Jeux d'eau 2 , livre ebook

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Philippe, le héros de la bataille contre le complot de guerre bactériologique est maintenant seul, épuisé et découragé. Au moment où nous le retrouvons, il tente de se raccrocher à son plaisir de vivre.
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Publié par

Date de parution

18 mai 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9781925277807

Langue

Français

Avant-Propos
Philippe, le héros de la bataille contre le complot de guerre bactériologique est maintenant seul, épuisé et découragé. Au moment où nous le retrouvons, il tente de se raccrocher à son plaisir de vivre.
Dans ce nouveau récit, tout est fictif. Toute ressemblance avec les personnages ou leur histoire est le fruit du hasard. Les lieux décrits existent. Ils servent de cadre au récit, sans implication sociale ou politique.
Autant que possible, l’orthographe simplifiée est respectée. La plupart des accents circonflexes sont éliminés (î û).
Ce livre est dédié à tous ceux que j'aime
Copyright
La copie, la reproduction et la modification du texte, de portions du texte ou des images de « Jeux d’eau 2 - Suite du récit » sont interdites.© Alain Panisset 2014
Sur le bord du Styx
Ce film est un fiasco, un échec.
Aucun distributeur n’en veut. «Jeux d’eau, le film» fera probablement carrière au programme des festivals mineurs. L’équipe de production se dissout d’elle-même. Les techniciens s’en vont sans même dire bonjour. Le directeur photo est déjà retenu par un autre projet. Tous les autres sont partis. Ce projet de trois ans se solde par une énorme blessure d’amour-propre et des retombées familiales et personnelles douloureuses. 
La mère de Philippe est allée rejoindre un vieil amant à Akwesasne. Son père est mort d’une méningite tuberculeuse résistante à tous les antibiotiques connus. Il fumait cigarette sur cigarette dans son laboratoire, entouré de cages de souris tuberculeuses. Solange l’a quitté ; elle est partie travailler dans un laboratoire d'endocrinologie.
— Je suis anéanti. Mes capacités de vaincre l’adversité m’ont abandonné. Je n’ai plus de raison de chercher un nouveau défi. Me voilà assis sur un banc du petit parc Claude-Jutra. Je regarde cette bizarre sculpture qui lui rend hommage. Je ne prétends pas avoir son talent, mais je fais un lien entre la scène que j’ai tournée au pied de la tour de l’horloge du vieux port et la légende qui entoure la disparition de ce grand cinéaste.
Pourtant, tout allait bien. Le distributeur me prédisait un certain succès. Tout à coup, l’échafaudage s’écroule et mon équipe me laisse tomber. Pendant mes longues marches dans la ville, je cherche une explication.
Je traverse le square Saint-Louis pour descendre la rue Berri vers le port. Assis au pied de la tour de l’horloge, je regarde les remous du fleuve.
Il suffit d’un instant de déséquilibre, une chute de quelques mètres. D’abord, l’eau est bleue, puis verte, puis jaune. Tout s’assombrit. Il faut avoir le courage d’y rester et de s’en emplir les poumons.
Mes réflexes de nageur prendront le dessus. Revenu à la surface, je me laisse porter par le courant. Comme un bouchon, je passe sous le pont Jacques-Cartier et j’atterris au bord du parc d’attractions de la Ronde. C’est le ridicule qui me tuera !
La beauté du paysage, l’éclairage de fin d’après-midi et de bonnes respirations profondes ont raison de son accès dépressif.
Il revient d’un long séjour au Mexique. Là-bas, il a pris des risques. Rendu vulnérable par les pertes affectives, il s’est fait des amis dans des milieux peu recommandables. Il s’en fallut de peu pour qu’il reste dans ce pays où de nouvelles expériences semblaient propices à faire disparaitre de sa mémoire l’échec qu’il a connu. Mais, il est revenu.
Il se lève et part d’un pas rapide vers la rue Notre-Dame puis, sur Saint-Laurent, il remonte vers chez lui. Depuis la mort de son père, il a mis la maison de Côte-des-Neiges à vendre. Il habite un minuscule appartement de cocher au-dessus d’une ancienne écurie dans une ruelle du square Saint-Louis.
Assis à sa table de travail devant l’unique fenêtre, il laisse ses pensées flotter au hasard. Plus bas, dans une jolie cour intérieure, le filet d’eau qui tombe dans une fontaine crée une atmosphère sonore reposante. Mais quelque chose le dérange: des papiers ont été déplacés sur son bureau.
— Bon ! Je deviens paranoïaque. Depuis que je suis seul, l’aventure de la lutte contre le complot de terrorisme bactériologique refait surface. Six ans plus tard, quand même ! La solitude et l’oisiveté me vont mal. Épisodiquement, j’essaie d’écrire, mais j’en reviens toujours aux tristes évènements que j’ai scénarisé sans succès. J’ai besoin d’oublier cette histoire pour de bon.»  Symboliquement, il envoie valser papiers et livres et descend l’escalier quatre à quatre. En refermant la porte extérieure, il a de la difficulté à introduire la clé dans la serrure. Il lève les épaules, soupire un bon coup.
— Encore, se dit-il.
La soirée commence. La rue Prince-Arthur s’anime. Les artistes et amuseurs publics se bousculent pour occuper les meilleures places devant les terrasses. Une odeur de friture domine, pas très appétissante. Philippe accélère. Au coin de Saint-Laurent, il tourne à droite. Cinq minutes après, il entre chez Moishes.
