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Les Naufrageurs du Créach , livre ebook

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Description

Publié initialement en 1933, dans la collection de poche Printemps en deux fascicules, voici enfin une réédition de ce roman d’aventures qui se déroule sur Ouessant, et fait référence à un lieu symbolique de l’île, le Créac’h où, plus tard, pour éviter les naufrages à répétition, sera justement érigé un des plus grands phares de l’Atlantique.


« Attiré par la lueur trompeuse de feux allumés par des naufrageurs, le navire Belle France s’est brisé sur les rocs d’Ouessant. Seul le mousse Jean-Marie Le Goarec, amené vivant à la côte, est sauvé par la petite Césa avec l’aide de Gaël malgré Jobic, le père de Césa, qui tente en vain de s’opposer au sauvetage... » : Ainsi débute l’aventure, il n’y a plus qu’à se laisser aller et retrouver son âme d’enfant pour frissonner jubilatoirement à la lecture de ce surprenant et agréable roman populaire... et ouessantin !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 6
EAN13 9782824052830
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

isbn

Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition : © edr/ EDITION S des régionalismes ™ — 2015/2018/2020
Editions des Régionalismes : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.8240.0535.5 (papier)
ISBN 978.2.8240.5283.0 (numérique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.









AUTEUR

L. LIVERANI






TITRE

LES NAUFRAGEURS DU CRÉACH roman ouessantin











PREMIÈRE PARTIE
I. LES PILLEURS D’ÉPAVES
P ar un soir de septembre, sur un des points les plus sauvages d’Ouessant, deux hommes, quittant Niou-i-Zilla, leur village, vinrent longer le rivage et inspecter l’horizon.
Un vent violent poussait des nuages bas et lourds. Les flots, d’un gris terne tournant au noir, menaient un tapage d’enfer et jetaient à la côte des tourbillons d’écume et d’eau ; le ressac, sur les récifs, produisait un roulement continu, semblable à celui du tonnerre. Des sifflements, des plaintes hurlaient dans les rafales. Mais les deux hommes recevaient, sans broncher, l’assaut de la tempête.
— Bon temps pour nous ! dit l’un d’eux, haussant la voix pour dominer le tumulte.
— Oui, la mer travaille ! répliqua froidement Gaël, le moins âgé des promeneurs.
C’était un jeune homme d’environ dix-neuf ans, à la haute stature, aux traits réguliers, aux yeux bleus contrastant avec une noire chevelure abondante et bouclée. Sous de mauvais habits, il gardait une allure souple et dégagée. Ses attitudes ne manquaient pas de noblesse et se faisaient volontiers impérieuses et hautaines.
Le regard d’aigle de Gaël scruta le lointain et sembla vouloir percer le secret du large... Son compagnon hocha un front chenu, et son visage ridé, à demi enfoui sous les flots d’une barbe blanche, s’anima tandis qu’il reprenait :
— N’a-t-on pas, ce tantôt, ouï le canon d’alarme ?
— Sans aucun doute, on l’a entendu ! Quelque navire en détresse...
— Il faudra, dès la nuit venue, préparer les feux ! Où est Jobic ?
— Jobic est là ! dit une voix grinçante. Iffic l’ancien n’a qu’à baisser les yeux. Si Gaël n’accaparait pas toute son attention, il le verrait, Jobic ! Je serai prêt ce soir !
Entre les deux hommes, un troisième personnage venait, en effet, de surgir. Déjà d’âge mûr, petit, bossu et claudicant, rappelant un de ces arbres rabougris, torturés par l’âpre vent marin, Jobic frappait surtout par l’expression de ruse de son visage et la lueur cruelle de ses yeux jaunâtres...
À ce physique antipathique correspondait le moral : haineux, jaloux, rusé, rampant devant plus fort que lui, impitoyable à plus faible, tel était Jobic.
Dans le misérable village, s’il est permis d’appeler de ce nom quelques maisons bâties au creux d’un repli de la côte, Jobic habitait, avec sa femme Jannik, la plus pauvre des masures. Et les sillons, au sol à peine gratté par les soins débiles de Jannik, et qui s’étendaient devant la demeure du couple, produisaient à grand-peine les pommes de terre, les légumes si mal venus que c’était une pitié de voir si peu récompensés les efforts de la femme qui, seule, assumait la tâche de les cultiver.
Avec l’homme, paresseux et brutal, avec la femme, dolente et résignée, vivait leur unique enfant, Césa, jolie fillette de treize ans, au visage triste. Pour l’instant, elle courait, pieds nus, sur le granit du rivage, aux côtés de son père.
Césa ne se sentait heureuse que près de l’épouse d’Iffic l’ancien, Naïk, plus vieille et plus cassée que son mari, car elle devait, de sa main, soutenir sa tête, tant elle branlait !
