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L'Amant de l'au-delà , livre ebook

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Description

L’amant de l’au-delà

Jean-Paul Sermonte

Roman de 220 000 car.

Deux adolescents s’aiment d’un amour romantique, mais transgressent dans leur village les principes d’une morale intransigeante. Leur amour résistera à l’intolérance, à la séparation, aux errances dégradantes et même à la mort.

Dans ce roman, amour et passion se mêlent au surnaturel.

Jean-Paul Sermonte insuffle dans cet ouvrage sa foi en un au-delà et son esprit de tolérance et de liberté, indissociable de toute évolution spirituelle.

Retrouvez tous nos titres sur http://www.textesgais.fr/

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Informations

Publié par
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EAN13 9791029400322
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L’Amant de l’au-delà
 
 
Jean-Paul Sermonte
 
 
 
 
 
Roman
 
 
 
 
Qui donc devant l’amour ose parler d’enfer ?
Baudelaire
 
Ne méprisez la sensibilité de personne.
La sensibilité de chacun c’est son génie.
Baudelaire
 
 
 
Note de l’auteur
La présente histoire serait incomplète et vide de toute âme sans la lecture de la deuxième partie de l’ouvrage, c’est-à-dire la correspondance entre les deux amants.
 
 
 
 
 
 
Première partie
 
 
Dimanche 17 août
 
 
Voilà près d'une heure que j'ai quitté Paris... et toujours cette même question obsédante : que vais-je découvrir à Cargé ?
La preuve évidente d'une supercherie ou bien alors la confirmation de ce prétendu « message de l’Au-delà ? »
De toute façon, comme je l'ai promis à Nadia et Martine, je noterai tout sur ce journal ; il faut que nous puissions y retrouver les moindres détails pour une éventuelle synthèse. Il reste encore trois quarts d'heure de vol : le temps de faire le point. Tout a commencé vendredi par un simple coup de fil de Nadia. Elle me demandait de passer chez elle le soir-même avec Martine. Je la sentais préoccupée mais elle ne voulait rien dire au téléphone. Mon intuition était tout de même juste ; il s'agissait bien d'un problème quelque peu insolite. Finalement, je ne fus pas vraiment surpris. Face à une personnalité telle que celle de Nadia, ce genre d'événement est toujours plus ou moins concevable. Même si je doute encore aujourd'hui de certaines réalités, je ne veux pas juger arbitrairement de l’aptitude médiumnique de Nadia. Elle semble en effet détenir cette faculté plus ou moins troublante de communiquer avec l’au-delà. Je dis « semble avoir », car je ne suis sûr de rien. Jusqu'ici, je n'ai eu qu'une attitude distante, sinon cynique, par rapport à ces phénomènes et à tous les charlatans qui en font une regrettable exploitation. En ce qui concerne Nadia, même si mes réticences subsistent, je dois reconnaître qu'elle se démarque de bien des médiums, ou prétendus tels, en refusant de monnayer ce don. De plus, elle se montre toujours d'une exceptionnelle discrétion. Bref, il émane d'elle une aura de sagesse et de sincérité peu communes. Cela incite bien sûr à la confiance, d'autant qu'elle renonce de façon évidente à vouloir convaincre. Je pense même que ces dispositions insolites à communiquer avec un monde supraterrestre la gênent parfois dans sa vie quotidienne. Il n'est certes pas de tout repos de voir plus loin que le visible et de percevoir l'inaudible. Martine est convaincue de ses pouvoirs. Quant à moi, en dépit de l'amitié que j'éprouve pour Nadia et des réponses nombreuses et approfondies qu'elle a bien voulu donner à mes questions, je conserve encore un vieux fond de scepticisme... J'attends toujours la « preuve » qui me convaincra. Sans me montrer tout à fait hermétique aux hypothèses concernant la survie de