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Jusqu'à l'aube , livre ebook

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Description

Quand toute la terre est la proie des prêtes du Feu Purificateur, la vraie liberté n’existe plus qu’en mer. Tiago Martins et ses pirates l’ont bien compris. Anciens esclaves, individus persécutés et recherchés, tous se rassemblent à bord de l’Arche et espèrent y trouver une nouvelle vie. Pour cela, ils se font la promesse d’enfin mettre la main sur le plus précieux de tous les trésors : le Cuer.


Mais la route qui mène à la richesse sera semée d’embûches et de secrets. On raconte que ce sont les esprits des morts qui serviront de guide jusqu’au trésor. Certains des hommes de Tiago soutiennent qu’il leur faut aussi recruter un sorcier et il se pourrait bien que ce soit le cas quand ils arrachent l’étrange Noah aux prêtres du Feu Purificateur.


Noah le maudit avec sa chevelure blanchie par un sombre rituel et qui surtout semble connaître Tiago. Décidé à percer ce mystère, le capitaine de l’Arche devra se confronter à ses plus sombres tourments et aux ombres de son passé. Et s’il veut offrir à ses hommes le trésor qu’ils méritent, il devra réapprendre la confiance.


Il ne le sait pas encore, mais avec Noah à ses côtés, Tiago s’embarque pour un long périple qui lui apprendra qu’il est des fortunes bien plus précieuses que l’or. Ensemble, ils navigueront... jusqu’à l’aube.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 mars 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782375210826
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0049€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Jusqu’à l’aube
 
N° ISBN Papier : 978-2-37521-081-9
N°ISBN Numérique : 978-2-37521-082-6
© Mix Editions 2019, tous droits réservés.
© Crédit photo : Adobe stock.
Suivi éditorial et correction : Charlotte Arnaud
Dépôt légal : Mars 2019
Date de parution : Mars 2019
Mix Editions :
Impasse des Mares, 76970 Grémonville
Site Internet :  www.mix-editions.fr
 
Seana Landchild
Jusqu’à l’aube
 

 
 
 
 
 
 
