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Virtus et Honor , livre ebook

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Description

Aelius Acilius Valens a voué sa vie à l’Empire. Imperator renommé et victorieux, ami intime de l’empereur Hadrien, il préfère aux mondanités et à l’hypocrisie de Rome le frisson des combats et l’esprit de corps de la légion.


Si Valens est de ceux à qui l’on obéit, Astreos n’a quant à lui jamais su le faire. Passé de maître en maître, sa dernière rebuffade le ramène dans la crasse des geôles de Servius, marchand d’esclaves de la famille impériale. Lorsqu’il est offert au général Valens, tout indique que l’histoire est en passe de se répéter.


Seulement Valens n’a rien de commun avec ses anciens maîtres. Il n’a jamais oublié que seuls la virtus et l’honor font l’homme.


Ce même honneur qui pousse Astréos à vouloir retrouver sa Grèce natale.


Même quand les dieux ont d’autres projets pour eux.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 octobre 2021
Nombre de lectures 16
EAN13 9782375212110
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Maya David
Virtus et Honor
Mix Éditions
 
N° ISBN Papier : 978-2-37521-210-3
N°ISBN Numérique : 978-2-37521-211-1
© Mix Éditions 2021, tous droits réservés.
© Claire Some et Adobe Stock, pour la présente couverture.
Suivi éditorial et correction : Jennifer Verbeurgt
Dépôt légal : Octobre 2021
Date de parution : Octobre 2021
Mix Éditions :
200 route de Bordeaux, 40 190 Villeneuve de Marsan
Site Internet : www.mix-editions.fr
 
Art L122-4 du CPI : Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.
 
Art L335-2 du CPI : Toute édition d'écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit. La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. Seront punis des mêmes peines le débit, l'exportation, l'importation, le transbordement ou la détention aux fins précitées des ouvrages contrefaisants. Lorsque les délits prévus par le présent article ont été commis en bande organisée, les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 750 000 euros d'amende.
 
Art L335-3 du CPI : Est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une œuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi. Est également un délit de contrefaçon la violation de l'un des droits de l'auteur d'un logiciel définis à l'article L. 122-6.
 
À ma maman chérie
(qui n’aime pas le titre).
À ma mamie d’amour
(qui m’a toujours dit : « Non mais imagine »).
 
