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Voyage autour de ma chambre , livre ebook

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Description

Ce r?cit de forme autobiographique raconte les arr?ts d?un jeune officier, contraint ? rester dans sa chambre pendant quarante-deux jours. Il d?tourne le genre du r?cit de voyage, ce qui donne ? ce roman une dimension clairement parodique, mais annonce aussi les bouleversements du romantisme, avec l?int?r?t constant apport? au moi.Ce r?cit de forme autobiographique raconte les arr?ts d?un jeune officier, contraint ? rester dans sa chambre pendant quarante-deux jours. Il d?tourne le genre du r?cit de voyage, ce qui donne ? ce roman une dimension clairement parodique, mais annonce aussi les bouleversements du romantisme, avec l?int?r?t constant apport? au moi.Ce r?cit de forme autobiographique raconte les arr?ts d?un jeune officier, contraint ? rester dans sa chambre pendant quarante-deux jours. Il d?tourne le genre du r?cit de voyage, ce qui donne ? ce roman une dimension clairement parodique, mais annonce aussi les bouleversements du romantisme, avec l?int?r?t constant apport? au moi.Ce r?cit de forme autobiographique raconte les arr?ts d?un jeune officier, contraint ? rester dans sa chambre pendant quarante-deux jours. Il d?tourne le genre du r?cit de voyage, ce qui donne ? ce roman une dimension clairement parodique, mais annonce aussi les bouleversements du romantisme, avec l?int?r?t constant apport? au moi.

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 97
EAN13 9782820606990
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Voyage autour de ma chambre
Xavier de Maistre
1794
Collection « Les classiques YouScribe »
Faitescomme Xavier de Maistre, publiez vos textes sur YouScribe
YouScribevous permet de publier vos écrits pour les partager et les vendre. C’est simple et gratuit.
Suivez-noussur :

ISBN 978-2-8206-0699-0
Préface

Xavier de Maistre.
Né à Chambéry en 1763, Xavier de Maistre appartenait à unefamille de magistrats. Son père était président du Sénat de Savoieet son frère Joseph fut membre de la même assemblée jusqu’àl’invasion du pays par les Français. Xavier choisit le métier desarmes. Officier sarde, il ne voulut point servir le conquérantfrançais. Lorsqu’en 1802 son frère fut nommé par Victor-Emmanuel1er, ambassadeur à Saint-Pétersbourg, Xavier le suivit en Russie ets’engagea dans l’armée du Tsar. Il participa comme officier auxcampagnes du Caucase et de Perse, puis il s’établit dans lacapitale russe, qu’il ne quitta plus, sinon pour faire un voyage enFrance, quelques années avant sa mort. C’est à Saint-Pétersbourg eneffet, que Xavier mourut, en 1852.
L’œuvre de Xavier de Maistre n’est pas très abondante, mais elleest d’une clarté, d’un esprit essentiellement français. Chacun deses courts ouvrages : Voyage autour de ma chambre (1794), Le Lépreux de la cité d’Aoste (1811), Les Prisonniersdu Caucase et La Jeune Sibérienne (1825),l’ Expédition nocturne autour de ma chambre , sont despetits chefs-d’œuvre de style, de simplicité et de naturel.
Les circonstances dans lesquelles Xavier de Maistre se mit àécrire sont assez curieuses. Officier, en garnison dans la petiteville d’Alexandrie, en Italie, une malencontreuse affaire de duelle fit mettre aux arrêts pendant plusieurs jours. Le jeune officieraccepta la punition avec philosophie. Ne pouvant quitter sachambre, il se plut à passer en revue les objets qui l’entouraient,notant les réflexions que ceux-ci lui inspiraient, les souvenirsque chacun évoquait en son esprit. Il confia le cahier contenantcette série d’impressions à son frère, lequel avait acquis déjà àcette époque une enviable renommée grâce à la publication de sesLettres d’un royaliste savoisien. Le comte Joseph de Maistre trouval’essai de son cadet, original et d’une réelle valeur littéraire. Al’insu de son frère, il décida de le faire éditer. Ainsi, Xaviereut la surprise et la grande satisfaction de relire son ouvragesous la forme d’un volume imprimé !
On ne pourrait donner sur l’œuvre de Xavier de Maistre, uneappréciation plus concise et plus juste que celle de MM. JosephBédier et Paul Hazard dans leur « Histoire de la littératurefrançaise » : « Xavier eut en partage, écrivent ces auteurs,l’observation fine et délicate, l’humour, une sensibilité toujoursdistinguée : toutes qualités aimables, dont se pare ce charmant Voyage autour de ma chambre qui a fondé sa réputation. Ilsavait jouer nonchalamment avec les idées et les sentiments etinviter le lecteur à participer lui-même à ce jeu. Il n’était pastrès profond, bien qu’il ne manquât pas d’humanité ; mais dansle domaine intermédiaire entre les émotions superficielles et lespassions obscures de l’âme, il était roi. »
Ne terminons pas ce bref aperçu biographique, sans épingler cemot charmant de Xavier de Maistre, qui eut toujours une profondeadmiration pour son illustre aîné, l’auteur des « Soirées deSaint-Pétersbourg », « du Pape », et des « Considérations sur la France » : « Mon frère et moi, nousétions comme les deux aiguilles d’une montre : il était la grande,j’était la petite ; mais nous marquions la même heure, quoiqued’une manière différente ».
R. Oppitz
Chapitre 1

