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Le foyer de cendres , livre ebook

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Description

Sa carrière de journaliste. Et rien que sa carrière. Voilà ce qui compte pour que Kate . Jusqu’au jour où elle fait un burn out et plaque tout. Elle se voit alors contrainte de retourner à Forthill, petit village des Highlands qui l’a vue grandir et qu’elle a quitté sans regret. Et pour cause : sa mère prétend être une sorcière et les gens du village se sont toujours méfiés de sa famille comme de la peste.


En plus, une famille étrangère s’est installée dans le vieux château sur la colline. Un père et ses trois fils, tous aussi singuliers que fascinants. Parmi eux, Ian. Ce mystérieux étudiant en droit semble cacher bien des secrets.


Et puis, il y a cet article dans le journal local sur la disparition de jeunes filles. Intéressant. Étrange aussi. De quoi se remettre doucement le pied à l’étrier et passer le temps.


Lisa devrait pourtant le savoir, dans les Highlands, il faut se méfier des apparences... Au risque de se brûler les ailes.


Avertissement : cette histoire parle d’une jeune femme déterminée qui va devoir remettre en cause ses certitudes, d’une famille qui dissimule de nombreux secrets, d’un homme aussi sexy que ténébreux et d’un univers magique très dangereux.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 29 janvier 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782378123017
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Je dédie ce livre à tous ceux qui ont eu la curiosité de l’acquérir. Parce que sans ses lecteurs, un auteur n’est qu’un rêveur avec un stylo, je souhaite qu’avec votre concours, cet inoubliable premier pas dans l’univers de l’édition marque le début d’une grande aventure.



