404 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

L'Instinct du langage , livre ebook

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
404 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Quelles sont les structures universelles du langage? Quelles sont ses bases biologiques? Que savent les bébés en naissant? Existe-t-il des gènes de la grammaire? Parviendra-t-on à recréer le langage humain par l'intelligence artificielle? Quelle différence entre les humains et les animaux? Que nous apprennent les idiots savants et les enfants loups? Pense-t-on en langage ou en image? Existe-t-il une «langue mère»? Pourquoi existe-t-il autant de langues différentes? Et pourquoi est-il si difficile d'en apprendre une à l'âge adulte? Voici la somme la plus élaborée et la plus accessible à l'heure actuelle, par l'une des personnalités les plus brillantes du monde scientifique international. Steven Pinker dirige le centre de neurosciences cognitives du Massachusetts Institute for Technology.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 1999
Nombre de lectures 0
EAN13 9782738168849
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0750€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

O UVRAGE TRADUIT ET PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DU LIVRE
Ouvrage originellement publié par William Morrow and Company, Inc. sous le titre : The Language Instinct © 1994 par Steven Pinker
Pour la traduction française : © O DILE J ACOB , FÉVRIER 1999 15, RUE S OUFFLOT , 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
ISBN : 978-2-7381-6884-9
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
Avertissement de la traductrice

« On peut dire sans trop s’avancer que le mécanisme grammatical que nous avons utilisé pour l’anglais dans les chapitres 4 à 6 sert dans toutes les langues du monde. »
Relevant le défi de Steven Pinker lui-même, nous offrons ici au lecteur francophone un texte où les exemples en anglais sont directement traduits en français lorsqu’ils s’y prêtent, ou bien transposés de manière à respecter et à illustrer au mieux la démonstration de l’auteur. Les quelques îlots irréductibles, pour lesquels aucun équivalent n’existe en français dans la syntaxe, la morphologie et la phonétique, ont été conservés tels quels. Il en a été de même pour l’historique de l’évolution de la langue anglaise. Nonobstant la vieille notion d’insularité, ces particularismes vont dans le sens de la démonstration de l’auteur, à savoir que, s’il existe des différences entre les langues comme entre les hommes, leurs points communs sont bien plus nombreux.
Le français a aussi son originalité, mais il n’était pas dans notre propos de récrire, et donc de trahir, certains passages, ni de faire œuvre de comparatiste, si tentant que cela puisse être.
Les notes de traduction, abondantes à dessein pour guider le lecteur dans cette découverte fascinante, apparaissent en bas de page. En revanche, les notes de l’auteur, essentiellement constituées d’indications bibliographiques renvoyant aux références, figurent en fin d’ouvrage.
Préface

