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Description


DARK ROMANCE



Et si se désirer était un crime ?
Hannah et Laurent s'aiment d'un amour fusionnel, d'un amour destructeur, mais refusent d'assouvir leur désir l'un pour l'autre.
Au siècle des lumières et des libertinages, ils libèrent leurs désirs et leur frustration en plongeant toujours plus profondément dans les dérives.
Mais leur amour les obsède. Ne pas l'apaiser devient une lente torture que Laurent transforme peu à peu en jeu.
"Gémis, Hannah", puisque c'est tout ce qu'elle peut lui donner, pour ne pas sombrer dans le vice et la volupté.
Mais n'est-ce pas déjà trop tard ? S'aimer est-il un crime ? Se désirer à ce point est-il encore humain ?
Des pas semblent se rapprocher de la chambre où ils s'étreignent. Des pas qu'ils craignent et espèrent. Des pas qui peuvent les détruire.
Comme autrefois...




Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 12 mai 2021
Nombre de lectures 7
EAN13 9782379932083
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Angel Arekin
 
 
 
 
Jeu vespéral
 
 
 
 
 
 
 
 


L’auteure est représentée par Black Ink Éditions. Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de ce livre ou de quelque citation que ce soit, sous n’importe quelle forme.
 
Nom de l’ouvrage : Jeu Vespéral
Auteur : Angel AREKIN
Suivi éditorial : Sarah Berziou
 
© Black Ink Éditions
Dépôt légal mai  2021
 
Couverture © Black Ink Éditions.
Réalisation  Juliette BERNAZ .
Crédits photo : Shutterstock
ISBN 978-2-37993-208-3
 
Black Ink Éditions
23 chemin de Ronflac - 17440 Aytré
Numéro SIRET 840 658 587 00018
 
Contact : editions.blackink@gmail.com
Site Internet : www.blackinkeditions.com
 
 
 
Table des matières
Livre 1 Libertinage
Chapitre1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Livre 2 Apprentissage
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Chapitre 40
Épilogue
Bonus 1
Bonus 2
Bonus 3
Bonus 4
Bonus 5
Remerciements

 
 
AVERTISSEMENT
 
 
 
Il est rare que je mette en garde un lecteur des pages qu’il s’apprête à découvrir, mais sachez ceci avant d’en débuter la lecture : ce roman est sombre, violent parfois, et même si les personnages y sont fictifs et l’histoire imaginaire, certaines scènes peuvent choquer les plus sensibles.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À mon âme-sœur
 
 
 
 
 
 
 
 
« Il est très doux de scandaliser: il existe là un petit triomphe pour l’orgueil qui n’est nullement à dédaigner. »
De Marquis de Sade - La Philosophie dans le boudoir

 
 
Livre 1 
Libertinage
 
Chapitre 1

 
 
