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Embrasse-moi encore , livre ebook

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Description

L’élagueur Aidan Drummond se satisfait de sa propre compagnie. Il travaille seul, vit seul et il ne lui vient pas en tête de changer quoique ce soit jusqu’à ce qu’un accident mette sa vie sans dessus dessous et qu’il se retrouve à l’hôpital. Puis son regard se pose sur le beau garçon dans le lit d’en face et tout change.


Ludo Giordano est coincé dans le service avec un groupe de vieux hommes. Son esprit lui joue des tours, le maintient éveillé. Puis tard un soir, un nouveau visage amène avec lui une distraction qui est la bienvenue. Leur amitié inattendue est addictive et comme la plupart des choses dans la vie de Ludo, temporaire.


De retour dans la vie réelle, l’existence monochrome ne suffit plus. Il a besoin de la couleur que Ludo lui a apporté et lorsque le hasard les réunit une fois de plus, ils se retrouvent de nouveau inséparables.


Mais le bonheur arrive avec des complications. Aidan est sur le chemin de la guérison mais Ludo a été malade toute sa vie et cela ne va pas changer. Aidan peut l’embrasser autant qu’il le souhaite, mais s’il ne peut pas aider Ludo lorsqu’il a le plus besoin de lui, ils n’ont aucune chance.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 octobre 2019
Nombre de lectures 2
EAN13 9782375748848
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Garrett Leigh
Embrasse-moi encore


Traduit de l'anglais par Dale Cooper


MxM Bookmark
Mentions légales
Le piratage prive l'auteur ainsi que les personnes ayant travaillé sur ce livre de leur droit.
Cet ouvrage a été publié sous le titre original :
Kiss me again
MxM Bookmark © 2019, Tous droits réservés
Traduction © Dale Cooper
Suivi éditorial © Julie Nicey
Correction © Emmanuelle Lefray
Illustration de couverture © Garrett Leigh
Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit est strictement interdite. Cela constituerait une violation de l'article 425 et suivants du Code pénal.
ISBN : 9782375748848


S’il te plaît, Aidan… Embrasse-moi encore.


Note de l’autrice
Je tiens à remercier chaleureusement M pour m’avoir confié un aperçu de son quotidien en tant que personne souffrant de troubles bipolaires, et pour ses relectures attentives. Dans la note suivante, je vais me permettre de largement te citer :
Bien qu’elle soit le résultat d’intenses et méticuleuses recherches, l’expérience de Ludo en tant que personne atteinte de troubles bipolaires telle que décrite dans ce livre est purement fictive. Elle ne peut en aucun cas être considérée comme représentative de cette maladie. Aucune des opinions exprimées dans ce livre ne doit être interprétée comme un conseil médical. Si vous êtes sujet à des troubles mentaux et rencontrez des problèmes, veuillez en référer à un centre médical.


