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Transpercer la pénombre , livre ebook

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Description


Servir des verres au Tambuku Tiki Bar, un bar à démons, et utiliser sa magie pour calmer les clients dans un bled inconnu ? La routine pour Arcadia "Cady" Bell, du moins en apparence. Parce qu’en réalité, elle vit sous une fausse identité et se terre depuis des années.


Un soir, son passé lui explose en pleine figure. Elle tombe sur un flash info à la télévision : ses parents, des adeptes de la magie noire accusés d’avoir assassiné des membres éminents de plusieurs Ordres magiques, ont refait surface. Les ennemis publics numéro un sont de retour !


Sauf qu’ils ont toujours clamé leur innocence.


Il est peut-être temps pour Arcadia de faire éclater la vérité. De toute façon, elle n’a plus le choix : si elle ne fait rien, elle sera livrée à Luxe, le plus puissant des Ordres magiques, qui réclame la tête de ses parents, et à défaut, la sienne.


Et le pire ? Elle n’a que deux semaines pour sauver sa peau. Une partie de plaisir...


Pour avoir une chance de s’en sortir, elle doit faire appel à l’exaspérant Lon Butler. Elle le sent, ce démonologiste aussi arrogant que mystérieux cache bien des secrets.


Une course contre la montre s’engage, et cette fois, la fuite n’est pas une option.



Avertissement : ce tome parle d’une barmaid-magicienne-renégate badass, d’un passé qui lui colle à la peau, d’un démonologiste trop sombre et sexy pour sa santé mentale, de secrets de famille, de meurtres et de magie. Un cocktail démoniaque !


