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La malédiction du Scarabée bleu , livre ebook

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Description

Qui, ou quoi, est responsable des horribles morts des membres de la société secrète connue sous le nom de l'Ordre d'Osiris ? Le docteur Armiston, un irascible célibataire endurci qui ne croit qu'en la médecine, est certain qu'elles ne sont que de tragiques accidents.


Les membres de l'Ordre quant à eux, pensent qu'une bien plus sinistre force est à l'œuvre. Ils sont certains qu'une ancienne malédiction a été jetée sur eux. Sur ces entrefaites, le magnifique et mystérieux capitaine Maxwell demande l'aide d'Armiston. Les cartes de tarot ? L'égyptologie ? Le spiritisme ? Le scientifique n'a aucune patience pour ces superstitions et ces passe-temps de riches ridicules, mais il aime néanmoins les bonnes énigmes... À moins qu'il ne soit bien plus attiré par le jeune capitaine qu'il n'accepte de le reconnaître ?



Quoi qu'il en soit, il va devoir résoudre le secret de la malédiction du sarcophage sans tarder, car Maxwell est le prochain sur la liste...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 octobre 2017
Nombre de lectures 3
EAN13 9782375743072
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Josh LANYON
La malédiction du Scarabée bleu


Traduit de l'anglais par L. Williams


MxM Bookmark
Mentions légales
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.
Cet ouvrage a été publié sous le titre original :
The Curse of the Blue Scarab
MxM Bookmark © 2017, Tous droits réservés
Traduction © L. Williams
Relecture © Tiphaine Melec
Correction © Emmanuelle Lefray
Couverture © MxM Créations


