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L'Empire chinois (livre Ier) , livre ebook

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Description

Faisant suite à son « Voyage dans la Tartarie et le Thibet », « l’Empire chinois » relate les aventures du père Huc dans son périple de retour — sous escorte armée — à travers la Chine du milieu du XIXe siècle.


Dans un style volontiers alerte et minutieux, le père Huc nous dépeint les contrées qu’il traverse, les mœurs et les coutumes de leurs habitants, la vie quotidienne des Chinois de toutes conditions...


Toujours précis, parfois prémonitoire dans ses commentaires, cet ouvrage, “best-seller” au XIXe siècle, reste un des récits de voyage sur l’Extrême-Orient parmi les plus captivants qui soient avec le « 16.000 lieues à travers l’Asie & l’Océanie » d’Henry Russell-Killough.


Régis-Evariste Huc, né à Caylus (Tarn-&-Garonne) en 1813, moine missionnaire en 1837, fait ses premiers pas en Chine dès 1840. Il va sillonner la Chine, la Mongolie et le Tibet jusqu’en 1852. Il meurt à Paris en 1860.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782366345735
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Même auteur, même éditeur










ISBN

Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition : © PRNG EDITION S — 2002/2009/2011/2016/2018
PRNG Editions (Librairie des Régionalismes) :
48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.36634.095.2 (papier)
ISBN 978.2.36634.573.5 (numérique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.


