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Une excursion à Noirmoutiers en 1871 , livre ebook

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Description

Si toute personne dont la profession côtoie le droit et la justice, connaît évidemment le nom d’Edouard Dalloz, ce n’est pas le cas, forcément, pour Noirmoutier. En 1871, fuyant le siège et la Commune de Paris, l’ancien député du Jura, se réfugie à Pornic, en Loire-Atlantique. De là, comme beaucoup d’autres Parisiens en tourisme « forcé », il décide de prendre part à une excursion en bateau vers l’île de Noirmoutier depuis Pornic.


Cette fantaisie humoristique (dixit son auteur), publiée en 1881, n’avait jamais été rééditée à ce jour. Voici donc un récit de voyage, à l’aube du tourisme à Noirmoutier ou Noirmoutiers (comme on avait pris l’habitude de l’écrire au XIXe siècle), bien symptomatique de son époque.


Edouard Dalloz (1826-1886), avocat, fut député du Jura sous le Second Empire. Après la guerre de 1870 contre la Prusse, il initiera ses célèbres éditions annotées des divers Codes (civil, pénal, de commerce, etc).

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 4
EAN13 9782824050614
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

isbn

Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition : © edr/ EDITION S des régionalismes ™ — 2012/2013
Editions des Régionalismes : 48B, rue de Gâte–Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.8240.0152.4 (papier)
ISBN 978.2.8240.5061.4 (numérique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.









édouard dalloz
UNE EXCURSION À NOIRMOUTIERS EN 1871
Esquisse à la plume et au crayon et à la chambre noire
ILLUSTRATIONS
de M. SCOTT







dédicace
À MON FRÈRE
MONSIEUR PAUL DALLOZ
Directeur du Moniteur universel et du Monde illustré.
Ed. D.- 1881
REMEMBER !



