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Nos jeux clairs-obscurs, partie 2 : Obscurité , livre ebook

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Description



DARK ROMANCE



« Ars longa, vita brevis. »
« L’art est long, la vie est courte. »


Rachel entretient désormais une relation interdite avec son étudiant sanguin.
Sandro incarne sa source d’inspiration artistique comme elle est devenue la sienne. Il la libère de ses carcans et la pousse à s’affirmer en tant que femme.
Leur passion émaillée de couleurs vives et de nuances douloureuses compose un portrait clair-obscur d’une intensité sans égale.
Mais une tension anxiogène se referme sur eux comme un étau. À l’École des beaux-arts, des incidents inquiétants se produisent parmi les élèves. À la maison, Rachel doit mentir à son mari pour cacher son adultère tandis que Sandro se voit forcé de doucher les ardeurs de ses deux jumeaux, aussi borderline que lui, qui brûlent de jouer avec sa nouvelle muse...
En parallèle, le jeune homme se révèle de plus en plus instable sur le plan psychologique. Il est sujet à de violentes crises de frénésie, exacerbées par son addiction à la drogue.
Mû par ses pulsions destructrices, il repousse sans cesse les limites de leurs défis empreints de perversion.
L’ombre de la peur resserre ses griffes glaciales autour du cœur de Rachel.
Pourtant, elle est prête à prendre tous les risques pour sauver Sandro du gouffre de la folie, quitte à y plonger elle-même.
Entre les ténèbres et la lumière qui définissent les amants maudits, qui remportera la dernière partie du plus dangereux de leurs jeux ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 avril 2021
Nombre de lectures 5
EAN13 9782379931970
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Anna TRISS
 
 
Nos jeux
clairs-obscurs
Partie 2 : Obscurité
 
 
 
La folie de l’artiste brûlera-t-elle
jusqu’à détruire sa muse ?
 
 


L’auteure est représentée par Black Ink Éditions. Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de ce livre ou de quelque citation que ce soit, sous n’importe quelle forme.
 
Nom de l’ouvrage : Nos jeux clairs-obscurs, partie 2 : Obscurité
Auteur : Anna TRISS
Suivi éditorial : Sarah Berziou
 
© Black Ink Éditions
Dépôt légal avril  2021
 
Couverture © Black Ink Éditions. Réalisation  Juliette BERNAZ .
Crédits photo : Miguelanxo Photograph
Modèle : Sergio Carvajal
ISBN 978-2-37993- 197-0
 
Black Ink Éditions
23 chemin de Ronflac - 17440 Aytré
Numéro SIRET 840 658 587 00018
 
Contact : editions.blackink@gmail.com
Site Internet : www.blackinkeditions.com
 
 
Table des matières
Playlist
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Épilogue n°1
Épilogue N°2
Remerciements

 
 
Playlist
 
 
 
Chansons de Sandro
 
Hysteria , Muse
#1 Crush , Garbage
Je saigne encore , Kyo
 
Chansons de Rachel
 
Breathe Me, Sia
Bring me to Life , Evanescence
Feeling good , Nina Simone
 
Chansons de Sandro et Rachel
 
Wicked Game , London Grammar
Interlude , London Grammar
Faded , Alan Walker
Love the Way you Lie , Eminem ft Rihanna
Adagio , Albinoni
Come What May , Ewan McGregor ft Nicole Kidman
Requiem for a Dream , Clint Mansell
 
 

« Je ferai de toi ma muse et mon œuvre d’art.
Ton corps nu incarnera
la toile vierge de mes désirs.
Je modèlerai les doux reliefs de ton visage avec mes doigts.
Je dessinerai chacune de tes courbes graciles avec mes lèvres.
Je graverai ma signature dans ta chair frissonnante jusqu’au sang.
Je peindrai ton âme en l’émaillant de couleurs qui n’appartiennent qu’à toi.
Je sculpterai ton cœur cristallin, je recollerai ses morceaux, je réparerai ses fêlures,
je l’envelopperai dans un écrin de marbre.
Mais, si tu tentes de m’échapper,
je le briserai sans une once d’hésitation.
Laisse-moi t’apprendre
mille jeux clairs-obscurs. »
 
