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Le négrier de Zanzibar , livre ebook

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Description

Le deuxième volume des aventures de Louis Garneray, après Voyages, aventures et combats, et qui précède Mes pontons. Un ouvrage dont le titre est trompeur, car on pourrait penser que l'action se déroule essentiellement sur un bateau négrier, alors qu'en fait, notre héros raconte une longue page de son histoire personnelle, remplie d'aventure comme dans le volume précédent.Garneray a quitté Surcouf, et veut rentrer en France. Il cherche un bateau pour l'emmener à l'Ile Bourbon. Lieutenant sur la Petite-Caroline, son navire est attaqué par des pirates. L'équipage sort vainqueur du combat, mais le bateau est détruit.Il profite de l'occasion qui se présente pour partir avec la Doris. Une fois à bord, il comprend qu'il s'agit d'un négrier, ce qui le pousse à refuser tout salaire. Et là encore, il doit combattre quelques autochtones, puis faire face à une révolte des esclaves noirs embarqués.Il fait naufrage, se retrouve avec quelques marins sur une île, où il doit faire face aux bêtes sauvages... Sauvés par un navire français, il repart sur un autre bateau, espérant atteindre la France.Mais la guerre avec l'Angleterre a repris. Il est nommé capitaine, et son escadre se fait prendre par des navires anglais. Prisonnier, il part pour 9 ans de captivité sur les pontons anglais.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2023
Nombre de lectures 2
EAN13 9782368781159
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le négrier de Zanzibar
Louis Garneray
ISBN : 978-2-36878-115-9
Du même auteur, en livre numérique : Voyages, aventures et combats Mes pontons
© Les ÉditionsBlanche de Peuterey pour la version numérique. Visitez notre site web etabonnez-vous à notre newslettre pour être informé des nouveautés.
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Chapitre 1

Réflexionsspéculatives - Mon embarquement sur la Petite-Caroline, capitaine Lafitte
Le Victory -Dispute - Les caïmans - Voyage au nord de l’Afrique et à la côte de Malabar - Conspiration- Attaque de pirates, perte de la Petite-Caroline
Le Victory -Désastre - Voyage à Calcutta sur le Caton - Retour à l’île de la Réunion
Depuis mon départ de France etmon embarquement sur la Forte , je n’avais pour ainsi dire pas mis pied àterre. Je résolus donc, dès que j’eus touché mes parts de prise du Kent, qui mepermettaient de vivre à mon aise, de prendre un peu de repos.
Toutefois, de l’année 1801 à1802, laps de temps que je m’étais désigné pour jouir en paix du fruit de mesdangers et de mes fatigues, j’entrepris un petit voyage à Madagascar. J’auraisbien voulu m’intéresser, ainsi que me l’avait conseillé Surcouf en me quittant,dans quelque entreprise commerciale et maritime ; mais les croisièresanglaises qui bloquaient presque constamment la colonie rendaient ces sortesd’affaires si incertaines et si chanceuses, que je n’osai m’y mêler.
En 1802, la nouvelle du traitéd’Amiens arriva dans la colonie et ranima un peu les affaires. On arma quelquesnavires pour l’Inde.
Mes connaissances maritimes, car je pouvais alors construire et conduire un bâtiment, unies auxnombreuses amitiés que j’avais formées à Maurice, me donnaient presquel’assurance de trouver un emploi à bord de l’un de ces navires ; maisdésirant ne plus m’embarquer dans une position secondaire, j’hésitais àaccepter les conditions que l’on m’offrait, lorsque je fis la connaissance ducapitaine Lafitte, Commandant le brick la Petite-Caroline . Ce capitaine,fort honnête homme, mais assez insignifiant sous tous les rapports, me proposaun intérêt dans l’armement de son navire avec le grade de lieutenant, et meprésenta à ses armateurs.
J’étais jeune, confiant dansl’avenir, impatient de sortir de mon oisiveté, et mes pourparlers avec cesmessieurs ne furent pas longs : je leur remis, en ma qualité d’associé pourl’expédition, tout ce qui me restait de mes parts de prise du Kent, et tout futdit.
