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Un camion à la croisée des chemins , livre ebook

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Description

Un camion à la croisée du chemin
Cathy Devignard
Roman de 285 000 caractères, 52 000 mots, le livre papier fait 238 pages.
Chris est un loup solitaire. Il s’est isolé dans sa cabine de camion le jour où Marie l’a quitté, emportant avec elle tout espoir de bonheur, jusqu’à cet instant où une rencontre improbable vient bouleverser le cours de sa vie.
C’est le début d’un questionnement sur lui, ses sentiments, et la découverte de l’autre et de soi-même. Un jour on a aimé, comme tout le monde, mais peut-on aimer différemment ?
De quel origine est ce lien qui vient enchaîner Chris à Mattia, ce jeune homme gay, tombé du ciel, à l’âme sensible et tourmentée.
Chris nous entraîne sur les routes d’Europe, en nous livrant ses émotions, ses doutes et ses craintes, mais également les plaisirs simples de sa petite vie d’ermite.

Cathy Devignard est née en 1965, elle est maman et c’est après s’être posée la question « et si l’un de mes enfants était homosexuel » qu’elle écrit ce premier roman et va ainsi découvrir la dure réalité qu’est celle à laquelle sont confrontés les jeunes homosexuels dans leur quotidien. En s’appuyant sur son roman, elle intervient depuis lors dans les établissements scolaires aux côtés de l’association Le Refuge pour lutter contre l’homophobie.
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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 décembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9791029403842
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Un camion à la croisée des chemins
 
 
Cathy Devignard
 
 
 
Préface de Nicolas Noguier, Président de l’Association nationale Le Refuge
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
 
 
 
 
Préface de Nicolas Noguier, Président de l’Association nationale Le Refuge
 
Vous allez découvrir un roman prenant, captivant et empreint d'un profond réalisme. Sans en dévoiler la fin on peut, heureusement, parler d'une sorte de happy end.
Au Refuge, par téléphone ou dans nos locaux, nous sommes chaque année confrontés à des centaines de cas comme celui de Mattia. Et avec nos moyens, nous tentons d'analyser la situation pour y apporter la meilleure réponse.
Le ou la jeune homo jeté(e) à la rue par ses parents dans la France de 2010 n'est pas né(e) de l'imagination de Cathy Devignard. C'est malheureusement une réalité loin d'être simplement romanesque.
En achetant ce livre, vous avez apporté une aide au Refuge à qui l'auteure a généreusement cédé ses droits.
Si vous voulez en savoir plus, notre site internet http://www.le-refuge.org/ est à votre disposition.
En attendant, je vais vous laisser : je crois qu'un camionneur vous attend pour un singulier et merveilleux voyage...
Un grand merci à Cathy Devignard, auteure de talent, ambassadrice de tous ces jeunes en si grande souffrance.
 
 
 
