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Description


Gaël


Jean-Paul Sermonte


Texte de 428 000 caractères, 73 700 mots, le livre papier fait 278 pages.


On ne vit qu’en laissant vivre.
Johann Goethe


Je dédie ce livre aux deux amoureux qui m’ont confié leur histoire. Que vive longtemps leur amour, au-delà des grimaces narquoises du temps, et du sourire entendu des hypocrites.
« L’amour surgit un jour, voyageur parfois inespéré, parfois inopportun et s’installe sans-gêne, dans notre vie. Il se fraye un chemin parmi nos pensées, nos rêves les plus secrets, pour le plaisir de les bousculer. Soudain, il nous fait aimer un être plus que nous-même. Un être qui, sans lui, notre cœur n’aurait peut-être pas choisi ! C’est l’objet de son choix, pas du nôtre, et pourtant il s’agit de nos vies !
Entremêlant tempêtes et azur, il nous bouleverse, nous grandit et nous persuade que plus jamais nous ne connaîtrons l’intensité d’un tel attachement. Cet amour-là, pourtant, permet un jour que l’ombre d’un autre amour puisse se glisser entre deux cœurs, entre deux âmes. Alors la colère, l’incompréhension et les méprises anéantissent tout ce qu’il nous avait aidés à édifier. Pourquoi ? Les rencontres naissent-elles
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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 juin 2020
Nombre de lectures 1
EAN13 9791029404191
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Gaël
 
 
 
 
 
Jean-Paul Sermonte
 
 
 
 
 
 
 
Je dédie ce livre aux deux amoureux qui m’ont confié leur histoire. Que vive longtemps leur amour, au-delà des grimaces narquoises du temps, et du sourire entendu des hypocrites.
 
 
On ne vit qu’en laissant vivre.
Johann Goethe
 
 
À toi.
À la dame de mes pensées, toujours je pense...
G. Brassens
 
 
 
Première partie
 
 
 
