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Zia met son nez partout , livre ebook

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Description


Sherlock Holmes avait son violon.


Miss Marple, son tricot.
Colombo, son imper.


Zia, elle, peut se fier à son nez. Et quel nez ! Nastasia a le chic pour le mettre dans les histoires les plus croustillantes sur les stars et autres people. Elle alimente sa rubrique du Girls Only avec un soupçon d'humour, un zeste de vitriol et une pincée de sarcasme. Jusqu'au jour où c'est elle qui défraie la chronique.


Eh oui ! Enquêter sur les dernières frasques d'une actrice et sur un homicide, ce n'est pas tout à fait la même chose. On ne s'improvise pas détective privé, ou alors, seulement si c'est en charmante compagnie...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 juin 2018
Nombre de lectures 3
EAN13 9782375744604
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Claire DeLille
Zia met son nez partout
Enquêtes et sac à main - T.1 -



Collection Infinity
Mentions légales
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.
Collection Infinity © 2018, Tous droits réservés Collection Infinity est un label appartenant aux éditions MxM Bookmark.
Illustration de couverture © Alis
Suivi éditorial © Fanny Sichel
Correction © Gaëlle Magnier Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit est strictement interdite. Cela constituerait une violation de l'article 425 et suivants du Code pénal.
ISBN : 9782375744604
Existe en format papier
Prologue

Ça, c’est Zia !


Ça, c’est moi ! Enfin, moi il y a trente ans tout juste. Quoi ? Vous ne me voyez pas ? Mais si ! Je suis l’enfant derrière le nez !
Bon, il faut l’avouer : mes parents aussi ont eu du mal à me trouver. C’est pour cela que cette photo de ma naissance est cachée dans l’album de famille au lieu de trôner sur la cheminée du salon. Ben oui, parce qu’il a fallu attendre mes cinq ans au moins pour m’apercevoir enfin sous ce renifloir immonde, pour connaître la véritable couleur de mes yeux et s’attarder sur mon sourire sans être décontenancé. C’est à cette époque, en effet, que j’ai commencé à grandir plus vite que cet appendice. Résultat, il s’est fait plus discret, et j’ai pu, enfin, sortir de ma coquille. Cinq ans, c’est peu dans une vie, mais déterminant tout de même. Cela a suffi à marquer ma destinée.

* * *

Mais il est temps que je me présente : Nastasia Lemézec. Mère d’origine russe et père breton ! Ajoutons à cela notre migration dans les contrées glaciales du nord de la France et ma conversion au ch’timi, je ne vous raconte pas les valises que je me traîne, rien qu’au niveau du caractère ! Donc, Nastasia, Zia pour les intimes. Vous les repérerez facilement, ils ne sont pas légion. Nase pour les autres, je ne vous explique pas pourquoi, vous l’imaginez aisément. Non ? Bon, allez : soit ils me trouvent nase, nulle, soit c’est mon nez qui les dérange : nase, naseaux, bref…
Ah ! Mon pif ! C’est un pic, c’est un cap, que dis-je, c’est une péninsule… Non, je rigole ! Encore que… Je connais la tirade par cœur. Il faut bien le dire, mon nez a été ma bête noire pendant des années. Ma propre mère essayait de le cacher sous des chapeaux multiples et autres couvre-chefs plus larges les uns que les autres. Quant à mon père, il passait son temps à nier l’évidence. « Quoi son nez ? Il n’a rien d’exceptionnel ! N’en faites pas une montagne ! » Sauf que c’en était une, de montagne. Et que, sans le vouloir, il appuyait là où cela faisait mal.
Alors, bien sûr, je me suis battue pour lui, mon nez. Souvent en primaire. Une vraie tigresse ! Un peu moins en secondaire. Mais ça, c’est uniquement parce que je prenais sur moi. Je passe sur l’adolescence, cette invention sadique censée faire de nous des adultes. Non, mais quelle idée ! Je me suis souvent prise, durant cette période, à rêver d’être née dans une peuplade au cœur de la forêt amazonienne. Là, pas d’ados, il suffit d’avoir ses règles pour, hop ! passer de « petite fille » à « bonne à marier » ! Et pas de préoccupation de nez qui tiennent. Les critères de beauté diffèrent aussi, là-bas. Avoir des hanches larges, propices à donner de beaux enfants, et le tour est joué !
Hélas, je ne suis pas née dans une tribu indigène du Brésil et mon nez a été la cause de bien des tourments. Je l’ai détesté, j’ai souhaité le voir disparaître, me l’arracher, pourquoi pas ? Me faire opérer, même , si je n’avais pas eu si peur du bistouri et de la réaction de ma famille, opposée farouchement à ce projet . Puis, une fois épuisées les prières et autres solutions alternatives pour m’en débarrasser, j’ai relu Cyrano de Bergerac, bien évidemment, et j’ai décidé de faire comme ce héros et de transformer ma différence en force.
C’est Baboulya, ma grand-mère, qui m’avait offert ce livre pour mes douze ans. Babou… La seule à me comprendre et à m’accepter telle que j’étais. Dans ses yeux, je me voyais belle et intelligente. Elle m’appelait « ma petite merveille » et je l’aimais follement.
Donc, nous étions à table, je venais de déballer mon cadeau et je regardais le livre sans trop comprendre. Cyrano, bien sûr que j’en avais entendu parler, avec un museau pareil ! Enfin, bon, de là à mettre le nez dedans… OK, elle est nulle. Ma mère s’est soudain mise en colère. Je pense qu’elle a cru que Baboulya se moquait de moi. Moi, je savais bien que non. Et si maman avait fait un tant soit peu attention à ma relation avec ma grand-mère, elle l’aurait su aussi. Je revois encore la scène. Mon père, bloqué, un morceau de gâteau dans la bouche, les yeux écarquillés d’horreur, et ma mère, sa pelle à tarte à la main, tempêtant à tout va sur l’inconscience de sa génitrice.
Alors, ma grand-mère s’était levée, rouge de colère, et avait tapé sur la table.
— Mais quand cesserez-vous de vous focaliser sur les détails et regarderez-vous votre fille dans son entièreté ? (oui, Babou aimait le mot « entièreté », même si je suis certaine qu’elle aurait pu trouver une manière plus simple de dire la même chose). Nastasia est une enfant vive et intelligente, dotée d’une force de caractère hors norme. Elle est belle et pleine de charme. Vous la pourrissez à la simple force de vos yeux posés sur elle, de vos pensées pessimistes et angoissées, de… Mince à la fin ! Je vais te dire une chose, Zia : tu es la seule responsable de ce que tu es et tu peux renvoyer l’image que tu veux de toi-même ! Le monde te verra comme tu te montreras, comme tu te comporteras et comme tu lui souriras. Pas la peine de te morfondre, de crier à l’injustice ou d’attendre un miracle quelconque. Prends-toi en main, ma petite-fille, et vis sans te soucier de ce nez qui n’a de problématique que l’idée que l’on s’en fait.
Quelle tirade, n’est-ce pas ? Vous dire que j’ai tout compris sur le moment serait exagéré. Vous dire que je vous la retranscris ici mot pour mot tout autant. Enfin bon, l’idée est là, et ce qui est certain, c’est que cela a changé mon rapport à mon nez.
Attention, ça n’a pas été facile pour autant… Assumer mon physique, faire fi des remarques désobligeantes et montrer une image positive de moi pour changer le regard des autres, l’idée était excellente sur le papier, bien moins évidente à mettre en pratique. Oui, franchement pas simple quand on se fait traiter tous les jours de Pif et Hercule chaque fois qu’on traverse simplement la cour de récré avec sa copine pourvue d’un appareil dentaire disproportionné. Cela dit, Baboulya avait mis le doigt sur un aspect primordial de ma situation : ma force de caractère. Petit à petit, j’ai cessé de me voir comme une victime à défendre. Finies les bagarres, la rancœur. Et je suis passée à l’offensive.
J’ai fait de mon nez ma marque de fabrique, ma signature, mon signe distinctif, ma griffe, mon… comment ? Vous avez compris ? C’est d’accord, j’arrête là.
Bon, et si on entrait dans le pif du sujet… pardon, dans le vif du sujet ?
Chapitre 1

