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La Suisse romande et ses patois , livre ebook

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Description

Ce volume donne la parole à toutes les voix qui représentent les patois de Suisse romande aujourd’hui.
Elles proviennent de trois groupes, qui, habituellement, évoluent sans se croiser. Tout d’abord, les associations de locutrices et de locuteurs incarnent la parole vivante, qui devient de plus en plus rare et menace de disparaitre faute de transmission. Les responsables politiques, fédéraux et cantonaux, relaient ensuite la parole officielle : celle des institutions qui encadrent et protègent les langues minoritaires en Suisse, pays officiellement plurilingue. La parole scientifique, finalement, est portée par des linguistes, des sociolinguistes et des dialectologues, qui présentent leurs projets de recherche autour de ces langues.
Rassemblées dans un même ouvrage, ces voix, complémentaires, offrent un panorama de la situation actuelle des langues francoprovençale et oïlique de la Suisse romande. L’avenir de ces langues historiques repose, en grande partie, sur les actrices et les acteurs qui s’expriment ici. Leur témoignage décrit les rencontres, les spectacles, les projets culturels, scientifiques et pédagogiques qui se déploient, en Suisse et dans les régions voisines de France et d’Italie. Les patois investissent aussi la sphère numérique, impératif de notre siècle.
Conscientes de la richesse et de la diversité des patois romands, ces voix, à l’unisson, cherchent à donner une juste place à tout un pan, encore sous-estimé, du patrimoine linguistique et culturel de la Suisse.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782889303922
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0165€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Glossaire des patois de la Suisse romande
La collection Glossaire des patois de la Suisse romande accueille des parutions en lien avec les langues historiques de la Suisse romande et l’identité culturelle et linguistique de cette région. Elle publie des documents originaux, des travaux de vulgarisation ainsi que des monographies et des recueils scientifiques en rapport avec ces thématiques.
 


© Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, 2022
Rue du Tertre 10
2000 Neuchâtel
Suisse
 
 
www.alphil .ch
 
Alphil Diffusion
commande@alphil.ch
 
 
DOI : 10.33055/ALPHIL.03170
ISBN papier : 978-2-88930-390-8
ISBN PDF : 978-2-88930-391-5
ISBN EPUB : 978-2-88930-392-2
 
 
La publication de ce livre a été soutenue par le Fonds national suisse de la recherche scientifique.
 
Les Éditions Alphil bénéficient d’un soutien structurel de l’Office fédéral de la culture pour les années 2021-2024.
 
Illustration de couverture : Centre de dialectologie et d’étude du français régional, UniNE.
 
