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Un pion dans l'ombre , livre ebook

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Description


Mya n’a jamais eu une vie facile. Sa mère l’a élevée seule, et a dû enchaîner les petits boulots pour subvenir à leurs besoins et assurer un avenir à sa fille. Alors quand elle est tuée sous ses yeux, la vie de Mya bascule. Elle n’a plus qu’une idée en tête, trouver le responsable et venger ce meurtre.


Le jour de l’enterrement, son père, Richard, refait surface. Aurait-il un lien avec la mort de sa mère ? Riche homme d’affaires, il a des ennemis qui veulent les détruire, lui, et ses héritiers. Ce meurtre n’est pas le fruit du hasard, il était prémédité. La « Bête », tueur à gages professionnel, est sur leurs traces, sur ses traces. Richard, pour la protéger, lui impose la présence d’Enzo, un garde du corps aussi ténébreux qu’énigmatique.


À qui Mya peut-elle faire confiance dans ce monde de requins qui lui est inconnu ? À son père ? Au policier chargé de l’enquête ? Au sombre et séduisant Enzo ?


Et en plus, la Bête rôde, et n’en a pas fini avec elle.


Si elle se trompe d’alliés, elle pourrait y perdre la vie

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 15
EAN13 9782378123376
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Prologue
Laisse-la brûler…
Cette nuit, tu m’appartiens, plus de règles ni de mots.
Juste la rage, laisse-la nous emporter.
Je pense à toi, mais c’est interdit.
Tu as détruit ma vie comme j’ai bousillé la tienne.
Mais on s’en fout, seul le feu peut nous perdre,
Et moi je veux que tu te fondes en moi,
Dans ce corps nu que je te refusais.
Ce soir à la lueur des étoiles je te l’offre,
La lune sera le seul témoin de nos péchés.
Je sais que tu en as envie,
Je vois ton regard s’attarder sur cette poitrine que je te dévoile.
Dévore mes lèvres en un baiser ardent,
Et laisse-la nous consumer.
L’herbe sera mon brasier,
Celui que j’ai édifié dès l’instant où je t’ai aimé.
Toi le démon qui depuis toujours me guettais dans l’ombre,
Moi l’ange, je me suis arraché les ailes.
À vouloir jouer, je ne contrôle plus rien.
Je ne peux gagner contre toi,
Tu ne peux que perdre quand je suis là.
Si nos vies ne sont que ruines, ne lâche pas ma main,
Et aime-moi jusqu’au bout de cette nuit qui est la nôtre.
La bête au fond de moi veut s’abreuver de ta sueur salée.
N’aie pas peur, je suis terrifiée.
Je ne me suis jamais sentie aussi vivante que depuis que je t’ai vu.
Sens la haine en moi,
Écoute ma colère gronder,
Mais surtout, surtout, ne me lâche pas.
Si un instant ne doit durer que l’ éternité, que ce soit celui-là,
Et reste avec moi jusqu’au bout de cette nuit d’enfer.