Quand Zia met son nez quelque part


Ce matin, je suis en retard, il pleut et je regrette déjà d’avoir choisi ces talons qui ripent sur les pavés glissants, ainsi que cette jupe trop étroite pour me permettre d’allonger le pas. Mais nous sommes mardi et le mardi, c’est « jambes à l’air » au boulot ! Ordre des patronnes du Girls Only , le magazine web où je travaille. Mouais ! Il y a des jours où je les leur mettrais bien quelque part, mes talons. Cela dit, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. C’est moi qui les ai provoquées, début septembre, suite à un article sur les tenues vestimentaires au bureau. Du coup, elles ont parié que je ne serais pas capable de venir travailler en jupe tous les mardis, même les plus enneigés ou pluvieux. Et moi, eh bien… Je résiste difficilement aux défis.
Tandis que ma cheville craque pour la cinquième fois en douze mètres, j’essaie de me concentrer sur le programme de ma journée, la plus grosse de la semaine. Ce matin : réunion d’équipe, bilan des dernières publications et prochaines orientations. Ce midi : déjeuner à la Fnac avec Maxwell Lowys-Doyle, auteur à minettes, avant sa séance de dédicace, puis rendez-vous avec la responsable com’ de l’Aéronef, en vue du concert des Pinkies Reds. Cela me portera vers seize heures. Il me restera deux heures pour boucler mes articles en retard avant de rentrer me préparer pour l’avant-première de À toi et à jamais , le nouveau long métrage de Lyndia Smith, une petite star montante qui a décroché un premier rôle dans le dernier Vans Von Trish, le réalisateur le plus populaire du moment. Heureusement que demain est un jour modulable ! Chez Girls Only , notre présence est obligatoire le mardi, et nous devons passer le mercredi et le jeudi. Le reste du temps, nous le remplissons comme nous le souhaitons, dans la mesure où le travail est fait. Ainsi, s’il me prend l’envie de rester chez moi pour bosser, ce n’est un souci pour personne. Le mieux dans tout ça ? C’est que cela marche comme du feu de Dieu et que personne ne profite salement de ce système. La motivation, c’est la force de la maison, son petit truc à elle : chez Girls Only, on ne compte pas son temps ! Car si nous avons du travail en retard, nous pouvons aussi venir au bureau le dimanche ou le samedi soir à minuit. Ça m’arrive régulièrement d’ailleurs. Et je ne suis pas un cas isolé. C’est bien simple, je ne me suis jamais retrouvée toute seule au siège du magazine, il y a toujours au moins une personne qui traîne ses baskets dans le coin, ou ses talons hauts, bien entendu. Nous sommes une équipe du tonnerre ! Une team dont je fais partie depuis maintenant cinq ans. Il faut dire aussi que tout est fait pour que nous soyons au boulot comme à la maison. Il y a même moyen de dormir sur place. Le Refuge comporte canapés confortables, télévision, jeux de société et salle d’eau. Le Central , toujours approvisionné en gourmandises diverses, ressembl

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