Chapitre 1
 
 
Depuis l’enfance, si je prenais le chemin des écoliers c’était pour guetter le chemin des écolières. J’aimais les filles. Par bonheur le temps des marguerites fut indulgent et doux pour mes jeunes années. Ainsi, jusqu’à dix-neuf ans, j’ignorais que dans la vie, comme l’a écrit le poète, rien n’est jamais acquis. Et que la gratuité du bonheur est un leurre.
J’étais un garçon qui se laissait séduire plutôt qu’il ne séduisait. Séduire exige un perpétuel effort, une recherche pour être aimé. Être séduit n’implique rien d’autre que d’accepter de l’être.
J’avais le physique de ma mère, ses cheveux châtains, lorsqu’elle ne les teignait pas en blond platine, l’ovale de son visage, ses lèvres… Ma mère fascinait par sa beauté hélas dépréciée par une nature détestable. Mon père, dont le physique était assez banal, possédait en revanche des qualités humaines qui ne cessaient de m’émerveiller.
Je maudissais ma mère qui nous avait abandonnés mon père et moi le jour anniversaire de mes dix ans. Elle était repartie vivre dans son pays natal, l’Angleterre. On ne l’entendrait plus maugréer ses incessants regrets de s’être laissée enterrer dans une ville de province française, avec un mari insignifiant et un enfant qu’elle ne désirait pas. Je devais donc aux supplications de mon père d’avoir vu le jour. Elle avait renoncé à l’avortement et essayé, mais en vain, de nous supporter. Elle avait puisé ce courage au travers de séjours de plus en plus prolongés sous prétexte de rendre visite à ses parents. Ce qui n’avait pas manqué d’étonner mon père : « quel dévouement pour des parents qu’elle méprise et qui le lui rendent bien ! » En vérité, on l’apprit plus tard, ses absences portaient un nom : Harry Smith. Le rédacteur en chef de la revue pour laquelle elle exerçait son métier de journaliste.
Puis vint cet anniversaire mémorable. Après m’avoir tendu un gros billet pour que je m’achète mon cadeau « car on n’est jamais si bien servi que par soi-même » elle asséna à mon père : « tu as gâché les plus belles années de ma vie ! Ton fils et toi vous vous aimez, vous ne m’aimez pas et je ne vous aime pas non plus, farewell ! » Depuis je reçois deux chèques dans ma vie : un à Noël, l’autre à mon anniversaire avec toujours le même mot : « pour que tu t’achètes ton cadeau, car on n’est jamais si bien servi que par soi-même ». S’est-elle aperçue au moins que les chèques n’étaient jamais débités ?
Le jour de son départ, je remarquai la pâleur de mon père. Je vins me blottir contre lui : « papa, tu es malheureux ? » Il me répondit « non mon fils, au contraire, si j’étais croyant, je ferais un signe de croix en guise de remerciement ! » J’avais éclaté de rire. Je me suis cru longtemps heureux, car persuadé que le bonheur ne s’apparentait qu’à une paix retrouvée. Pourtant, il m’arrivait d’apercevoir parfois dans le vert lumineux de ses yeux une ombre fugace de tristesse. Aussitôt, sans qu’il s’en doute, ce soupçon de mélancolie réveillait au fond de moi une petite blessure que je croyais oubliée. J’enrageais alors d’aimer malgré moi celle qui ne m’avait jamais aimé.
Ma mère ne me manquait pas, mais une mère oui. J’étais fils unique et j’appelais de mes vœux la venue d’un frère. La vie en a décidé autrement. Mon père avait enfin rencontré Catherine, une amie d’enfance retrouvée. Sa douce compagne, âgée de plus de dix ans que lui, l’adorait, mais ne s’aventurait pas à lui donner un enfant. Elle m’aimait aussi beaucoup. Je l’appréciais également, mais nous ne partagions pas assez d’affinités pour créer un lien de substitution à l’amour maternel.
C’est parce que j’avais hérité des traits de ma mère que l’on admirait tant, que je finissais par éprouver pour mon physique, non pas une aversion, mais une indifférence qui n’était point affectée. J’acceptais les compliments, pour ne pas paraître prétentieux. Mais si l’on s’y attardait trop, je cachais tant bien que mal un certain agacement. Lambiner devant un miroir plus d’une minute me semblait fastidieux et l’expression d’une stupide vanité !
Un jour, le photographe d’une agence de mannequins qui m’avait vu jouer dans un tournoi de basket proposa à mon père de m’emmener à Paris pour me présenter à un casting. Celui-ci avait répondu, subodorant ma réponse : « voyez directement avec lui, quoi qu’il décide, je serai toujours d’accord. » Bien entendu je refusai aussitôt. Le photographe n’en revenait pas : « mais en deux ans tu peux te retrouver dans toutes les revues de mode, tu pourrais ensuite tenter ta chance au cinéma, sans oublier des revenus dont tu n’as même pas idée ! Je t’offre la vie que tant de jeunes rêvent d’avoir et tu me dis non, mais pourquoi ? » « Parce que je ne suis pas assez amoureux de mon physique pour le voir affiché partout. Mon physique ne me représente pas, c’est une partie de mon être