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Le drame d’un continent - Tome 1 , livre ebook

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Description

Par l'entremise d'une conversation électronique, un parigot pose une question à son ancien condisciple rentré au bercail pour assumer une fonction importante : pourquoi les Africains aiment faire la polygamie ? Ce dernier, ayant bénéficié d'un décret de la part d'une junte militaire venue au pouvoir par effraction en renversant un président civil élu, assume ses fonctions à la tête d'une importante Direction durant des mois avant d'être dégommé par une nouvelle équipe de militaires qui a balayé la première. La question de son ami qu'il trouve complexe arrive peu avant le coup d'Etat de l'armée déposant l'armée. Il commence à la répondre, mais avec quelques petites craintes de ne pas avoir suffisamment de temps pour cela, puisque profondément absorbé et submergé par le poids du travail. Néanmoins, durant plus d'une semaine après le coup d'Etat, chaque jour, il consacre une heure ou deux à écrire pour répondre à la question. A ce moment, le débarquement de son poste tombe et le plonge dans un état d'âme sombre, blêmissant ses traits et foutant son moral au fond des chaussettes. Qu'est-ce qu'il fait pour noyer son chagrin ? L'écriture. Il s'attèle à brosser méticuleusement la question de son ami. Si la cigarette, l'alcool, le sexe, le sport et la fugue permettent à certaines personnes de brider et phagocyter le stress, Salifou, lui, ne trouve pas meilleur refuge que la lecture et l'écriture.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2024
Nombre de lectures 0
EAN13 9782386350085
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0805€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le drame d’un continent Roman
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Cheick Mahmoud Sylla
Le drame d’un continent
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Les Editions Plumes Inspirées Tous droits réservés Siège social : Dixinn, Camayenne, Conakry, Rép.de Guinée E-mail :les1spirees@gmail.comSite web: lesplumesinspirees.com Tel: (224) 621 997 437 ISBN : 978-2-38635-008-5
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A la mémoire de mon défunt pèreM’Bemba Moustapha Sylla. En reconnaissance de ses multiples efforts au nombre desquels figure mon goût Prononcé pour la lecture et l’écriture. Si mon disque mémoriel tournait sur trois pattes m’empêchant de me souvenir De tes précieux enseignements et conseils, je me demande sincèrement comment J’aurais fait pour affronter la vie ? C’est toujours peu dire que tu as été un pilier essentiel à ma construction. Comme j’aimerais pouvoir t’obéir au pied de la lettre et ne Jamais te déshonorer ! Père, sache que j’y travaille constamment, farouchement et Inlassablement !
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« Il est toujours tentant de simplifier ; on désigne des responsables, des coupables, en faisant bon marché des Réalités complexes. » Simone Veil
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Prologue Pourquoi les Africains aimentfaire la polygamie? demanda Bernard à Salifou dans un message WhatsApp alors que les deux discutaient de tout et de rien. Assis dans un petit bistrot en train de buvoter son café expresso un bon matin de Dimanche, le parigot écrivait à son ami de promotion Salifou rentré au bercail, en Afrique, une année seulement après l’obtention par les deux d’un master en marketing. Salifou venait d’être nommé Directeur Général d’un Etablissement Public à caractère Administratif ; il avait obtenu cette grande promotion parce que son père avait des accointances avec un élément clé de la junte au pouvoir. C’était ainsi dans ce pays, même dans la sous-région, en l’occurrence en Afrique de l’Ouest ! Comme les hommes au pouvoir aiment s’empiffrer la chose publique, confondre leur poche à l’argent public, et ne s’occuper que de leur petit confort personnel, individuel et individualiste, cela au grand dam des populations, l’armée finit par arracher le pouvoir avec force. Dans ces coups d’Etat en rafales, les putschistes ne tarissent pas souvent d’arguments pour justifier leurs agissements. En effet, ils évoquent souvent des raisons de mauvaise gouvernance ; mais en réalité, certains parmi eux, trop habitués à paresser sur des lambris dorés, faire l’intéressant, le menton haut dans les bureaux climatisés et meublés de façon moderne, circuler dans les grosses cylindrées avec des habitacles en cuir qui pètent insolemment le luxe et l’apparat, se prélasser dans de
