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Description

Rien ne va plus dans la vie de Benjamin. Après avoir rencontré Cathy, une femme exceptionnelle, pendant ses vacances à Lacanau, il est obligé de la quitter pour retrouver une vie qu’il déteste, dans la grisaille de Paris.


Cathy a dû renoncer à Benjamin. Leurs univers semblent incompatibles. Et pour cause, il vit sur la terre et elle vit sous l’eau. Mais quand une marée noire déferle sur les côtes de l’Atlantique, Cathy n’a pas le choix : pour sauver son peuple, les Sirénéens, elle a besoin d’une aide extérieure. Et elle se tourne vers Benjamin.

Ensemble, ils vont unir la terre et la mer pour mener le plus dur des combats : celui de la survie de leurs espèces et de l’amour.
Et si la solution n’était pas là où on l’attendait ? Une histoire haletante entre survie de l’espèce, amour, magie et suspense.


Ce roman a pour origine la nouvelle "Une semaine à Lacanau".

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782378122959
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

À tous les amoureux de l’océan.



Chapitre 1
— Au revoir, Benjamin ! salua une femme, vêtue d’une blouse tachée de sang.
La camionnette des abattoirs Simonolot démarra et ramena son conducteur sur le parking de la rue Pierre Dénarow. C’était sa dernière livraison avant de partir en vacances. Une semaine de liberté ! Un sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme.
Une fois les clés accrochées à un panneau du garage, il rejoignit d’un pas joyeux son Combi rouge et blanc, qui l’attendait sur une place de stationnement. Trônant sur le tableau de bord, la carte dépliée indiquait son itinéraire, direction Lacanau, l’un des meilleurs sites français. Pour un passionné de surf comme lui, c’était le pied ! Il ne possédait pas grand-chose, mais au moins, il avait sa Tina et sa Cléo, respectivement son Volkswagen et sa planche, décorée d’une belle hawaïenne en tenue traditionnelle. Elle était unique.
C’est d’ailleurs Tina qui lui servait de logement ; il ne gagnait pas assez pour un loyer. Elle était un vrai bijou, non seulement elle attirait tous les regards avec sa forme reconnaissable entre toutes et son rouge éclatant, mais elle dissimulait des trésors d’ingéniosité pour en faire un abri mobile. Elle avait une plus grande classe que les camping-cars ou autres vans aménagés. Ses courbes généreuses permettaient de disposer par exemple d’un véritable lit deux places, de nombreux rangements, d’un réfrigérateur et d’un espace repas à son goût. Avec une table en forme de planche de surf réduite, son combi se distinguait déjà des différents modèles de même série. Avec deux amis bricoleurs, il avait créé un engin pratique, robuste et agréable à vivre.
Avec ce qu’il lui restait une fois payées l’essence, l’assurance et quelques réparations, il avait juste de quoi acheter ses bières et cigarettes. Manger était un luxe, surtout un vrai repas avec entrée, plat et dessert. D’ordinaire, il se contentait de sandwichs et de barres de céréales...
C’était selon ses moyens. Son contrat de vingt heures suffisait à peine.
Donc, ce soir, Benjamin avait prévu de quitter Paris pour Lacanau et demain matin, il dégusterait son café en admirant l’océan. Il s’imaginait attaquant les plus belles vagues, glissant dans de gigantesques rouleaux. L’impatience le gagnait, étreignant son cœur et son âme.
Des provisions se trouvaient déjà à l’intérieur de Tina, et Cléo était attachée sur le toit par des liens solides. Il avait décidé de prendre la route sitôt la nuit tombée, aimant conduire quand la majorité des gens dormait. Avec moins de circulation, les kilomètres d’asphalte se déroulaient tel un interminable ruban. Pour seule compagnie, son vieil autoradio passait en boucle les meilleurs tubes des Beach Boys et d’Offspring.
Concentré sur sa destination, le jeune homme ne ressentait aucune fatigue.
Il finit par arriver sans encombre vers neuf heures du matin sur le parking de la plage. Un rideau de pluie tombait sur ses vacances de rêve. Le ciel arborait des nuances grisâtres, mornes et la mer d’huile le déprimait. Quelques promeneurs marchaient sans but, protégés sous un parapluie, les yeux perdus vers l’horizon tandis que d’autres couraient pour se mettre à l’abri. Les terrasses des bars et des restaurants étaient désespérément vides. Çà et là, des serveurs se hâtaient de rentrer coussins et couverts. De même, les boutiques de souvenirs préféraient abriter leur stock, sachant qu’aucun touriste ne viendrait par ce temps. Benjamin commençait à se demander s’il avait bien fait de parcourir autant de kilomètres.
Son thermos de café encore chaud en main, il en remplit une tasse, assis derrière le volant. Le regard perdu, il ne cessait d’espérer que le soleil finirait par triompher et que le coefficient de marée augmenterait un peu. Surfer sous la pluie ne l’avait jamais dérangé. Avec sa combinaison, aucun problème ! Mais sans vague, impossible d’y remédier.
Les heures passaient et rien ne changeait. Le jeune homme avait beau fixer l’océan avec intensité : toujours autant de nuages et d’humidité. Qu’est-ce que je fais là, bon sang ? se lamenta-t-il, dépité. Et qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire durant toute une semaine ?