La spéculation que devait tenterla Petite-Caroline était tout bonnement un voyage de caravane, c’étaitle terme consacré. On donnait alors ce nom à un type d’expédition quiconsistait à transporter des cargaisons de port en port et à revenir enrapportant la dernière de celles-ci à l’île de France.
Le brick la Petite-Caroline me plaisait assez : il était fin voilier, jaugeait 250 tonneaux, portaitquatre caronades en bronze, avait une dunette élevée de deux pieds et demiau-dessus du tillac, et plongeait de trois pieds et demi dans la cale. Sonéquipage se composait de vingt-six hommes y compris le mousse. Je me rappelleencore aujourd’hui, la traversée que je fis sur ce navire étant une de ceschoses que l’on n’oublie jamais, toutes les personnes qui se trouvaient à monbord.
Après le capitaine Lafitte, dontj’ai déjà parlé, venait M. Pornic, un Morlaisien qui remplissait l’emploi desecond ; après c’était moi, en qualité de lieutenant ; notre docteur,un Libournais, se nommait Duprat ; notre maître d’équipage, un Bordelais,Duval ; notre second maître, Marec ; le charpentier, Martin, et levoilier, Magloire : ce dernier était natif de l’île de France.
Notre équipage, plus nombreuxqu’il ne fallait pour la manœuvre, avait été renforcé, parce que nous n’étionspas sans crainte au sujet des pirates indiens si communs dans les parages quenous devions parcourir ; la même raison nous avait fait monter nos quatrecaronades en bronze.
Du reste, cet équipage, recruté àla hâte, ne me plut que fort médiocrement lorsque je le vis pour la premièrefois, au bureau de la marine, deux jours avant notre départ.
Il présentait un tout hétérogèneassez curieux. Il se composait de trois Provençaux, les nommés Roustant,Caderousse et Reboul, de deux Malouins, frères jumeaux d’une granderessemblance entre eux, Bastien et Benoît Marceau ; d’Avriot et Guide, lepremier un Lorientais, le second un Bordelais, tous les deux anciens matelotsde Surcouf, et avec lesquels j’avais fait la dernière croisière de la Confiance .Avriot, si le lecteur ne l’a pas oublié, était celui qui avait tué avec unegrenade le capitaine Rivington, du Kent. 1 Enfin un Brestois, Yvon ; un Gresillon, Morvan ; un Bayonnais,Cruchague ; un Malais et un Maltais, Kidou et Cortichate ; Antonio deMacao, Malari de Gênes, et José Selario, Espagnol, complétaient notrematelotage.
Pour novices, nous avions unmulâtre nommé Labourdonnais, de l’île Bourbon, fort adroit tireur au fusil, etMichaud, un Havrais.
Notre mousse, vrai singe, rusé etmalin, était de l’île de France ; on l’appelait Dauby, et par abréviationBibi.
En quittant le Port-Maurice, nousnous dirigeâmes, avec un beau temps, vers la mer Rouge.
Notre première relâche fut auxSeychelles, où nous nous arrêtâmes quelques jours pour prendre de l’eau etrenouveler nos vivres.
Pendant notre séjour sur la radearriva, peu après nous, la corvette de guerre anglaise the Victory ,montant vingt caronades et deux canons,commandée par le capitaine Colliers. Ce navire était le même, le lecteur peuts’en souvenir, qui nous avait rendu notre ambassade à Bombetoc si difficile.
Le gouverneur général, M. deQuincy, nous ayant invité, le capitaine Lafitte et moi, à dîner, nous trouvâmesà sa table le commandant anglais de cette corvette ; quoique la paixrégnât alors entre la France et les îles Britanniques, nous étions néanmoinsdepuis si longtemps habitués à nous considérer en ennemis que nous donnâmes,sans nous en douter, un tour hostile à la conversation.
M. Lafitte reprocha bientôt aucommandant anglais d’avoir violé les lois de la guerre en s’emparant quelquesannées auparavant, sur cette même rade où nous nous trouvions alors, du brickla Flèche, malgré les stipulations parlementaires conclues entre la France etl’Angleterre, qui reconnaissaient l’Archipel comme pays neutre.