« Transpercer la pénombre déchire autant qu’un concert d’AC/DC un samedi soir. Ce livre a tout pour plaire : une plume incroyable, de l’action, de la romance, une héroïne badass, un héros unique en son genre, et l’ado du siècle. À quand la suite ? » - Ann Aguirre, auteure best-seller du New-York Times.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 janvier 2022
Nombre de lectures 1
EAN13 9782378124816
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Chapitre 1
J e connaissais trop bien le Tambuku Tiki Bar pour être surprise de le voir plein à craquer. La foule, c’est l’enfer, qu’elle soit composée d’humains ou de démons.
Notre bar pouvait accepter un maximum de soixante-quinze personnes, selon le code d’incendie de la Californie. En général, ma collègue prenait cette loi à la légère, mis à part les jeudis soir, quand l’émission Patrouille Paranormale faisait de nous un point chaud du centre-ville. C’était facile, pour elle ; elle n’avait qu’à faire du gringue à l’inspecteur du département pour le dissuader de lui mettre une amende. Ce n’était pas à elle d’interrompre les bagarres entre démons ivres.
— Eh ! m’exclamai-je.
Je rivai mon regard sur l’étudiant en train de voler un verre sur le bar.
— Tu l’as payé ? demandai-je. Non, je ne crois pas. Retire tes sales pattes de là.
— Cette femme vient de partir sans le finir, protesta-t-il. Si deux personnes sur trois sont d’accord, on peut considérer qu’il m’appartient.
— Dis plutôt neuf dixièmes, crétin, rectifiai-je.
Je lui arrachai des mains la tasse en céramique de Suffering Bastard. Sur notre tasse tiki noire classique était imprimé un visage tourmenté, et celle-ci était à moitié pleine d’un cocktail assez fort portant le même nom. Quand j’en vidai le contenu dans le petit évier du bar, le gosse réagit comme si j’avais jeté un lingot d’or à la poubelle. Il me jeta un regard noir, puis traversa la salle à grands pas pour rejoindre ses potes fauchés.
Si j’avais été barmaid dans n’importe quel autre petit bar de la ville, on m’aurait peut-être encouragée à faire aussi office de videuse, sans pour autant m’y obliger. En tant qu’unique magicienne entraînée du personnel du Tambuku , je n’avais pas le choix ; c’était ma responsabilité. Après deux années passées à balayer du verre cassé et à m’efforcer d’éviter les projections de vomi, j’en connaissais assez sur le comportement des démons qui partaient en vrille pour rendre le plus ennuyeux des emplois de bureau attrayant aux yeux de n’importe quelle personne normale. Par chance, je n’étais pas normale.
— Arcadia ? Cady ? Tu m’écoutes ?
Amanda était penchée par-dessus un tabouret de bar et agitait une main devant mon visage.
— Pardon, tu disais ?
— J’ai dit qu’il me fallait un autre cocktail Scorpion pour la table trois. La vache, tu es distraite, ce soir, se plaignit-elle.
Elle ôta deux assiettes en bois vides de son plateau, puis contourna le bar en forme de L pour me rejoindre.
— À combien est leur niveau d’alcoolémie ? demandai-je.
Je me tordis le cou pour voir la table en question tout en récupérant des galettes de riz japonaises dans une grande corbeille.
— Ils sont bien mûrs, mais ils ne sont pas encore tout à fait à point. Ni chants ni bagarres.
Elle essuya la sueur sur son front avec un torchon de bar sale. Amanda était l’une des trois serveuses à plein temps que nous employions au Tambuku . Grande, blonde, bronzée et toujours équipée d’une pile de bracelets de chanvre tressés et usés encerclant son poignet, elle était le stéréotype même de la fille californienne.
Sa famille vivait sur la côte centrale de Californie depuis plusieurs générations ; à La Sirena, pour être précis, une petite communauté balnéaire située à trente minutes de la ville. L’endroit méritait son nom ensorcelant, avec ses paysages de carte postale composés de falaises bordées du bleu du Pacifique. Ses parents possédaient un atelier de céramique là-bas, et nous leur avions commandé la majeure partie de nos tasses et bols tiki, qui étaient alignés avec soin sur des étagères en bambou derrière le bar.
— C’est plutôt le couple de la table haute numéro trois qui m’inquiète, reprit Amanda.
Elle jeta un coup d’œil au miroir fendu situé au-dessus de la caisse, qui me permettait de surveiller le bar quand j’avais le dos tourné ; elle replaça quelques mèches de cheveux rebelles dans sa tresse.
Il était parfois difficile de satisfaire nos clients singuliers sans les pousser dans un délire éthylique. Je me tordis le cou pour observer le couple dont parlait Amanda, deux femmes au visage rougi à force de rire. L’une d’elles avait fait tomber quelque chose sous la table et, après l’avoir récupéré, elle avait du mal à reposer ses fesses sur sa chaise. Leur maladresse était causée par l’ivresse, je me notai donc mentalement de ne plus leur servir de boisson. Mais je pariais plutôt sur le groupe trop bruyant de la table banquette numéro trois.
