Mémoire rouge , livre ebook

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À la lecture du testament de celle qu’il pensait être sa mère, Jean Daubert découvre avec stupéfaction sa véritable filiation. Il décide de se rendre dans le village de ses origines.


Mais le jour de son arrivée, un meurtre est commis.


Magistrat de profession, il se retrouve alors entraîné dans l’enquête.


Un deuxième meurtre est perpétré et la « Mémoire rouge » du village se dévoile, sans aucune pitié pour ceux qui pensaient se l’être appropriée.

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Publié par

Date de parution

12 juin 2023

Nombre de lectures

1

EAN13

9782383515357

Langue

Français

Couverture
 
 
 
 
 
 
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Dédicace
En mémoire du Theuil…
Exergue
« Comprendre, et ne pas juger. »
Georges Simenon
CHAPITRE I er
La nuit était chaude, électrique.
Un orage sec sévissait au loin et semblait se rapprocher. Toutefois, personne ne savait s’il allait venir ici, sur le village.
Les lueurs fugitives des éclairs éclataient à l’horizon, le tonnerre ne grondait pas.
La nuit était silencieuse, presque inquiétante.
Que pouvait-il se passer ? Pleuvait-il au moins là-bas ?
La bourgade baignait dans une obscurité diffuse car il y avait peu de lampadaires. Le maire, économe, avait limité leur installation. Cela ne changeait pas grand-chose. La nuit, dans les campagnes, peu de gens sortent. Chacun reste chez soi.
Il ne devait pas être loin de minuit, tous les volets étaient fermés. Seuls les rais de lumière fusant des embrasures imprimaient aux lieux un semblant de vie.
Pourtant, un regard attentionné sur la place de l’église permettait d’y déceler une activité. Elle se trouvait dans l’unique café au nom passe-partout « Chez soi ».
Il était situé en contrebas de l’église, au coin de la route principale qui coupait la commune en deux.
Il avait été construit sur une vieille bâtisse d’un étage. Au rez-de-chaussée, après avoir franchi l’entrée principale, se tenaient le bar et la salle de restaurant. Dans une pièce attenante, légèrement surélevée, avaient été installés les jeux électroniques. Ces derniers étaient visibles de l’extérieur car le mur avait été remplacé par une immense baie vitrée.
C’était presque incongru dans ces lieux que le temps moderne n’osait pas rattraper.
À l’étage se trouvaient les appartements des cafetiers et trois chambres d’hôtel, pratiquement inusitées.
Le bourg n’était pas situé dans une région touristique. Il était perdu au milieu d’une terre que les gens du coin travaillaient pour essayer d’en vivre.
Le « Chez soi » était tenu par des jeunes du pays, de ces rares qui refusent d’aller éprouver les mirages de la ville. C’était un couple d’une vingtaine d’années dont l’ambition était de maintenir une vie sociale.
Ils avaient donc décidé de ne jamais fermer les portes du bar avant minuit, même si aucun client ne se présentait.
Heureusement qu’il y avait le billard pour les occuper dans les longues et fréquentes soirées où ils étaient seuls.
Ce soir-là, il n’y avait qu’Axel au comptoir. « L’idiot du village » car il en faut toujours un.
Il vivait dans l’ancienne ferme familiale qui avait périclité. Elle était située en haut de la route principale, à la sortie du bourg et près du cimetière. Au-delà, il n’y avait plus que les champs et les bois.
Les parents d’Axel étaient morts depuis longtemps et, de leur vivant, ne s’étaient jamais vraiment occupés de lui. Les vieilles mauvaises langues du coin disaient qu’il n’était peut-être pas le fils de ceux que l’on croyait.
Pour fuir ses parents, voyager, Axel s’était engagé dans la Légion. Il en était revenu le cerveau encore plus ramolli. Depuis son retour, il vivait de ses bras qu’il louait aux agriculteurs de la région et des menus services qu’il rendait aux villageois. Travaillant beaucoup sans rien dire et demandant peu d’argent, il était très apprécié. Par contrat tacite avec les cafetiers et en échange de son aide les jours de livraison ou de grande affluence, Thierry et Valérie le servaient gratuitement au bar, tout en veillant à ce qu’il ne dépasse pas la mesure.
Il était sans âge, sans avis sur rien et le village l’aimait bien pour cela.
Accoudé sur le comptoir comme à son habitude devant un verre de bière, Axel regardait les patrons faire leur partie de billard. Lui ne jouait pas ou, plus exactement, ne jouait plus. Ces derniers le lui avaient interdit depuis qu’il avait déchiré plusieurs tapis en jouant maladroitement.
Il sentit soudainement la fatigue l’envahir et décida d’aller se coucher. Il prit congé sur un bonsoir laconique. Plongés dans leur partie, les patrons ne l’entendirent pas s’en aller. Axel n’existait que lorsque l’on avait besoin de lui.
Il longea la place du village en empruntant le trottoir de la route principale. Sur sa droite, se profilait la masse imposante de l’horrible église qui avait été construite au siècle précédent. Les murs étaient plats, sans aucune saillie architecturale. À peine un vulgaire clocher lui donnait son identité. Le curé habitait la ville et ne venait ici que le dimanche matin pour célébrer la messe. Les rares villageois qui éprouvaient encore le besoin de se confesser devaient aller dans un bourg plus important à près d’une dizaine de kilomètres.