— Gémis. 
Laurent s’assied sur le matelas, s’adosse contre le pilier ornementé d’oves du lit à baldaquin, prend le temps d’allumer un cigare, puis replie son genou contre sa poitrine.
— Gémis, m’enjoint-il.
Silencieuse, je m’installe en tailleur au milieu du lit, parmi les draps et la courtepointe de velours incarnat. Je prends une profonde inspiration, tandis que mon regard rencontre ses iris aux couleurs de jade, d’un vert diaphane, aux incrustations presque laiteuses. D’un geste nonchalant de la main, il balaie une mèche blonde et coince au creux de sa bouche son cigare à moitié consumé.
J’étire les bras vers le plafond. Mon souffle est encore lent. D’abord mesuré, un souffle de gorge. Puis, de plus en plus profondément, il accélère. Ma respiration s’anime. Ma poitrine se soulève. Je ferme les paupières. Alors, j’imagine ses mains me frôler, ses doigts caresser les ourlets de chair souple, s’introduire à l’intérieur de mon corps.
— Gémis. 
Des plaintes franchissent mes lèvres, plus hardies et plus intenses. J’ouvre les yeux et le contemple, immobile, enveloppé dans ses vêtements de velours et de soie noire. Un ange déchu, aux contours sublimes, à l’obscurité déguisée. Il ne détache pas ses magnifiques prunelles de ma peau qui se nimbe de chair de poule, et prend plaisir aux cris qui se dérobent lentement à ma gorge. Il fume et détaille chaque partie de mon corps. La courbe de mes seins sous la dentelle blanche de ma chemise de nuit. Mes jambes nues, un peu ouvertes.
— Gémis.
Les murmures enflent, se gonflent, charriés par la fièvre, excités de ce sexe qui va-et-vient dans mon esprit. Ce n’est qu’une chimère, comme un horrible monstre arraché d’un lac pour m’attirer dans les abysses, mais elle me possède inéluctablement. Peu à peu, cette jouissance fictive m’étreint, comme si l’espace d’un instant, celle-ci pouvait devenir réelle. Je jouis, gémis sous ses yeux alanguis qui ne perdent rien du spectacle. Puis, ma voix s’éteint lentement et s’évapore dans le silence de la chambre. Je me laisse retomber parmi les oreillers, suffocante, le corps aussi tendu et épuisé que si je venais réellement de faire l’amour.
Laurent se redresse aussitôt, jette son mégot dans son verre de vin. Le matelas s’enfonce sous son poids. Il pose une main à l’orée de ma gorge frémissante, une main possessive et presque menaçante, et m’embrasse. Un baiser du bout des lèvres, furtif et chaste. Puis, il s’écarte légèrement.
— J’aimerais savoir qui tu imagines lorsque tu jouis ainsi, susurre-t-il, l’ivresse se cristallisant dans ses prunelles.
Je tisse sur mes lèvres un sourire malicieux.
— Tu ne me le diras pas, n’est-ce pas ? 
Je secoue la tête au creux de l’oreiller.
— Garde ton secret, alors. Je le découvrirai bien un jour ou l’autre.
— Peut-être que oui, peut-être que non. Peut-être que, comme moi, tu l’imagineras.
Un ricanement lui échappe, un brin rauque et désabusé. Il se relève du lit et enfonce ses mains dans les poches de son haut-de-chausse noir.
— Je présume qu’il serait malséant qu’un homme si épris de sa femme ne vienne pas l’honorer demain soir, qu’en penses-tu ? ironise-t-il.
— Tu daignerais abandonner tes maîtresses pour venir goûter à cette jouissance factice ? Je suis surprise que tu fasses si grand cas de moi, me moqué-je.
Son visage se transforme un instant, passant de l’ironie à la mélancolie comme on passerait une nouvelle veste sur les épaules.
— Ne joue pas ce rôle, Hannah. Tu es la personne la plus importante de ma vie, à bien plus d’un titre. Ces maîtresses-là, quel intérêt ? Tu es mon existence, ma douleur. Grand Dieu, nous savons tous les deux à quel prix s’élève cette vérité.
Alors que mon sang se glace dans mes veines, que je sens le délicieux poison de ses mots se distiller en moi, il réduit la distance entre nous, se penche sur le lit et laisse son regard vagabonder sur mon visage. Je lis dans ses yeux cet éclat de détresse qu’il tente de masquer sans y parvenir tout à fait. D’une voix pourtant maîtrisée, il brise la lourdeur de l’atmosphère :
— Du reste, j’aime t’admirer de la sorte, quand tu t’offres ainsi. À ce plaisir-là. Le nôtre, Hannah. Aussi délétère soit-il. Aaahhh ! Nom de Dieu, j’aimerais savoir qui tu imagines dans ton lit dans ces moments, te faisant toutes ces choses qui t’arrachent ces cris. 
Ceux-là même qu’il souhaiterait tant me voler…
Je roule sur lui un regard faussement narquois tandis qu’il soupire. Nous sommes devenus si doués pour mentir, pour feindre la normalité.
— Malheureusement, mon ange, il n’entre pas dans tes prérogatives de le découvrir. 
Il hausse les épaules d’un air désolé.
— De toute façon, demain soir, nous sommes invités chez les De Mestre, ajouté-je. Aurais-tu oublié ?
— En effet. Voilà une bien triste nouvelle. Nous remettrons donc cet interlude à un autre jour.
— Je le crains.
Son index frôle mes lèvres.
— Garde-moi ces gémissements pour plus tard, je déteste devoir m’en sevrer, même une soirée de plus.
Laurent se courbe devant moi en une parodie de révérence, souriant avec mélancolie, et s’éclipse, après avoir jeté sur ses épaules sa veste de velours d’un geste indolent. La porte tout juste refermée, je fixe la mousseline du lit, les voiles chamarrés de pourpre qui oscillent dans la brise du soir, et, comme à l’accoutumée, un goût d’inachevé emplit ma bouche tel du vinaigre. Je noue un bras sous ma nuque, l’autre posé, en attente, sur mon ventre. Le parfum de Laurent, masculin, embaume encore toute la pièce, légèrement acidulé, une saveur de musc et d’épices. Elle m’enivre mieux qu’un bon vin et involontairement, m’abandonne, lasse. Au fond du lit, je fixe la porte désespérément, en souhaitant qu’il la franchisse de nouveau pour ne plus jamais s’éloigner de moi.
Laurent de Monteuil. Que dire de lui, sinon qu’il est beau, attachant et dissolu, que je l’aime, le désire et le déteste tout à la fois ? Laurent possède tous les attraits physiques d’un gentilhomme accompagnés de tous les vices d’un satyre. Une jolie figure pervertie par un esprit dévoyé. Fils du puissant et rusé Marquis de Monteuil, Laurent est l’heureux détenteur d’une fortune immense, propriétaire de vastes domaines en province, ainsi que de plusieurs hôtels particuliers en plein cœur de la capitale. Ajoutez à cette richesse de biens une fortune auprès des femmes qu’il cultive à loisir, les méprisant toutes et les conquérant avec un appétit sans cesse renouvelé. Il se prête au jeu de la cour, séduit et envoûte, puis vagabonde dans les mauvais quartiers à la recherche des tavernes et des putains. Laurent est un joueur, passant le plus clair de son temps aux tables de jeu du Palais-Royal, tournant autour des consoles à la recherche de sa prochaine victime. Il hante les cabarets dans lesquels il se vautre avec ivresse, débauche et excès. Laurent possède l’un des esprits les plus vifs et les plus charmants qu’il m’ait été donné de côtoyer, s’accommodant de ses mœurs faute de pouvoir les combattre. Il mène une vie de bohème dans ce siècle de libertinage.
Pourtant, en dépit du dérèglement de ses penchants, Laurent n’a pas l’audace ou seulement le courage de poser la main sur moi. Jamais il ne me touche. Voilà l’un des serments de notre mariage : la vertu imposée dans le cœur du libertin.
 
 
Chapitre 2

 
 
Le vent est frais sur la terrasse. Les mains posées sur la rampe, face au parc, j’admire les massifs de fleurs aux couleurs variées, et prends une goulée d’air frais, enfin soustraite à la chaleur étouffante de ce dîner dans la fastueuse demeure des De Mestre. À quelques mètres, une vingtaine de nobles suffisants conversent de ce ton guindé d’une misère qu’ils méconnaissent ou de sexe sans oser le mentionner. Dans le salon, Laurent semble s’ennuyer. Il lui tarde assurément de pouvoir se sauver et de courir les catins indigentes ou les riches putains dans ces troquets

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