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Description

Un journaliste, surpris et intrigué par sa rencontre avec les protagonistes de ce roman, a eu l’idée d’écrire un livre sur leur saga (trois hommes d’horizons différents se lient d’amitié sur le front de la guerre de 14 -18 et qui par un pur hasard se retrouvent à Collioure).

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2022
Nombre de lectures 0
EAN13 9782342366662
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été édité par la Société des Écrivains,
Immeuble Le Cargo, 157 boulevard Mac Donald – 75019 Paris
Tél. : 01 84 74 10 20 – Fax : 01 41 684 594
www.societedesecrivains.com
client@societedesecrivains.com

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-342-36666-2

© Société des Écrivains, 2022
Au crépuscule de l’été, dans un petit village de France
Une bourgade multiculturelle, trois hommes désabusés.
Assis sur un banc, à l’ombre d’un platane perdant ses feuilles.
Du matin au soir, jour après jour, toujours assis dans le même ordre.
Un point commun entre ces hommes, ils sont tous trois survivants de la Grande Guerre, pas de blessure physique, mais l’âme à vif (à part Francisco, qui fut blessé en Espagne).
Pas une parole, pas un geste, le regard dans le vague, c’est quand on n’a plus rien à se dire, que l’on a le plus besoin de parler.
Sur cette petite place carrée, proche de l’église plusieurs bancs, plusieurs platanes.
Mais tous les jours ces trois hommes s’asseyaient les uns contre les autres, toujours dans le même ordre. Le premier arrivé était Mohamed, suivi de près par David et un peu plus tard, boitillant, appuyé sur sa canne Francisco…
Dans cette région le temps est plutôt tempéré, l’influence de la mer et de la montagne en fait un espace agréable à vivre.
Le vent très présent ne décourage pas ces hommes.
Cette réunion journalière. Le plus surprenant, l’ordre d’arrivée : immuable, profond, symbolique. Le premier homme, Mohamed, est un vieil homme en gandoura et babouches ( tout de blanc vêtu).
Musulman non pratiquant, le poitrail couvert de médailles, la capuche mi-crâne laissant apparaître un visage aux yeux bleus, buriné, brûlé par le soleil et le vent, puissant héritage d’une jeunesse de gardien de chèvres dans les montagnes désertiques de Kabylie…
Un beau matin, une patrouille, le fusil Lebel en bandoulière, est venue réquisitionner le jeune gardien de chèvres, pour un avenir incertain sur le continent ; il ne reviendra jamais au pays. D’autres également avaient été réquisitionnés. Parqués comme du bétail et transportés en convois par bateaux.
Le regroupement eut lieu à Reims. Ils venaient du Maroc, du Sénégal, d’Algérie et du Vietnam.
Le second, David, avait fui avec ses parents le pogrom russe à l’encontre des juifs à la fin du XIX e siècle.
Ils posèrent leurs valises dans la banlieue de Sainte-Marie-aux-Mines en Alsace, mais la barrière de la langue… a rendu difficile l’intégration ; et pourtant une petite colonie russe avait réussi tous de même à se faire une place, le père de David était fourreur et sa mère professeure de musique. Elle parlait un tout petit peu français et allemand, ce qui favorisa leur implantation dans cette région. Une petite maison de trois chambres, d’une grande salle avec une cuisinière à bois, seul chauffage de cette maison.
Un compatriote embaucha son père. Quant à sa mère, elle dispensa des cours d’enseignement général et de musique.
David avait suivi son père dans l’atelier tout en prenant des cours avec sa mère, un an après leur installation il parlait français sans accent, enfin presque car nous sommes en Alsace et l’accent alsacien est assez prononcé.
En 1905, David eut quatorze ans et passait tous ses dimanches au bal du village d’à côté, où il jouait de l’accordéon et de la trompette.
Toutes les filles étaient sous le charme du jeune musicien, au pied de l’estrade elles le dévoraient des yeux et écoutaient religieusement le son harmonieux de ses instruments ; une de ces charmantes jeunes filles avait attiré son regard mais timide, il n’avait pas osé l’aborder.
Enfin, au printemps 1910, par un bel après-midi dans le parc au bord de l’étang, tenant par la main la jeune Rebecca, il lui déclara sa flamme. La jeune fille devint toute rouge et courut s’asseoir au bord de l’eau, admirant les cygnes majestueux, lui d’un pas léger la rejoignit et dans un silence respectueux prit place sur l’herbe, juste à côté, caressant avec amour et délicatesse ses cheveux blonds comme les blés. Rebecca, toute chamboulée écoutait les mots doux susurrés à son oreille. Des poèmes fraîchement écrits d’une plume légère, trempée dans une encre aux couleurs de ces yeux d’un bleu profond et qui glissait sur le papier avec amour. La belle était tremblante et ne se lassait pas de l’écouter, il était dithyrambique, sa déclaration d’amour le transportait.
Mais il était déjà tard et David raccompagna Rebecca en la tenant par la main. Puis, au seuil de sa porte il l’embrassa tendrement, juste à la commissure des lèvres. Et il retourna au bal chercher son accordéon et bien sûr, sa trompette. Il aurait pu neiger, venter, seule la beauté de Rebecca hantait son esprit, il avait hâte de la revoir.
