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A demain Lorelei. Coup de coeur des lectrices. Prix Femme Actuelle 2015. , livre ebook

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Description

Évelyne Prévôt À demain Lorelei Roman Prix 2015 Coup de cœur des lectrices Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com     ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com     Copyright © 2015 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média Tous droits réservés ISBN : 978-2-8195-04061 Chapitre 1 Pierre pesta une fois encore contre ce maudit tiroir qu’il n’arrivait toujours pas à décoincer du secrétaire. Pourtant, ce n’était pas faute de s’acharner ! Il envisageait déjà une manière plus radicale pour fracturer le meuble. Il fit une dernière tentative et parvint enfin à extraire le tiroir de son logement. Ce fut bien évidemment pour en laisser échapper la majeure partie de son contenu ! Il jura et entreprit de ramasser les papiers éparpillés sur le sol quand une photo attira brusquement son attention. C’était une de ces vieilles photographies d’art, en noir et blanc, surannée et tellement incongrue au milieu de tous ces papiers administratifs. Ce qui hypnotisait Pierre, c’était de reconnaître sur ce portrait la compagne de sa vie, resplendissante de bonheur, aux côtés d’un homme qu’il ne reconnaissait pas. Bien que Pierre ne soit pas vraiment juge en matière de beauté masculine, il ne pouvait s’empêcher d’éprouver un pincement de jalousie quant à sa belle prestance, ses épaules carrées, ses yeux clairs, son sourire lumineux et surtout, son air plus qu’amoureux.

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Informations

Publié par
Date de parution 02 juillet 2015
Nombre de lectures 40
EAN13 9782819504061
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Évelyne Prévôt
À demain Lorelei
Roman
Prix 2015
Coup de cœur
des lectrices
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris
www.lesnouveauxauteurs.com
 
 
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex
www.editions-prisma.com
 
 
Copyright © 2015 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média
Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8195-04061
Chapitre 1

Pierre pesta une fois encore contre ce maudit tiroir qu’il n’arrivait toujours pas à décoincer du secrétaire. Pourtant, ce n’était pas faute de s’acharner ! Il envisageait déjà une manière plus radicale pour fracturer le meuble. Il fit une dernière tentative et parvint enfin à extraire le tiroir de son logement. Ce fut bien évidemment pour en laisser échapper la majeure partie de son contenu ! Il jura et entreprit de ramasser les papiers éparpillés sur le sol quand une photo attira brusquement son attention.
C’était une de ces vieilles photographies d’art, en noir et blanc, surannée et tellement incongrue au milieu de tous ces papiers administratifs. Ce qui hypnotisait Pierre, c’était de reconnaître sur ce portrait la compagne de sa vie, resplendissante de bonheur, aux côtés d’un homme qu’il ne reconnaissait pas. Bien que Pierre ne soit pas vraiment juge en matière de beauté masculine, il ne pouvait s’empêcher d’éprouver un pincement de jalousie quant à sa belle prestance, ses épaules carrées, ses yeux clairs, son sourire lumineux et surtout, son air plus qu’amoureux. Pourtant, il aurait juré de n’avoir jamais vu auparavant cet homme…
« Alors, qu’est-ce que tu fais ? Tu n’as toujours pas réussi à ouvrir ce tiroir ? » Ces quelques mots, prononcés par une voix féminine au bord de l’impatience, voix appartenant à la belle jeune femme souriante de la photographie, firent émerger Pierre de ses pensées. « Non, c’est fait. Je cherche encore cette facture... », répondit-il simplement et il se replongea plus attentivement dans la contemplation du portrait. Le caractère vieillot de cette photographie le perturbait et il ne parvenait pas à comprendre pourquoi sa femme et cet énervant play-boy se trouvaient là, ensemble, témoins d’une époque qui n’était pas la leur. La logique était que cela ne pouvait être sa femme sur cette photo ! Quoique... N’était-ce pas envisageable ? Certains photographes actuels ne s’amusaient-ils pas à retrouver ce style un peu rétro ? Et ce genre d’absurdité n’aurait pas déplu à sa femme... Entre la pensée de s’être laissé abuser par une vulgaire antiquité et le sentiment d’avoir été bafoué, il ne savait plus très bien où il en était. Sa seule certitude était d’être très loin du document qu’il était venu chercher, au moment où sa femme entra dans la pièce.
Surprise par l’absence de réaction de Pierre, Élisabeth s’approcha doucement de lui et observa, par-dessus son épaule, la photo qu’il contemplait dubitativement. « C’est un bel homme, non ? », fit-elle en souriant. Ces mots firent à Pierre l’effet d’une gifle.
— Qui c’est celui-là ? réussit-il à aboyer. Tu t’es bien gardée de me le présenter, dis-moi !
— Il me semble pourtant bien l’avoir fait, dit-elle d’un ton narquois. Mais peut-être pas dans le rôle que tu lui prêtes… Pierre, je te présente Helmut Wiener. Lieutenant Wiener, je vous présente Pierre, mon mari.
Là, Élisabeth aurait bien aimé poursuivre une pause du plus bel effet artistique. Mais l’air furieux de Pierre l’empêcha de la prolonger aussi longtemps qu’elle l’aurait souhaité.
— Quel idiot tu fais ! Tu as vraiment cru que c’était moi sur cette photo ? Le fait que la photo soit ancienne ne t’a pas étonné plus que ça ? Bien sûr que ce n’est pas moi, idiot ! Il s’agit de ma grand-mère et d’Helmut, son bel officier allemand…
***
 