Le capitaine Colliers réponditavec vivacité qu’il n’avait agi ainsi que parce que son gouvernement l’avaitprévenu que les Français étaient autorisés par le leur à ne pas tenir compte,le cas d’une riche capture échéant, de cette convention ; que, du reste,depuis lors M. Le Même, le capitaine du corsaire français l’ Uni , s’étaitemparé dans ces mêmes parages d’un corsaire anglais.
— Et il a eu raison !s’écria M. Lafitte avec feu.
— Pourquoi cela, jevous prie, monsieur ? demanda l’Anglais en se pinçant les lèvres.
— Parce qu’en tempsde guerre les représailles deviennent un devoir.
— Peut-êtreconfondez-vous représailles et trahison ?...
— Capitaine !s’écria M. Lafitte, qui pâlit de colère à cette réponse et se leva d’un airmenaçant.
La conversation, montée à cediapason, eût incontestablement abouti à un duel sans l’intervention du gouverneur,M. de Quincy, qui s’empressa d’interposer son âge et son autorité entre lesdeux capitaines et finit par les amener àune complète réconciliation ; car après tout, le motif de leur discussionn’était pas assez sérieux pour motiver un combat.
— Capitaine Lafitte,dit en souriant le commandant du Victory deux heures plus tard, croyezque si pendant votre voyage de caravane vous avez besoin de moi, notre grandedispute ne m’empêchera pas de me mettre à vos ordres.
— Je vous remercie,capitaine, mais mon brick est fin voilier, mon équipage se compose de vingt-sixhommes, et la Petite-Caroline monte quatre canons. Je ne vous suis pasmoins reconnaissant de votre offre bienveillante, mais je crois qu’en temps depaix, avec de tels éléments de résistance, je me trouve plus qu’en état depouvoir répondre aux attaques des misérables pirates indiens de l’Archipel...
— On ne sait pas,capitaine !... Les hasards de la mer sont si grands !...
Le fait est que ni M. Lafitte nimoi ne nous doutions en ce moment du rôle immense que devait jouer le Victory dans notre voyage.
Le lendemain de ce dîner j’étaisoccupé à surveiller l’embarquement de nos barriques d’eau, lorsqu’un des nègresque nous avions pris pour nous aider dans ce travail poussa un criretentissant, et abandonnant les bords de la petite rivière où il était occupéà remplir nos futailles, accourut vers nous de toutes ses forces.
— Qu’as-tu donc ?lui demandai-je.
— Oh !ce n’est rien, maître, me répondit-il. C’est un caïman qui voudrait déjeuner demon corps... Tenez, le voyez-vous qui se dirige ici !...
En effet, j’aperçus aussitôt, àenviron cent pas de nous, un caïman de moyenne taille qui s’avançait d’un airfort résolu.
— Est-ceque les caïmans attaquent parfois les hommes ? demandai-je au nègre touten armant mon fusil.
— Jecrois bien, maître... surtout lorsqu’ils ont déjà mangéde la chair humaine... Alors ils deviennent d’une gloutonnerieincroyable ! Mais je perds ici mon temps à causer au lieu de lui donner lachasse...
— Mais tu n’as pasd’armes sur toi, malheureux...
— Oh !je n’en ai pas besoin... Venez-vous, vous autres ? continua le nègre ens’adressant à plusieurs de ses compagnons.
Ceux-ci le suivirent avecempressement.
J’étais, je l’avoue, ému etintrigué tout à la fois.
Le nègre, à mon grand étonnement,prit sa course vers le caïman qui, ravi de cette attention qui lui épargnaitla moitié du chemin, redoubla de vitesse pour atteindre son déjeuner. Seulementle déjeuner, ou, si l’on aime mieux, le nègre, arrivé à quelques pas dumonstre, ne poussa pas plus loin la complaisance ; au contraire, tournantaussitôt les talons, il prit la fuite devant son ennemi.
Le caïman, qui s’avançait pleinde confiance, parut indigné de ce procédé et se mit à poursuivre vivementl’Africain que je m’attendais à chaque instant à voir dévoré. Pressé de près,ce dernier prit bientôt son élan et grimpa, ave

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