Durant l’été, ils se revirent tendrement et participèrent à la moisson. Le père de Rebecca était cultivateur et avait quelques têtes de bétail, une parcelle de vigne et des champs dans lesquels il cultivait du blé, du maïs et de l’orge. À la fin des moissons, il organisa une grande fête suivie d’un repas ; naturellement David avait été convié à ce repas ainsi que ses parents, le vin coula à flots. Durant un moment de calme, David en profita pour demander la main de Rebecca ; du haut de ses deux mètres le père, tel un aigle, ouvrit largement ses bras généreux, enlaça sous une aile sa fille et sous l’autre David, et dans un beuglement de bonheur donna son consentement. La mère de Rebecca avait remonté son tablier au niveau du visage pour essuyer ses larmes. Dans une ambiance de kermesse, la fête s’était prolongée jusque tard dans la nuit, à la lueur des chandelles et d’un feu de bois. Quelques jeunes éclairés par la lumière de la lune continuèrent la fête jusqu’à l’aube en vidant plusieurs fûts, puis exténués ils s’allongèrent sur les bancs. La rosée du matin les réveilla, ainsi que le père de Rebecca de sa voix de stentor. Surpris, un peu affolés, ils décampèrent sans demander leur reste. Il était bien tôt mais il fallait tout ranger.
Après les vendanges, le père de David organisa un repas champêtre pour les fiançailles, toutes les familles avaient été présentes, ainsi que la famille éloignée de Rebecca.
David était fils unique, mais Rebecca avait deux frères, un beaucoup plus jeune (6 ans) et l’autre, Aaron, était du même âge que David (18 ans) avec qui il s’entendait bien. Ils avaient fréquenté la même école laïque tout en étant de confession juive.
L’été 1912, juste avant les moissons, le mariage eut lieu. Les parents, conjointement avaient préparé toutes les festivités. Les vœux furent prononcés à la synagogue et le repas dans la cour de la ferme des parents de Rebecca tout de blanc vêtue (ce qui était tout nouveau, car avant 1900 les mariées était habillées en noir), une couronne de fleurs d’oranger maintenant son doux voile de soie ; elle était sublime, avec un joli sourire empreint de timidité, David était en jaquette noire, gilet gris et vernis noir, un pantalon également gris à rayures, une chemise à col cassé, une cravate blanche avec une épingle en or et un chapeau claque. Ils formaient un joli couple, ils ne se quittaient pas des yeux.
Après la cérémonie, les familles emmêlées suivirent le cortège à travers le village jusqu’à la ferme, dans un brouhaha assourdissant le soleil était de la fête, un léger vent faisait virevolter les rubans des robes et des coiffes. Même la campagne était en fête.
Le repas terminé, les hommes dressèrent une estrade pour danser, Aaron jouait de la batterie et David de l’accordéon, à minuit tout le monde rentra chez soi.
Pendant l’année de préparation du mariage, leurs parents avaient acheté une petite maison que tous avaient rafraîchie et aménagée, bref, un joli petit nid.
Rebecca était devenue institutrice au village français voisin. Quant à David, lui était prof de musique à Saint-Dié.
Ils menaient une vie tranquille, deux enfants étaient nés de cette union, le choix du roi, un garçon en 1913, puis une fille en 1914.
Mais la vie devait être trop douce, le malheur commençait à toucher les deux familles
Par un matin d’hiver, Aaron, le frère de Rebecca qui était parti lever les casiers et nasses dans l’étang glissa dans l’eau gelée, son père, ne le voyant pas revenir, partit à sa recherche avec le chien.
Après une heure de marche il le trouva transi sur le rivage : il le hissa sur ses épaules et le transporta à la ferme, mais Aaron était très mal en point, tremblait, transpirait… David alla chercher le médecin, mais il était déjà trop tard, Aaron avait perdu beaucoup trop de force, la fièvre le terrassait, il n’arrivait plus à bouger un membre, il répondait aux questions en faisant bouger ses paupières, il ne pouvait avaler que des bouillons de légumes.
Une semaine de lutte acharnée contre la mort eut raison de lui, il était l’âme vive de cette famille, toujours disponible et joyeux.
David quitta l’enseignement la mort dans l’âme et rejoignit son beau-père aux travaux de la ferme et des champs, ce qui le passionnait, c’était la vigne, il pouvait y passer des journées.
Rebecca attendait un troisième enfant, elle était enceinte de quatre mois, la naissance était prévue pour le printemps 1914.
Lasse et affaiblie par son travail, les tâches ménagères qui s’amoncelaient depuis le décès d’Aaron, sa mère était anéantie, incapable de faire face. Elle passait ses journées prostrée dans le fauteuil à bascule, Rebecca sans rechigner se dépensait sans compter. Elle se levait à cinq heures, préparait les petits-déjeuners et les déjeuners, puis partait à l’école ; à son retour, après une journée d’enseignement elle préparait le dîner, faisait le ménage et la toilette des enfants.
Le malheur toucha pour la seconde fois la famille, Rebecca perdit l’enfant qu’elle portait. Le toubib diagnostiqua un état de faiblesse, ce qui avait déclenché cette fausse couche, mais elle était très courageuse et ne

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