Chapitre 1
 
Le Cri, Edvard Munch
 

Sandro
 
En général, les lendemains de crise, un orchestre symphonique joue sous mon crâne une musique épique et tonitruante qui achève de me cramer les neurones. Je me récolte de méchants maux de tête, souvent associés à des vomissements. Les heures suivantes, je traîne ma carcasse dans l’appart avec l’énergie d’un mollusque. Parfois, je me rappelle d’images floues ou de sensations confuses.
Parfois, rien ne me revient, comme aujourd’hui.
La dernière chose dont je me souviens est mon échange téléphonique avec Rachel... samedi soir, si je ne me trompe pas. Sa réserve à propos de nous deux m’a mis en rogne, sur le coup. Après, ma mémoire m’a posé un lapin atteint de myxomatose.
Mes yeux gonflés s’ouvrent sur le plafond lézardé de ma chambre, qui empeste le fauve. Je suis allongé sur le dos, les bras en croix et le torse nu, sur mon matelas.
Premier constat à chaud : un goût de cendre dans la bouche, les membres flasques, une migraine de merde, le corps tout ankylosé. Un instant plus tard, je me relève avec prudence pour éviter d’avoir la tête qui tourne.
Deuxième constat. Des dizaines de taches colorées ont séché sur la peau de mon torse, ainsi que sur mon jean délavé. Des hématomes et des coupures constellent mes bras. Ma gorge brûle à l’extérieur et gratte à l’intérieur, sans parler de ma respiration laborieuse.
Je suis exténué, assoiffé, affamé et, pour couronner le tableau, ma vessie tendue va bientôt exploser.
Ma priorité, aller pisser. OK, je schlingue, mais la douche peut attendre un peu. J’émerge de ma chambre d’un pas titubant en me tenant aux murs. Mes jumeaux, en train de manger un panini devant la télévision, relèvent les yeux vers moi à l’unisson. Ils ne font aucun commentaire malgré ma plausible gueule de déterré et ma dégaine d’ivrogne. Ils se contentent d’échanger un coup d’œil. Ils savent que j’ai besoin de calme absolu dans ces moments-là, le temps que je reprenne mes esprits et me réadapte à la réalité.
Après mon passage aux chiottes – pas facile de viser le trou quand on tangue et qu’on a une vision floutée : j’ai arrosé le mur d’urine – je reviens dans le salon et dérobe le sandwich chaud d’Andrea, qui me traite de connard sans-gêne. Sans m’appesantir sur son blâme, je croque dans sa demi-baguette pour me remplir la panse. Tout en bectant, j’arpente la pièce afin de réactiver la circulation dans mes jambes engourdies. Solidaire, Raphaël me tend sa bouteille d’eau sans cesser de visionner son émission de poker. Je descends son offrande liquide en moins de vingt secondes, puis je termine d’engloutir le panini au chorizo devant la fenêtre.
La nuit a étiré son gigantesque rideau d’ombres à l’extérieur. Les lueurs orangées des réverbères se reflètent dans l’eau placide du canal au pied de notre immeuble. Je suce mes doigts salés un à un avant de rabattre le store et de rouler des épaules. Les os de mon dos craquent.
J’ai beau me creuser la mémoire, je ne me rappelle toujours pas ce que j’ai branlé. J’ignore combien de temps ma crise de frénésie artistique suivie de mon coma a duré. En toute franchise, je me sens aussi minable qu’un étron de clébard écrasé par un rouleau compresseur.
— Quel jour on est ? Quelle heure est-il ? lancé-je d’une voix enrouée.
— Lundi, quasi 21 heures, m’informe Raph avec une ironie mordante.
Quelle tuile ! Deux jours et deux nuits ! Elle était plus longue et hard que d’habitude, celle-là.
— Je suis resté barricadé dans mon atelier pendant deux jours entiers ?
— Presque. T’as consenti à quitter ta caverne un quart d’heure avant-hier dans la journée pour pisser, boire un verre d’eau et déjeuner sur le coude. Hier, à peine dix minutes. T’es aussi sorti cette nuit pendant qu’on pionçait : on a retrouvé la porte du frigo entrouverte ce matin, décrit Raph en dodelinant de la tête.
