La Vagabonde de Saint-Ours
406 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

La Vagabonde de Saint-Ours , livre ebook

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
406 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Les quelques coups à la porte d’entrée ne mettent pas seulement un terme à une veillée qui s’annonçait tranquille à la ferme des Marcillac, ils vont aussi bouleverser la vie de Marinette, la benjamine de la famille. Car celui qui se présente n’est autre que le voisin Charles Aurelle, venu négocier avec le père de Marinette la main de cette dernière pour son fils Maximilien. Pour la jeune fille, pas question de s’unir avec ce garçon fruste et bagarreur, même s’il est l’unique héritier d’un important domaine. Face à l’inflexibilité de son père, Marinette décide de prendre la fuite. Vers quel destin ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 69
EAN13 9782812933783
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Michel Lacombe



La Vagabonde de Saint-Ours
















Michel Lacombe a toujours écrit, et le succès lui vient dès son premier roman, Le Retour au mas , couronné par le prix des Automnales en 2004. Depuis, ce passionné d’histoire, d’archéologie, de préhistoire, de nature et de sciences a publié près de trente livres. La Vagabonde de Saint-Ours est son troisième roman paru chez De Borée.





Du même auteur

Aux éditions De Borée


La Bonne École
Les Brûlots de paille

Chez d’autres éditeurs

La Berceuse de sang
La Boumiane
La Brouille
La Cagnotte de Cyprien
La Campagne de Baptistin
La Caverne de vie
La Grimace du givre, prix Lucien-Gachon 2002
La Mer à boire
La Noire Tourmente
La Sansouïre du Toquadou
La Semaine du gaga
La Vengeance de Jean sans Dieu , prix du roman historique de Saint-Bonnet-le-Château 2007
Le Douvi
Le Mécréant de Saint-Poutouzat
Le Mystère du mas du Païen
Le Retour au mas, prix des Automnales 2004
Le Sans Gueule
Le Secret d’Adrienne
Les Brûlades
Les Charpentiers du fer *, L’Équerre au cœur
Les Charpentiers du fer **, Le Compas du ciel
Les Fachines
Les Fourches écarlates
Les Jumeaux de Malatresque, prix Cabri d’Or 2004
Les Sarments d’Hippocrate
L’Inconnu du Vaccarès









En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

© De Borée , 2017
© Centre France Livres SAS, 2016
45, rue du Clos-Four - 63056 Clermont-Ferrand cedex 2








Je tiens à remercier ici, pour l’aide qu’ils m’ont fournie
dans la recherche de ma documentation :
Gérard George, romancier ;
Patrice Pelissier, bouquiniste ;
Sonia Reyne, journaliste.







Comme des maquignons !