l'âme et les communications avec l'au-delà, j'essaye cependant de trouver d'autres explications. Nadia correspond, mais avec qui ? N'a-t-elle pas plutôt accès à une sorte de mémoire universelle, une sorte d'inconscient collectif ? Ces informations, ces pensées qu'elle croit tenir d’une autre dimension ne sont-elles pas en réalité les productions de son inconscient, ou bien encore les fantasmes d'une imagination et d'une sensibilité exacerbées ? Nadia réfute évidemment ces arguments. Pour elle, il ne s'agit pas d'illusions. Elle est convaincue de la réalité d'une autre vie pour l'âme des défunts et affirme ainsi recevoir des « messages » depuis son enfance. Mais je me perds en considérations diverses au lieu de rendre compte ici des événements qui se sont déroulés récemment.
Mercredi soir donc, Nadia nous explique qu'elle a vécu la veille une expérience insolite. Elle était sur le point de s'endormir lorsqu'une voix murmura à son oreille :
— Sauvez mon ami, je vous en prie...
— Mais qui êtes-vous ? avait aussitôt demandé Nadia.
— Je m'appelle… Thierry… Lagrima, avait-elle cru comprendre, tant la voix semblait lointaine.
Le dialogue s'était pourtant poursuivi ainsi…
— Avez-vous quitté ce monde depuis longtemps ?
— Je ne sais plus… je crois… deux ans environ...
— Où est enterré votre corps ?
— Dans le cimetière de Cargé...
La voix était devenue de plus en plus faible, Nadia avait dû faire des efforts désespérés pour comprendre.
— Comment s'appelle votre ami ?
— …Il... s'appelle... François... faites vite... besoin d'aide...
Puis à nouveau le silence. Nadia avait vainement tenté, la nuit-même et le jour suivant, de rétablir le contact mais la voix, hélas, ne s'était plus fait entendre.
Bien sûr, ce récit m'a laissé perplexe. Mais Nadia semblait si désemparée que je n'ai pas eu le courage de lui refuser mon aide. J'ai fini par accepter de faire quelques recherches pour elle. Il a donc été décidé que je me rendrais le plus tôt possible à Cargé afin de vérifier les dires de ce Thierry Lagrima. Les obligations professionnelles de Martine et la santé précaire de Nadia ne leur permettent ni à l'une ni à l'autre de quitter Paris. Par chance, la société (Institut National de l’Audiovisuel) qui m'emploie me doit quelques jours de congé que je vais mettre à profit pour essayer d'éclaircir ce mystère. C'est Martine qui m'a suggéré de prendre des notes chaque fois que je le pourrai afin de me garder de toute omission. J'espère en tout cas ne pas faire ce voyage pour rien. Si je ne retrouve pas les traces de ce Thierry Lagrima, mon scepticisme à l'égard des médiums et de l'au-delà se renforcera incontestablement. En revanche, si je retrouve au moins sa tombe, cela corroborera les affirmations de Nadia. Certes, on pourrait objecter qu'elle connaissait ou avait déjà entendu parler de Thierry, ou bien simplement d'une tombe dans le cimetière de Cargé portant ce nom. Il s'agirait alors d'une mystification. Mais pourquoi aurait-elle fait cela ? Pour me convaincre ? Nadia a toujours été la meilleure amie de ma mère laquelle, avant de mourir, lui avait fait promettre de veiller sur moi. Je ne l'imagine pas m'expédiant à l'autre bout de la France pour un mensonge. Je sais aussi que Nadia n'a pas quitté Paris depuis des années. Elle ne connaît pas Cargé (Martine et moi-même n'avions d'ailleurs jamais entendu parler de ce petit village avant que j’entreprenne des recherches). Même si Nadia avait connu ou entendu parler de Thierry Lagrima, il aurait fallu qu'elle sache aussi que l’un de ses amis se trouvait actuellement en danger. Non, il est certain que Nadia est sincère. Si Thierry n'existait pas, cela prouverait qu'elle s'est trompée, non qu'elle ait menti.
Enfin, on verra bien.
Demain, J'en saurai sûrement davantage.
 