Chapitre 1
J e me souviens que la pluie tombait ce jour-là sur la capitale française. Enfin non, pas au début… Quand le jour s’est levé, le ciel était juste grisonnant, de lourds nuages nageaient au-dessus des immeubles. J’entends encore le bruit caractéristique des gouttes s’écrasant sur le sol bétonné. C’était le début de l’été, la pollution était responsable d’une atmosphère pesante. La chaleur émanant de l’amas artificiel formé par la cité dégageait une odeur nauséabonde. J’ai toujours détesté ce relent typique d’un paysage urbain superficiel, mais j’aimais la vie, la mienne. Il est possible de nous évader même quand l’environnement autour de nous est repoussant. De vagues souvenirs de verdure et de fleurs colorées suffisent à créer une sorte de bulle et alors, tout est plus beau.
***
— Tu veux m’accompagner pour faire les courses ?
Je lève la tête de mon livre vers ma mère, intriguée. En effet, ce n’est pas une activité qui me fait sauter de joie, alors si je peux l’éviter…
— C’est une vraie question ?
Elle hausse les épaules d’un air las et se dirige vers la table de la cuisine, son mug fumant avec un dessin de chat dans la main. Le ton blasé de sa réponse m’arrache un sourire :
— Je vais faire plein d’heures sup’ cette semaine, donc si tu veux manger des choses que tu aimes, tu ferais mieux de venir avec moi.
Ma voix se fait mielleuse dans ma tentative d’apitoiement :
— Gentille maman ! Tu es censée prendre soin de moi et m’acheter de la bonne nourriture pour que je devienne une adulte forte et en pleine santé.
Elle se tourne vers moi et hausse un sourcil, en prenant une moue ridicule. Ses mimiques me faisaient beaucoup rire quand j’étais petite.
— Tu as fini de te moquer de moi, Mya ? Toi, tu dois me respecter et m’aider dans les tâches ménagères. C’est simple, ma puce. Soit tu viens au supermarché, soit tu seras de corvée de lessive et de repassage ce week-end.
Cet argument achève de me convaincre ! Un coup d’œil vers le ciel où des nuages s’amoncellent, projetant une ombre gigantesque au-dessus de Paris me fait grimacer. Aucune envie d’aller dehors avec la pluie qui menace de tomber à tout instant, mais elle a raison, je n’ai pas trop le choix !
— OK. Allons-y.
Elle porte encore son peignoir et ses cheveux lisses sont tout ébouriffés. Telle que je la connais, jamais elle ne sortira comme ça ! Pas besoin de me dépêcher ! Regardant mes ongles peints en noir, je constate que le résultat de l’utilisation de vernis bas de gamme n’est pas terrible. Ah, si j’avais les moyens !
— Ne traîne pas ! J’aimerais m’acheter des clopes aussi, me presse quand même maman.
Je me lève alors, ne voulant pas prendre le risque qu’elle me jette quelque chose à la figure. Elle en serait capable pour me faire bouger.
— Quel est le rapport avec ton addiction à la nicotine ?
— Tu sais bien que le bureau de tabac ferme à midi !
Non, mais en même temps, je ne fume pas…
— Dans ce cas, toi aussi, dépêche-toi. Tu devrais coiffer ta belle chevelure, un prince charmant pas très exigeant t’attendra peut-être à la supérette. Enfin, s’il n’a rien contre les femmes un peu défraîchies.
Elle me donne une petite claque à l’arrière du crâne et je pousse un cri exagéré en me protégeant de mes bras.
— Arrête ou j’appelle les services sociaux !
— Cesse de te plaindre et dépêche-toi.
Juste pour la contrarier, je me dirige vers ma chambre en traînant des pieds. Attrapant un élastique sur ma commode, je soulève mes cheveux noirs pour les attacher ensuite en une queue de cheval haute. Un regard vite fait dans le miroir, une autocritique sur mon physique et hop, j’enfile un gros pull sombre parfait pour camoufler mes formes un peu trop prononcées.
De mon point de vue, je suis plutôt quelconque. En plus, aucun mec ne s’est jamais intéressé à moi, ça en dit long sur mon aspect extérieur ! Et pourtant, moi, je ne demande que ça, explorer le corps d’un bel homme sexy, ou même de deux hommes. Après tout, la vie est faite pour avoir des expériences ! Je me languis tant de connaître mes premiers émois. Bref, l’instant de déprime de quelques secondes est passé. Je continue à m’habiller.