1
Aidan
— Il n’y en a que pour deux heures, Aidan. Pourquoi fais-tu sans arrêt ton branleur ?
J’épargne à Bernard, mon boss, un regard d’ennui.
— Il y en aura pour plus de deux heures, Bernard. Ce type que tu as engagé est un clown de compétition. Je dois tout le temps repasser derrière lui. Au mieux, il y en a pour une demi-journée.
— Et alors ? Il n’est que treize heures.
— Je termine à quinze heures, mon pote.
Bernard me lance une œillade assassine.
— Je te demande de faire des heures sup’, déclare-t-il. Un plein temps et demi, comme je l’ai dit au départ. Ne te fous pas de moi. Je te rappelle que tu es arrivé en retard lundi et que tu avais la tête dans le cul d’avoir trop picolé ! Tu m’en dois une.
J’en dois bien plus qu’une à Bernard, ce brave type, mais même si j’ai besoin de fric, je ne suis vraiment pas d’humeur à poireauter dans le froid plus qu’il n’est strictement nécessaire.
Jouer au con, c’est tellement plus facile que d’être responsable.
Je m’allume une cigarette, tout en ignorant Bernard et sa frustration grandissante. Les silences gênés ne me dérangent jamais. Pourquoi serait-ce le cas, alors que j’ai passé ma vie entière tout seul ?
Bernard pousse un soupir.
— Très bien. Je te paie double, c’est ma dernière offre. Si ce n’est pas suffisant pour toi, je me casserai le cul à ta place !
Genre. Bernard est en surpoids et cela fait des années qu’il n’est plus assez en forme pour grimper à un arbre. Et il est plein aux as, raison pour laquelle je n’ai aucun scrupule à le soulager de cinquante livres supplémentaires.
— Comme tu veux, dis-je. Mais si je n’ai pas terminé à dix-sept heures, je rentre quand même.
— Évidemment, dit Bernard qui dépose un jeu de clés sur le mur en pierre sèche contre lequel je suis appuyé. Mais cette fois-ci, ne laisse pas le van au pub, ou je te fais couper les burnes.
Il s’éloigne à pas lourds, me laissant finir ma clope en paix.
Je ne me casse pas à le regarder partir ; à la place, j’écrase mon mégot sous mon talon et l’éjecte d’une pichenette dans la poubelle la plus proche. J’ai vraiment pas que ça à foutre ! Mais j’ai déjà trois jours de retard sur mon loyer et la moitié de mon salaire est passé dans de la picole à emporter. Sans ce boulot de dernière minute, je l’ai dans l’os.
 
***
L’arbre à abattre est dans le jardin avant de l’une des plus belles maisons de Buckbourne. Les glandus de riches qui vivent dans ce quartier, avec leurs petits jardins bien entretenus et leurs grosses bagnoles qu’ils ne sont même pas foutus de conduire, me tapent sur les nerfs. Quand même, j’aime bien les arbres. Il y a quelque chose d’apaisant dans le silence qui les entoure. J’ai pour eux un respect que je n’éprouve pour quasiment rien d’autre.
Je prépare mon matériel, m’assure que mon harnais est bien sécurisé et grimpe au tronc pendant que la propriétaire m’observe depuis un perron plus grand que le studio que j’occupe et que j’appelle mon chez-moi.
— Vous êtes sûr qu’il faut grimper là-haut ? demande-t-elle. Le type de l’autre jour allait juste l’abattre.
Je lève les yeux au ciel, tâchant de faire comme si je ne l’avais pas entendue, mais j’ai appris d’expérience que certaines conversations s’étirent quand on les ignore. Je scrute les alentours de l’arbre en question et redescends du tronc jusqu’à poser pied à terre.
— Je vais l’abattre, mais pas avant d’en avoir sectionné les branches mortes. Autrement, une fois la base sciée, il y a un risque que toutes ses branches malingres me tombent sur la tête – ou la vôtre.
La femme cligne des paupières.
— Oh. D’accord. Votre collègue ne l’avait pas précisé.
Parce que c’est une grosse andouille. Je m’abstiens de le dire à voix haute. Je ne dis rien du tout. Je décoche à la cliente un regard morne et elle bat enfin en retraite dans sa résidence palatiale, sans même prendre la peine de m’offrir un petit café. La clientèle la plus régulière de Bernard est aussi la moins accueillante.
Je tourne le dos à la maison, rassemble le matériel nécessaire pour élaguer l’arbre avant de l’abattre et j’escalade à nouveau le tronc. Une fois au sommet, je ne résiste pas à l’envie de jeter un coup d’œil panoramique à la ville en dessous de moi. Je le fais tout le temps, c’est plus fort que moi. Ce boulot m’autorise une distance avec le monde, et c’est bien la seule raison pour laquelle je ménage suffisamment Bernard pour qu’il ne me vire pas. Je vis seul, je travaille seul et quand je m’assois auprès des oiseaux, c’est comme si tous ces connards n’existaient pas.
Solitude.
Tranquillité.
C’est une véritable honte de casser cette ambiance à coups de tronçonneuse, mais c’est la vie – la mienne, en tout cas – et le bruit blanc de la scie apporte avec lui sa propre sensation de détachement.
J’entame les branches malades. Certaines sont si fragiles que j’arrive à les casser à mains nues. Une fois la partie sud élaguée, je coupe la tronçonneuse et prends du recul pour constater l’avancée de mon travail. Il n’y a pas grand-chose à faire de l’autre côté et l’arbre chancelle déjà à cause du travail salopé de ce matin. Encore une demi-heure et j’en ai fini. Je tiens rarement mes promesses, mais j’entends le pub qui m’appelle.
Par habitude, je jette un œil à l’horizon vers la végétation environnante du village. Le Red Lion est facile à repérer avec toutes les décorations et lumières de Noël dont il est paré depuis la semaine dernière. Je peux presque sentir d’ici le goût de la Guinness qui me rafraîchit le gosier, l’odeur du feu dans l’âtre, et j’ai déjà l’impression d’entendre les bip et les ding-ding de ma machine à sous favorite. Encore quelques coupes et je pourrai…
Soudain, le rugissement d’un diesel vient me tirer de mes pensées. Agacé, je tourne la tête, en quête de l’origine de ce boucan.
Les faisceaux de deux phares viennent fendre la lumière déclinante du jour. Une camionnette grinçante apparaît au sommet du coteau en glissant sur l’asphalte gelé. Il va bien trop vite ! Le monde semble alors tourner au ralenti. Avec des gestes maladroits, je descends le long du tronc d’arbre tandis que la camionnette dérape dans ma direction et anéantit la barrière du jardin. En une fraction de seconde, le véhicule vient heurter l’arbre de plein fouet.
La chute dure une éternité.