que je n’aime pas exposer. Vous dites me trouver beau, mais pourquoi en tirerais-je une quelconque fierté ? Ce genre d’orgueil rend idiot. Comment se vanter d’un cadeau du hasard ? Seul ce qui naît d’une passion ou d’une œuvre accomplie peut nous rendre fier. D’ailleurs j’ai déjà refusé de poser pour Daniel Orsoni. Vous connaissez Orsoni sans doute ? il possède une résidence secondaire non loin d’ici. » « Orsoni le peintre ? tu as dit non à un peintre qui vend des toiles aux quatre coins du monde ? Bon alors, je n’insiste pas, c’est sans espoir… mais ce qui me désole c’est que tu raisonnes comme si tu avais trente ans de plus. » Mon père, qui assistait à l’entretien, intervint aussitôt : « avoir trente ans de plus ne signifie pas forcément que l’on raisonne mieux qu’à dix-huit ans, mais je vous concède que mon fils, même enfant, a toujours possédé une maturité étonnante. »
J’aurais aimé ajouter que les enfants mûrissent peut-être plus vite lorsqu’on les abandonne. Je préférai m’abstenir, de crainte de déceler une nouvelle fois le reflet fugitif du chagrin dans le regard de mon père.
Parfois je me demandais avec angoisse : « que serait ma vie sans un père qui lui ressemble ? » Depuis le départ de ma mère, nous vivions seuls ensemble. Son métier, conseiller bancaire, le passionnait, mais son principal objectif fut de réussir surtout sa carrière de père.
Un jour que je le remerciais pour tant de dévouement à mon égard il me fit cette jolie réponse : « ta jeunesse empêche la mienne de s’enfuir trop vite. »
Je lui confiai pour ma part : « parfois, j’ai eu la tentation de faire quelques grosses bêtises comme en font beaucoup de jeunes, mais simplement d’imaginer la moindre déception dans tes yeux m’en a toujours dissuadé. »
Il était d’un tempérament doux, mais pas faible. Il ne contrariait jamais mes passions passagères, mes engouements éphémères. Il n’était pointilleux qu’en ce qui concernait mon éducation qu’il voulait irréprochable, arguant que « l’éducation est une politesse du cœur ». Aucune vulgarité de langage et de comportement n’était tolérée. Très vite j’appréciai les « bonnes manières » qui me semblaient rendre la vie plus élégante, plus légère. Il n’eut donc jamais à me sermonner sur ce sujet. Cet homme était ma mère, mon père, mon ami, mon psy…
Il ne se fâchait jamais. Parfois ses réactions, surtout venant de la part d’un père, me surprenaient et le grandissaient plus encore à mes yeux. Ainsi, lorsque je lui annonçai qu’en dépit d’études, somme toute brillantes, je mettrais un point d’honneur à rater chaque année mon baccalauréat, il ne broncha pas. Je lui expliquai que l’obligation d’aller au lycée n’impliquait nullement celle de se présenter à l’épreuve du bac. Cette année encore je rendrai une copie blanche ou je ne me présenterais pas à l’épreuve ! Pourquoi ? Parce qu’être bachelier… m’angoissait. Il fallait obtenir le bac pour avoir l’honneur de se trouver sur le point de départ d’un chemin tout tracé dans une société dont je me méfiais… Sans être prétentieux, je n’avais pas besoin de tricher pour obtenir mon bac, mais je tricherais avec moi-même si je l’obtenais ! Mon père, à l’opposé de la plupart des parents qui se seraient étranglés d’indignation ou de colère en entendant de tels propos, me répondit simplement qu’il… me comprenait ! « Oriente-toi toujours vers ton rêve, me disait-il, plutôt que vers une vie décidée par les autres. Tu sais, un jour de retour de l’école, ma propre mère me dit, soudain toute attendrie : « tu as bien grandi mon garçon, bientôt tu pourras faire ta communion solennelle. Puis le temps passera vite, tu verras ! Le collège, le lycée, peut-être l’université. Il y aura bien sûr le service militaire dont j’espère tu obtiendras au moins le grade de sergent, puis des études encore, pour que tu deviennes quelqu’un de bien. Ensuite tu trouveras un bon travail et une bonne épouse et tu nous feras de beaux petits enfants… ainsi ta vie sera réussie et nous tes parents nous serons fiers de toi. » Ces mots m’avaient glacé d’effroi. Ainsi tout était écrit ! Quelques jours plus tard, je découvris à la radio une chanson qui m’effraya tout autant puisqu’elle résumait les propos de ma mère. La chanson, je l’appris plus tard était une adaptation d’un succès de Malvina Reynolds, Little Boxes. Elle parlait de petites boîtes symbolisant les étapes de la destinée humaine. Les gens vivent dans des boîtes, (école, bureau, atelier…) font des enfants qu’ils enferment eux-mêmes dans des boîtes comme l’université… » Et ces enfants à leur tour bâtissent de nouvelles boîtes, jusqu’au jour final où ils « s’en vont dans des cimetières » pour finir dans des boîtes qui elles aussi « sont toutes pareilles. »
Le discours de ma mère et les vers de cette chanson m’accab

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