Chapitre 1
Le foyer dont on ne préserve pas le feu, échoie cendres.
J e retirai les miettes de petit-déjeuner égarées sur mon pull préféré, tout en écoutant le discours de mon chauffeur d’une oreille distraite. J’avais trouvé sur un de ces sites de covoiturage en ligne la solution bon marché pour retourner à Forthill, le village où j’étais née. Néanmoins, son débit haché d’Écossais rural me replongeait dans un passé que j’avais espéré enterrer aussitôt après avoir quitté le pays, il y a un peu plus de six ans. Non pas que mon enfance ait été misérable. En effet, mon mal le plus significatif avait été de grandir dans un trou perdu à l’écart du monde moderne. Une donnée qui tendait à expliquer en partie mon besoin viscéral d’évasion, ma curiosité maladive et ma soif constante d’apprendre, jusqu’à justifier ma vocation irrépressible : devenir journaliste reporter coûte que coûte. Comme je laissais dériver mon regard sur les courbes printanières des Highlands, je m’interrogeai sur ce sentiment étrange d’un paysage figé dans ma mémoire tout autant qu’étranger. Une boule remonta dans ma gorge alors que je fixais de nouveau mon attention sur la route.
— Où z’avez dit que j’vous dépose d’jà ?
— À Forthill, marmonnai-je pour la forme.
Mon voisin de trajet, au bout de son monologue, avait eu besoin d’une intervention de ma part pour se relancer. Il savait très bien où j’allais, nous avions correspondu par mail à ce sujet dans le milieu de la semaine. Ainsi, il lui suffit de cette brève indication pour qu’il reparte de son accent rugueux.
— Y a rien à voir en cette saison là-bas, que des ruines et des paysans. Faut attendre l’été, là, ça s’anime !
Je le savais bien. Forthill était un petit village isolé comme de nombreux autres, près de la vallée de Glen Coe au pied des Three Sisters, une chaîne de montagnes de l’ouest du pays. Un cadre plus que sauvage, où les conditions de vie pouvaient s’avérer très difficiles en cas de mauvais temps. Cependant, la particularité du coin était de retrouver tous les ans, pendant la saison touristique, un intérêt singulier en tant qu’étape. Ses principaux atouts étaient son château en ruines du XVe siècle, mais aussi l’aspect rustique et suranné du village. En effet, Forthill semblait figé dans le siècle dernier. La perpétuation des traditions celtiques, la foi dans d’archaïques superstitions et les boutiques de souvenirs artisanaux sous la bannière de lutins, de farfadets et de tartans propres à des clans qui n’avaient aujourd’hui plus que le pouvoir de mémoire, en attestaient. Le village vivotait à l’écart de la civilisation bien qu’à moins de deux heures de route d’Inverness, la capitale des Highlands. C’était tout à fait ce qu’il me fallait en ce moment, du calme et de la solitude, loin du stress de la ville. C’était du moins ce que je me répétais en boucle pour faire taire cette petite voix qui me hurlait de rebrousser chemin.
— On y est ! m’informa le conducteur au milieu d’une histoire.
Précision inutile puisqu’à mon corps défendant, j’aurais pu reconnaître ces chemins serpentant à travers les vallées entre mille. Ma familière boule dans la gorge ressurgit avec vigueur. Prendre une année sabbatique dans sa bourgade natale n’était pas censé angoisser autant. Je me répétai que c’était temporaire. De toute façon, je n’avais pas le choix. J’avais réuni mes dernières économies pour effectuer le trajet. C’était soit ça, soit repartir travailler pour la chaîne de télévision qui m’avait conduite à cette situation. Au point où j’en étais, un retour contraint chez maman me terrifiait moins que la perspective de reprendre mon boulot, et ce malgré nos rapports tendus depuis toujours. Nous arrivions aux abords des premières maisons, toutes de pierres, avec un toit en ardoise, typiques des Highlands. En mon for intérieur, je me surpris à énumérer chaque résident dans l’ordre de notre avancée, blasée que rien n’ait changé depuis mon départ. Après les maisons apparurent les premiers commerces, soit les pubs. Aussi petit que soit le village, il en comptait trois, dont la spécialité était de brasser leurs propres bières. Et si on n’était pas fervent du mauvais malt fait-maison, il était toujours possible de se rabattre sur le whisky de la distillerie d’à côté, produit phare des débits de boissons de Forthill. En sus d’abreuver les habitants, l’usine fournissait du travail à soixante-dix pour cent de la population alentour pendant la morte saison, autrement dit huit mois dans l’année. Comme j’arrivais à destination, je fis signe au chauffeur de s’arrêter un peu plus loin sur la droite, et eus le droit à un haussement de sourcil perplexe.
— Z’êtes sûre ? Y a rien ici !