 
 
Lundi 18 août, vingt heures
 
 
Me voici à Cargé. C'est une petite ville toute blanche au bord de la mer. Je suis descendu à l’Hôtel de France. Premier objectif : me rendre au cimetière pour savoir si un Thierry Lagrima est bien enterré ici. Dans l'affirmative, essayer d'en savoir le plus possible sur lui et ensuite, naturellement, tâcher d'identifier cet ami qui a besoin d'aide.
Ce soir, il est trop tard ; mais demain j'irai sans tarder visiter les tombes, car j'ai vraiment hâte de savoir. Tout à l'heure dans le hall de l'hôtel, j'ai consulté l'annuaire téléphonique : il y a bien des Lagrima à Cargé et dans la région. J'ai téléphoné à Martine. Elle m'a conseillé de ne pas éveiller la méfiance des villageois par des questions trop précises.
Je crois qu'elle a raison. Je vais essayer d'être le plus discret possible.
 
 
 
Mardi 19 août, douze heures
 
 
Ce matin, je me suis rendu au cimetière marin de Cargé. J'ai vérifié l’identité de chaque tombe. Immense déception tout d'abord. J'ai bien trouvé deux tombes gravées au nom des Lagrima, mais le prénom de Thierry ne figurait sur aucune. J'allais repartir lorsqu'une vieille dame est venue à ma rencontre, m'avouant avoir été vivement intriguée par mes allées et venues entre les tombes. Je lui appris qu'un ami de Paris m'avait prié de me rendre sur la tombe de l’un de ses camarades d'enfance, et que j’étais plutôt bien embarrassé dans les recherches. Très spontanément, elle a proposé son aide, expliquant que nul ici ne lui était inconnu. Mais lorsque j'ai prononcé le nom du défunt, elle a aussitôt esquissé un signe de croix et pris un air très grave avant de me dire que le pauvre garçon était bien enterré à Cargé, mais pas dans le cimetière communal. (Ici, les gens enterrent leurs morts sur des terrains privés en dépit de la loi qui interdit cette pratique ; c'est une coutume.) La vieille m'a ensuite indiqué le chemin qui mène à la tombe de Thierry, à huit cent mètres environ au nord du cimetière. Avant de la quitter, j'ai tout de même voulu en savoir plus et je lui ai demandé si elle avait bien connu Thierry ; re-signe de croix avant de me confier :
Bien sûr ! C'était un enfant du village, je l'ai connu tout gosse... Qui aurait pu penser une chose pareille ! Moi je ne crois pas ce qu'on dit... On l'a conduit à la mort, cet enfant, mais je ne veux pas en parler...
Avant de nous séparer, j'ai tenté une dernière question :
— Quel âge avait Thierry lorsqu’il est mort ?
— Seize ans, Monsieur !
— Si jeune ! ? Mais de quoi est-il mort ?
— D'une balle en plein cœur, le pauvre gamin...
— Mais c'est horrible ! Qui l'a tué ?
— Lui-même, Monsieur, lui-même et les autres... Mais à présent, il faut que je m'en aille.
La vieille dame est partie et je suis resté ainsi quelque temps, prostré sur le chemin à la regarder s'éloigner.
Puis je suis sorti du cimetière et j'ai suivi la route indiquée par la vieille jusqu'à ce que je parvienne devant une sorte de petit enclos ; un lopin de terre enfoui dans la verdure où six tombes, entourées des inévitables cyprès, étaient alignées, toutes gravées au nom des Lagrima. Celle de Thierry se trouvait au bout de la rangée. Une tombe toute simple portant cette inscription :
 
Thierry Alexandre Daniel Lagrima
1951 - 1967
 
Je me suis assis tout près, dans l'herbe, et je suis resté

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