Chapitre 1
 
 
C’était un beau dimanche, un dimanche comme je les aime. Le soleil venait de se lever, et effleurait la surface de l’étang où voletaient des libellules, demoiselles gracieuses que j’aimais suivre des yeux, alors que ma ligne reposait sur l’eau dans l’attente qu’un poisson vienne tarabuster l’appât.
Mes dimanches en général se passent toujours au bord de cet étang ; pour moi, c’est le moment de me ressourcer, plonger dans le néant où uniquement mes pensées furètent avec les oiseaux, les grenouilles et les poissons. Après une semaine sur les routes avec mon 40 tonnes, en solitaire que je suis, j’ai besoin de ce moment de vide. Je retrouve quelques gars habitués comme moi qui ne viennent pas tous pour les mêmes raisons, mais nous nous retrouvons là assez semblables, finalement.
J’aime quand le poisson, n’importe lequel, vient s’accrocher à mon hameçon. Je le ramasse après l’avoir ferré, et puis je le prends dans ma main, le caresse, lui parle comme à un copain que je retrouve, le rassure en le décrochant doucement, puis le remets à l’eau. Je ne le tue jamais ; j’éprouve uniquement le plaisir de la rencontre avec cet être silencieux et secret. Par moment, j’aimerais moi aussi, me couler dans l’eau et rester là sans bouger, au milieu des rochers. Que ce doit être doux ! non que je sois malheureux, non ce n’est pas ça. Je suis seul, très seul. Je ne provoque pas les rencontres, je les fuis plutôt. Finalement, je suis un peu sauvage. Et puis, ainsi, je n’ai pas de soucis, pas de chagrins, pas de problèmes… mais aucun autre plaisir que de mener mon camion au travers des pays, pêcher les dimanches où je suis là, et c’est tout.
Depuis Marie, plus rien n’a d’importance. Marie que j’ai aimée, qui me poursuit en souvenir, toujours, Marie qui s’est enfuie, emportant avec elle, cet enfant que je ne connaîtrai jamais, mon fils qu’elle m’a volé. Je ne sais pas son prénom, c’est un garçon, je sais, il doit avoir quinze ans maintenant. Marie n’a pas voulu que je le connaisse, encore moins que je le reconnaisse. J’aimais Marie et je croyais qu’il en était de même pour elle. Mais voilà, Marie voulait uniquement un enfant et n’avait jamais souhaité partager sa vie avec un homme ; je lui avais uniquement servi de géniteur pour son enfant. Et elle me l’avait enlevé. J’ai mis longtemps à sortir la tête de l’eau, à accepter et puis je me suis caché derrière mon volant, dans cette cabine étroite, mais chaleureuse qui m’a adopté, avec mes souvenirs, et cet enfant caché au fond de mon cœur dont j’imagine les traits, mais c’est tellement flou, comment pourrais-je savoir à qui il ressemble ?
De temps en temps, j’ai essayé de lier contact avec d’autres filles, des filles de passage, certaines sérieuses, d’autres moins. Il y en a qui m’attendaient lorsque je repassais dans leur ville, sur leur route. Mais très vite, je me suis rendu compte que moi, je ne souhaitais pas les revoir. Je n’éprouvais aucun plaisir à les retrouver, juste un moment de plaisir passager, et puis petit à petit, même le plaisir de l’amour d’une nuit, s’est effacé. Plus de désir, plus de plaisir, plus d’envie de partage. Je me suis détourné de toutes celles qui voulaient m’aimer pour un temps, pour toujours…
Aujourd’hui, plus personne ne partage mon lit, ma couchette dans le camion ; et cela ne me manque aucunement. Je traverse les contrées avec mon chargement, ma musique, des copains aux étapes, les patrons ou patronnes de bistrots ou d’hôtels dans lesquels j’ai l’habitude de m’arrêter de temps à autre, lorsque j’ai besoin d’une bonne douche. Et le dimanche la pêche et mes amis poissons que je retrouve avec délectation.
Certains samedis, c’est avec quelques potes camionneurs comme moi que je passe la soirée dans un petit bistrot lyonnais, toujours le même, où l’on mange un bon plat de rognons, ou une tête de veau accompagnés d’un vin chaleureux, un petit côtes-du-rhône ou un beaujolais, selon l’humeur. Ensuite on va finir la soirée dans une boîte de nuit « l’Eldorado ». Les gars accompagnés par leurs femmes savourent le moment avec leur bien-aimée, qu’ils ne voient pas souvent du fait de leur travail, et les autres en profitent pour draguer. Moi, je reste la plupart du temps assis avec un bon verre de whisky. Les copines, les femmes de mes potes me tirent par la main pour me forcer à bouger de temps à autre et j’éprouve du plaisir à danser un moment, mon corps grisé par l’alcool qui me réchauffe. Et puis on rentre chacun de son côté. Certains partent avec leur nouvelle conquête au bras. Ils me taquinent bien à ce sujet :