Responsable d’édition : Sandra Lena


À la mémoire de Federica Diémoz


Préface
Isabelle Chassot
Directrice de l’Office fédéral de la culture
C ’est bien volontiers que j’ai répondu à l’invitation d’introduire ce volume rappelant le colloque dédié aux patois romands qui s’est tenu les 21 et 22 septembre 2017 à l’Université de Neuchâtel, en amont de la Fête romande et internationale lors de laquelle, comme tous les quatre ans, les patoisant-e-s des cantons romands et des régions voisines de France et d’Italie se sont réuni-e-s. Cette année-là, c’est à Yverdon-les-Bains (Vaud) que se sont déroulées les festivités.
Ce colloque a été l’occasion d’échanges stimulants entre des participant-e-s d’horizons variés. J’avais salué alors l’organisation de cet événement, autant pour l’attrait scientifique et culturel qu’il revêtait que pour les questions sociétales qu’il permettait d’aborder : quelle place pour les patois en Suisse romande ? Quels rôles ont à jouer les patoisant-e-s, les spécialistes et les autorités ? Comment soutenir et préserver ce riche patrimoine ? Comment inscrire le soutien au patois dans le plurilinguisme helvétique ?
Le plurilinguisme est une caractéristique essentielle de la Suisse : non seulement la Suisse abrite des langues et cultures différentes, mais ce plurilinguisme enrichit les différentes communautés en offrant à ses habitant-e-s la chance de développer des compétences linguistiques et culturelles multiples.
Cette culture du plurilinguisme, nous en savons les richesses et les forces. Nous en connaissons également et en éprouvons parfois les exigences et les difficultés, le besoin de respect des minorités qu’elle nécessite, le souci de dialogue qu’elle implique et de compromis qu’elle suppose.
Il y a maintenant presque quinze ans que la Suisse s’est dotée d’une loi sur les langues nationales et la compréhension entre les communautés linguistiques et presque vingt-cinq ans qu’elle a ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires . Le dispositif légal entend protéger et conserver la diversité linguistique et culturelle de la Suisse. Sur cette base le Conseil fédéral s’engage en faveur du plurilinguisme, de sa promotion et de son renforcement. Le plurilinguisme officiel en Suisse englobe à ce jour les quatre langues nationales, à savoir l’allemand, le français, l’italien et le romanche, dont les trois premières sont officiellement en usage pour les rapports à la Confédération. Le romanche, quant à lui, est une langue semi-officielle qui est uniquement utilisée lorsque la Confédération s’adresse aux personnes qui parlent cette langue. La Suisse reconnait également d’autres langues pratiquées sur son territoire, bénéficiant de statuts divers.
Les axes prioritaires de la politique linguistique sont fixés par le Conseil fédéral et approuvés par le Parlement tous les quatre ans. Pour la période d’encouragement 2016-2020, le Conseil fédéral a mis une priorité sur la promotion des langues nationales en tant qu’élément central de la cohésion sociale, en soutenant une série de mesures dans les domaines des échanges scolaires, de l’enseignement des langues nationales, des langues et des cultures minoritaires, en particulier romanches et italiennes. Ces mesures sont poursuivies et approfondies dans le cadre du Message culture 2021 à 2024.
Dans mon évocation du plurilinguisme suisse, je n’ai pas évoqué le terme de patois . Et pourtant la diversité linguistique de la Suisse ne se limite pas aux quatre langues nationales et aux langues régionales reconnues. Bien au contraire ! Il y aurait lieu de parler des nombreuses langues issues de la migration qui font de beaucoup d’habitant-e-s de notre pays des bilingues, mais ce n’est pas mon propos ici. Je veux en effet mentionner comme un élément central de la diversité linguistique : les multiples parlers locaux, qu’il est en usage, en Suisse romande, d’appeler patois , selon l’usage des locuteurs. Résultat de deux millénaires d’évolution régionale à partir du latin, le patois, permettez ici que j’emploie l’hyperonymie, est la langue de nos ancêtres en Suisse romande. Multiples suivant les régions voire les vallées, ils font partie du même domaine linguistique : le francoprovençal, à l’exception du patois jurassien, issu de la langue d’oïl.
Le patois n’a pas toujours eu des jours heureux. Il a traversé des moments très difficiles durant lesquels il a été combattu à la trique, et le mot n’est pas trop fort pour parler de nos cours d’école jusqu’à la fin de la première moitié du XX e  siècle. Et malgré tout, le patois est toujours vivant. Les patoisant-e-s ont su garder leurs langues et leurs coutumes vivantes. Elles et ils ont réussi à conserver leurs spécificités régionales et ont gagné de nombreux défenseurs à leur cause. Différentes institutions et associations régionales et locales participent aujourd’hui activement à la sauvegarde et à la valorisation de ce patrimoine oral. Par leurs publications, l’édition de transcriptions et d’enregistrements anciens ou encore la création de nouveaux textes, elles nous démontrent que le patois n’est pas passé !
C’est aussi grâce au travail des linguistes et des romanistes que le patois est reconnu comme un idiome, une langue à part entière. L’importante contribution de l’Université de Neuchâtel et du Glossaire des patois de la Suisse romande, de ses spécialistes des vieux langages et des parlers populaires, y est pour beaucoup.
En particulier, j’aimerais rendre hommage ici à la professeure Federica Diémoz, directrice du Centre de dialectologie et d’étude du français régional, trop tôt disparue en aout 2019. Chercheuse passionnée et enseignante engagée, elle avait consacré sa vie à la dialectologie, à la sociolinguistique et aux langues, notamment francoprovençales et patois de Suisse romande. Par son travail scientifique, elle a donné aux Romandes et aux Romands des raisons d’être fières et fiers de leur parler local.
Ce pas de la reconnaissance scientifique franchi, le moment n’était-il pas venu pour le patois d’obtenir une reconnaissance institutionnelle ?
En ratifiant la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en 1997, le Conseil fédéral a fait de la sauvegarde et de la préservation des langues régionales ou minoritaires un des axes stratégiques de sa politique en matière de promotion linguistique. Les principaux objectifs de la Charte sont de nature linguistique et culturelle. L’objectif premier est de préserver et de promouvoir la diversité linguistique, qui représente l’un des plus précieux éléments de la vie culturelle européenne.
La mise en œuvre de la Charte par les États signataires fait l’objet d’un suivi régulier par le Conseil de l’Europe. Dans le septième rapport de 2018, suite aux recommandations du Conseil des ministres et du Comité des experts, les patois, sous les appellations de francoprovençal et de franc-comtois, bénéficient à présent d’un statut particulier et sont considérés en tant que langues régionales et minoritaires de Suisse.
Des premières discussions avec les cantons romands concernés avaient été entreprises lors de la préparation du rapport de 2014. La question pour la Suisse de reconnaitre le francoprovençal comme une langue minoritaire au sens de la Charte semble simple, mais y répondre a demandé une réflexion collective approfondie. La décision nécessite un long processus d’évaluation : le Conseil fédéral a pris connaissance des rapports des Comités d’experts et toujours souhaité agir d’entente avec les cantons où le francoprovençal est encore présent, en particulier Fribourg et le Valais. Une reconnaissance n’a de sens que si elle répond aux vœux de l’ensemble des actrices et acteurs impliqué-e-s.
À présent que cette reconnaissance est officielle, il convient d’autant plus d’apporter au francoprovençal ainsi qu’au franc-comtois une attention soutenue dans le cadre des dispositifs de valorisation de ce patrimoine, comme le font notamment les cantons du Jura, de Fribourg et du Valais. C’est dans cet esprit qu’il parait important d’orienter l’engagement des pouvoirs publics. L’Office fédéral de la culture, d’entente avec les cantons concernés, entend explorer des pistes prometteuses et est prêt à s’engager dans le respect du fédéralisme.
Par l’organisation du colloque de 2017 à l’Université de Neuchâtel, que l’Office fédéral de la culture a soutenu dans le but de promouvoir la défense et la valorisation des patois de Suisse romande, l’ensemble des participant-e-s ont offert la possibilité de « renouer de l’intérieur », à travers les mots, avec notre héritage culturel qui constitue une richesse linguistique et culturelle à préserver.
À la suite de deux jours studieux de communications scientifiques et d’échanges à Neuchâtel, la dernière Fête

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