Un short long en jean complète ma tenue. Mes chaussures de ville à peine lacées, je rejoins ma mère dans le hall. Contrairement à moi, elle trouve le moyen d’avoir la classe quel que soit le moment.
— Tu ne peux pas mettre quelque chose d’autre ? me demande-t-elle en poussant un soupir.
Elle ne cache pas son exaspération à propos du fait que j’accorde aussi peu d’importance à mes vêtements.
— C’est bon, c’est juste des courses, pas un défilé de mode, grogné-je.
Ce qu’elle peut m’énerver à être superficielle ! La déception dans son regard quand elle me voit et constate que je suis différente d’elle... Je suis pourtant sa fille unique !
— Un peu de coquetterie ne fait pas de mal. Un adolescent boutonneux de ton lycée se cache peut-être dans la rue, plaisante-t-elle en faisant allusion à la pique que je lui ai lancée.
— Beurk ! Non merci.
Nous descendons les escaliers de l’immeuble en nous chamaillant, feignant d’ignorer l’odeur persistante d’urine qui empeste les lieux. Tout mon self-control ne m’aide pas à occulter les tags obscènes et machistes qu’il y a sur les murs. « Sale pute » « Ta mère la chienne » et différentes joyeusetés défilent sous mes yeux chaque jour. Pourquoi est-ce toujours la mère qu’on insulte, jamais le père ?
Maman s’en veut de ne pas pouvoir nous offrir un logement dans un quartier décent. Élever seule une fille avec un salaire de serveuse ne permet pas de faire des folies, surtout quand on n’a pas d’autre famille, ni de mari pour soutien émotionnel et financier. Qui est mon père ? Un inconnu. J’ai juste de vagues images en tête d’un homme grand avec des costumes, mais je ne l’ai pas vu depuis des années. Nous n’en parlons jamais avec ma mère, il s’agit d’une question sensible, qui a tendance à la mettre dans tous ses états. Même si, quelquefois, j’aimerais comprendre pourquoi il a disparu de nos vies, j’ai bien assimilé que c’est inutile, voire dangereux, d’aborder le sujet avec elle. D’aussi loin que je me souvienne, elle est sortie avec quelques mecs, mais se lasse vite de ses conquêtes. Est-elle heureuse ? Ça me fait de la peine qu’elle soit seule.
— Tu veux faire quelque chose pour ton anniversaire ? me demande-t-elle en allumant une cigarette.
Elle me coupe dans mes pensées. J’ai eu dix-huit ans il y a une semaine, mais elle sait très bien qu’il n’y a aucun ami à inviter. « C’est une asociale ! Elle est trop bizarre ! » murmurent les élèves de mon lycée. Être entouré de gens est important pour certains, surtout à mon âge, mais ce n’est pas mon cas. Mon attitude cause du souci à ma mère, car elle constate bien ma différence par rapport aux enfants de ses amis. Cependant, malgré nos nombreux désaccords, elle souhaite le meilleur pour moi. Mais sa façon brusque de me bousculer, que ce soit sur ce que je mange ou mes habits, me blesse plus qu’elle ne m’aide.
— J’adorerais aller boire dans un bar miteux et perdre ma virginité avec le premier motard que je croise. Ça te convient comme réponse ?
Elle me donne un faux coup de coude, je fais semblant de trébucher, ce qui nous fait éclater de rire.
— Tu ne ferais jamais ça, tu es trop sage.
— Oui, et je n’aime pas les gens, encore moins les motards barbus, c’est plein de bestioles là-dedans !
— C’est rassurant que tu aies de bonnes notes ! Si tu n’es pas sociable, tant que tu es intelligente, tu réussiras dans la vie !
Quelle hypocrite !
Nous entrons dans la supérette du quartier. Vu l’heure matinale, il n’y a presque personne. Au moins, nous n’aurons pas à faire la queue en arrivant à la caisse. Je vais chercher un caddie, après avoir emprunté une pièce à ma mère.
— Occupe-toi du comestible, je vais prendre les produits ménagers. Tu ne fais jamais une machine, tu risques de me ramener n’importe quoi, me dit-elle avant de disparaître dans un rayon.
Je m’effondre sur le chariot et c’est parti pour les courses ! Mes yeux vagabondent sur les étalages. De quoi ai-je envie ? Je m’arrête devant une affiche montrant une jeune femme souriante, avec un tube de dentifrice bien en vue dans la main. J’adorerais être aussi belle et sûre de moi, même sur une stupide publicité ! Mais l’assurance, ça ne s’achète pas en magasin.
Souda

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