ISBN : 9782375743072
Chapitre Un
ON REQUIERT MES SERVICES

Je me souviens que le brouillard était particulièrement épais ce matin de février.
Il appuyait son visage informe contre la fenêtre embuée, aussi gris et sinistre qu’un spectre, et s’insinuait dans la cheminée, gouttant et sifflant au contact des bûches fumantes.
Ploc. Pschh. Ploc. Pschh.
Un début de matinée tout sauf mémorable pour le jour qui allait changer ma vie à jamais.
Bird, mon domestique, un ancien sergent des Marines , me contait avec un enthousiasme certain une longue histoire concernant ses exploits lors du siège de Ladysmith, alors même que j’essayais de lire mon magazine et de finir mon petit-déjeuner avant que ma journée de travail ne débute.
— C’était des heures sombres. Allongés sur cette colline tandis qu’les balles fonçaient droit sur nous. J’peux encore les entendre siffler dans l’air et claquer contre les rochers. On pouvait plus s’entendre penser…
— Je peux à peine l’imaginer, murmurai-je.
Je m’appelle Armiston. Médecin, je vis et exerce dans le quartier londonien de West End. Ça a l’air bien plus prestigieux que ça ne l’est en réalité : un petit appartement surplombant une épicerie dans une étroite rue qui donne sur Piccadilly. Mes patients sont surtout des domestiques, principalement des hommes – majordomes, voituriers, etc. –, qui travaillent dans les grandes maisons et les clubs privés.
— On s’est accrochés neuf heures durant à c’t’amas d’roches. Les munitions diminuaient et les hommes mouraient. J’peux vous dire qu’on perdait espoir…
— J’ai l’impression d’être là-bas, à vos côtés.
Je tournai la page de la revue, examinant l’affirmation douteuse d’une publicité pour la lotion capillaire tonifiante Madam Harper .
Dans la rue en bas, deux ou trois vendeurs de journaux promettaient à la criée d’excitantes nouvelles exclusives dans l’édition spéciale du Daily Tale . Je savais que rien ne satisferait davantage Bird que d’en posséder un exemplaire. Alors je l’envoyai dehors.
Ploc. Pschh. Ploc. Pschh.
La porte extérieure était présentement ouverte, et la voix d’un homme s’enquit de la présence du docteur
— Deuxième porte à droite dans le vestibule ! criai-je.
Il entra avant même que j’aie eu le temps d’avaler une nouvelle bouchée.
C’était un beau jeune homme bien vêtu, bien que visiblement boiteux. Il s’appuyait lourdement sur une canne en ébène – je remarquai qu’il ne portait pas de gants – et son visage exsangue portait l’expression fatiguée de la douleur et du choc.
Je me levai soudain, prêt à l’aider, mais ses paroles me stoppèrent :
— Désolé de me présenter à vous ainsi, dit-il, mais quelqu’un est mort soudainement à l’Albany, quelqu’un que je connais ; nous étions sur le point de prendre notre petit-déjeuner, et j’ai, ou plutôt nous, avons besoin que vous veniez sur-le-champ.
Ses yeux, rendus sombres par l’émotion, semblaient de couleur grise. Il avait les cheveux noirs, et paraissait approcher la trentaine.
— Je vois, répondis-je en marquant la page du magazine avec un coupe-papier, êtes-vous bien certain qu’il soit mort ?
— Je crains que cela ne fasse aucun doute.
— Pauvre bougre, dis-je avant de me rasseoir. S’il est mort, je peux tout aussi bien finir mon petit-déjeuner.
Le jeune homme me fixa comme s’il n’en croyait pas ses oreilles. Je pris une nouvelle bouchée de hareng.
— Maudit c-cormoran sans cœur, répliqua-t-il avec colère. Venez-vous ou non ?
Je l’étudiai un moment. Trop maigre, nerveux, et jeune. Plus que je ne l’avais pensé au départ. Douleur et maladie avaient fait leur œuvre.
— Pas si vous ne voulez pas de moi, lui assurai-je, mais je suis prêt si vous l’êtes ; et on dirait que vous l’êtes.
Je pris un dernier morceau, me levai, puis tournai dans le vestibule à la recherche d’un chapeau, mâchant la fin de mon repas tandis que je suivais le visiteur au-dehors.
Je ne me formalisai pas de sa remarque, car bien que mon attitude ait été à la fois logique et pratique, ses sentiments se révélaient tout à fait naturels. J’observai son étrange démarche alors qu’il me précédait pour descendre les escaliers. Il parvenait à se mouvoir rapidement, ce qui devait lui faire considérablement mal.
D’instinct, je tapotai ma poche arrière pour m’assurer que mon boîtier de seringues hypodermiques s’y trouvait bien. C’était un vieux camarade, et il me rappelait bien des choses étranges lorsque d'aventure je m’asseyais pour l’examiner. Mais le plus curieux n’était pas encore arrivé au moment où je sentais sa présence réconfortante, en ce lugubre matin de février.
Un taxi attendait devant la porte, sa fumée toxique se diffusant dans le brouillard humide. Nous nous installâmes en vitesse et la voiture démarra sans attendre.
