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L'évangile selon Juliette , livre ebook

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Description

« Défenestrée par mon chat, je suis morte... ou pas. »


Inscrite d'office au centre de formation angélique, Juliette atterrit aux Cieux après sa mort. Pour obtenir son auréole, elle doit réussir son année de novice, ce qui est plus facile à dire qu'à faire pour la dernière de la classe.


Sa première mission d'apprentie ange gardien aurait pourtant dû être simple. C'était sans compter sur un déchu complexé par ses ailes, une équipe soudée mais en travaux, des ennemis qui n'en sont pas forcément et des alliés infidèles.


Quand on pense que l'avenir de l'humanité repose sur eux...



Oren Miller fait une entrée fracassante avec Easy heaven, mélange entre Good Omens et Kamelott, sa nouvelle série sarcastique et décalé à l'humour... décapant !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 décembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782375749418
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Oren Miller 
L'Évangile selon Juliette   
Easy Heaven - T.1 


  
Collection Infinity
Mentions légales
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.

Collection Infinity © 2019, Tous droits réservés Collection Infinity est un label appartenant aux éditions MxM Bookmark.
Illustration de couverture ©  Mirella Santana
    Suivi éditorial  ©  Caroline Minic
  
  Correction ©  Raphaël Gazel  
Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit est strictement interdite. Cela constituerait une violation de l'article 425 et suivants du Code pénal. 
ISBN : 9782375749418
Existe en format papier


Avertissement :
Aucun ange ni aucun démon n’ont été blessés durant l’écriture de ce roman. Ou à peine.
Les anges et les démons sont des espèces menacées, qui doivent être manipulées par des professionnels aguerris.
Ne tentez pas de reproduire l’expérience chez vous.