 
I.
Mars, l’an 120, Rome
La campagne est silencieuse. L’Aurore aux doigts de rose, comme déclame Homère, couvre de sa clarté chaque arbre, chaque brin d’herbe, chaque homme qui prend le temps de s’éveiller afin de contempler la nature retrouvant ses couleurs. Le vent s’engouffre dans les cyprès, leur cime bouclée suit le mouvement des bourrasques qui déploient son odeur particulière. Valens ne la croise qu’ici. Dans tout l’Empire, dont il connaît les tréfonds les plus lointains, il n’a pas réussi à trouver un parfum qui ressemblerait à celui des cyprès recouverts de rosée. Il passe une main dans ses cheveux, enlevant la poussière accumulée le long de ces sentiers pas encore dallés par Rome. Sa peau burinée fait ressortir son armure, scintillante dans les premiers rayons du jour. Le décor que l’artisan a gravé sur la cuirasse semble alors s’animer : Hercule chasse le lion de Némée, accomplissant son travail avec la force et l’intelligence nécessaires pour vaincre. Comme Valens. Il tire sur le col de sa tunique noire et prie les dieux que rien ne l’attende à la villa qui lui imposerait d’aller à Rome sans pouvoir profiter un peu de sa maison. Il ne s’est pas arrêté de la nuit, ne faisant que quelques pauses rapides pour que sa monture s’abreuve à un cours d’eau, avant de reprendre la route pour la villa Acilia.
Aelius Acilius Valens, fils de Publius Acilius Attianus, général de l’armée romaine, vainqueur des Daces  1 , a passé sa vie aux côtés de l’actuel empereur, Hadrien. De son adoption par Publius jusqu’à l’acclamation de l’empereur par ses armées, Valens ne l’a jamais quitté. Il l’a suivi en campagne, l’a conseillé pendant le début de leur carrière et a été le premier à l’appeler César à la mort de Trajan. Sa loyauté à toute épreuve, même après la déchéance de son père, lui a permis de gravir les échelons de la légion, de gagner et conserver la confiance de l’empereur. Ainsi, lorsque Hadrien lui a ordonné d’assister aux fêtes en l’honneur du dieu Mars, il a laissé, à regret, ses hommes et Subulo, son légat  2 , s’occuper de la frontière dace pacifiée depuis peu, pour rejoindre Rome et son agitation incessante. La ville étincelle, montre à chaque habitant des provinces tout le luxe dont elle bénéficie, les rendant envieux de tant de richesse et de sûreté. Elle est grandiose, s’enrichit chaque jour grâce à la générosité des autorités qui gouvernent.
Mais Valens n’aime pas Rome. Il n’y retourne que lorsque Hadrien a besoin de lui et il préfère se cacher dans sa villa en attendant les ordres que d’affronter les tapages de la capitale. La ville n’a plus le charme des premiers temps de l’Empire : elle est corrompue par les envies décadentes des nouveaux riches qui ne respectent pas les traditions des familles patriciennes. Valens n’a cependant rien contre l’ouverture aux autres classes de la société opérée par l’empereur. Au contraire, les soldats issus de la plèbe valent souvent plus que les jeunes hommes de rang supérieur qui pensent à bien autre chose qu’au combat et qu’à l’esprit de corps.
Le voyage depuis la Dacie a été long et sans encombre. Personne n’ose plus attaquer une cohorte impériale. Il a abandonné, aux portes de la ville, les quelques soldats qui l’ont accompagné, avant de continuer seul sa route vers sa demeure. Le dieu Apollon entamait alors sa course dans la voûte céleste.
Heureusement pour lui, sa maison se situe en périphérie de la ville, loin des tumultes du centre et du palais qu’Hadrien se fait construire à Tivoli. Il avait espéré que la charge d’empereur calmerait les instincts et envies de grandeur de ce dernier. Il n’en est rien : la villa Hadriana promet d’être plus imposante et mieux aménagée que la colline du Palatin. Valens soupire à la pensée de l’argent dépensé, des années de travaux et de tout ce luxe affiché. Hadrien et lui ont été élevés ensemble, mais leur caractère diffère sur tant de points qu’il se demande comment ils font pour demeurer si proches.
La villa est en vue. Seneca, sa jument, hennit et accélère son pas, ravie du repos qu’elle trouvera écartée de l’agitation du front. Valens remarque que le péristyle  3 a été entretenu avec soin pendant son absence. Les genêts fleurissent autour du bassin central, de nouveaux pieds de vigne ont été plantés afin de fournir de l’ombre aux maîtres de maison lors des mois les plus chauds. Quelle idée de passer l’été à Rome... Valens s’avance, remarquant Flavius qui l’attend avec Octavia.
Bien qu’issue de la plèbe, Octavia est sa sœur de lait, il a confiance en elle pour s’occuper de sa demeure et des terres autour. Elle n’a jamais voulu partir pour construire une vie ailleurs, même lorsqu’elle a épousé Flavius, justifiant qu’elle devrait quitter la maison qu’elle a toujours connue, à défaut d’y être née.
Valens descend à terre et tend la bride à Flavius qui s’incline avec un sourire. Celui d’Octavia est encore plus grand. Il pose une main sur son épaule alors que cette dernière baisse la tête en lui souhaitant la bienvenue.
— Maître Valens, je suis enchantée que les dieux aient protégé ton voyage jusqu’à tes terres.
— Merci, Octavia. C’est bon de rentrer chez soi.
— Je t’ai fait préparer un bain. L’empereur t’a envoyé une missive, mais je doute qu’elle contienne une invitation. Je pense qu’il souhaite t’épargner pour ce soir.
Son ton est à la fois amusé et compatissant, ce qui pousse Valens à inspirer l’air sain de sa maison, se sentant déjà fatigué de devoir affronter Rome dans les prochains jours. Il entre dans les latrines, face à une fontaine monumentale que sa mère a fait construire juste avant son mariage. Il se déshabille sous le regard bienveillant de ses intendants qui ne l’approcheront que s’il le demande. Aussi noble soit-il, il reste un militaire avant tout, capable de s’occuper de lui-même.
— Quelles sont les nouvelles ?
— De la maison ou de la ville ? interroge Octavia avec un signe de main sévère vers les esclaves.
— La maison d’abord.
Valens grimace lorsque sa cuirasse se coince dans les plis de sa tunique, Flavius vient l’aider à la retirer.
— Merci, mon brave. Donc, la maison, car l’Urbs  4 peut bien attendre que je sois propre et rassasié.
Octavia sourit et patiente le temps que Valens soit bien immergé et les esclaves sortis en compagnie de Flavius, pour commencer. Elle lui narre les moissons du printemps dernier, la faible récolte de mai à cause de chaleurs importantes faisant craindre une disette sur le domaine, cependant vite endiguée grâce aux réserves que Valens avait ordonnées.
— Certains métayers te doivent la vie et sont encore plus reconnaissants envers Cérès de les avoir placés sur tes terres.
Valens plonge dans l’eau pour laver ses cheveux qui commencent à se teinter de fils d’argent. Il comprend ce que peuvent ressentir les locataires de ses terres. C’est vrai qu’il est un maître généreux et bienveillant, mais ces attentions le dérangent et lui rappellent qu’il n’est jamais présent, finalement. Il secoue la tête tel un chien, éclaboussant tout autour. Octavia grogne et il s’excuse avant de poursuivre :
— Tu me donneras les noms de ceux qui ont le plus souffert, murmure-t-il. J’irai les voir en personne. Sauf si tu juges que c’est trop tard.
Elle tend sa main pour toucher sa joue toujours mouillée, son pouce efface les gouttes qui s’y accrochent, comme quand ils étaient enfants et qu’Octavia apprenait à s’occuper de lui avec discrétion.
— Ils seront heureux de te voir, Valens. Tu es bon.
Et ça lui suffit. Il cligne rapidement des yeux pour reprendre contenance, se réinstalle dans son bain, les bras sur les bords élimés, la nuque en arrière. Octavia, avec un air amusé, attrape le savon et vient lui laver les cheveux afin qu’ils redeviennent ces boucles brunes qu’elle jalousait petite. Valens se laisse bercer par la voix douce et chaleureuse de sa sœur qui lui fait rattraper deux ans de campagne.
II.
Avril, l’an 120, Rome
La terre tremble. Il essaie de man

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