J’acquiesçai en forçant un sourire de courtoisie. Il appuya son haussement de sourcil du même mouvement des épaules, et pour la première fois depuis mon embarquement à bord de son tacot, j’eus droit à un silence bienvenu. Il s’arrêta le long d’une vitrine jaunie par le temps et, farfouillant dans sa poche, en sortit une carte de visite à mon intention.
— Si jamais vous trouvez personne, rappelez-moi, je viendrai vous chercher.
Je m’obligeai à demeurer cordiale en prenant la carte. Non que j’aie envie de me retrouver en sa compagnie pour des heures de trajet, mais la perspective de faire demi-tour me réchauffait l’estomac. Avant de changer d’avis, je récupérai mon sac de voyage puis claquai la porte avec un petit signe d’au revoir furtif. Il finit par passer la première, je le suivis des yeux jusqu’à ce qu’il ait disparu. Réajustant mon sac sur mon épaule, je pris une profonde inspiration comme si je m’apprêtais à plonger en eaux troubles puis me mis en marche. Mon état d’esprit actuel m’apprit qu’une seule inspiration, même profonde, ne suffirait pas à me préparer à l’épreuve qui m’attendait.
Quelques dizaines de mètres plus loin, je savais que je trouverais le magasin où travaillait ma mère. C’était une sorcière. Du moins, c’était ce qu’elle prétendait. Pour autant que je sache, ça se bornait surtout à concocter des pommades d’herbes diverses qu’elle ramassait dans les forêts ou le potager, ainsi qu’à noircir des pages de prières, qu’elle appelait « charmes », pour traiter les afflictions de l’esprit. Si je reformulais en vocabulaire urbain, ce qui s’en rapprochait le plus était « herboriste et thérapeute ». Toutefois, dans un village comme Forthill, on ne s’embarrassait pas de vocabulaire. Elle pouvait aussi bien égorger des poulets que je ne l’aurais pas su. En effet, je m’étais assez bien employée à rester en dehors des affaires de famille jusqu’à présent.
Face à la boutique, je reconnus l’enseigne qui se détachait de la façade grisâtre. Mes yeux tombèrent sur mon reflet. Les traits tirés par la fatigue, mes yeux marron cernés et bouffis d’avoir trop pleuré, pas au top de ma forme. J’avais toujours été banale, dans la moyenne. Ni grande ni petite, un visage commun, la peau blanche saupoudrée de taches de rousseur, une épaisse tignasse bouclée de couleur tabac, une tendance naturelle à l’embonpoint, l’Écossaise typique comme il en existe des centaines. Et si je n’étais pas un canon de beauté d’ordinaire, vu ma tête aujourd’hui, il était difficile de prétendre que ma vie était une réussite. Armée d’un courage illusoire, je bombai le torse et poussai la porte. Le tintement de la sonnette me fit frémir, mais je masquai mon trouble. Le magasin était égal à celui qu’il avait toujours été, un bazar d’antiquités dont les gens du village se débarrassaient moyennant quelques cents, pour que leurs vieilleries soient revendues aux touristes. Entre autres choses puisque tout un pan de mur était occupé par le commerce folklorique de ma mère. Une voix joyeuse m’accueillit.
— Bonjour, mademoiselle, bienvenue chez Fraser Shop & Co  !
Un homme potelé au visage rubicond, engoncé dans un pantalon de velours épais, me souriait avec bonhommie.
— Ça alors, Fergus, tu n’es pas en kilt ?
Un voile passa devant ses prunelles. Fergus MacFraser partageait le bail avec ma mère, ce qui voulait dire qu’en propriétaire miséricordieux, il la laissait occuper une partie de la boutique pour une bouchée de pain. L’été, l’échoppe devenait un magasin de souvenirs et de curiosités. Je me le remémorai très bien en kilt, un crest 1 de son clan accroché à son calot. Cependant, il était vrai que la saison ne s’y prêtait pas. En outre, même si je n’avais aucun grief personnel contre l’individu, il était un proche de ma mère, donc un homme que j’évitais de fréquenter, aussi j’en gardais un souvenir caricatural. Après quelques secondes de flottement, une étincelle brilla dans ses pupilles, qui se répercuta sur l’ensemble de sa physionomie.
— Par les moustaches de mon grand-père ! C’est bien toi, Lisa ?
Je lui souris, ce qui provoqua une étreinte virile que je n’avais pas prévue.
— Si j’avais su que tu viendrais aujourd’hui… Ben dis donc ! Ta mère est dans la réserve, je vais la chercher !
Un sarcasme me brûla la langue, mais je le contins. J’aurais préféré discuter un peu plus avec Fergus pour savoir à quelle sauce j’allais être mangée. Accepterait-elle seulement de me voir ? Me gardait-elle rancune ? Elle n’avait pas essayé de me contacter depuis notre dernière dispute, et quand j’avais claqué la porte derrière moi, elle m’avait spécifié qu’il valait mieux que je ne revienne pas. Une bouffée d’angoisse me submergea lorsque je songeai qu’elle pouvait refuser de me parler et me jeter dehors séance tenante. J’avais évité d’y penser jusqu’ici, préférant la mettre devant le fait accompli et ainsi éviter de me dégonfler. Peut-être aussi pour ne pas lui laisser l’opportunité de refuser de m’accueillir. Mais e

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