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beaux lits et matelas bien en mousse synthétique, utiliser les smartphones derniers cris, fréquenter des lieux huppés, se saouler la gueule avec les liqueurs les plus coûteuses, dilapider ou ouvrir la champlure de l’argent à laMolare, bourlinguer en business class dans les grands pays à travers le monde pour les vacances ... ont perdu l’habitude d’aller au front et ont pris un goût excessif pour le pouvoir et les bonnes choses ; au point qu’ils en ont marre de se tenir maintenant de faction pour protéger quelqu’un, ou de recevoir des ordres. Ce qu’ils veulent désormais, c’est qu’on les cortège ; ce qu’ils veulent, c’est aussi donner des ordres ; ce qu’ils veulent, c’est passer aussi à travers les haies d’honneurs marchant sur un tapis rouge alors que les populations, militaires et civils y compris, leur font la révérence jusqu’à terre, battent des mains pour eux et leur passent la brosse à reluire avec des flagorneries pompeuses. Ils savent mettre plus de vigueur à renverser un régime que de combattre sur le front. Partout, au travail, sur le lit avant de dormir, au réveil, dans la circulation, sous la douche, assis dans le jardin en train de siroter un café fumant, arrêté au balcon, cigarette à la main boucanant partout, en faisant cent pas, en prenant leur petit-déjeuner, le repas de midi, le dîner... ils pensent à comment déposer le président élu. Dommage ! Ces hommes-là ternissent l’image de la grande muette avec leur projet égoïste et égocentrique. Dans tous les cas, la faute revient aux élites politiques. S’il y avait des institutions fortes, des hommes forts, si les difficultés des populations étaient vraiment prises en
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compte, si les textes de la République n’étaient pas tripatouillés pour des fins purement égoïstes, il n’y aurait pas de ces situations regrettables et blâmables ; et les populations ne salueraient pas les coups d’Etat ; elles cracheraient plutôt là-dessus et les jetteraient au ban de la société. Il faut le dire, devant certaines dérives inacceptables, inadmissibles, inconcevables voire machiavéliques, l’armée est bien en droit de venir à la rescousse du peuple, lequel peut se retrouver parfois très impuissant face à certains grands dictateurs, champions incontestables dans la machination et la rouerie. Des soldats de valeur dans l’armée ? Il n’en manque pas. Il importe donc que les militaires de valeur se débarrassent de ces hommes qui n’ont pas grand ’chose à faire de la valeur humaine et des conditions de vie de la population une fois qu’ils se retrouvent dans le fauteuil haut perché, bien rembourré et confortable de la présidence. Autre chose dans cette partie du monde, le népotisme, un fléau qui gangrène, souille et discrédite profondément l’administration publique et ralentit drastiquement ses pas vers un véritable progrès économique ; ce fléau irrigue aussi bien les structures étatiques que les entités privées. En effet, les recrutements ne se font pas en fonction du mérite, mais en tenant compte des considérations subjectives. Même si Salifou avait un certain background, il n’avait pas été préalablement soumis à un test ; cela était en déphasage avec la procédure de nomination conventionnelle qui requiert à la rigueur une vérification des données fournies et un entretien d’embauche. Le décret était tombé comme un couperet ; lui-même ne s’attendait pas à une telle
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fonction ; tout ce qu’il avait fourni à la demande de son paternel, c’était son CV. Il est évident que n’importe qui ne peut pas gérer une structure étatique aussi importante. Les ‘’lakoudous’’, plutôt les bidasses, avaient fait parachuter par décret Salifou au faîte d’une direction non moins importante qui était sous la coupole du Ministère des Postes et Télécommunications et de l’Economie Numérique, quitte à la grande victime, le peuple, d’essuyer ses faiblesses, son manque de niveau et d’expérience. Nous ne disons pas que Salifou était infichu de gérer cette direction, mais puisqu’on n’avait pas fait l’autopsie de ses compétences et aptitudes, il y avait risque qu’il ne fût pas à la hauteur ; c’est ce qui n’était pas justement appréciable. Cette manière de gérer de façon fantaisiste les affaires de l’Etat doit cesser pour espérer sortir ces pays de leur marasme économique profond et de leur éducation sous perfusion pour ne pas dire à l’article de la mort. La médiocrité et l’amateurisme sont les maux qui empêchent l’essor de ces pays-là ! Lorsqu’ils correspondaient, Salifou, grand et quelque peu chétif, la peau comme basanée, le nez aquilin, les doigts de la main, les bras et les jambes longs, de grosses lèvres, les oreilles aux lobes allongés, une oreille plus basse que l’œil, toute chose qui renseignait sur la profondeur psychologique de sa personne selon la médecine traditionnelle chinoise, les traits plus ou moins tirés parce qu’il n’avait pas bien dormi la veille, les yeux en boules de loto, les joues granuleuses empreintes légèrement de barbes qui quittaient le menton pour
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