De l’autre côté des vitres ternies par la crasse des ans, les lueurs du couchant déclinaient des ombres mordorées sur fond d’horizon sanglant. La grande pièce conservait encore les relents du bouillon aux choux que l’on avait ingurgité au repas du soir. Assise près de la fenêtre face à la lampe tempête, Marinette étouffa un soupir discret en continuant à jouer de l’aiguille sur sa broderie : quelle triste soirée pour la jeune femme ! Dans l’antique demeure des Marcillac, la veillée s’était pourtant écoulée comme de coutume, ainsi qu’elle se déroulait sans doute depuis des siècles, rodée par des gestes et des rites remontant aux racines des propriétés familiales… Alphonse, le maître des lieux, était rentré le premier pour conduire le troupeau à l’étable, et il s’était attelé avec son épouse Hortense aux soins des bêtes. Comme chaque jour… Puis Paul et son aîné Régis, les deux frères de Marinette, étaient à leur tour revenus des champs, épuisés par une journée passée à labourer une terre trop lourde et trop collante. Ils n’en avaient pas moins aidé le père et la mère pour la traite du soir. Sans un mot, comme d’habitude… La tâche achevée, chacun avait rejoint le vaste espace commun dont on usait comme cuisine et salle à manger.
Une immense pièce, avec un plafond bas soutenu par d’imposantes poutres noircies, une énorme cheminée, le cantou , qui tenait tout un pan de mur et ne servait que peu à chauffer le chaudron depuis qu’Alphonse avait acheté, avec un luxe ostentatoire, une belle cuisinière en fonte ! Autre signe d’opulence, la grande horloge à balancier qui cliquetait dans l’angle. Et puis ces compartiments boisés qui délimitaient les lits fermés d’autrefois, et que n’utilisaient plus que les ouvriers saisonniers depuis que la fenière de l’étage avait été transformée en chambres individuelles…
Lise, la femme de Régis, avait dressé le couvert avec Hortense, tandis que la soupe au lard quotidienne frémissait dans la marmite sur le coin du fourneau. Sur un signe du père, chacun s’était alors installé à sa place : Alphonse en bout de table, Régis à sa droite et Paul à sa gauche, puis Barthélémy, le grand-père, Jacquet, le petit vacher, et enfin Marinette, un peu à l’écart. Hortense et Lise, en maîtresses de maison, avaient ensuite servi la tablée avant de manger, debout, près de la grande cheminée noircie. L’œil attentif, elles mettaient un point d’honneur à être prêtes à intervenir pour ramener une tourte de pain ou un pichet de vin… Ainsi en allait-il depuis toujours, au domaine de Chabassière : chez les Marcillac, on tenait à ces valeurs qui avaient forgé le caractère des hommes et des femmes, et on se faisait un devoir de respecter les traditions !
Une soirée tranquille, comme toutes les autres de la semaine… Que n’avait contrarié, à la fin du repas, alors que chacun pelait consciencieusement une vieille pomme ridée, que ces quelques coups à la porte :
« Entrez ! »
Marinette avait baissé le nez en voyant Charles Aurelle pénétrer dans la pièce en cognant du sabot sur le seuil : elle savait bien ce qui l’amenait, à cette heure-ci ! Elle n’ignorait pas, depuis quelques mois, les liens qui s’étaient tissés entre son père et leur voisin de la Vergeade. Aussi devina-t-elle amèrement que cela la concernait : à vingt-deux ans, elle était d’âge à marier, et peu importait qu’elle fût d’accord ou non !
« Tu prendras bien un verre d’eau-de-vie de poire, Charles ?
– Volontiers, l’Alphonse… »
Le paysan s’était assis face au maître du domaine tandis que Paul s’éclipsait discrètement, suivi presque aussitôt par son frère Régis et sa belle-sœur Lise. Le grand-père avait retrouvé son fauteuil près de la cheminée, indifférent à cette visite, et Hortense avait elle aussi quitté la pièce, précédée par le petit vacher : il était des circonstances où il fallait laisser les hommes discuter entre eux ! Marinette s’était levée à son tour de son siège, mais un signe de menton de son père lui avait signifié de rester. Elle s’était alors installée sur une chaise devant la fenêtre. Soumise, elle avait bêtement fait mine de s’affairer à cette broderie sur laquelle elle aimait parfois à user sa nostalgie… Que pouvait-elle faire, sinon masquer sa contrariété et écouter sans réagir la conversation des deux fermiers ?
« Alors, Charles ? Le printemps s’annonce bien, n’est-ce pas ?
– Oui… On a connu pire ! »
Il ne se faisait pas, entre voisins, d’aborder directement les sujets qui tenaient à cœur, et on préférait parler d’abord de tout et de rien.
« Vont-ils encore longtemps tourner autour du pot ? », s’agaça secrètement la jeune femme. Oh ! Bien sûr, les deux vieux avaient sans doute maintes fois discuté du projet, au café du village ou sur le bord d’un champ, mais il fallait tout de même y mettre les formes… Charles Aurelle remarqua enfin, le regard de côté :
« Eh ! Ta petite est devenue un beau brin de femme, hein ? »
Alphonse haussa les épaules :
« Moins il y a de femmes, plus la paroisse est riche ! », répliqua-t-il.
Quelle meilleure façon d’évoquer la dot ? Charles releva le nez pour faire mine d’avouer ce que son hôte savait déjà :
« C’est rapport à mon Maximilien… Il a presque trente-cinq ans, tu sais, et il est toujours “garçon” !
– Et alors ? Ce ne sont pas les occasions qui ont dû lui manquer de se trouver une bonne épouse : les Aurelle ont du bien, et la Vergeade est un beau domaine ! De plus, Maximilien est fils unique... Un beau parti, non ?
– Justement… Mais c’est pour ta fille, qu’il en pince ! »
Marinette se mordit les lèvres pour ne pas hurler son dégoût : Maximilien Aurelle ! Non, jamais ! Plutôt crever que de vivre auprès de cet être qui la répugnait plus que quiconque dans le canton ! Maximilien… À la limite, peu lui importait qu’il fût bien plus âgé qu’elle… Ni qu’il ne fût guère homme à faire rêver une jeune femme, ingrat de corps comme il l’était. Si encore il avait pu se prétendre aimable et gentil ! Mais non, imbu de lui-même et de l’aisance financière de la dynastie des Aurelle, il affichait sans cesse cette moue suffisante qui trahissait sa morgue et son mépris des autres ! Comme si la richesse de la Vergeade pouvait compenser son manque de charme… Court sur pattes, bedonnant, le visage bouffi et repoussant, le cheveu déga

  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents