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C'était Presque Écrit , livre ebook

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Description


Au collège Jules Ferry, les vies professionnelles et personnelles de la CPE Léa s’embrouillent et s’entremêlent.


L’heure des choix a sonné et Léa ne peut plus reculer. Soutenue par Jeanne, l’envahissante mère pleine de surprises, Noémie, sa meilleure amie qui est passée en mode « coaching » et par Jérôme qui joue à merveille son rôle de petit frère protecteur, notre héroïne va devoir mettre de l’ordre dans sa vie privée, et tenir le cap dans sa vie professionnelle.


Bienvenue au collège Jules Ferry, ou rien ne se passe jamais comme prévu, parce que... C’était Presque Ecrit.



Troisième et dernier tome de la série.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 mai 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782378123499
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Chapitre 1
Samedi
Un nouveau départ
Thomas me sourit. Habillé de sa chemise bleu nuit cintrée qui lui va si bien et de son jean délavé préféré, il me regarde et mon cœur chavire. Il est si beau.
— Tu as l’intention de t’endormir là ou tu comptes nous aider un jour ?
La voix de ma meilleure amie, Noémie, me fait sursauter et je range le plus vite possible la photo dans la boîte à chaussures qui me fait office d’album, n’étant pas une adepte du scrapbooking. Je me relève et tente de me justifier.
— Excuse-moi, je ramassais ce qui vient de tomber.
— Tu me prends pour une imbécile en plus ?
Les mains sur les hanches, elle me fusille de son regard courroucé et m’arrache le carton auquel je semble presque agrippée.
— Tu te feras ta séance nostalgie quand le camion sera vide, OK ? Je n’ai pas toute la journée. Nous avons, Giorgio et moi, un petit tête-à-tête ce soir auquel j’ai l’intention d’arriver ni en retard ni pas épilée, si tu vois ce que je veux dire.
Elle jette presque mon trésor et me pousse vers la sortie de la pièce qui fera bientôt office de salon.
Occupée à se limer les ongles, Jeanne, ma mère, est adossée contre un des murs de l’entrée. Habillée d’une jolie salopette en jean ultra moulante, elle ressemble plus à une des Drôles de Dames qu’à Bob le bricoleur. Elle a tenu à être à mes côtés le jour de mon emménagement pour, et je la cite, « accompagner sa fille dans les débuts de sa nouvelle vie de femme indépendante ». Elle n’a pas précisé, c’est vrai, qu’elle allait apporter son aide.
— Je ne sais pas ce qui te plaît dans cette maison, critique-t-elle, je ne lui trouve aucune âme. C’est de toute façon ce qui devait arriver quand on décide de faire confiance à ton père.
Elle m’énerve .
— Maman, si tu es venue pour faire ce genre de remarques, tu peux rentrer chez toi. Porte plutôt cette table, s’il te plaît.
Elle souffle, range son outil de manucure dans la poche centrale sur l’avant de son vêtement et du bout des doigts, s’exécute. Il ne lui faut que deux secondes pour s’exclamer :
— C’est bien trop lourd, ma chérie. Demande à ton frère.
Vous ai-je déjà dit à quel point elle m’agace ?
Jérôme, chargé d’une lampe de chevet, entre à ce moment.
— Tiens, c’est plus léger, lui annonce-t-il en lui tendant l’objet.
Elle plisse les yeux devant la provocation de son fils et, tout en soutenant son regard, s’en saisit malgré elle pour la poser sur la pile de cartons juste derrière elle.
Mon frère m’observe d’un air affligé. Nous soulevons le meuble pour le déplacer vers le côté salle à manger de la grande pièce à vivre sans faire plus attention à Farrah Fawcett.
Une fois notre tâche exécutée, Jérôme admire mon futur coin repas en tirant sur les bretelles blanches qui tiennent son pantalon noir à pinces. Même quand il déménage, il ne peut se défaire de ce look de dandy qui, je dois bien le dire, lui va à la perfection et colle tout à fait à sa personnalité créative. Quand il ne prépare pas ses cours pour les élèves, il aime retaper les meubles qu’il chine çà et là dans les brocantes de la ville. L’imagination débordante de mon petit frère caché fait de lui un excellent enseignant d’arts plastiques dans le collège où je travaille en tant que Conseillère Principale d’Éducation.
Connaissant mon affection pour les tables d’atelier, il m’a fait la surprise d’en restaurer une, rien que pour moi. Elle est splendide : le plateau en hêtre clair est mis en valeur de manière élégante par les deux grands pieds vernis d’un ton plus foncé. J’admire son ouvrage en laissant courir ma main sur le bois et ses nœuds apparents.
— Tu as fait un travail exceptionnel.
— C’est vrai qu’elle est magnifique. Elle est assortie à ton étagère, en plus. Tu vas être bien dans cette maison.
Je hoche la tête en signe d’approbation et il continue de parler :
— En fait, c’était une question. Je m’inquiète de savoir si tu es sûre d’avoir pris la bonne décision en venant vivre ici.
Le visage de mon frère devient sérieux et je comprends le côté grave de la conversation que nous sommes en train d’avoir à ce moment. D’un geste rapide de mon index, je chasse une petite larme qui entreprend de s’échapper du coin de mon œil droit et lui réponds en tentant d’être la plus convaincante possible :
— Je ne vois pas ce que j’avais comme autre option.
Il lève le regard au ciel, soupire et semble désolé :
— Je sais que mon avis n’est pas très important, mais je vais te le donner quand même. C’est un immense gâchis.
