Le livre de la jungle
132 pages
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Le livre de la jungle , livre ebook

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Description

Le livre de la jungle reste un récit captivant pour la jeunesse. Rudyard Kipling est un conteur capable d'intéresser nos chères têtes blondes, surtout si celles-ci ont un béret scout avec elles.Les aventures de Mowgli, le petit d'homme recueilli par le clan des loups, la loi de la Jungle à laquelle tout animal doit se soumettre, l'apprentissage de la vie en société, le combat de Rikki tikki contre le serpent, Toomai des Elephants... quelques-uns des récits du livre de la Jungle.Il n’est pas évident de proposer une édition en ebook du livre de la Jungle, payante, alors que l’on peut facilement la trouver sur d’autres sites en version gratuite. Il m’a semblé néanmoins intéressant de proposer « un plus » par rapport aux éditions gratuites, en incorporant les illustrations de Maurice et Edward Detmold.Car le livre de la Jungle reste un vrai classique pour la jeunesse. Il a certes bercé mon enfance, chez les louveteaux. Mais il ne s’agit pas que d’un souvenir rempli d’émotion. Kypling nous transmet des principes de vie, et grâce à sa mise en scène dans le monde des animaux, on comprend que pour vivre en société, en groupe, en communauté, il y a des règles à respecter. On voit très bien parmi les personnages quels sont ceux qui respectent ces règles, et qui ont assez spontanément notre sympathie, et ceux qui ne les respectent pas. (et qui apparaissent comme les « méchants »)Les premières parties (Les frères de Mowgli, La chasse de Kaa, Au tigre, au tigre) sont peut-être les plus connues. On découvre plusieurs sentiments :- La générosité de la famille Loup qui accueille le Petit d’Homme- Le respect du grand Loup Akela par les plus jeunes, même si son âge ne lui permet plus d’être aussi vigoureux qu’eux.- La fidélité de Mowgli qui aide Akela lorsque celui-ci devient vieux.- Le phoque blanc nous emmène loin de la jungle.- Rikki-Tikki-Tavi, la mangouste qui sauve l’enfant de Nag le cobra, est un modèle de dévouement, alors que notre petit animal est encore très jeune.- Enfin, Toomaï des Éléphants nous rappelle, si besoin est, qu’il faut rêver ; et que, même si les grandes personnes sont certaines que les histoires ne peuvent pas arriver, il faut rêver. La jeunesse est l’époque où tout est possible.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2023
Nombre de lectures 11
EAN13 9782368781302
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le Livre de la jungle

Rudyard Kipling
Traduction de Louis Fabulet et Robert d’Humières
Illustrations de Maurice et Edward Detmold
Introduction et présentation
Le Livre de la jungle est, depuis sa parution en 1894, un classique de la littérature pour la jeunesse. D’un côté, il nous a semblé important de le proposer à nos lecteurs, de l’autre comme on peut facilement se le procurer gratuitement sous forme numérique, nous nous sommes interrogés sur l’opportunité d’une édition supplémentaire.
Nous avons finalement opté pour une édition améliorée, c’est à dire agrémentée des illustrations des frères Maurice et Edward Detmold, et constituée de 16 aquarelles utilisées dans une version du livre publiée en 1903.
On retrouvera, bien sûr, l’histoire de Mowgli, le petit d’homme élevé par les loups, puis par ses amis Baloo et Bagheera, mais on découvrira également Rikki-Tikki-Tavi la mangouste, qui protégera la famille contre Nag le cobra, ou encore Petit Toomaï, jeune cornac de son troupeau d’éléphants.
© Les Éditions Blanche de Peuterey pour la version numérique. Visitez notre site web et abonnez-vous à notre newsletter pour être informé des nouveautés.
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ISBN : 978-2-36878-130-2

Les frères de Mowgli

Chil Vautour conduit les pas de la nuit      Que Mang le Vampire délivre −  Dorment les troupeaux dans l’étable clos :      La terre à nous, l’ombre la livre ! C’est l’heure du soir, orgueil et pouvoir      À la serre, le croc et l’ongle. Nous entendez-vous ? Bonne chasse à tous      Qui gardez la Loi de la Jungle ! Chanson de nuit dans la Jungle.
Il était sept heures d’une soirée très chaude, sur les collines de Seeonee, quand père Loup s’éveilla de son somme journalier, se gratta, bâilla et détendit ses pattes l’une après l’autre pour dissiper la sensation de paresse qu’il sentait encore à leurs extrémités. Mère Louve était étendue, son gros nez gris tombé parmi ses quatre petits qui se culbutaient et criaient, et la lune luisait par l’ouverture de la caverne où ils vivaient tous.
− Augrh ! dit Père Loup, il est temps de se remettre en chasse.
Et il allait s’élancer vers le fond de la vallée, quand une petite ombre à queue touffue barra l’ouverture et jappa :
− Bonne chance, ô chef des loups ! Bonne chance et fortes dents blanches aux nobles enfants. Puissent-ils n’oublier jamais en ce monde ceux qui ont faim !
C’était le chacal − Tabaqui le Lèche-Plat − et les loups de l’Inde méprisent Tabaqui parce qu’il rôde partout faisant du grabuge, colportant des histoires et mangeant des chiffons et des morceaux de cuir dans les tas d’ordures aux portes des villages. Mais ils ont peur de lui aussi, parce que Tabaqui, plus que tout autre dans la jungle, est sujet à devenir enragé, et alors il oublie qu’il ait jamais eu peur de quelqu’un, et il court à travers la forêt, mordant tout ce qu’il trouve sur sa route. Le tigre même se sauve et se cache lorsque le petit Tabaqui devient enragé, car la rage est la chose la plus honteuse qui puisse surprendre un animal sauvage. Nous l’appelons hydrophobie, mais eux l’appellent dewanee − la folie − et ils se sauvent :
− Entre alors, et cherche, dit Père Loup avec raideur ; mais il n’y a rien à manger ici.
− Pour un loup, non, certes, dit Tabaqui ; mais pour un aussi mince personnage que moi, un os sec est un festin. Que sommes-nous donc, nous autres Gidur log (le peuple chacal), pour trier et choisir ?
Il obliqua vers le fond de la caverne, y trouva un os de chevreuil où restait quelque viande, s’assit et en fit craquer le bout avec joie.
− Merci pour ce bon repas ! dit-il en se léchant les lèvres. Qu’ils sont beaux, les nobles enfants ! Quels grands yeux ! Et si jeunes, pourtant ! Je devrais me rappeler, en effet, que les enfants des rois sont maîtres dès le berceau.
Or, Tabaqui le savait aussi bien que personne, il n’y a rien de plus malencontreux que de louer des enfants à leur nez ; il prit plaisir à voir que Mère et Père Loup semblaient gênés.
Tabaqui resta un moment au repos sur son séant, tout réjoui du mal qu’il venait de faire ; puis il reprit malignement :
− Shere Khan, le Grand, a changé de terrain de chasse. Il va chasser sur ces collines, à la prochaine lune, m’a-t-il dit.
Shere Khan était le tigre qui habitait près de la rivière, la Waingunga, à vingt milles plus loin.
− Il n’en a pas le droit, commença Père Loup avec colère. De par la Loi de la Jungle, il n’a pas le droit de changer ses quartiers sans dûment avertir. Il effraiera tout le gibier à dix milles à la ronde, et moi... moi j’ai à tuer pour deux ces temps-ci.
− Sa mère ne l’a pas appelé Lungri (le Boiteux) pour rien, dit Mère Louve tranquillement : il est boiteux d’un pied depuis sa naissance ; c’est pourquoi il n’a jamais pu tuer que des bestiaux. À présent, les villageois de la Waingunga sont irrités contre lui, et il vient irriter les nôtres. Ils fouilleront la jungle à sa recherche... il sera loin, mais, nous et nos enfants, il nous faudra courir quand on allumera l’herbe. Vraiment, nous sommes très reconnaissants à Shere Khan !
− Lui parlerai-je de votre gratitude ? dit Tabaqui.
− Ouste ! jappa brusquement Père Loup. Va-t’en chasser avec ton maître. Tu as fait assez de mal pour une nuit.
− Je m’en vais, dit Tabaqui tranquillement. Vous pouvez entendre Shere Khan, en bas, dans les fourrés. J’aurais pu me dispenser du message.
Père Loup écouta.
En bas, dans la vallée qui descendait vers une petite rivière, il entendit la plainte dure, irritée, hargneuse et chantante d’un tigre qui n’a rien pris et auquel il importe peu que toute la jungle le sache.