— Alors, Chris, tu vas plus savoir comment on fait si tu continues…
Moi je souris, et puis je rentre. Décidément, cela ne m’intéresse plus.
Pour en revenir à ce beau dimanche de mai, je suis là à regarder cette demoiselle voleter et puis j’entends qu’on m’appelle ; c’est Arnaud, mon pote de la rive d’en face ; on se met toujours à la même place, question d’habitude. D’un signe de la main, il me fait comprendre qu’il fait le tour pour me rejoindre. Aujourd’hui, il est fier de me présenter sa nouvelle chérie, une rousse plantureuse « Sophie » me dit-il avec fierté. Arnaud est un coureur de jupons, mais ne garde jamais longtemps ses « proies ». Il ne sait pas être fidèle et lui, ce qui lui plaît, c’est de ramener ses trophées de chasse et de les étaler. Je pense qu’il a été désabusé lui aussi, ou bien simplement, n’a-t-il pas rencontré le vrai amour !!! Enfin, sa façon de vivre ne regarde que lui.
Pour ma part, je souris et lui décoche un clin d’œil complice.
— Et toi, me souffle-t-il à l’oreille discrètement alors que Sophie s’éloigne un peu pour visiter les alentours ?
— Quand est-ce que tu me présenteras une « Sophie » à ta mesure ? T’attends quoi ?
Comme d’habitude, je lui réponds :
— Je ne sais pas. On verra.
Et puis il va de son couplet :
— T’es pas mal, y’a pas de raison que tu ne plaises pas aux filles, à trente-sept piges, y’en a des tas qui cherchent des mecs. Je sais de quoi je parle…
Certainement, que je peux plaire, mais encore une fois, je ne fais même plus attention si une fille se retourne sur mon passage, cela ne m’intéresse même plus de savoir si je peux plaire. Je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça, c’est tout. Et puis, au moins je suis tranquille. J’ai eu le cœur brisé une fois, et cette peur de me voir glisser dans le désespoir de nouveau, toucher le fond comme cela m’est arrivé quand Marie m’a quitté emmenant avec elle une partie de ma chair, tout ça, je ne veux plus jamais le ressentir . Alors, les filles !!!
Mais tiens, voilà que le bouchon de ma canne à pêche s’enfonce dans l’eau. Voilà pour moi le moment de détourner la conversation. L’urgence est de ferrer mon poisson. J’attrape ma canne et je tire d’un coup sec, voilà le poisson-chat se trémoussant au bout du fil. C’est toujours un pur moment de bonheur, où le temps semble s’arrêter. Arnaud s’en rend compte et rebrousse chemin avec sa belle en haussant les épaules.
La journée se termine avec son lot de calme et sérénité et comme d’habitude, je rentre rasséréné dans ma maison. Elle n’est pas bien grande, mais suffisante pour moi, et elle est cernée d’un petit jardin que j’entretiens les samedis après-midi. Vu que je ne suis pas souvent là, je n’y ai planté que des arbustes et un peu de pelouse. Le reste est dallé. Mais j’aime bien m’installer dans une chaise longue sous la tonnelle avec un bon bouquin. Au printemps, les roses qui y grimpent parfument l’air à en donner le tournis.
Demain, je serai dans mon camion pour un nouveau voyage. Il faut que je charge vers 8 heures au dépôt. Je pars en Autriche, à Salzbourg près de neuf cents kilomètres principalement par autoroute, où il me faut traverser la Suisse. J’ai l’habitude de ce trajet que je fais assez régulièrement. Au retour, je passerai par un autre point où je rechargerai pour ne pas rentrer à vide. Mais je ne connais pas encore la destination. Demain, ma feuille de route sera prête. J’apprécie mieux de me trouver confronté à l’inconnu plutôt qu’à un planning bien propre, bien défini. Un peu de piquant dans mes journées me donne plus de cœur à l’ouvrage.
 
 
 
Chapitre 2
 
 
Tôt levé, douché, rasé, un bon petit déjeuner pris à la hâte, et me voilà parti. Si je ne veux pas prendre la route trop tard, mieux vaut ne pas traîner le matin. Me voici à 7 heures à l’entrepôt. Après avoir salué mes collègues, mon patron, pris des nouvelles des uns et des autres, je me retrouve au quai où je vérifie mon chargement. Le c

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