Assise sur une pierre, dehors, au soleil, l’été, ou bien près de l’âtre où se consumaient les glebs (sorte de tourbe du pays), l’hiver, Naïk contait à l’enfant de merveilleuses légendes. Parfois, de sa voix fêlée, au timbre demeuré harmonieux, elle chantait des sones si mélancoliques qu’ils faisaient monter les larmes aux yeux de la petite fille sensible et vibrante.
Naïk ne se contentait pas d’évoquer, en ses récits, les fées korriganes et les génies de la mer. Bribes par bribes, Césa recevait d’elle l’enseignement de bonté, de pitié, de résignation... Elle apprenait à joindre les mains, à prier...
Si Césa trouvait refuge au foyer d’Iffic l’ancien, elle trouvait aussi, près de son autre voisin Gaël, aide et protection. Car elle était souvent battue par son père, la pauvrette ! Le jeune homme s’interposait et, de force, retenait la main brutale du bossu. Orphelin depuis de longues années, il vivait seul dans sa maison, mieux réparée que les autres... Ce fut lui qui enseigna l’art de nouer les mailles d’un filet à la fillette attentive. Il lui apprit à trouver, sur la grève, les meilleurs coquillages et même à diriger, par temps calme, une barque légère.
Reconnaissante, Césa tentait de rendre à ses bienfaiteurs de menus services : pour la vieille Naïk, désormais inapte à toute besogne, elle filait la laine, elle amassait les algues dont seraient amendés les maigres sillons.
Pour Gaël, qu’elle considérait comme un grand frère, elle eût accompli n’importe quelle tâche ! Et pour elle, le jeune homme adoucissait son caractère un peu rude et emporté.
Jobic détestait Gaël qui possédait force et beauté, Gaël, dont l’âme fière se montrait inaccessible à certains sentiments bas et se fût facilement inclinée vers la bonté. Le bossu jalousait celui qu’Iffic l’ancien considérait avec complaisance en disant :
— Gaël sera chef ! Puisque mes fils sont morts, c’est à lui que reviendra mon héritage ! Après moi, il commandera !
De sa voix tremblante, Naïk ajoutait :
— Ce sera justice. ! Gaël fera de grandes choses ! Ses destinées différeront des nôtres !
Jobic grinçait des dents ! cette succession d’Iffic l’ancien ne devait-elle pas lui revenir, à lui, Jobic ? Par droit d’âge, d’abord ! Ensuite, ne suppléait-il pas, par l’astuce et la ruse, à la force qui lui faisait défaut ?
Maintes fois, sa haine tenta de se manifester par des actes hostiles. Gaël le mit sans peine à la raison, car le bossu redoutait l’impérieuse violence du jeune Celte, dont il connaissait les redoutables colères. À ces instants, l’infirme se dérobait...
Rongeant son frein, il grondait entre ses dents :
— Jobic aura son tour ! Je me vengerai !
Pourtant, il affectait de ne pas s’apercevoir de la protectrice affection de Gaël pour Césa. Son cerveau tortueux, méditant des projets de vengeance, prévoyait que sa fille lui servirait inconsciemment d’instrument en son œuvre de haine.
À l’amère réplique de Jobic, l’ancien haussa les épaules :
— Tu seras donc toujours le même ! grommela-t-il. Le vent seul m’empêcha d’entendre ton approche ! Les torches sont prêtes ?
— Elles le sont ! Dès la nuit venue — belle nuit qui se prépare ! — tu les verras ! Jobic connaît son affaire !
Sinistre besogne que la sienne ! Les trois personnages étaient, comme tous les habitants du village, des pilleurs d’épaves. Ils s’enrichissaient des débris que la mer apportait au rivage et les tempêtes se faisaient leurs pourvoyeuses : en ce coin d’Océan, parsemé de récifs, d’îlots dans le courant de foudre du Fromveur, les moissons étaient fréquentes et fructueuses...
Pas encore assez, à leur gré : aux éléments déchaînés, ils joignaient leurs efforts pour amener les navires à leur perte... Et, malgré les exhortations de Naïk, ils aidaient aux naufrages... Iffic tenta de lutter contre l’odieuse coutume et finit par s’y conformer comme les autres.
Trop pauvres pour imiter les indigènes de certains villages qui, par les soirs d’ouragan, lâchaient une vache portant aux cornes un fagot enflammé, ils savaient y suppléer : Jobic se chargeait de ces signaux trompeurs, dont la lueur régulièrement agitée semblait le feu d’un bâtiment ancré dans une baie tranquille. Abusés par cet artifice, les pilotes mettaient la barre sur ce havre et tentaient d’y trouver refuge contre la tempête : le navire venait se briser avec, fracas sur les récifs !
Alors, sur le rivage, les naufrageurs allumaient de grands brasiers. Dans l’aveuglant flamboiement, ils se livraient à la pêche des épaves : caisses, barils, planches, pauvres hardes ou riches dépouilles, tout étai

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