Amanda attendit pendant que je préparais le cocktail Scorpion pour quatre personnes avec du brandy, deux types de rhum différents et des jus de fruits frais. Après avoir vérifié que personne ne regardait, j’ajoutai quelques gouttes dérivées d’une liqueur de feuilles de damianatha, l’une des plantes médicinales que je gardais dans un compartiment caché derrière le bar. La plupart étaient préparées selon de simples recettes traditionnelles, avec des herbes infusées ou des racines macérées. Elles apaisaient la nervosité, calmaient la colère et dégrisaient l’esprit. Le résultat n’avait rien de renversant. Enfin, pour la plupart…
L’effet de certaines de ces plantes était renforcé grâce à la magie. Des sorts sous forme liquide, pourrait-on dire. Tout comme les parfums avaient une odeur différente dans la bouteille ou sur la peau, les plantes médicinales magiques interagissaient par alchimie avec le corps et produisaient des résultats uniques. Une plante créant une sensation légèrement léthargique chez quelqu’un pouvait plonger quelqu’un d’autre dans un profond sommeil. Parfois, je devais expérimenter pour trouver la plus adéquate. Celle que j’utilisais à cet instant, la damianatha, avait un effet calmant qui se dissipait en général assez vite. Je m’en servais souvent pour étouffer dans l’œuf les potentielles bagarres de bar.
Est-ce que je me sentais coupable de droguer les gens à leur insu ? Non. J’avais un business à faire tourner, et le panneau à l’entrée, marqué des deux cercles entrecroisés qui formaient un symbole de Nox et nous identifiaient comme un établissement admettant les démons, spécifiait aussi clairement « entrez à vos risques et périls. »
Après avoir rangé la damianatha, je versai la concoction améliorée dans un bol. Au milieu du volcan de céramique qui s’élevait au centre, je déposai un cube de sucre imbibé de rhum à soixante-quinze degrés sur un quartier d’orange. À l’époque où le Tambuku venait d’ouvrir, j’enflammai les cocktails Scorpion ici, au bar. Et puis, un jour, les cheveux d’Amanda avaient pris feu durant le trajet jusqu’à la table. Maintenant, je la laissai l’enflammer elle-même une fois arrivée. L’effet produit n’était pas le même, mais c’était beaucoup plus sûr.
— C’est bientôt l’heure du spectacle, m’informa Amanda en fouillant dans ses poches à la recherche d’un briquet. Je crois qu’on a juste à se débarrasser de cette table de sauvages avant que ça commence. Tu peux vérifier ?
Des sauvages. Un terme d’argot pour désigner les humains qui ne croyaient pas au paranormal… autrement dit, la plupart des humains. Les sauvages ne croyaient pas à la magie, et encore moins qu’une petite partie de la population était constituée de démons qui étaient de plus en plus nombreux.
Je vérifiai deux fois pour m’assurer qu’Amanda avait raison au sujet de la seule table de sauvages, et c’était le cas. Un groupe de femmes vêtues de costumes d’affaires gris. Elles testaient sûrement le tiki bar « loufoque » situé dans la rue de leur bureau.
— Elles vont partir. Ça ne devrait pas poser de problème.
Et mis à part elles, Amanda et moi étions les deux seules humaines non sauvages du bar. Je jetai quatre longues pailles dans le cocktail Scorpion et elle l’emporta sur son plateau.
Quand je dis « démons », je ne parle pas de grosses et méchantes créatures diaboliques, munies de cornes, de queues et de plusieurs rangées de dents tachées de sang.
Ne vous méprenez pas, ce genre de démons existe aussi, mais fort heureusement, ils restent bien au chaud dans une autre dimension. Les démons Æthyriques peuvent être invoqués par les magiciens de talent, comme moi, grâce aux rituels et aux sceaux appropriés.
Néanmoins, les Terrestres qui fréquentaient mon bar étaient beaucoup plus bas dans la chaîne alimentaire surnaturelle. Mis à part leurs capacités démoniaques mineures, qui variaient d’un démon à l’autre, la seule caractéristique distinctive des démons Terrestres était l’arc de lumière brillant autour de leur tête : une auréole.
Ouais, vous avez bien entendu. Les démons ont une auréole. C’est le cas de toute créature surnaturelle. Il ne s’agit pas d’un anneau statique et indépendant comme on peut en voir sur les peintures religieuses, plutôt d’un nuage diffus et coloré. Ça vous surprend ? J’aurais pu être étonnée aussi, la première fois que j’ai vu un Terrestre, en Floride, quand j’étais enfant… si je n’avais pas déjà vu ma propre auréole dans le miroir. Je ne suis pas un démon. Je suis juste différente. J’ai été conçue dans d’étranges circonstances.
OK, c’était bizarre, mais en résumé, mes parents n’étaient pas vraiment surpris de découvrir que j’avais une auréole ; juste que je sois capable de la voir, alors qu’eux, non.
Mais il faut savoir que les humains ne voient pas les auréoles. Ils sont comme daltoniens, quand il s’agit de détecter les marqueurs visuels surnaturels. Mais ce n’est pas parce qu’on ne voit pas la lumière ultraviolette qu’elle n’est pas là.
Ma petite auréole argentée ne ressemblait pas tout à fait à celles, vertes et bleues, des démons qui fréquentaient notre bar, mais elle n’en était pas moins pratique : en temps normal, la plupart des démons n’approchaient pas à moins de dix mètres des magiciens, et il y avait encore moins de chance pour qu’ils entrent dans un bar tenu par l’un de nous, mais mon étrange auréole me valait une confiance relative.
Je regardai l’horloge. Il était presque l’heure de

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