Mon cher Paul,
Poussé à la côte par les événements plus forts que les hommes, j’ai, dans une éclaircie après l’affreuse tourmente de 1870 et de 1871, jeté sur le papier ces quelques pages.
Je les ai écrites là où j’avais presque connu l’exil, et en pensant beaucoup à toi : il me semblait rencontrer comme une lointaine ressemblance entre cette inter-course de Pornic à Noirmoutiers qui m’a vu si impuissant à diriger, par une accalmie de neuf heures, une mauvaise barque sans bordage, et cette pérégrination si laborieuse sur ton cuirassé le Monitor, blindé contre un fatal destin par ta courageuse initiative, et que neuf mois durant, en dépit des vents les plus contraires, tu as su gouverner avec une rare énergie et conduire en personne de Paris à Tours, et de Bordeaux à Versailles.
Le sentiment de la responsabilité t’a fait enfanter, — sous la tente où je t’ai vu campé, — des prodiges d’activité et d’intelligence : sur toi reposait en effet, mon cher Directeur, l’avoir séculaire de plusieurs familles, la vie de chaque jour de plusieurs milliers d’individus. hommes, femmes et enfants.
Naviguant maintenant. — comme la Sorcière des eaux (1) sur la Seine et sur l’Oise, — dans un milieu relativement plus calme. puisses-tu, — en donnant, à bien des bras du travail et à tous, par ton exemple, ces enseignements sérieux qui mûrissent. — apprendre à se défendre à cette pauvre foule égarée qui a vu tomber presque insouciante, au lendemain d’un immense désastre, un gouvernement confirmé six semaines auparavant dans ses voies nouvelles par plus de sept millions de suffrages.
Puisses-tu par ton patriotisme, par un rappel incessant aux idées saines, aux principes qui sont de l’essence de toute société, réveiller l’esprit de conservation dans ce peuple dont le matérialisme va tuer l’âme, dans ce peuple qui se croit, en sa vaine gloriole, si fort au-dessus des autres, alors qu’en politique il ne sait que substituer l’esprit frondeur à l’esprit de conduite .
N’est-ce pas pitié en effet d’entendre soutenir en plein dix-neuvième siècle qu’il n’y a dans l’homme qu’ « une guenille » et que la civilisation doit conduire au néant, à la négation du libre arbitre, de la famille, de la propriété, de la religion. Ah ! c’est bien d’elle surtout, de la religion, que s’effrayent les consciences à manche large, car la morale est sa base : tous les cultes n’ont-ils pas visé à être l’expression du droit et du juste , de Confucius et Manou à Mahomet, de Moïse à Jésus-Christ ? Quels plus mortels ennemis dès lors que la morale, le culte et le prêtre ! Quel adversaire plus redoutable que la doctrine catholique, la plus pure de toutes !
Continue vaillamment l’œuvre que les Panckouke, nos ancêtres, ont fondée, il y a plus d’un siècle ! Entoure-toi, à côté de ces collaborateurs expérimentés qui du métier savent faire un art , d’esprits supérieurs, comme tu en comptes déjà quelques-uns autour de toi. Choisis avec discernement, et prends de préférence parmi ces têtes blanchies par les ans, spécialistes ou magistrats émérites, peseurs d’idées et de mots, hommes de scrupules et d’expérience, habitués à scruter le pourquoi des choses, à rédiger substantiellement, avec concision, les motifs de toute opinion émise. Quelle arme en effet, mon cher Paul, qu’une bonne raison. même contre la massue d’Hercule ou de Polyphême !
Demande à tes auxiliaires, avant d’avoir du talent aux dépens de la vérité, d’avoir cette qualité première qui a manqué à plus d’un avocat et d’un politique de nos jours, la conscience ! Attache-toi surtout, fuyant les complaisants, à faire de caractères sûrs et dévoués tes compagnons d’armes dans une mission toujours lourde et délicate, celle de donner partout accès à la lumière, ce grand moyen de défense sociale , en instruisant, en élevant les esprits. Sursum corda ! s’est exclamé si excellemment un jour M. Duruy, un grand-maître de l’Université, dans une mémorable discussion sur l’Enseignement supérieur.
Dans ce travail d’honnêtes gens qui tendra à unir à la valeur de l’homme, à son intelligence perspicace et primesautière, la force secrète de la voix qui parle au plus intime de nous-mêmes et le sentiment de la responsabilité de l’écrivain devant Dieu, plus d’un, parmi ceux qui te seconderont, verra s’ouvrir, sur une autre scène, un chemin à d’autres devoirs, à des mandats honorés, à des charges publiques : tous, vous y recueillerez à coup sûr la considération que donnent seuls le labeur opiniâtre. la volonté dans le bien, l’amour du vrai , fondement durable de la grandeur du pays !
En servant de guidon à qui te suivra dans cette voie, tu te montreras digne continuateur de celui dont le souvenir religieusement gardé t’inspire dans tes meilleures heures, qui fût pendant toute son existence le fervent apôtre du droit prenant naissance dans la morale, du droit, cette science des choses divines et humaines (2) qui est la première des sciences !
Elle est devant toi, vivante dans toute sa sérénité, l’image de celui-là qui fut notre père, le grand esprit de notre famille, de celui-là dont au Père-Lachaise les obus ont épargné la tombe à peine fermée, dont la mitraille a respecté le buste sacré, quand, dans ton cabinet de travail du quai Voltaire, tout tombait brisé autour de lui.
En lui, en cette image si ressemblante que nous a conservée le ciseau d’un ami (3) , c’est l’amour du droit , c’est l’idée du juste que tu dois voir... toujours debout te montrant le chemin.
La tradition est une force : puise à cette source !
Elle ne tarira pas.
Dans tes loisirs, — s’il t’en advient. — tu jetteras les yeux sur ces pages, expression de ma gratitude envers la vieille Armorique, qui nous fut hospitalière : en les lisant, tu te surprendras peut-être, — toi aussi. — à aimer cette terre bretonne, où tes lettres trop rares furent tant soupirées, qui abrita, dans les temps à jamais détestés du siège de Paris et de la guerre civile, ta mère déjà bien chargée d’années, des sœurs qui ont prié pour toi tous les jours, les tout petits, et celui-là qui te dédie ces lignes. devenu peut-être depuis ces temps calamiteux... un pensieroso !
ÉDOUARD DALLOZ.
1871.



(1) The seater-witch, yacht de plaisance appartenant à M. Paul Dalloz.

(2) Jurisprudentia est divinarum atque humanarum rerum notitia, justi atque injusti scientia.— Justiniani Institutionum, libri III(Amsterdami, ex officina Blaviorum, 1638.) — Ex-libris, D. Dalloz aîné.

(3) Le buste de M. Dalloz aîné est de M. Guichard — 1829.


CHAPITRE i er : À BORD DE L’EMMA !
N otre exil dans ce port microscopique, qu’on a si justement appelé Pornic, portus-nidus (port-nid, port abrité), touchait à sa fin : déjà de Paris quelques rares arrivants avaient rejoint leurs familles, les correspondances privées reprenaient leur cours, les ballons si impatiemment attendus pendant tant de mois se repliaient, et dans leurs postes aériens rentraient, comme des soldats après la campagne, les pigeons de Liège et de Monts, voyageurs bien vite oubliés pour d’

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