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Au bal des muscadins , livre ebook

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Description

Février 1849, Paris. Alors qu'une découverte macabre interrompt le bal des muscadins, des hommes sont décapités et leurs têtes emportées aux quatre coins de la ville. Le président Bonaparte charge son agent spécial, Léandre Lafforgue, d'aider la police à résoudre ces affaires. Léandre rencontre alors les frères Lazare, organisateurs du bal.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 19
EAN13 9782812933714
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Sylvain Larue


Au bal des Muscadins


Une enquête de Léandre Lafforgue















Sur une idée originale d’Anthony Frot





Du même auteur

Aux éditions De Borée


Les Grandes Affaires Criminelles du Ger s, 2004
Les Grandes Affaires Criminelles du Vaucluse , 2005
Les Grandes Affaires Criminelles de Gascogne , 2006
Les Grandes Affaires Criminelles du Tarn , 2006
Les Grandes Affaires Criminelles de Paris , 2007
Les Grandes Affaires Criminelles du Val-de-Marne , 2007
Tueurs en série de France , 2008
Les Grandes Affaires Criminelles des Hauts-de-Seine , 2008
Les Grandes Affaires Criminelles de Seine-Saint-Denis , 2008
Les Grandes Affaires Criminelles de France , 2008
Les Grandes Affaires Criminelles du Val-d’Oise , 2008
Les Nouvelles Affaires Criminelles de France , 2009
Les Grandes Affaires Criminelles de Haute-Garonn e, 2009
avec Gisèle Vigouroux
Les Nouvelles Affaires Criminelles de Paris , 2009
Les Grandes Affaires Criminelles de Seine et Marne , 2009
Les Grandes Affaires Criminelles du Tarn-et-Garonne , 2010 avec Gisèle Vigouroux
Les Grandes Affaires Criminelles Crimes Passionnels , 2010
Les Grandes Affaires Criminelles de l’Essonne , 2011 avec Nathalie Michau


Roman
Aux éditions De Borée

L’Œil du goupil , 2016









En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

© De Borée , 2017
© Centre France Livres SAS, 2016
45, rue du Clos-Four - 63056 Clermont-Ferrand cedex 2







