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ÉLISSA LA REINE VAGABONDE , livre ebook

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Description

Avec dix navires, une centaine d'hommes et vingt-sept vierges, Élissa, la reine vagabonde, sillonne la Méditerranée huit siècles avant Jésus-Christ. Fuyant Tyr la capitale phénicienne, fuyant Pygmalion son frère et l'effrayant secret qui les unit, Élissa - souveraine obstinée d'une nation en exil - navigue en quête d'une ville et d'un royaume.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2024
Nombre de lectures 3
EAN13 9789973706416
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0450€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

ÉLISSA LA REINE VAGABONDE
Édition originale Le Seuil (Paris) 1988
ISBN : 978 9973 706 41 6 © pour cette édition, Déméter, Tunis 2024.
Fawzi Mellah
ÉLISSA LA REINE VAGABONDE
roman
Déméter Poches
Aux deux Mèriem qui illuminent ma vie ; et les deux doivent tant à Élissa.
«Parce que dans sa poitrine on entendait le grondement de la mer. Parce que dans ses pupilles demeurait le myérieux et éternel horizon que la mer laisse comme un souvenir au fond des yeux de tous ceux qui, nés sur ses bords, ont été forcés d’en partir. Parce que ses soupirs étaient embrasés comme les vents de la marée de plein été, embaumés d’une odeur d’algues rejetées sur le rivage. »
MISHIMA, Confessions d’un masque.
EN GUISE D’INTRODUCTION
Ce manuscrit a une longue hioire : il ne serait pas convenable qu’un traducteur honnête – comme je pré-tends l’être moi-même – vous le propose sans évoquer la surprenante série de hasards qui se sont conjugués pour l’amener entre vos mains. Résumons, et jugez plutôt :
« en 1874, M. de Sainte-Marie, diplomate attaché au consulat général de France à Tunis, fut chargé par l’Aca-démie des inscriptions et belles-lettres d’une mission plus particulièrement épigraphique. Il s’agissait de recher-cher les monuments portant des inscriptions en carac-tères puniques. Ceci an d’enrichir lecorpus inscriptionum semiticarum (recueil ociel de textes sémitiques) dont la publication venait d’être entreprise. Cette mission fut couronnée de succès. Les fouilles entreprises d’août à dé-cembre 1874 dans la région sise à mi-chemin de Byrsa et de la mer, à peu près à l’emplacement où passe l’actuelle voie de chemin de fer de Tunis à la Marsa, fournirent près de deux mille deux cents èles puniques dont la ma-jorité porte une inscription dédicatoire aux dieux « Ta-nit et Ba’al Hammon » et de nombreux symboles. Ces monuments furent envoyés en France mais sombrèrent
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avec le bateau qui les transportait à l’entrée du port de Toulon : une grande partie fut repêchée : toutes furent reproduites, grâce aux eampages qui avaient été pris 1 avant le départ par les soins du fouilleur… »
Oui, mais ce que le malheureux M. de Sainte Marie ne pouvait pas savoir (parce qu’il e mort, noyé avec ses découvertes) et ce que Mme Hours-Miédan semblait ignorer (parce qu’elle n’a pas connu mon grand-père) c’e que ma famille détient deux cent cinquante èles que l’on croyait perdues. Comment ces pierres ont-elles échoué chez nous ? Dieu seul le sait ! Ce qui e certain en revanche, c’e qu’elles ont encombré notre maison et empoisonné mon enfance. Mettez-vous à ma place : non seulement ces èles en-vahissaient tout l’espace disponible (les chambres, le sa-lon, la véranda, le jardin et même la cuisine…), mais de plus elles m’ont « enlevé » mon grand-père. En eet, cet homme (hiorien de formation et traducteur à l’occa-sion) avait cru utile de consacrer plus du tiers de sa vie à déchirer ces pierres et à les traduire en arabe… Cette tâche semblait si lourde et si ingrate qu’elle a ni par écra-ser en lui le peu de tendresse et d’attention qu’il me de-vait. Aussi, la seule image qui me ree de lui aujourd’hui e celle d’un vieillard délabré, myope et comme vissé à des pierres muettes, une loupe à la main… La mort seule a osé interrompre ce labeur (que lui-même considérait comme une mission !) Cependant, avant de partir - j’avais alors une vingtaine d’années - il me t jurer de poursuivre la tâche : « Ces èles, me dit-il, n’ont pas révélé leur véritable énigme. Elles cachent de terribles
ème 1 Madeleine Hours-Miédan, Carthage, PUF, Paris, “Que sais-je ?”, 5édition 1982 page 19. 10
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