Je n’ai jamais rencontré une personne qui ne s’intéresse pas au langage. Ce livre entend justement répondre à cette curiosité. Le langage commence à s’expliquer de la seule manière qui soit satisfaisante, c’est-à-dire par la science, mais la nouvelle a été tenue secrète.
À l’amoureux du langage, j’espère montrer que la langue de tous les jours recèle tout un monde d’élégance et de richesse qui éclipse de beaucoup les curiosités régionales de l’étymologie, des termes inusités et des subtilités de l’usage.
À l’amateur d’ouvrages de vulgarisation scientifique, j’espère expliquer ce qu’il y a derrière les récentes découvertes (ou non-découvertes bien souvent) présentées dans la presse : les structures profondes universelles, le génie des bébés, les gènes de la grammaire, les ordinateurs artificiellement intelligents, les réseaux neuronaux, les chimpanzés qui s’expriment par signes, les hommes de Neandertal qui parlent, les idiots savants, les enfants-loups, les singularités des lésions du cerveau, les vrais jumeaux qui ont été séparés à la naissance, les images en couleurs du cerveau qui pense et la recherche de la langue mère. J’espère aussi répondre à bon nombre de questions qu’on se pose naturellement sur les langues : pourquoi en existe-t-il autant ? Pourquoi sont-elles si difficiles à apprendre pour un adulte ? Et pourquoi personne ne semble connaître le pluriel de walkman  ?
Pour les étudiants qui ignorent la science du langage et de la pensée ou, pis encore, qui peinent à mémoriser les effets de la fréquence des mots sur le temps de réaction de la décision lexicale, ou encore les subtilités du principe de la catégorie vide, j’espère leur communiquer la merveilleuse passion intellectuelle qui a lancé l’étude moderne du langage il y a plusieurs dizaines d’années.
Pour mes collègues de travail, éparpillés en beaucoup de disciplines et qui étudient une foule de sujets en apparence sans relation, j’espère leur donner de quoi trouver leur place dans ce vaste territoire. Chercheur entêté et obsédé, j’ai horreur des compromis insipides qui étouffent les questions, bien que les controverses entre universitaires me fassent souvent penser à des aveugles palpant un éléphant. Si ma synthèse personnelle semble adhérer en même temps à des thèses opposées, comme formalisme/fonctionnalisme ou syntaxe/sémantique/pragmatique, peut-être est-ce parce que les problèmes étaient mal posés au départ.
Au lecteur qui s’intéresse à ce qui n’est pas de la fiction, et notamment au langage et à l’être humain au sens le plus large, j’espère offrir quelque chose de différent des platitudes pleines de vent — du langage allégé — qui caractérisent souvent les discussions sur le langage (en général par des gens qui ne l’ont jamais étudié) aussi bien dans les sciences humaines que dans les autres domaines scientifiques. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, je ne peux écrire que d’une seule manière, c’est-à-dire avec une passion pour les idées fortes qui éclairent et un torrent de détails pour les illustrer. Étant donné cette dernière caractéristique, j’ai la chance de traiter un sujet dont les principes sont à la base des jeux de mots, de la poésie, de l’emphase, des mots d’esprit et de la bonne écriture. Je n’ai pas hésité à citer mes exemples préférés de langage pris sur le terrain dans la culture pop, chez les enfants et les adultes ordinaires, chez les universitaires éminents qui travaillent dans mon domaine, et chez certains grands écrivains.
Ce livre est donc destiné à tous ceux qui utilisent le langage, c’està-dire à tout le monde !
Il y a beaucoup de personnes que je dois remercier : tout d’abord Leda Cosmides, Nancy Etcoff, Michael Gazzaniga, Laura Ann Pinto, Harry Pinker, Robert Pinker, Roslyn Pinker, Suzan Pinker, John Tooby, et en particulier Ilavenil Subbiah, pour avoir commenté mon manuscrit et prodigué leurs conseils et leurs encouragements.
Mon institution d’origine, le Massachusetts Institute of Technology, est un environnement particulièrement favorable à l’étude du langage, et je suis reconnaissant à mes collègues, étudiants et anciens étudiants qui ont contribué par leur savoir à ce travail. Noam Chomsky a formulé des critiques pertinentes et des suggestions utiles, et Ned Block, Paul Bloom, Suzan Carey, Ted Gibson, Morris Halle et Michael Jordan m’ont aidé dans ma réflexion sur la problématique de plusieurs chapitres. Merci également à Hilary Bromberg, Jacob Feldman, John Houde, Samuel Jay Keyser, John J. Kim, Gary Marcus, Neal Perlmutter, David Pesetsky, David Pöppel, Annie Senghas, Karin Stromswold, Michael Tarr, Marianne Teuber, Michael Ullman, Kenneth Wexler et Karen Wynn pour leurs réponses savantes à tout un éventail de ques tions, de la langue des signes au langage des sportifs et des guitaristes. La bibliothécaire du Département du cerveau et des sciences cognitives, Pat Claffey, et le responsable de l’informatique Stephen G. Wadlow, merveilleux représentants de leur profession, m’ont apporté leur aide généreuse et experte à bien des moments.
Plusieurs chapitres ont bénéficié de la vérification minutieuse de véritables experts. Je leur suis reconnaissant de leurs commentaires techniques et stylistiques : il s’agit de Derek Bickerton, David Caplan, Richard Dawkins, Nina Dronkers, Jane Grimshaw, Misia Landau, Beth Levin, Alan Prince et Sarah G. Thomason. Je remercie aussi mes collègues dispersés dans l’espace cybernétique qui se sont montrés si indulgents envers mon impatience en répondant, parfois en quelques minutes, à mes questions par courrier électronique : Mark Aronoff, Kathleen Baynes, Ursula Bellugi, Dorothy Bishop, Helena Cronin, Lila Gleitman, Myrna Gopnik, Jacques Guy, Henry Kuc˘era, Sigrid Lipka, Jacques Mehler, Elissa Newport, Alex Rudnicky, Jenny Singleton, Virginia Valian et Heather Van der Lely. Un dernier remerciement enfin à Alta Levenson de la Bialik High School pour son aide dans ce qui touche le latin.
Je suis heureux de rendre hommage à l’attention particulière de mon agent littéraire, John Brockman, de mon responsable de la publication chez Penguins, Ravi Mirchandani, et de ma responsable de l’édition chez William Morrow, Maria Guarnaschelli. Katarina Rice a préparé les manuscrits de mes deux premiers ouvrages, et je suis heureux qu’elle ait accepté volontiers de travailler avec moi à celui-ci, étant donné en particulier certaines choses que je dis dans le chapitre 12.
Ma propre recherche sur le langage a reçu le soutien financier du National Institute of Health (grant HD 18381), de la National Science Foundation (grant BNS 91-09766) et du McDonnell-Pew Center for Cognitive Neuroscience du MIT.
CHAPITRE 1
Un instinct pour acquérir un art

En lisant ces mots, vous participez à l’une des merveilles du monde naturel. En effet, nous appartenons vous et moi à une espèce dotée d’une capacité remarquable : nous pouvons façonner des représentations dans le cerveau l’un de l’autre avec une extraordinaire précision. Je ne parle pas de télépathie, ni de contrôle de la pensée, ni d’autres obsessions pseudo-scientifiques ; même dans les descriptions de leurs adeptes, ce sont des instruments grossiers au regard d’une aptitude qui est sans conteste présente en chacun d’entre nous. Cette aptitude, c’est le langage. En faisant simplement des bruits avec notre bouche, nous savons que nous pouvons faire surgir de nouvelles combinaisons d’idées bien précises dans l’esprit l’un de l’autre. Cette aptitude est si naturelle que n

  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents
Alternate Text