— Trois mini-pauses sur 48 heures, récapitule Andrea. T’es définitivement barge, Sandro.
Je bloque sur la gorge tuméfiée du grizzli. Soit il s’est battu avec un mec qui doit du fric à son patron, soit...
— Elle vient de qui, la marque ?
— De toi, lâche-t-il sans broncher.
— Merde...
— Tu n’as pas apprécié que je frappe à ta porte pour te dire d’aller te reposer.
— Désolé pour ça, marmonné-je en détournant les yeux.
Raphaël hausse une épaule, sans se formaliser.
— Ne le sois pas. On est quittes. Tu m’as obligé à te rendre l’impolitesse : ne sois pas étonné en découvrant l’aspect de ton cou dans le miroir.
— Fait chier ! vociféré-je en frottant ma gorge à vif.
Qu’est-ce que Rachel va penser en voyant ça ? Que je me suis bagarré pour de la came ou que j’ai été racketté par de sales types ?
— D’autres dégâts à déplorer ? grogné-je en broyant la bouteille vide entre mes doigts.
— Ben, vu le boucan qu’on a entendu, ton atelier est sûrement un champ de bataille, décrète Andrea en s’étirant comme un matou paresseux.
— Vous n’êtes pas allés checker ?
— Nope, champion, tu l’as fermé à clé derrière toi, réplique tranquillement Raph.
Je tâte mes poches de jean, sens un renflement dans celle de gauche et récupère la clé de la pièce.
Un sentiment complexe et familier grésille sous ma peau, comme à chaque fois que je m’apprête à découvrir les œuvres réalisées au cours d’une crise. De l’excitation mâtinée d’appréhension. Certaines sont tellement illuminées que je n’en capte même pas la symbolique, si elles en recèlent une. D’autres sont, à mon sens, des chefs-d’œuvre que je n’aurais jamais pu pondre dans mon état normal à cause des barrières morales qui conditionnent mes gestes manuels. Leur point en commun : elles me surprennent et m’émeuvent toujours d’une façon ou d’une autre. Ces compositions incarnent les empreintes de mon inconscient affranchi. J’asperge les toiles ou les feuilles vierges d’une portion primitive de mon âme sans m’attacher aux conventions, aux normes, aux codes et aux limites qui régissent le monde de l’art.
De ce fait, je pense que la plupart d’entre elles ne pourront jamais être exposées devant un public. Je ne les ai montrées qu’à mes deux frangins – et encore, pas toutes. Mais ce n’est pas plus mal. Elles sont trop personnelles et trop intimes. Quelques-unes seraient considérées comme dérangeantes. J’aurais l’impression de me mettre plus qu’à poil. D’arracher ma peau, mes veines, mes muscles, mes organes, jusqu’à exhiber mon squelette sanguinolent.
Ces œuvres-là scandaliseraient sans aucun doute les gens étroits d’esprit.
Les répugneraient, peut-être.
Les inquiéteraient, probablement.
Je m’en bats les couilles. Je ne crée pas pour les autres, je crée uniquement pour moi, par passion pure et dure.
— Ta prof coquine a appelé, laisse tomber Andrea. Elle est mignonne, à se faire des cheveux blancs pour toi.
Je relève la tête vers mes jumeaux, qui rivent leurs billes bleues inquisitrices sur moi.
— Quand ça ? grommelé-je.
— Ce midi, sur ton portable. J’ai décroché.
— Tu ne lui as pas débité de conneries, j’espère.
— Mais non. En tout cas, comme je disais à Raph, elle a une jolie voix d’opératrice de téléphone rose. J’avais une demi-molle après avoir raccroché.
— Putain de queutard ! tonné-je en lui expédiant la bouteille en plastique, qui atterrit sur son thorax pendant que les frangins s’esclaffent, goguenards.
— Je te charrie, Ducon ! Je n’empiéterai pas sur tes plates-bandes, tu le sais déjà. Je la baiserai par procuration grâce à tes comptes-rendus sur ses talents intimes.
— Tu peux te palucher pour que je te raconte

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