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Description

Où Catherine, avocate parisienne, pourrait-elle plus qu’à New York réaliser ses ambitions professionnelles tout en comblant sa passion pour la mode et le chic ? Voilà pourquoi, lorsqu’elle reçoit une proposition d’Edwards & White, l’un des plus importants cabinets d’avocats de Manhattan, elle l’accepte sans hésiter. Une vie de rêve s’offre alors à elle, et elle saura faire rimer prospérité et vêtements griffés.
Catherine se retrouve cependant vite confrontée aux dures réalités de sa profession – la pression des heures facturables, les demandes inces­santes d’une supérieure impitoyable, les manigances des assistantes, les avances d’un client libidineux – et elle commence à s’interroger sur son choix de carrière. Sa rencontre avec Jeffrey Richardson, un riche client, apporte néanmoins à sa vie new-yorkaise le tournant espéré : à elle le shopping, les spas, les limousines et les soirées chics ! Jusqu’à ce qu’une demande contraire à l’éthique lui impose de réévaluer sa place dans ce monde dont elle avait toujours désiré faire partie…
Dans l’esprit de Le Diable s’habille en Prada et Nanny : journal d’une baby-sitter, J’adore New York est un roman drôle et intelligent où se côtoient l’ambition, la cupidité, l’amour et le glamour.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 novembre 2011
Nombre de lectures 1
EAN13 9782764410615
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0550€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Collection dirigée par Anne-Marie Villeneuve
J’adore
New York