Chapitre 2

« Ta grand-mère... », lâcha Pierre, pensif. Quelque chose le troublait encore. Pourtant... qu’il avait été stupide ! Cette femme, sur cette photographie, cette femme qui ressemblait étonnamment à Élisabeth, était en fait sa grand-mère... Pierre contempla de nouveau le portrait dans l’espoir de déceler une différence entre les deux femmes, si infime soit-elle. Même allure, même sourire, même arc de sourcil qui lui plaisait tant et jusqu’à cette étincelle de plénitude et de bonheur dans le regard qui avait illuminé Élisabeth dans sa robe de mariée. « Il n’y a finalement que l’homme qui change... », pensa Pierre, un peu amer.
— Si on m’avait dit un jour que j’aurais pu te confondre avec ta grand-mère... J’ai toujours entendu dire que tu lui ressemblais, mais de là à imaginer que tu en es le sosie vivant ! C’est troublant, je peux maintenant t’imaginer vieille... Les photos de ta grand-mère que j’ai pu voir me rassurent finalement...
— Dis, tu ne crois pas que cela suffit ! Tu étais prêt à me jouer une grande scène de jalousie dans la plus pure tradition et maintenant, il faut que je supporte tes sarcasmes oiseux, fit Élisabeth en l’enlaçant.
— Ce que j’ai pu être ridicule ! Pardonne-moi. Quand je t’ai reconnue sur cette photo avec ce type, j’ai cru devenir fou...
Pierre serra très fort Élisabeth contre lui. Comment avait-il pu les confondre... Il avait pourtant déjà vu des photos de la grand-mère d’Élisabeth, jamais cette ressemblance ne l’avait autant frappé. Les traits étaient semblables mais leur expression et leur regard étaient différents. Il existait chez sa grand-mère une détermination dure et presque sauvage qui n’apparaissait pas chez Élisabeth. Il se rappelait d’elle comme d’une écorchée vive. Bizarrement, le bonheur les rendait semblables, ce bonheur qui pouvait gommer bien des passions ! Élisabeth, la grand-mère, s’appelait aussi Élisabeth. Même le prénom était contre lui ! Imaginer qu’à cinquante ans d’intervalle, ces deux femmes avaient la même expression d’amour et pourquoi pas la même façon d’aimer, le troublait et l’attirait tout à la fois.
— Tu es sûre de m’avoir déjà parlé de cet homme ?
— Non, je ne crois pas, en fait... Adolescente, je suis tombée un peu par hasard sur cette photo et ma grand-mère s’est trouvée obligée de m’en dire quelques mots. Helmut Wiener était officier de la Wehrmacht pendant l’Occupation et on peut comprendre facilement pourquoi ma grand-mère n’avait pas envie d’en parler. Leur histoire m’a poursuivie bien des fois et ce que j’en sais résulte tout autant de mon imagination que de ce qu’elle a pu m’en raconter. Je vois bien que cette photo t’intrigue, tout comme elle m’a intriguée aussi...
— À un point que tu ne soupçonnes pas... Et ne crois pas que tu vas t’en sortir sans me raconter tout ce que tu sais ou crois savoir...
***
 