2
Ludo
Je me cogne la tête contre la traverse du lit, afin d’entendre autre chose que les ruminations de mon propre esprit. Il est tard, pas loin de minuit, et le silence asphyxiant qui règne sur le service endormi de l’hôpital me donne envie de tout bazarder dans la chambre en hurlant. Je serais prêt à tout pour rompre ce calme oppressant.
Anxieux, je me redresse. Puis, je me recouche. Et me redresse à nouveau. Une énergie inopportune vibre dans mes veines, et la seule de mes deux mains qui n’est pas plâtrée est agitée de tremblements. Les effets de l’anesthésie générale se sont depuis longtemps dissipés et l’inconfort que représentent les broches métalliques fraîchement insérées dans mon poignet, irrémédiablement détruit, n’arrange en rien l’anxiété qui me brûle les entrailles.
Il faut que je foute le camp d’ici !
Sauf que s’enfuir n’est pas une option. Le personnel de nuit guette le moindre de mes mouvements. Ils savent que je risque de m’échapper, on les a prévenus. Je ne peux même pas aller aux toilettes sans escorte, et cette surveillance indésirable est presque aussi pénible que toutes ces fourmis invisibles qui me courent sur la peau.
Je m’étends à nouveau, ma poitrine se gonfle et redescend trop vite. Je me concentre sur la douleur palpitante sous le carcan de plâtre, et le picotement des points de suture qui maintiennent ma peau en place. Pendant un moment, la méthode fonctionne. Puis je sens à nouveau les fourmis, ces insectes louches qui m’envahissent, rampent sous mon plâtre, et me voilà pris d’une nouvelle poussée d’agitation. Dans mon dos, une sueur froide colle la fine étoffe de mon T-shirt contre ma peau, et dans ma tête, l’écho me laboure les tympans. J’ai besoin de… quelque chose !
Cette aile de l’hôpital est équipée de tout un tas de téléviseurs sur roulettes. Quand je suis chez moi, ma prédisposition à la paranoïa fait que je regarde rarement la télévision, mais prisonnier de cet enfer, je désespère d’une telle distraction. Et si je regardais la météo sans le son ?
Trouvant un chariot libre, je l’attire vers mon lit grâce au seul de mes membre

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