque temps ?
– Tu es fatiguée. Et les tensions qui règnent entre les Grecs. et certaines de nos tribus t’inquiètent. Il n’y a rien d’étrange.
– Mais ces songes semblent si réels. Et c’est toujours la même histoire qui revient… Tu sais que ma grand-mère maternelle a la réputation d’être un chaman très puissant. Je ne 1’ai jamais vue car mes parents se sont fâchés avec elle avant ma naissance mais je sais qu’elle est toujours en vie ; bien des habitants de La Courtine[A] {2} ont recours à ses médecines. Elle interprète les rêves, paraît-il ; je pourrais peut-être aller la voir ?
– Si cela peut te rassurer. Mais je me méfie toujours de ces gens qui se veulent plus puissants que le reste des mortels. Ils racontent souvent des âneries en se faisant payer très cher ou se complaisent à faire peur aux autres pour se rendre intéressants. Pourtant, j’ai entendu parlé en bien de la réputation de ta grand-mère, mais moi non plus je ne la connais pas. Pourquoi ne vient-elle jamais à La Courtine ?
– Elle habite plus près de 1’oppidum d’Évenos que du nôtre. Mais surtout, je suppose qu’elle ne voulait pas rencontrer mes parents. De plus, ils l’avaient calomniée disant qu’elle portait malheur et certaines personnes les croyaient. Aussi, même après leur mort, elle ne devait pas avoir envie de risquer de se faire chasser de la ville. Elle a, dit-on, un très grand pouvoir. Même Ésus, notre chef, la craint. Tu ne crois pas à ce genre de dons ?
– Oui. Un de mes aïeux était un magicien très respecté dans le pays des Arvernes et réputé pour ses grands pouvoirs de guérisseur et de devin. Mais, c’est lui-même qui m’a appris à me méfier des charlatans, des soi-disant sorciers de tous ordres. Pourquoi tes parents ne voulaient-ils pas que tu la voies ? C’est même la première fois que tu me parles d’elle.
– Je ne sais pas exactement. Je pense que c’était mon père qui ne l’aimait pas. Mais, j’ai l’impression que c’était aussi un peu à cause de moi ; ce n’est pas très clair, je n’ai jamais su la vérité à ce sujet. Mes parents ne parlaient pas d’elle devant moi. Aussi 1’ai-je presque oubliée.
– Et tu n’as jamais cherché à en savoir plus ? Ça m’étonne de toi !
– En réalité, j’étais très intriguée. J’ai interrogé souvent ma mère qui n’a rien voulu me répondre. J’ai eu quelque fois ; envie d’aller la voir, elle n’habite pas très loin, dans les gorges du Destel, mais je n’ai jamais osé désobéir à mon père ; tu sais que j’ai toujours eu peur de lui. Même après sa mort, j’avais encore parfois l’angoisse de ses colères, je me réveillais en sursaut comme s’il allait apparaître

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