ISABELLE LAFLÈCHE

Traduit de l’anglais par Caroline LaRue et Michel Saint-Germain
À mes parents et à Patrice
Le parfum d’une femme en dit bien plus à son sujet que son écriture.
Christian Dior
Edwards &White
Edwards & White est l’un des plus importants cabinets d’avocats internationaux, avec 45 bureaux en Asie, en Australie, en Europe et en Amérique.
Notre bureau de New York est le plus dynamique et connaît une expansion constante ; il compte plus de 500 avocats et représente la pierre angulaire de notre réseau international.
Nous cherchons actuellement des candidats parmi nos avocats chevronnés et ambitieux pour pourvoir des postes au sein de notre équipe de New York. Les candidats choisis auront la possibilité de travailler à des mandats prestigieux que nous confient les sociétés les plus influentes du monde, les grandes institutions financières et les agences gouvernementales. Le bureau new-yorkais offre un climat de travail collégial, axé sur la collaboration et non sur la hiérarchisation, ainsi que d’excellentes occasions d’avancement. Nous proposons une rémunération concurrentielle en plus d’une indemnité de déménagement généreuse.
Chapitre 1
« L E MASSACHUSETTS ! Où est passé le foutu dossier du Massachusetts ? »
Un homme de grande taille, cramponné à ses bretelles, arpente le corridor à longues enjambées, en ponctuant chacun de ses pas du nom d’un État. « Le New Hampshire ! » Il s’arrête devant une salle de réunion où des avocats enfouissent avec acharnement des liasses de papier dans des enveloppes. « Et le Maine ! Merde ! Est-ce que les documents pour le Maine sont prêts ? » Il reprend sa cadence, s’éponge le front avec un mouchoir, et passe la tête dans l’embrasure de la porte d’une autre salle de réunion où quelques associés semblent sur le point de s’effondrer sous le stress.
Je jette un coup d’œil dans la pièce et j’épie ce chaos en attendant l’adjointe administrative du bureau. Six jeunes avocats sont assis autour d’une grande table en acajou jonchée de tasses en polystyrène. Les hommes ont relevé leurs manches et desserré leur cravate, et les femmes ont retiré leur veste de tailleur. Ils semblent tous avoir été privés de sommeil depuis des semaines.
L’homme aux bretelles surgit dans l’ouverture de la porte. « ET OÙ SONT LES PUTAINS DE PAQUETS POUR LE DOSSIER DE LA CAROLINE DU NORD ? »
Les avocats s’escriment nerveusement à remplir les enveloppes sous son regard scrutateur.
« Qu’est-ce qui se passe ? » dis-je à un homme blond assis près de la porte, après que M. Bretelles est parti s’en prendre à son prochain groupe de victimes.
« Une enquête majeure. Nous présentons des requêtes auprès des autorités de réglementation des cinquante États. L’un de nos plus gros clients risque la prison. »
« Qui est le type aux bretelles ? »
« Harry Traum, chef du contentieux. Il est expert en défense de la criminalité en col blanc. »
« Oh ! »
« Un ancien général de l’armée, difficile à satisfaire, ajoute-t-il en murmurant. En passant, je m’appelle Alfred. Et vous ? »
« Catherine. J’arrive du bureau de Paris. »
« Magnifique, bienvenue à bord », dit-il à ma poitrine.
« Merci. »
Soulagée d’avoir accepté ma mutation au sein de l’équipe du droit commercial, je retourne à la réception où une femme d’âge moyen, à la chevelure rouge feu parfaitement coiffée et aux ongles assortis, m’attend avec une boîte de cartes professionnelles.
« Vous êtes sans doute Catherine. Bienvenue à New York. Moi, c’est Mimi, l’adjointe administrative. Vous aurez ce bureau, là-bas, dans le coin », dit-elle. Alors qu’elle pointe du doigt l’endroit désigné, une série de bracelets dorés s’agitent et étincellent à son bras.
« Un bureau d’angle avec vue panoramique ? »
« C’est temporaire, ma chère. » Elle me donne une petite tape sur l’épaule. « C’est jusqu’à ce qu’un nouvel associé arrive et que votre bureau soit prêt. Personne n’obtient un bureau d’angle avant sa dixième année dans le cabinet. Mais ne vous inquiétez pas, avec le temps, vous en aurez un », ajoute-t-elle d’un ton de conspiratrice.
Je m’en veux d’être si naïve. Dans les grands cabinets juridiques, un bureau d’angle représente l’ultime symbole du succès, la carotte qu’on brandit au nez des avocats les plus ambitieux, qui trouvent valable de se faire suer pendant des années pour obtenir une vue panoramique, qui n’est en réalité rien de plus qu’un espace comme bien d’autres où facturer des heures supplémentaires. Est-ce que c’est puéril ? Oui . Est-ce que j’en veux un ? Absolument .
Nous marchons côte à côte et, à part la voix de Harry Traum qui résonne en arrière-plan, un silence de mort plane dans le couloir. Le décor minimaliste, les planchers de marbre et les tableaux contemporains donnent au bureau une ambiance froide et impersonnelle.
« Ici, on a tout ce qu’on veut », prévient Mimi en me faisant visiter les lieux. « Nous sommes arrivés au premier rang du sondage annuel de law.com sur les meilleurs milieux de travail, se vante-t-elle avec une voix de speakerine. On sert un petit-déjeuner complet tous les matins, un service de limousine est disponible jour et nuit, et tous les avocats voyagent en première classe. »
Elle tourne les yeux vers moi pour vérifier si je suis impressionnée.
Je hoche la tête sans rien dire, car j’avais les mêmes avantages à Paris.
« J’ai failli oublier de mentionner que nous avons récemment ajouté quelques éléments à la liste, y compris des services de conciergerie et une assurance sur les animaux de compagnie. »
Une assurance toutou ? Quel avocat de ce cabinet a le temps de s’occuper d’un animal ? Ça me semble aussi ridicule que d’offrir des services de garderie à un groupe de moines.
« Et nous avons récemment lancé un nouveau Programme “Amitié ”, grâce auquel on encourage les associés et les autres avocats à dire bonjour, merci et bonsoir aux avocats juniors. N’est-ce pas charmant ? » s’exclame-t-elle, les yeux brillants d’excitation, comme si de tels gestes étaient extraordinaires.
Il est évident que je devrai m’ajuster ici à un nouveau jeu de règles sociales.
« Eh bien, voici votre bureau. Laissez-moi savoir si vous avez besoin de quoi que ce soit. En passant, j’adore votre accent français il est adorable. »
Elle me serre chaleureusement la main.
J’ai à peine le temps de poser mon sac qu’on frappe à la porte.
« Catherine, dah-ling, welcome to New York ! » Je lève les yeux : un Indien d’une beauté saisissante, vêtu d’un complet noir ajusté, se tient dans l’embrasure de la porte. Il a un teint doré rayonnant, une stature haute et svelte, et il parle anglais avec un accent très sensuel. Je reconnais instantanément Rikash ; nous nous étions parlé plusieurs fois alors que je travaillais sur un dossier pour le bureau de New York. Vu son penchant pour la haute couture française, on s’était instantanément lié d’amitié au téléphone, et j’avais sauté de joie en apprenant qu’il serait mon assistant à New York.
« Rikash ! Je ne peux pas croire que nous allons travailler ensemble ! Je n’ai jamais eu un mec comme assistant, surtout pas avec une peau plus belle que la mienne. »
« Je sais, n’est-ce pas merveilleux ? Tu es maintenant dans mon territoire de shopping ! Je brûle de t’emmener faire une virée en ville. »
« J’en ai très envie, moi aussi. Tu as tellement de goût. »
« Ah ! tu as bien raison ! »
« Tu te rappelles cette valise Goyard en édition limitée, que tu m’as fait acheter pour toi il y a quelques années, quand elle a été lancée ? Je suis encore jalouse que tu en aies eu une. »
« Cette vieillerie ? Tu peux la prendre, ma chouette . Elle est vraiment dépassée. À partir de maintenant, tout ce qui est à moi t’appartient, sauf les hommes, bien sûr. »
« Merci, j’en prends bonne note. Dis-moi, t’en es où avec ce documentaire ? »
« Lequel ? J’en ai entrepris quelques-uns dernièrement. » Ses yeux s’éclairent : de toute évidence, il est aux anges en voyant que je m’en souviens. Je suis ravie, moi aussi j’aurai besoin de sa complicité pour survivre ici.
« Celui sur le travail des enfants en Inde. »
« J’espère qu’il sera choisi par un festival de films indépendants à Mumbai. »
« Vu ton talent, c’est assuré. »
« Je croise les doigts. Bon, si tu as besoin de quoi que ce soit, je le répète, de quoi que ce soit, tu n’as qu’à me le dire. Je suis toujours heureux de rendre service. 

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