— Peut-être, mais c’est fait, conclus-je d’un ton que je ne souhaitais pas si sec. On a un camion à finir de vider et Noémie a rencard avec Giorgio.
Je laisse mon frère à ses réflexions et sors pour continuer à décharger le véhicule emprunté pour l’occasion tout en pensant à ce qui m’a fait changer de foyer. Je n’aurais jamais imaginé ce dénouement. Moi qui coulais des jours paisibles aux côtés de Thomas dans la vieille demeure chaleureuse héritée de ses grands-parents avec mes enfants, me voilà en train de poser mes valises dans une maison de lotissement sans âme trouvée dans l’urgence grâce aux relations de mon père. Vous devez donc vous demander comment j’en suis arrivée là.
C’est simple, par amour ou plutôt à cause de lui.
Il y a quelques semaines, le lendemain du conseil de discipline de Victor
La nuit a été très courte. Autant dire qu’elle n’a pas existé du tout puisque je n’ai pas fermé l’œil. La soirée mouvementée m’a empêchée de trouver le sommeil et j’ai une bien triste mine quand je fais mon entrée au collège ce matin. J’ai pu compter sur Suzanne et mon père pour s’occuper encore une fois des enfants. Par chance, je suis bien entourée. Leur hospitalité me réchauffe le cœur et l’aide qu’ils m’apportent dans la gestion de mes deux monstres m’est salutaire. Malgré leur coup de main, je suis encore en retard. Pas de crochet par le secrétariat. Discuter avec Karen m’aurait fait un bien fou et j’aurais pu m’épancher cinq minutes, mais l’idée de tomber sur l’affreux vilain monsieur Brochard, le nez rivé sur sa Rolex indécente, me pousse à me retrancher dans mon bureau. Je boycotte aussi la vie scolaire où mes assistants d’éducation doivent s’affairer à gérer le contrôle quotidien des absences. On se verra en fin de matinée.
Je pénètre dans mon antre, presse l’interrupteur et la lumière me pique les yeux comme si j’avais bu toute la nuit. Comme d’habitude, une tonne de chemises cartonnées recouvre mon sous-main, ce qui ne me motive pas pour entamer avec entrain cette journée qui, j’en suis sûre, sera pourrie. Il y a des matins comme ça, vous le savez, rien de bon ne peut arriver.
J’enlève ma doudoune bien utile en cette fin d’année plutôt frisquette et contourne mon bureau pour la poser sur le dos de mon fauteuil, n’ayant toujours pas réussi à obtenir de la gestionnaire un portemanteau. Elle m’échappe des mains quand je découvre un homme recroquevillé sous le meuble.
— Tom ? Qu’est-ce que tu fais là ? Tu veux que j’aie une attaque ou quoi ? m’écrié-je.
Mon coloc sort de sa cachette et déplie dans la douleur son mètre quatre-vingt. Je me pousse pour le laisser se redresser. Une fois sa taille maximale atteinte, il se masse la nuque et commence à se plaindre :
— J’ai cru que tu n’arriverais jamais. Ta non-ponctualité n’est pas une légende.
Préférant ne pas relever cette remarque désobligeante, je l’interroge :
— Je peux savoir ce que tu fais là ? Pourquoi tu te caches ici ? C’est Rose ? Elle te poursuit ?
Il pose ses mains de géant autour de mon visage et me sourit avec le charme ravageur qui fait tourner la tête de toutes les femmes de la planète. C’est magnétique. Mes yeux plongent dans les siens et mes jambes se dérobent presque sous le poids de mon corps. Je lutte contre l’envie de me serrer contre son torse musclé caché sous son gros pull en laine blanc à torsades, car je me rappelle la soirée de la veille. Reculant d’un pas, je me dégage de l’emprise de ses doigts. Il essaie malgré tout de me rassurer :
— Ça n’a rien à voir avec elle. Je veux juste te parler.
— C’est pour cette raison que tu as décidé de te contorsionner de la sorte ? me moqué-je. Logique.
— Je te connais et je sais que tu ne m’aurais pas laissé faire si je n’avais pas utilisé la ruse.
— Tu me rappelleras d’exiger le changement de ma serrure. On ouvre à n’importe qui dans cet établissement, ronchonné-je.
Un léger sourire se dessine sur son visage quand le coin gauche de sa bouche se contracte de manière sexy.
Tu ne m’auras pas à coup de rictus démoniaques, mon chéri.
Il paraît comprendre que s’il veut une discussion sérieuse, il va devoir respecter mon espace vital. Sans que je le lui demande, il contourne mon bureau pour se retrouver derrière et s’assoit sur l’une des chaises qui accueillent d’habitude les élèves lors des entretiens. Je demeure debout après avoir ramassé ma doudoune et l’avoir jetée sur mon fauteuil. Mon air dissuasif et mes bras croisés ne semblent pas l’intimider.
— Il faut que nous parlions d’hier soir. Tu es partie si vite.
— Rien ne m’invitait à rester. Tu avais de la visite, me défends-je en recoiffant une mèche rouge. Tu n’as pas fait grand-chose non plus pour me retenir.
Ses yeux trahissent une certaine surprise.
— Parce que c’est ce que tu voulais ? Que je te coure après ? Tu sais, j’étais sous le choc. Je ne m’attendais pas du tout à la venue de Rose. Mes capacités de réflexion n’étaient pas optimales.
— Je comprends et c’est aussi pour ça que j’ai décidé de vous laisser. J’imagine qu’après autant d’années, vous aviez beaucoup de choses à vous raconter.
D’un geste de la main, il paraît vouloir balayer le sujet pour passer à un autre type de conversation.
— Je ne suis pas venu pour qu’on parle d’elle, mais pour avoir la discussion que nous devions avoir hier.
C’est maintenant à moi d’être étonnée.
— J’espère que tu

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