Chapitre 2
B enjamin déprimait en ressassant ce que son séjour aurait dû être : surfer toute la journée avec le grand astre pour seul compagnon. En fin d’après-midi, siroter une bière et fumer en observant des enfants jouer au ballon ou construire de formidables châteaux. Il aurait aussi admiré les femmes aux seins nus, allongées sur leur serviette. Leur peau dorée le fascinait depuis son plus jeune âge. Et le soir, il aurait pu en inviter une à le rejoindre sur sa banquette.
Il avala un fond de café froid en regardant, dégoûté, la pluie qui tombait du ciel sans discontinuer.
Vers dix-sept heures, il troqua sa tasse contre une bière. L’alcool l’aiderait peut-être à apaiser sa frustration. Ces vacances signifiaient tant pour lui et voilà que la météo s’acharnait sur Lacanau. Il n’avait vraiment pas de chance. L’unique semaine de congé, qu’il pouvait s’offrir avec ses maigres économies, se transformait en séjour d’un ennui mortel. Les sacrifices de cette année écoulée perdaient ainsi tout leur sens. Il ne lui restait plus qu’à espérer un miracle ! En attendant… Une canette, deux, trois... et d’autres encore, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus compter, plus penser.
Complètement ivre, Benjamin s’endormit.  
Le lendemain matin, les premiers rayons du soleil vinrent le réveiller. Le cœur enthousiaste, il se redressa sur son siège et contempla l’horizon, mais les épais nuages gris qui stagnaient au-dessus de sa tête le firent se renfrogner. La pluie recommença, quelques minutes plus tard, à tomber à verse. De l’autre côté des vitres, les gouttelettes s’accumulaient pour former un rideau de désolation entre son rêve de vacances parfaites et lui.
Puis la buée se déposa peu à peu et réussit à masquer tout à fait l’étendue de sable, ainsi que l’océan désespérément calme. Sur le panneau, le coefficient des marées affiché restait toujours au plus bas tandis que de rares promeneurs courageux marchaient le long de la plage, emmitouflés dans leurs K-way et couverts de la tête aux pieds.
Abattu, Benjamin s’enlisa dans son ennui, en buvant plusieurs bières pour oublier ce gâchis.
La pluie et l’océan se mêlaient. L’eau du ciel plongeait dans l’étendue salée tandis qu’une légère brume venait se déposer sur le paysage. Des larmes roulèrent bientôt sur les joues du jeune homme, sans qu’il prenne la peine de les essuyer. Il était seul. Personne ne le surprendrait dans cet état.
Soudain, on frappa contre la vitre latérale et Benjamin sursauta.



Chapitre 3
Pendant ce temps, sous l’océan.
A tlantis, cité natale de Cathy, s’éloignait à chaque nouveau coup de nageoire. Ville de nacre inconnue des humains, elle fait partie de moi comme je fais partie d’elle. Ce paradis pour créatures aquatiques respirait la paix et la tranquillité. Je me sens fière et chanceuse d’y vivre jour après jour.
À l’abri des regards, les descendants de la mythique Atlantide avaient évolué pour devenir d’authentiques habitants de l’océan. La magie et un régime alimentaire spécifique les avaient transformés afin de donner naissance à un nouveau peuple : les Sirénéens. Mélange d’humains et de poissons, ils avaient à cœur de préserver leur mode de vie tout en surveillant la Surface.
Si, par le passé, leurs ancêtres avaient dû disparaître, loin de toute convoitise, la menace avait fini par réapparaître. Sous une forme bien différente. Sans pour autant dévoiler leur existence, certains de ses semblables avaient la ferme intention d’empêcher qu’un autre cataclysme ne les condamne à fuir.
Cathy en faisait partie. Malgré les interdictions de son père, elle devait rejoindre la Surface. C’est plus fort que moi ! Son cœur était tiraillé entre la Terre et les Profondeurs.
Aux yeux de son géniteur, les humains étaient dangereux. Il n’avait sans doute pas tort, puisque la mère de Cathy était morte à cause d’eux, pourtant impossible pour moi de renoncer. Les mêmes idéaux nous inspirent, elle et moi. Sauver les océans et la nature dans son ensemble est ma priorité   ; c’est lors d’une de mes missions que j’ai aperçu le beau Benjamin.
Je m’en souviens comme si c’était hier...
Une pile de feuilles dans la main, elle s’efforçait d’expliquer l’importance de son action. Locaux et touristes se mêlaient aux abords de la plage, obnubilés par la perspective de dorer leurs corps au soleil ou de profiter des joies du surf. Le parking regorgeait de véhicules. Des groupes de jeunes gens riaient et discutaient sans se préoccuper de celle qui les interpelait. Peu importait leur désinvolture, la mission de Cathy était essentielle. Les cigarettes que certains d’entre eux arboraient avec fierté à la bouche ou les bouteilles de bière et de sodas dans leurs mains requéraient toute son attention. Ce genre d’objets pullulait sur le sable et même dans l’eau, aussi la prévention devait-elle s’allier aux opérations curatives pour remédier à la pollution environnementale. Nettoyer des kilomètres de plage impliquait sans cesse de nouveaux bras.
Grâce à quelques sourires, la sirène avait déjà réussi à rallier plusieurs recrues supplémentaires. À l’époque, son discours était toujours le même :
— Vous aimez l’océan et ses abords, veillez donc à ne pas les souiller. Ainsi, vous pourrez en profiter plus longtemps. Et si vous devenez ambassadeurs de la ville, vous aurez l’occasion de participer à cette vaste campagne de préservation. 
Passer pour une rabat-joie ne lui posait aucun problème, à partir du moment où cela lui permettait de marcher sur les traces de sa mère. Comme elle avant moi, la sauvegarde de la faune et de la flore marine me tient à cœur.
Fendant la foule, elle tomba nez à nez avec un jeune homme, grand, bronzé, blond aux yeux verts, qui por

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