Prologue du salon de coiffure
Une soupe de brocolis. Juliette n’aurait jamais cru pouvoir un jour comparer l’état de son cerveau avec ce genre de plat. Ni même devoir répondre à la question : se sentait-elle plus vivante que morte, ou l’inverse ? Si elle ouvrait les yeux maintenant, les tisons incandescents des rayons du soleil qu’elle devinait sur sa peau ne manqueraient pas de lui pulvériser la boîte crânienne. Comment en était-elle arrivée là ? Ses souvenirs des événements passés lui paraissaient clairs comme un essai de Bergson pour qui n’avait jamais rien retenu de ses cours de philo.
Je veux mourir, gémissait une petite voix dans ses tripes, faute de connexions cérébrales opérationnelles.
À bientôt vingt-cinq ans, elle se trouvait aussi défaite qu’une adolescente à sa première coupe de champagne volée. Pourtant, sa jeunesse aurait pu servir de modèle pour la brochure d’une école disciplinaire. Jamais de fêtes décadentes, jamais de transgression de couvre-feu, jamais de drogue, à peine quelques vitamines, jamais trop d’amis, jamais trop de petits amis. Jamais grand-chose.
Ses années de labeur sur les bancs de la faculté de droit ne lui avaient guère enseigné plus de désinvolture. Au fil des diplômes, Juliette avait même si bien intégré les concepts de concentration, d’endurance et de renonciation aux folies de son âge que sa vie privée ressemblait à celle d’un marque-page. Cette sorte d’anorexie émotionnelle lui avait coûté sa vie sentimentale et sociale, mais livré sur un plateau d’argent une carrière de juriste fort prometteuse.
Puis la compensation par consommation avait fait irruption dans son quotidien, et le dieu des achats par correspondance parut enfin combler le vide en elle. Jusqu’à l’acquisition de trop : un chartreux bipolaire dont elle pensait recevoir toutes les attentions et qui dès la première seconde ne lui avait offert que haine féroce et agressivité totale.
Mais, tant bien que mal – et chaque fois que son chat lui laissait un répit dans son harcèlement moral –, elle croyait avoir enfin atteint le bonheur. Un bonheur simple, un brin tiède, et surtout sans mauvaise surprise. Alors, comment se retrouvait-elle dans cet état, sans aucun souvenir des heures précédentes ?
Bouge, ma fille, tu ne peux pas rester comme ça !
Ses yeux fatigués firent l’effort de s’ouvrir. Autour d’elle, la lumière cotonneuse et diluée ne lui donna aucun détail sur l’endroit où elle se trouvait. Était-elle en si piteux état ?
Concentre-toi…
Faire la mise au point, cligner des paupières, refaire la mise au point, frotter ses yeux. Les ténèbres cérébrales collantes se délièrent enfin. Et les choses empirèrent.
Un salon de coiffure ?
Secouant la tête en espérant que son esprit lui servirait une autre image, Juliette dut se rendre à l’évidence : elle était bien dans un salon de coiffure. La salle ne devait pas faire plus de trente mètres carrés ; elle était propre, agencée avec un goût moderne et raffiné, le genre d’endroit un peu branché, aux prestations plus onéreuses qu’efficaces. Typiquement les lieux que Juliette et la cascade de feu sauvage qui composait sa chevelure ne fréquentaient pas. Alors, que faisait-elle là et à quel moment y avait-elle mis les pieds ?
Fait encore plus étrange, bien que le curseur soit avancé dans le domaine, le salon était désert.
On m’a filé de la drogue, c’est ça !
Quand on arrivait au bout des hypothèses rationnelles, il ne restait plus que les stupéfiants. Son esprit galopait et les idées les plus noires affluaient entre ses tempes. Un pervers aura abusé de sa naïveté la veille – ou l’avant-veille, à ce stade la relativité prenait tout son sens – et l’aura abandonnée dans… un salon de coiffure . La malveillance humaine ne possédait aucune limite.
Elle s’extirpa du fauteuil dans lequel elle se trouvait coincée et qui servait à shampouiner les clients. La tête lui tourna, mais la douleur cervicale alla en diminuant.
— Il y a quelqu’un ? Oh, hé ? Je vais appeler la police !
Bah oui, tiens ! Fais donc ça, tu ne sais même pas quel numéro composer, tellement tu es à côté de tes pompes. Pathétique.
— Inutile, nous sommes pour ainsi dire hors réseau.
Au son de cette voix inconnue, Juliette sursauta si violemment qu’elle manqua de glisser sur le carrelage immaculé du salon. Faisant volte-face, elle chercha celui qui venait de s’adresser à elle sur un ton qu’elle trouva bien désinvolte au regard des circonstances. Un homme était assis face à une glace, comme s’il attendait qu’on lui coupe les cheveux. D’où sortait-il ? Quand avait-il débarqué ? Perçants, ses yeux bleu-gris la fixaient dans le reflet du miroir. Juliette le situait dans la trentaine, peut-être moins, peut-être plus, impossible à déterminer en fait. Tout clochait chez cet individu. Il portait un long manteau noir cintré qu’on n’arborait plus depuis les années Matrix , des bracelets en cuir de style bohème chic et, surtout, une tignasse blonde disciplinée en tresses à la manière viking, qui descendait jusqu’au milieu du dos.
C’est un cosplay ou quoi ?
Non pas qu’il fût désagréable à regarder, mais il paraissait factice, comme croqué par un illustrateur pour un jeu vidéo. Personne ne ressemblait à ça dans la vraie vie. Son attitude ne dégageait aucune agressivité, c’était même plutôt le contraire. Il semblait inoffensif, le genre d’innocence qui vous vend une collection de cinquante tomes sur le toilettage du Maine coon alors que vous êtes allergique aux chats.
— Attendez… Qui êtes-vous, et qu’est-ce que je fais là ?
Juliette fut surprise d’entendre un léger écho dans le son de sa voix.
— Tu ne te souviens de rien ?
OK, d’abord tu ne me tutoies pas, on n’a pas gardé les cochons ensemble. On les a gardés ? Je veux rentrer chez moi…
— Non. Vous m’avez droguée ? Je ne sais pas comment j’ai atterri ici, dans ce… salon de coiffure. Comment vous appelez-vous ?
Elle insista sur le « vous » afin de marquer une distance qui devait la rassurer.
— Ah, tu n’aimes pas l’endroit. J’ai voulu faire différent, mais je me doutais que je prenais un risque. J’aurais dû m’en tenir aux prairies ou aux bords de mer, c’est plus classique. Où est donc la créativité ?
Hein ?
— Hein ? D’accord, tout va bien se passer, vous allez me dire où on se trouve et aussi qui vous êtes. Et je vais vous filmer, oui, voilà… merde, plus de batterie ! Depuis quand suis-je ici ?
L’homme fit pivoter son siège pour lui faire face. Joignant les doigts devant sa bouche comme un vieux professeur qui s’apprête à dogmatiser toute la journée, il se mit à articuler plus qu’il ne le faut :
— Tout ceci est très fâcheux. D’habitude, l’implantation du savoir se fait sur-le-champ.
— Oui, alors, vous n’allez pas me la jouer Morpheus bien longtemps, j’ai vu les films. Le monde entier a vu les films et je n’avalerai pas votre fichue pilule rouge. Je vais appeler la police !
Avec ton portable qui n’a plus de batterie.
— Si vous ne me dites pas tout de suite ce qu’il se passe, je… je hurle ! hurla-t-elle.
— Je t’en prie, calme-toi, je vais tout éclaircir. D’habitude, c’est, disons, plus simple, nous n’avons pas grand-chose à expliquer. Bien sûr, il faut que ça tombe sur moi. Bon, écoute, tu n’es pas réellement dans un salon de coiffure.
Juliette arqua son sourcil droit. Des miroirs, des fauteuils rembourrés et inclinables à volonté, des bacs à shampoing… Elle était peut-être sonnée et mal peignée, mais elle savait de quoi avait l’air un salon de coiffure.
— Si je me trouve dans une boucherie, il faut dire aux propriétaires de changer de business.
Pensait-il qu’il allait pouvoir l’embrouiller longtemps ? Juliette avait beau tourner la scène dans tous les sens, aucune hypothèse crédible ne parvenait à se frayer un chemin dans sa tête. Aucune ou presque :
— Oh mon Dieu ! lâcha-t-elle dans un souffle de panique. C’est la traite des blanches ! Oh, non, pitié ! Ne me faites pas de mal ! Je… je suis juriste, vous savez, je peux vous aider pour défiscaliser les revenus de la prostitution, enfin, pas la mienne bien sûr, je ne rapporterai rien de toute façon…
— Pas du tout, je ne te veux aucun mal !
Faisant un bond hors du siège, l’inconnu tenta de calmer Juliette en agitant les bras devant elle. Raidie jusqu’à l’extrême, elle l’observa avec méfiance et effroi : sa réaction lui semblait sincère. Son instinct de survie voyait-il des raisons de se rassurer là où il n’y en avait pas ou n’y avait-il vraiment aucun danger ? L’homme était athlétique, grand, puissant. Dans un corps-à-corps, elle n’aurait aucune chance. Il fallait changer de stratégie, car celle de l’affrontement ne servait à rien. Par un jeu de l’esprit bien singulier, elle se remémora le conseil de l’un de ses professeurs d’histoire du droit, un jour où son moral d’élève brillante et appliquée se trouvait au plus bas :
Fais de tes défauts des qualités. Si tu es plus petite que l’autre, al

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