Maxwell, puisque c’est le nom par lequel il se présenta ensuite, m’apprit que lui et un autre homme s’étaient rendus pour prendre le petit-déjeuner à l’Albany, avant de trouver leur hôte allongé à terre, sans vie.
— Seymour, le serviteur de ce pauvre Scrymgeour, vous connaissait, dit-il. Il m’a donné votre adresse.
Le nom de Scrymgeour ne m’était pas familier, et je ne me souvenais d’aucun patient appelé Seymour. Je me posais beaucoup de questions – la première étant pourquoi personne n’avait convoqué le médecin attitré de Scrymgeour –, mais il me sembla vain de questionner Maxwell alors que je m’apprêtais à découvrir tout cela moi-même.
Mon compagnon s’avéra ne pas être un homme bavard. Son visage était sinistre et fermé tandis qu’il regardait par la fenêtre du taxi. La main qui tenait sa canne se serrait et se desserrait dans un inconscient geste d’angoisse.
En quelques minutes, nous atteignîmes l’Albany. Maxwell paya le chauffeur, et nous nous pressâmes à l’intérieur.
Tout était calme. Il n’y avait aucun signe de vie. Mais dans le même temps, rien n’indiquait non plus que quelqu’un venait de mourir. Les lampes à gaz luttaient vaillamment pour lutter contre l’obscurité glaciale de la journée, mais la douce lumière ne pouvait chasser les ombres tapies dans les recoins.
Un long miroir au fond du hall capta notre reflet et, l’espace d’un instant, créa la déconcertante illusion que nos doubles couraient pour nous intercepter. Je me vis, carrure imposante, ni vieux ni jeune, avec un nez haut, de sévères yeux verts, et une mâchoire volontaire. L’homme derrière moi était plus petit, plus fin, et bien plus alarmé que je ne l’étais. Mon compagnon et moi fusionnâmes avec nos jumeaux et dépassâmes le miroir à toute vitesse.
Nous nous précipitâmes dans les escaliers. Nous venions tout juste d’atteindre le palier faiblement éclairé quand une femme sembla apparaître de nulle part, évitant de peu la collision. La tête basse, le visage lourdement voilé, elle nous frôla en passant, souffla une excuse inaudible et disparut en toute hâte au bas des marches. Je lui jetai un coup d’œil.
— Par-là, Docteur, me pressa Maxwell avant d’avancer avec moi dans le couloir.
Il tapa à la porte A14, qui s’ouvrit sur-le-champ.
Un spécimen à l’air cadavérique se tint devant nous, et je reconnus mon ancien patient Seymour. Dans mes souvenirs, il s’était plaint de douleur au foie et de fait, son visage gris et pincé évoquait plutôt un morceau de viande pas assez cuit.
Maxwell et Seymour échangèrent un silencieux regard de connivence. Sans un mot, le deuxième homme fit volte-face, puis ouvrit la marche.
À l'Albany, ce type de suites consistait surtout en un salon, une chambre, une salle de bain, une cuisine, et un petit casier pour le majordome. Les trois premières pièces étaient attenantes, et chacune d’elles donnait sur le hall ou sur le vestibule. Seymour nous fit passer la porte ouverte du salon jusqu’à la chambre. Face à l’entrée, un manteau de cheminée haut et sculpté surplombait le foyer ; au-dessus se trouvait le portrait en buste d’un homme vêtu comme au temps de Charles II.
Dans l’âtre reposait un homme large et lourd, sa tête tournée légèrement au-dessus de l’épaule et au visage à demi caché. Il était aisé de voir, avant même de le manipuler, que sa nuque devait être brisée, et lorsque je le touchai, je me rendis compte qu’il n’était pas seulement mort : il était froid.
À côté de ses pieds se trouvait un marchepied en bois – de ceux que l’on utilise pour atteindre une étagère trop haute. Le panneau droit était cassé, le petit escabeau renversé.
Je levai les yeux vers mes compagnons. Maxwell soutint mon regard sans broncher, presque effrontément, comme s’il attendait que j’émette une quelconque objection. Seymour fixait son défunt maître.
Je reportai mon attention sur le pauvre Scrymgeour. Il portait une chemise de nuit et son visage, celui d’un homme dans la trentaine, se révélait singulièrement semblable à celui du tableau de la cheminée. La ressemblance était accrue par la petite barbe pointue et les cheveux pâles de l’homme mort, portés un peu plus longs que la plupart des citadins de nos jours. C’était son expression qui me troublait. Ses yeux marron, éteints, sortaient de leurs orbites, comme prêts à s’enfuir sous le coup de la panique. Ses lèvres étaient retroussées sur des dents plutôt proéminentes dans une grimace d’horreur.
Près de ses doigts tendus se trouvait un petit bout de quelque chose de couleur bleue. J’y apposai le bout de mon index et constatai qu’il s’agissait seulement d’un morceau de l’aile iridescente d’un insecte. Elle se délita à mon contact.
Un jeune homme, que je supposai être celui qui devait accompagner Maxwell pour leur petit-déjeuner, nous rejoignit par une porte différente de celle par laquelle nou

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