Ce restaurant traditionnel lui plait depuis longtemps. Son père aimait bien y partager avec lui un bifteck parfait. L’allure compassée et déférente des serveurs n’a pas changé.
En mangeant, il dresse le plan de sa soirée. Il lui faut du jazz plein la tête pour chasser ses accès de paranoïa.
Pour terminer le repas, il enfile un café turc suivi d’un verre d’eau. Debout, il règle l’addition et dévale l’escalier vers la rue Saint-Laurent.
Pas très loin, coin Sherbrooke et De Bleury, il y a le Vieux Moulin. Certains soirs de chance, le jazz y est remarquable. On peut même danser.
Ce soir, l’enseigne est allumée.
Sans avoir à faire la queue à la porte, il entre et commande un Zombie qu’il sirotera longtemps; l’orchestre est à la pause syndicale. La salle est presque vide.
Enfin, voici les musiciens, un quatuor. Voyons voir. Après quinze minutes, l’épreuve a assez duré. Le mercredi, il y a rarement du bon jazz à Montréal.
— Inutile de chercher ailleurs. Demain, je prends l’avion d’Eastern à vingt heures, pour Laguardia. Vers vingt-deux heures, je marche sur la 3ᵉ rue et j’arrive à temps pour le premier set au Blue Note. D’ici là, je retourne à la maison de mon père.
Pendant qu’il classe des papiers pour les mettre dans des boites, il regarde par la fenêtre. Un camion de la Société Nationale de l’énergie manœuvre dans la rue. En une fraction de seconde, Philippe se revoit à Oka en plein combat. Il entend de nouveau les tirs des armes de Myra et Lynn et il voit le camion exploser. Ce violent retour en arrière lui cause des tremblements violents; il se couche sur le tapis du salon, nauséeux et étourdi. Il a une sensation de mort imminente.
— Il faut que je me contrôle.
À genoux, il observe le travail des ouvriers.
Le rythme de son cœur se calme, sa nausée disparait. Il fouille dans un manuel qu’il trouve dans la bibliothèque de son père. Il y lit la description de ses symptômes: névrose d’angoisse, crise de panique.
— Autant le savoir et l’accepter. Je vais retrouver ma force pour m’en débarrasser.
Il se concentre maintenant sur la pile de courrier qu’il a ramassé dans l’entrée. Une enveloppe marquée de l’entête d’un cabinet de notaire attire son attention. Il l’ouvre: l’université exproprie toutes les maisons de la rue de Sérigny. Une offre qui lui semble substantielle accompagne la lettre.
Ajoutée à la petite fortune léguée par son père, voilà une garantie de prospérité pour longtemps.
Il rentre chez lui, square Saint-Louis.
Limites
Réveillé de bonne heure, Philippe se prépare un café. Sa cuisine est réduite à la plus simple expression. Il s’est offert une cafetière à espresso très performante. Il en tire des petites tasses qui éclairent ses pensées et fouettent son imagination. Ce matin, il en a besoin pour mener à bien l’écriture d’un exercice commandé par son professeur. Depuis quelques mois, il s’est lancé dans un apprentissage qui occupe beaucoup de son temps. Connecté par modem au serveur de l’Institut d’informatique, il sait maintenant protéger des fichiers par mot de passe. Mais son projet de jazz à New York lui trotte dans la tête.
La faim se fait sentir en fin d’après-midi. Un sandwich au jambon haché et un Coca-Cola pris en vitesse au coin de la rue suffiront. Il mange en marchant vers la rue Saint-Laurent. En quelques minutes, il achète un billet aller-retour pour le vol de  8 heures sur Laguardia. La vendeuse lui confirme qu’il n’a pas besoin de passeport pour aller aux É.-U..
Rentré chez lui, il tourne en rond dans son petit espace. Finalement, vers sept heures il sort.
Rue Saint-Denis, il hèle un taxi.
— À l’aéroport, s’il vous plait.
Il est un peu tôt, pense Philippe, mais j’aime traverser la douane américaine et aller m’assoir en salle d’attente. Le  va-et-vient des avions me fascine de même que les faciès des personnes qui sont sur les chaises autour de moi. J’essaie de deviner qui ils sont. Associer figures et caractères est un jeu auquel j’aime bien jouer.
Mais il faut quand même passer cette frontière. Au bout du comptoir, un grand drapeau américain est en évidence. La douanière réclame mon billet et compulse un gros registre. Elle me le redonne et sourcille en me regardant.
Soudain, des pas derrière moi.
De lourdes mains s’abattent sur mes épaules. Sans un mot, je suis poussé dans une pièce à l’abri des regards du public. Encadré par deux agents de la Gendarmerie royale, je suis reçu sans égard par des policiers municipaux qui me collent face au mur.
Le cauchemar commence.
Je tourne la tête pour voir derrière moi: un coup de bâton à la tempe m’assomme à moitié. Une main saisit mes cheveux et me cogne violemment le front sur le mur.
Je reviens à moi, menotté derrière le dos, à plat ventre, je baigne dans mon urine. Les brutes complètent le traitement par une série de coups de bâton dans les côtes.
À deux, ils me trainent vers leur voiture de patrouille et me cognent la tête sur le capot du véhicule.
Je me réveille dans une cellule, complètement désorienté.
Mis sur pied brutalement, bien encadré, menotté, ils me poussent de nouveau vers l’auto de patrouille. Un des policiers me dit

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