Chapitre 3

Élisabeth et Pierre s’étaient installés l’un contre l’autre sur le canapé. « Dois-je commencer mon histoire par Il était une fois une belle jeune fille...  », lança-t-elle narquoise.
— Peu m’importe, tu sais. J’ai juste envie que tu me parles d’elle, de lui. Simplement, même si tu t’éloignes de la vérité. Ta grand-mère a fait une telle irruption dans ma vie que j’ai besoin d’en savoir un peu plus sur elle...
— Soit... Il ne me reste plus qu’à m’exécuter ! Tout d’abord, le lieu de mon récit, Couzon, un village tout proche d’Avallon, avec son unique café que tenait mon arrière-grand-père, donc son père. Sa mère est morte quand elle avait six ans. Cela a dû être une blessure et un manque pour elle… Elle était douée pour les études et ses maîtres l’avaient encouragée à poursuivre à l’École Normale. Certainement très fier de sa fille, son père l’avait laissée choisir mais sûrement poussée dans cette voie. Être instituteur était une bonne ouverture sociale. Et donc, toute fraîche émoulue de l’École Normale, la jeune Élisabeth avait obtenu son premier poste d’institutrice dans un village voisin, Varrèges. Elle s’y rendait sur sa bicyclette neuve, offerte par son père. Son avenir était tout tracé, simple et prometteur... Elle avait dû souffrir pendant ses études. L’École Normale avait la réputation d’un bagne et ma grand-mère ne devait pas être des plus dociles. Être privée de ses bois et de ses prés a dû lui peser aussi...
— Elle avait l’air d’être aussi têtue que toi et elle a dû s’accrocher ! Je me rappelle d’une photo de ta grand-mère sur son vélo. Pimpante, légèrement sauvageonne ! Elle avait un charme différent du tien mais presque autant d’allure que toi...
— Je poursuis ou tu continues l’étude comparative de nos charmes respectifs ? Donc, l’autre Élisabeth partageait sa vie entre son travail, le café de son père et les bien trop rares sorties du dimanche avec ses amis. Certainement, quelques amourettes... Voici la vie toute simple d’Élisabeth avant la guerre. Elle était institutrice depuis un an, lorsque Hitler décida d’envahir la Pologne. La suite, tu la connais, l’entrée en guerre de la France, la mobilisation et la débâcle de 40. L’exode, ces Français affolés, fuyant leur maison et tombant sur les routes sous les attaques meurtrières des avions allemands… Après l’humiliation d’un armistice signé à l’endroit même de celui de 14-18, certains hommes du village revinrent, d’autres restèrent prisonniers en Allemagne et d’autres encore n’eurent même pas cette chance. Puis ce fut la période douloureuse de l’Occupation. La majeure partie de la France fut occupée par les forces allemandes mais l’existence de la ligne de démarcation préservant encore l’illusion d’une zone encore libre fut de bien courte durée. La pénurie et le rationnement devinrent le lot quotidien des Français, exacerbant le meilleur de certains ou au contraire les pires bassesses. Avec, malgré tout, la vie qui finit par reprendre ses droits, chacun s’accommodant au jour le jour des nouvelles contraintes imposées par l’occupant allemand. Sans doute, ma grand-mère chanta-t-elle à contrecœur dans sa classe Maréchal, nous voilà sous le portrait de Pétain. Mais elle le fit car elle n’avait pas d’autre choix… Mon récit commence en octobre 43, aux prémices d’un hiver qui s’annonçait tout aussi froid et lugubre que les précédents…
***
 
Chapitre 4

La cloche sonna et les écoliers commencèr

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