Au pied de l’église, sur sa gauche, se trouvait une petite bâtisse qui faisait office de mairie. Elle n’était ouverte que par demi-journée. M me Irène, une vieille fille d’une cinquantaine d’années, s’occupait de l’administration communale avec une dévotion sans pareil.
À dire vrai, c’était sa seule raison de vivre. Pour les questions importantes, on allait directement voir « Monsieur le maire » à sa minoterie qui se trouvait en haut du village, juste en face du cimetière. Il passait rarement à la mairie et préférait recevoir dans son bureau pour mieux montrer que la survie de la commune était assurée par sa seule entreprise.
Ce qui était presque vrai d’ailleurs. La minoterie procurait une bonne dizaine d’emplois dans le village et évitait à ce dernier de devenir un bourg-dortoir pour ceux qui vont travailler en ville.
Ces questions ne préoccupaient pas Axel. Après avoir dépassé la place de l’église, il leva le regard sur le clocher qu’un éclair venait d’illuminer. L’orage semblait se rapprocher. Axel pensa alors aux bêtes des fermes avoisinantes. Ce n’était pas un temps pour elles, juste bon à les rendre nerveuses.
Il longeait maintenant le mur du cimetière, lorsqu’une grosse goutte d’eau tomba sur sa tête. De l’eau presque chaude, orageuse. Puis sans prévenir, un véritable déluge s’abattit sur lui. Axel se réfugia près de la grille du cimetière. Elle était encadrée par deux colonnes de pierre en saillie sur la partie supérieure qui offraient une protection illusoire contre la pluie.
Bien qu’il ne soit pas loin de la ferme, Axel décida de fumer une cigarette pour laisser passer le gros du déluge. Il tirait dessus lorsqu’il remarqua une voiture garée sur le petit parking de la minoterie et se fit la réflexion que ce n’était pas celle du maire qui restait parfois tard dans son bureau pour travailler. Axel allait déjà penser à autre chose lorsqu’il entendit grincer la grille du cimetière. Il se retourna et vit un inconnu imposant, vêtu d’un imperméable et coiffé d’un chapeau aux larges bords qui dissimulaient son visage.
Quelques instants, les deux hommes restèrent figés par la surprise. Puis l’inconnu avança soudainement et bouscula violemment Axel de l’épaule pour se diriger vers la voiture. Axel en laissa tomber son mégot, resta quelques instants interdit puis vit cette dernière démarrer puissamment. Il ne put distinguer la plaque d’immatriculation car la pluie gênait sa vue, mais il était certain que le véhicule n’était pas du coin. Il connaissait toutes les voitures de la région. La pluie cessa subitement et Axel reprit son chemin vers la ferme. Il oublia rapidement l’incident et s’endormit paisiblement. Demain, une dure journée l’attendait. C’était un jour de livraison au « Chez soi » et Thierry et Valérie avaient besoin de ses services.
CHAPITRE II
Pas une goutte de pluie n’était retombée dans la nuit et, au matin, le ciel était d’un bleu parfait sans un seul nuage.
Axel s’était levé tôt. Il devait s’occuper de son poulailler avant de rejoindre le « Chez soi ». Pas un seul instant, il pensa à l’incident de la veille qui était pourtant inscrit dans sa mémoire.
Valérie ouvrait les portes lorsqu’il arriva devant le café. Il devait être près de huit heures. La patronne était petite, les jambes bien plantées sur le sol et un nez en trompette qui lui donnait un air malin. Elle respirait le garçon manqué et plaisait beaucoup aux gars du coin, quel que soit leur âge. Elle était mariée avec Thierry, un colosse, et il n’était pas question de lui faire une cour ouverte et assidue. Les rapprochements se limitaient à l’avoir pour partenaire pour une partie de billard. De plus, c’était la meilleure dans la région à ce jeu et jouer avec elle, c’était gagner.
Valérie avait la particularité de toujours tutoyer ses interlocuteurs, même si elle ne les connaissait pas. Elle le faisait avec un tel naturel que ce n’était jamais choquant. L’orage de la nuit avait perturbé son sommeil et elle accueillit Axel d’un air bougon. Elle savait aussi que le camion de livraison n’allait pas tarder à arriver. C’était un double travail, car il fallait également servir les clients.
Axel s’installa au comptoir pour prendre son café. Ensuite, il irait dans la cave pour remonter les casiers vides. Il avait encore le temps ; le camion n’arriverait pas avant neuf heures. Il était à peine assis sur sa chaise haute que Raymond fit son entrée.
Il tenait le garage du village. Son affaire était constituée de deux vieilles pompes à essence aux formes rebondies d’une autre époque et d’un atelier où il réparait essentiellement les tondeuses à gazon des environs. Le village avait peu de confiance en ses capacités de mécanicien, jugeant qu’il faisait trop d’allers et retours dans la journée entre son garage et le « Chez soi ».
Le matin, il venait y boire des ballons de vin blanc et l’après-midi, des bières pression.
Thierry, le patron, apparut derrière le comptoir pour aider s

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