Qu’il est glorieux d’ouvrir une nouvelle carrière et de paraîtretout à coup dans le monde savant, un livre de découvertes à lamain, comme une comète inattendue étincelle dansl’espace !
Non, je ne tiendrai plus mon livre in petto ; le voilà,messieurs, lisez. J’ai entrepris et exécuté un voyage dequarante-deux jours autour de ma chambre. Les observationsintéressantes que j’ai faites et le plaisir continuel que j’aiéprouvé le long du chemin, me faisaient désirer de le rendrepublic ; la certitude d’être utile m’y a décidé. Mon cœuréprouve une satisfaction inexprimable lorsque je pense au nombreinfini de malheureux auxquels j’offre une ressource assurée contrel’ennui, et un adoucissement aux maux qu’ils endurent. Le plaisirqu’on trouve à voyager dans sa chambre est à l’abri de la jalousieinquiète des hommes ; il est indépendant de la fortune.
Est-il en effet d’être assez malheureux, assez abandonné, pourn’avoir pas de réduit où il puisse se retirer et se cacher à toutle monde ? Voilà tous les apprêts du voyage.
Je suis sûr que tout homme sensé adoptera mon système, dequelque caractère qu’il puisse être, et quel que soit sontempérament ; qu’il soit avare ou prodigue, riche ou pauvre,jeune ou vieux, né sous la zone torride ou près du pôle, il peutvoyager comme moi ; enfin, dans l’immense famille des hommesqui fourmillent sur la surface de la terre, il n’en est pas unseul, – non, pas un seul (j’entends de ceux qui habitent deschambres) qui puisse, après avoir lu ce livre, refuser sonapprobation à la nouvelle manière de voyager que j’introduis dansle monde.
Chapitre 2

Je pourrais commencer l’éloge de mon voyage par dire qu’il nem’a rien coûté ; cet article mérite attention. Le voilàd’abord prôné, fêté par les gens d’une fortune médiocre ; ilest une autre classe d’hommes auprès de laquelle il est encore plussûr d’un heureux succès, par cette même raison qu’il ne coûte rien.– Auprès de qui donc ? Eh quoi ! vous le demandez ?C’est auprès des gens riches. D’ailleurs, de quelle ressource cettemanière de voyager n’est-elle pas pour les malades ! ilsn’auront point à craindre l’intempérie de l’air et des saisons. –Pour les poltrons, ils seront à l’abri des voleurs ; ils nerencontreront ni précipices ni fondrières. Des milliers depersonnes qui avant moi n’avaient point osé, d’autres qui n’avaientpu, d’autres enfin qui n’avaient point songé à voyager, vont s’yrésoudre à mon exemple. L’être le plus indolent hésiterait-il à semettre en route avec moi pour se procurer un plaisir qui ne luicoûtera ni peine ni argent ? – Courage donc, partons. –Suivez-moi, vous tous qu’une mortification de l’amour, unenégligence de l’amitié, retiennent dans votre appartement, loin dela petitesse et de la perfidie des hommes. Que tous les malheureux,les malades et les ennuyés de l’univers me suivent ! Que tousles paresseux se lèvent en masse ! Et vous qui roulezdans votre esprit des projets sinistres de réforme ou de retraitepour quelque infidélité ; vous qui, dans un boudoir, renoncezau monde pour la vie, aimables anachorètes d’une soirée, venezaussi : quittez, croyez-moi, ces noires idées ; vous perdez uninstant pour le plaisir sans en gagner un pour la sagesse : daignezm’accompagner dans mon voyage ; nous marcherons à petitesjournées, en riant, le long du chemin, des voyageurs qui ont vuRome et Paris ; – aucun obstacle ne pourra nous arrêter ;et, nous livrant gaiement à notre imagination, nous la suivronspartout où il lui plaira de nous conduire.
Chapitre 3

Il y a tant de personnes curieuses dans le monde ! – Jesuis persuadé qu’on voudrait savoir pourquoi mon voyage autour dema chambre a duré quarante-deux jours au lieu de quarante-trois, oude tout autre espace de temps ; mais comment l’apprendrais-jeau lecteur, puisque je l’ignore moi-même ? Tout ce que je puisassurer, c’est que, si l’ouvrage est trop long à son gré, il n’apas dépendu de moi de le rendre plus court ; toute vanité devoyageur à part, je me serais contenté d’un chapitre. J’étais, ilest vrai dans ma chambre, avec tout le plaisir et l’agrémentpossibles ; mais, hélas ! je n’étais pas le maître d’ensortir à ma volonté ; je crois même que sans l’entremise decertaines personnes puissantes qui s’intéressaient à moi, et pourlesquelles ma reconnaissance n’est pas éteinte, j’aurais eu tout letemps de mettre un in-folio au jour, tant les protecteursqui me faisaient voyager dans ma chambre étaient disposés en mafaveur !
Et cependant, lecteur raisonnable, voyez combien ces hommesavaient tort, et saisissez bien, si vous le pouvez, la logique queje vais vous exposer.
Est-il rien de plus naturel et de plus juste que de se couper lagorge avec quelqu’un qui vous marche sur le pied par inadvertance,ou bien qui laisse échapper quelque terme piquant dans un moment dedépit, dont votre imprudence est la cause, ou bien enfin qui a lemalheur de plaire à votre maîtresse ?
On va dans un pré, et là, comme Nicole faisait avec le BourgeoisGentilhomme, on essaye de tirer quarte lorsqu’il pare tierce ;et, pour que la vengeance soit sûre et complète, on lui présente sapoitrine découverte, et

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