Prologue. Des dangers qu’il existe à lire trop tard la nuit



Vendredi 23 février 1849, 1 heure du matin

Se glissant sournoisement par l’interstice séparant le bas de la porte du seuil, un souffle brusque à la température polaire fit vaciller la flamme de la bougie, l’éteignant presque.
– La peste soit de ce temps…
Assis à sa table de travail, le nez baissé vers un opus aux pages jaunies, Lucien Descours se pelotonna encore un peu plus dans son vieux manteau de fourrure. Ses vieux os supportaient de moins en moins bien les périodes hivernales, mais il n’avait pas l’intention de se coucher de sitôt. N’ayant jamais eu la foi chevillée au corps, il profitait de chaque matinée, y compris celle du dimanche, jour chômé afin de permettre aux crédules de vénérer un bien improbable Seigneur, pour rattraper le sommeil en retard au creux d’un ancestral et pourtant confortable lit de plumes. Abandonnant avec dépit quelques trop longues secondes le passionnant récit qui le maintenait éveillé si tard, il lança un regard sévère vers la vitrine qui l’isolait – oh, bien mal, il fallait l’admettre – de l’extérieur et de son atmosphère tourmentée. Un vent glacial balayait la rue de la Vieille-Lanterne. À l’instar de toutes les venelles entourant l’ancienne église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, l’endroit n’était déjà guère plaisant en plein jour, trop sombre, trop froid, même l’été à midi. Alors que dire d’une nuit de nouvelle lune d’hiver ? Nul ne risquait s’y aventurer, par crainte de quelque mauvaise rencontre… Encore que le promeneur inconscient s’exposerait davantage à glisser sur une plaque de givre et de se briser les deux jambes que de se faire attaquer par un malandrin… Seul un fou pourrait braver la mort en se tapissant dans un recoin de cette rue pour y attendre sa proie.
Pourtant, malgré la réputation sinistre de ces ruelles, Descours s’y trouvait fort bien. Outre le nom qui lui rappelait bien d’agréables souvenirs du temps de sa jeunesse, l’endroit demeurait discret à souhait et la bêtise générale des voisins, braves gens au demeurant mais dépourvus du moindre intérêt intellectuel, faisait que nul ne soupçonnait les trésors dont il était le gardien. Des trésors inestimables pour qui en avait connaissance. Car Descours était libraire. Et son magasin s’appelait La Main de gloire .
Au chaland qui entrait en son échoppe, Lucien réservait toujours un accueil poli, bien que sans excès de courtoisie, et surtout, surtout, un service rapide, encore que « rapide » fût un mot bien mièvre pour désigner la célérité dont il faisait preuve. Il proposait à la vente des ouvrages récents, les romans populaires à la mode de Balzac, Dumas ou Hugo, des essais, des documents aux thèmes aussi variés que la justice, la médecine, la philosophie, l’essor du chemin de fer, la zoologie… Tout ce monde d’informations se présentait dans un apparent capharnaüm qui aurait effrayé le moins maniaque des bibliophiles. Les livres s’entassaient sur les rayonnages, qui eux-mêmes couvraient trois des quatre parois de la pièce, du sol de pavés de brique mal joints au plafond de bois noir. En outre, ceux qui n’avaient pu trouver place sur les étagères formaient des tas, certains hauts d’une toise, qui tenaient en équilibre par miracle, au point de se prendre pour les rivales parisiennes du campanile de Pise…
L’allure de ce fouillis déroutait plus d’un visiteur mais, après presque quarante ans de présence, le maître de céans, lui, n’avait aucune peine à s’y repérer. Sitôt averti des desiderata du lecteur, Descours se rendait sans la moindre hésitation au bon rayon et extrayait au grand jour – un bien grand mot, vu l’obscurité ambiante qui régnait à toute heure dans la librairie –, dans un inévitable nuage de poussière fleurant l’encre sèche et le vieux papier effrité, le livre adéquat. En quelques gestes, la transaction était achevée. Le client repartait, subjugué par le don de vélocité du commerçant. Et ce dernier, à nouveau seul, comptait et notait les sous qu’il récoltait de ces ventes express.
C’était là l’une de ses vanités : arriver à satisfaire le lecteur sans jamais y faillir et parvenir à ce qu’il ne reste dans sa boutique que trois minutes, montre en main. Descours détestait perdre son temps. Rien de plus ennuyeux qu’un client qui serait entré par hasard, fouinant pendant des heures, dénaturant le désordre ordonné des lieux, pour s’en aller sans avoir fait le moindre achat. Non, il n’en était pas question. C’est pour cette raison qu’il n’avait pas installé d’enseigne. C’était également pour ça qu’au lieu de frotter sa devanture de façon à la rendre propre et éclatante, donc attractive, Lucien la maculait de suie, laissant à peine assez de transparence pour permettre au soleil de pénétrer un minimum sur les fragiles étalages de papier. Les quidams, trompés par l’apparente crasse de l’échoppe, ne se donnaient jamais la peine de jeter un coup d’œil à l’intérieur. Ainsi, pour entrer à la librairie du 12 rue de la Vieille-Lanterne, il convenait d’abord de savoir qu’elle existât. C’était parfait. Seuls les gens épris de lecture en avaient connaissance et se passaient le mot ; les clients n’étaient donc pas à faire le pied de grue pour y entrer et les affaires demeuraient florissantes.
Car, parfois, la porte d’entrée laissait passer de tout autres clients. Hommes ou femmes, ceux-là ne se déplaçaient jamais sans disposer d’une belle somme de pièces d’or, richesse qu’ils dissimulaient sous les vêtements bourgeois aux coupes les plus sobres et sévères. Lucien connaissait chacun d’entre eux par son nom et n’en conservait aucune trace écrite, ou presque. D’une part, toujours par cet esprit de discrétion, d’autre part, parce qu’en cas de souci ces clients d’exception ne devaient pas, ne pouvaient pas être trahis. Il était bien question d’un trafic dans la librairie. D’un trafic de livres rares. Et précieux, voire inestimables.
Lucien Descours n’avait pas un gros effort de mémoire à faire pour se souvenir de sa première « affaire »… C’était cinquante ans plus tôt. Il n’était alors qu’un adolescent mince et prétentieux, rôdant la faim au ventre et la rage au cœur. Natif de Belleville, livré à lui-même depuis la mort de ses parents saltimbanques, enfui d’un orphelinat crasseux après un séjour bref et atroce d’un mois où il avait été battu chaque jour par s

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