 
Mix Editions
Prologue
Haletante, la femme recula d’un pas. Elle ne cessait de jeter des coups d’œil en tous sens dans l’espoir de trouver une échappatoire. Mais l’obscurité n’avait rien d’une amie et tandis qu’un souffle glacial effleurait son corps, elle posa les mains sur son ventre. Elle qui avait tenté de sacrifier le fruit de ses entrailles pour avoir la vie sauve se retrouvait pantelante, désespérée, à protéger la chair de sa chair. Avec ironie, elle songea qu’il s’agissait sans doute d’une ruine d’instinct maternel.
La vérité avait éclaté. La créature avait eu connaissance de son état. Après plus d’un mois de captivité sur cette île, la grossesse de la femme n’avait plus rien d’un secret. La colère noire du monstre qui avait succédé à cette révélation l’avait effrayée. La seule solution à laquelle elle avait pensé avait été d’offrir sa progéniture, espérant ainsi avoir la vie sauve. Elle avait déjà un fils. Il lui suffisait. Mais alors que cet insidieux espoir s’était distillé dans ses veines, la créature l’avait terrassée d’un refus glacial.
Tremblante, la femme s’exhorta à prendre une profonde inspiration. Une brise glacée caressa ses longs cheveux. Le monstre lui faisait face. Il s’avançait vers elle. La trahison inexpliquée qu’il ressentait à son encontre alourdissait l’atmosphère.
Elle savait ce qu’il faisait : il la châtiait. Elle aurait dû s’en réjouir. Elle pouvait quitter ces terres, espérer retrouver, sinon une vie normale, du moins un avenir plus souriant. S’offrait à elle la possibilité d’un nouveau futur, mais elle savait que rien n’était gratuit en ce bas monde. Elle l’avait toujours su et lorsque le navire qui les avait transportés, elle et son époux, avait sombré près de cette île, quand elle avait ouvert les yeux sur la rive, échouée et frigorifiée, cette vérité l’avait terrassée. Elle avait survécu, mais à quel prix ? Tous n’avaient pas eu cette chance.
L’air crépita. D’instinct, elle resserra sa prise sur son ventre avant de grimacer. Elle avait mal. Si le monstre continuait ainsi, elle risquait d’accoucher, ce qu’elle refusait.
Ce ne fut que lorsqu’elle sentit une goutte effleurer ses lèvres qu’elle prit conscience de l’humidité de ses joues. Inquiète qu’il puisse s’agir de sang, elle porta une main à son visage. Elle pleurait. Un faible sourire étira ses lèvres. Ses paupières se fermèrent. Ses pensées l’amenèrent vers son époux, puis vers son premier fils dont elle ne s’était jamais vraiment occupée. Des regrets, elle en avait déjà eu, mais jamais encore pour sa famille. Elle n’existait pas pour aimer. L’amour n’était qu’un sentiment illusoire.
Un mirage auquel avait succombé le monstre qui lui faisait face. Égoïste, après être tombé sous son charme, il l’avait entraînée de force sans s’interroger sur ce qu’elle pouvait éprouver.
La femme se répéta qu’elle n’avait jamais aimé qui que ce soit. Mais alors pourquoi le visage de son époux la hantait-elle ? Pourquoi espérait-elle le revoir ? Respirait-il seulement encore ? Avec une soudaine clarté, elle sut qu’il n’avait pas survécu au naufrage.
Une voix grave interrompit le cours de ses pensées.
— Je vais te laisser partir. Tu vas quitter cet endroit et ne jamais y remettre les pieds.
Elle se figea. Les mains posées sur son ventre, elle s’efforçait de calmer ses tremblements.
— Oui. Je vais partir.
Elle eut de la peine à reconnaître sa voix, devenue rauque.
— Et je ne reviendrai jamais. Je le jure.
Le monstre se rapprocha d’elle. Des relents de pourriture l’accompagnaient et assaillirent les narines de l’humaine. Quel que soit le nombre de fois où elle le voyait et le sentait, elle ne parvenait pas à s’habituer à cette odeur pestilentielle. Des effluves de mort, de décomposition. Celles de ses victimes, des marins qui s’étaient échoués sur cette île perdue dans l’océan Atlantique.
— Mais tu seras comme moi, reprit la chose, d’une voix où se mêlaient tristesse et jubilation.
La femme eut un mouvement de recul. Elle fixa de ses yeux craintifs la forme inquiétante de son ennemi. Devenir comme lui ? Une masse informe, sombre, prisonnière de cette apparence hideuse ?
— Tu t’inquiètes pour ton reflet, releva le monstre en avançant une main griffue vers elle. Tu n’as pas à t’en faire. Il demeurera inchangé. Ta malédiction ne sera pas visible comme la mienne. Du moins, pas pour les autres.
Il tenta une nouvelle fois de s’approcher, mais la femme se détourna et se mit à courir. Elle partirait de cette île saine et sauve.
— Tu ne trouveras jamais le repos.
Elle n’accorda pas la moindre attention aux paroles que portait l’air, à ces horribles mots qui semblaient d’ores et déjà sceller son destin. Elle méritait mieux, tellement mieux !