AUTEUR
PÈre evariste huc ancien missionnaire apostolique en Chine







TITRE
L’empire chinois souvenirs d’un voyage en Chine livre I er




Nul lieu n’est impénétrable pour quiconque
est animé d’une foi sincère.
( Voyages de Fa-hien dans les royaumes bouddhiques .)
PRÉFACE
L orsque nous retracions les souvenirs de nos pérégrinations dans la Tartarie et le Thibet, nous fûmes contraint d’interrompre notre récit aux frontières de l’empire chinois. Cependant nous manifestions, dans un post-scriptum, la volonté de compléter un jour le travail que les circonstances nous forçaient de laisser inachevé. Nous disions, en effet, « qu’il nous resterait encore à parler de nos relations avec les tribunaux et les mandarins chinois, à jeter un coup d’œil sur les provinces que nous avions parcourues, et à les comparer avec celles que nous avions eu occasion de visiter durant nos voyages antérieurs dans le céleste empire. Cette lacune, ajoutions-nous, nous essayerons de la remplir durant les heures de délassement que nous pourrons trouver au milieu des travaux du saint ministère... » (1) .
L’occasion nous a semblé des plus favorables pour accomplir ce dessein, et, à défaut d’autre mérite, nos observations sur les Chinois auront, au moins, un caractère d’actualité, puisque nous les livrons au public au moment où la situation politique de ce grand peuple excite l’attention et l’intérêt de tous les esprits. Voilà, en effet, que cet empire immense, qui, depuis tant d’années, semblait se complaire dans une profonde indifférence politique, et que les manifestations belliqueuses de l’Angleterre avaient à peine ému, voilà que ce colosse a été brusquement ébranlé sur ses vieilles bases par une de ces commotions terribles qui passent rarement sans altérer les formes anciennes, et qui laissent après elles quelquefois des institutions meilleures, toujours des cadavres et des ruines.
Si les causes premières de l’insurrection chinoise sont à peu près complètement ignorées en Europe, on connaît, du moins généralement, ses causes occasionnelles. C’est d’abord un trait isolé de brigandage ; puis la réunion de quelques scélérats cherchant à résister à la répression des mandarins. On voit bientôt surgir une petite armée, recrutée dans la lie des populations, et qui peut donner de sérieuses inquiétudes au vice-roi de la province de Kouang-si... Enfin le vulgaire capitaine de voleurs, devenu hier chef de bande, se proclame généralissime, fait intervenir la politique et la religion dans sa révolte, appelle à lui les sociétés secrètes qui pullulent dans l’empire, se déclare le restaurateur de la nationalité chinoise contre l’usurpation de la race tartare mandchoue, prend le titre d’empereur, sous le nom fastueux de Tien-te, « Vertu céleste », se dit frère cadet de Jésus-Christ... et c’est ainsi qu’un empire de trois cents millions d’hommes est mis à deux doigts de sa perte, et menacé d’une dissolution prochaine.
On s’étonnera peut-être qu’une petite rébellion de bandits ait pu grandir ainsi peu à peu au point de devenir formidable ; et de revêtir un caractère en quelque sorte national ; mais, pour qui connaît la Chine et son histoire, il n’y a là rien de bien surprenant. Ce pays a toujours été la terre classique des révolutions, et ses annales ne sont que le récit d’une longue suite de commotions populaires et de bouleversements politiques. Dans une période de temps donné, depuis l’an 420, entrée des Francs dans les Gaules, jusqu’en 1644, où Louis XIV monta sur le trône de France, et où les Tartares s’établissaient à Péking, dans cette période de douze cent vingt-quatre ans, la Chine a eu quinze changements de dynastie, et tous accompagnés d’effroyables guerres civiles.
Depuis l’envahissement de la Chine, en 1644, par la race tartare mandchoue, la nation paraissait, il est vrai, tout à fait indifférente à la situation politique du pays. L’amour du lucre et des jouissances matérielles semblait l’absorber exclusivement. Il y avait cependant, au milieu de ce peuple sceptique et cupide, un germe puissant et vivace, que le gouvernement tartare ne put jamais extirper. L’empire était couvert de sociétés secrètes dont les affiliés voyaient avec impatience la domination mandchoue et nourrissaient l’idée d’un renversement de dynastie pour arriver à un gouvernement national. Ces innombrables conspirateurs étaient tous des hommes prêts pour la lutte, déterminés à appuyer toute révolte, d’où qu’en vint le signal, qu’elle fût l’œuvre d’un vice-roi mécontent ou d’un voleur de grand chemin. D’un autre côté, les agents du gouvernement ne contribuaient pas peu, par leur conduite envers le peuple, à provoquer le déchaînement de la tempête. Leurs exactions inouïes avaient comblé la mesure, et un grand nombre de Chinois, poussés les uns par l’indignation, les autres par la misère et le désespoir, sont allés grossir les bataillons insurgés, croyant trouver là une chance d’amélioration, certains qu’ils étaient de ne pouvoir être pressurés davantage sous un nouveau gouvernement, quelque mauvais qu’il fût d’ailleurs.
Il ne serait peut-être pas impossible qu’une autre cause, peu apparente, il est vrai, mais pleine d’énergie, ait eu aussi quelque influence sur l’explosion de l’insurrection chinoise : nous voulons parler de l’infiltration latente des idées européennes, vulgarisées dans les ports libres et sur la côte par le commerce des nations occidentales, et apportées au cœur même de l’empire et dans les provinces les plus reculées par les missionnaires. La foule, sans doute, se soucie fort peu de ce que peuvent faire ou penser les Européens, dont elle soupçonne à peine l’existence ; cependant les gens instruits, les lettrés se préoccupent beaucoup, depuis quelque temps, des peuples étrangers, et cultivent avec succès la géographie. Souvent, dans nos voyages, nous avons eu occasion de rencontrer des mandarins qui avaient sur les choses de l’Europe des notions assez exactes. Ce sont ces savants qui donnent le ton à l’opinion et figent le cours des idées, de sorte que le vulgaire peut parfaitement suivre l’impulsion d’une idée européenne, sans savoir même ce que c’est que l’Europe.
Un des aspects les plus remarquables de l’insurrection, c’est le caractère religieux que ses chefs ont voulu lui imprimer presque dès l’origine. Il n’est personne qui n’ait été frappé des doctrines nouvelles dont sont remplis les proclamations et les manifestes du prétendant et de ses généraux. L’unité de Dieu a été formulée nettement ; et puis, autour de ce dogme fondamental, sont venues, se grouper une foule de notions empruntées de l’Ancien et du Nouveau Testament. On a déclaré la guerre presque en même temps et à l’idolâtrie et à la dynastie tartare ; car, après avoir battu les troupes impériales et renversé l’autorité des mandarins, les insurgés ne manquaient jamais de détruire les pagodes et de massacrer les bonzes.
Dès que ces faits sont parvenus à la connaissance de l’Europe, on s’est hâté d’annoncer de toutes parts que la nation chinoise allait enfin se décider à embrasser le christianisme, et la société biblique a cru devoir revendiquer aussitôt le mérite et la gloire de cette merveilleuse conversion. D’abord nous ne croyons nullement au prétendu christianisme des insurgés ; les sentiments religieux et mystiques qu’on trouve dans leurs

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