− L’imbécile ! dit Père Loup, commencer un travail de nuit par un vacarme pareil ! Pense-t-il que nos chevreuils sont comme ses veaux gras de la Waingunga ?
− Chut ! Ce n’est ni bœuf ni chevreuil qu’il chasse cette nuit, dit Mère Louve, c’est l’homme.
La plainte s’était changée en une sorte de ronron bourdonnant qui semblait venir de chaque point de l’étendue. C’était le bruit qui égare les bûcherons et les nomades à la belle étoile, et les fait courir quelquefois dans la gueule même du tigre.
− L’homme ! − dit Père Loup, en montrant toutes ses dents blanches. − Faugh ! N’y a-t-il pas assez d’insectes et de grenouilles dans les citernes, qu’il lui faille manger l’homme, et sur notre terrain encore ?
La Loi de la Jungle, qui n’ordonne rien sans raison, défend à toute bête de manger l’homme, sauf lorsqu’elle tue pour montrer à ses enfants comment on tue, et alors elle doit chasser hors des réserves de son clan ou de sa tribu. La vraie raison en est que le meurtre de l’homme signifie, tôt ou tard, invasion d’hommes blancs armés de fusils et montés sur des éléphants, et d’hommes bruns, par centaines, munis de gongs, de fusées et de torches. Alors tout le monde souffre dans la jungle… La raison que les bêtes se donnent entre elles, c’est que, l’homme étant le plus faible et le plus désarmé des vivants, il est indigne d’un chasseur d’y toucher. Ils disent aussi − et c’est vrai − que les mangeurs d’hommes deviennent galeux et qu’ils perdent leurs dents.
Le ronron grandit et se résolut dans le « Aaarh ! » à pleine gorge du tigre qui charge.
Alors, il y eut un hurlement − un hurlement bizarre, indigne d’un tigre − poussé par Shere Khan.
− Il a manqué son coup, dit Mère Louve. Qu’est-ce que c’est ?
Père Loup courut à quelques pas de l’entrée ; il entendit Shere Khan grommeler sauvagement tout en se démenant dans la brousse.
− L’imbécile a eu l’esprit de sauter sur un feu de bûcherons et s’est brûlé les pieds ! dit Père Loup en grognant. Tabaqui est avec lui.
− Quelque chose monte la colline, dit Mère Louve en dressant une oreille. Tiens-toi prêt.
Il y eut un petit froissement de buissons dans le fourré. Père Loup, ses hanches sous lui, se ramassa, prêt à sauter. Alors, si vous aviez été là, vous auriez vu la chose la plus étonnante du monde : le loup arrêté à mi-bond. Il prit son élan avant de savoir ce qu’il visait, puis il essaya de se retenir. Il en résulta un saut de quatre ou cinq pieds droit en l’air, d’où il retomba presque au même point du sol qu’il avait quitté.
− Un homme ! hargna-t-il. Un petit d’homme. Regarde !
En effet, devant lui, s’appuyant à une branche basse, se tenait un bébé brun tout nu, qui pouvait à peine marcher, le plus doux et potelé petit atome qui fût jamais venu, la nuit, à la caverne d’un loup. Il leva les yeux pour regarder père Loup en face et se mit à rire.
− Est-ce un petit d’homme ? dit mère Louve. Je n’en ai jamais vu. Apporte-le ici.
Un loup, accoutumé à transporter ses propres petits, peut très bien, s’il est nécessaire, prendre dans sa gueule un œuf sans le briser. Quoique les mâchoires de Père Loup se fussent refermées complètement sur le dos de l’enfant, pas une dent n’égratigna la peau lorsqu’il le déposa au milieu de ses petits.
− Qu’il est mignon ! Qu’il est nu ! … Et qu’il est brave ! dit avec douceur Mère Louve.
Le bébé se poussait, entre les petits, contre la chaleur du flanc tiède.
− Ah ! Ah ! Il prend son repas avec les autres.… Ainsi, c’est un petit d’homme. A-t-il jamais existé une louve qui pût se vanter d’un petit d’homme parmi ses enfants ?
− J’ai parfois ouï parler de semblable chose, mais pas dans notre clan ni de mon temps, dit père Loup. Il n’a pas un poil, et je pourrais le tuer en le touchant du pied. Mais, voyez, il me regarde et n’a pas peur !
Le clair de lune s’éteignit à la bouche de la caverne, car la grosse tête carrée et les fortes épaules de Shere Khan en bloquaient l’ouverture et tentaient d’y pénétrer. Tabaqui, derrière lui, piaulait :
− Monseigneur, Monseigneur, il est entré ici !
− Shere Khan nous fait grand honneur − dit père Loup, les yeux mauvais. − Que veut Shere Khan ?
− Ma proie. Un petit d’homme a pris ce chemin. Ses parents se sont enfuis. Donnez-le-moi !
Shere Khan avait sauté sur le feu d’un campement de bûcherons, comme l’avait dit père Loup, et la brûlure de ses pattes le rendait furieux. Mais père Loup

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