Au loin, une vieille chaloupe se dessinait sous les rayons de la lune. Elle ne l’avait jusqu’alors jamais vue. Sans doute le monstre l’avait-il amenée là afin de lui permettre de prendre le large. La coque s’avérait en bien piteux état. Une paire de rames usées l’accompagnait. Pourtant, l’humaine savait qu’elle parviendrait à l’utiliser et à naviguer jusqu’à trouver une terre, quelle qu’elle soit pourvu que ce soit loin de cette île.
Sans attendre, elle poussa de toutes ses forces la chaloupe vers la mer. Lorsque les vagues léchèrent ses cuisses, elle y monta et oscilla. Pendant un court instant, elle stoppa ses mouvements et poussa un faible gémissement. Son ventre la faisait souffrir. Soudain, un violent coup de vent la surprit. Elle s’accrocha au bastingage, le souffle court. Elle attendit avant de plonger les rames dans l’eau, le cœur au bord des lèvres, craignant qu’un nouveau souffle glacial ne la fasse chavirer. Avec lenteur, elle s’éloigna de la terre. Le silence n’était plus entrecoupé que par les bruits de ses rames frappant les flots et de sa respiration haletante. Elle partait enfin. Elle rejoindrait vite une nouvelle terre. Alors elle pourrait poursuivre sa vie et tenter d’oublier les semaines passées.
Une nouvelle bourrasque fit chanceler sa chaloupe. De stupeur, elle en lâcha les rames qui s’enfoncèrent dans l’océan. Paniquée, elle plongea ses bras dans l’eau dans le vain espoir de les rattraper, mais l’embarcation s’ébranla.
Grelottante, elle se recroquevilla sur elle-même et observa la silhouette noire qui se dessinait près d’elle. Une main squelettique se posa sur son abdomen. Avant même qu’elle ait pu faire le moindre geste, une longue griffe passa sur son ventre rebondi puis se posa entre ses seins. Tandis que le monstre susurrait quelques dernières paroles, la pointe de sa griffe transperça la peau et grava la chair. L’humaine eut beau chercher à se débattre, une force inconnue l’empêchait de fuir.
Puis, aussi soudainement que le monstre était arrivé, il disparut. Immobile, la femme resta au fond de son embarcation, sanglotant aussi bien d’effroi que de rage. Il l’avait marquée. L’obscurité parut plus profonde et le règne du silence fut brisé par des milliers de voix venues de toutes parts.
Elle serra les poings, songea avec force qu’elles provenaient de l’île. Elle devait partir, et vite. Et alors qu’elle se redressait, chancelante, elle s’efforça d’ignorer la marque indélébile du monstre, promesse d’une tourmente qui commençait. Les voix qu’elle entendait n’appartenaient pas aux vivants. Le temps n’avait plus aucune emprise sur elles.
Chapitre 1
Le silence.
Peu de personnes savent apprécier le silence à sa juste valeur. Il plonge certains dans un profond malaise, semble suspect à d’autres. Pas Tiago.
Non. Lui, il l’aimait. Il aimait ces instants de quiétude dans ses quartiers, lorsque la mer était calme, la météo clémente, qu’ils se trouvaient assez éloignés des côtes pour qu’aucune mouette ne les importune et que seule demeurait cette tranquillité. Dans ces moments-là, il attrapait sa pipe bien-aimée, la bourrait de tabac et fumait avec un profond sentiment de plénitude. Il se faisait la réflexion que ce calme lui rappelait l’Ignis, son pays natal.
Oh, bien sûr, Tiago Martins appréciait aussi le doux bruit des vagues, l’odeur iodée de la mer ainsi que les rires de ses compagnons, mais il avait besoin de son petit instant d’accalmie quotidienne. Accalmie qui venait de se briser, pour son plus grand malheur.
Les voix lointaines de ses hommes et les bruits de ce qui devaient être leurs travaux résonnèrent à ses oreilles. Et à sa porte, la vision de sa charmante nièce s’avérait tout aussi… « agréable ».
— Tiago !
Comme la colère présente dans sa voix, bien sûr. Cela allait de soi.
Il savait que la discussion qui allait suivre n’allait pas lui plaire. L’air colérique de la jeune femme, ses mains posées sur ses hanches et ses yeux plissés étaient de très bons indices quant à ce qu’elle allait lui dire… ou lui faire.
Sa nièce claqua la porte derrière elle. Tiago sursauta ; il n’avait aucune idée de ce qu’il avait fait (bon, peut-être avait-il sa petite idée… ), mais il sentait que sa colère était légitime. Pour une fois. Et non, il n’allait pas l’admettre à haute voix.
Son lieutenant, toujours aussi effrayante malgré sa petite taille, s’approcha à grands pas du lit, les bras croisés sur sa poitrine. Un léger tic agitait ses fins sourcils et Tiago devait avouer qu’il les avait toujours trouvés anxiogènes.
Il éloigna sa pipe de ses lèvres, haussa un sourcil et osa poser la question.
— Rosa ? Tu peux m’expliquer ce qu’il te prend ?
— Ce qu’il me prend ?! s’insurgea la jeune femme en attrapant la pipe de son oncle.
Tiago ne put que suivre des yeux la grandiose envolée de sa pipe qui s’échoua lamentablement sur le parquet, quelques petits mètres

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