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Histoire linguistique de la Suisse romande , livre ebook

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Description

« 2020. Nous sommes confinés et vulnérables. Dans mon bureau, une montagne de manuscrits et de cours jamais rangés attend que je m’en occupe. La matière d’un livre encore jamais écrit est là. Je m’y mets. »

Des Gaulois aux Romains, et des Romains aux Romands : voici une histoire linguistique qui se veut accessible à un large public, malgré sa rigueur scientifique. Andres Kristol, professeur honoraire d’histoire de la langue française et de dialectologie galloromane de l’Université de Neuchâtel, présente ici la toute première synthèse de l’histoire linguistique des différentes régions qui constituent aujourd’hui la Suisse romande dans toute leur complexité, des origines jusqu’à l’époque contemporaine. Il retrace la lente formation des frontières linguistiques en Suisse occidentale et l’introduction du français dans notre espace à partir du Moyen Âge, tout d’abord comme langue écrite des élites, et bien plus tard comme langue commune de toute la population. Il présente de nombreux documents généralement peu connus si ce n’est que par quelques spécialistes, qui permettent de découvrir les multiples personnalités qui ont contribué à forger notre histoire linguistique. Les témoignages qu’ils nous ont laissés, telle une mosaïque, contribuent à éclairer les différents aspects de l’histoire linguistique de la Suisse romande.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2023
Nombre de lectures 1
EAN13 9782889305704
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0367€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

G LOSSAIRE DES PATOIS DE LA S UISSE R OMANDE
La collection Glossaire des patois de la Suisse romande accueille des parutions en lien avec les langues historiques de la Suisse romande et l’identité culturelle et linguistique de cette région. Elle publie des documents originaux, des travaux de vulgarisation ainsi que des monographies et des recueils scientifiques en rapport avec ces thématiques.
 
 
D ANS LA MÊME COLLECTION
M OREROD Jean-Daniel, S CHEURER Rémy (éd.), Documents linguistiques de la Suisse romande II. Documents en langue française antérieurs à la fin du XIV e siècle conservés dans le canton de Neuchâtel , Neuchâtel, Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, 2022.
A QUINO- W EBER Dorothée, R OTHENBÜHLER Julie, Pourquoi parle-t-on le français en Suisse romande ? , Neuchâtel, Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, 2022.
A QUINO- W EBER Dorothée, S AUZET Maguelone (éd.), La Suisse romande et ses patois. Autour de la place et du devenir des langues francoprovençale et oïlique , Neuchâtel, Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, 2022.
R EUSSER- E LZINGRE Aurélie, Contes et légendes du Jura. Transmission d’un patrimoine linguistique et culturel , Neuchâtel, Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, 2021.


© Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, 2023
Rue du Tertre 10
2000 Neuchâtel
Suisse
 
 
www.alphil.ch
Alphil Diffusion
commande@alphil.ch
 
 
ISBN coffret : 978-2-88930-455-4
ISBN tome 1 : 978-2-88930-537-7
ISBN tome 2 : 978-2-88930-538-4
ISBN tome 3 : 978-2-88930-539-1
ISBN epub : 978-2-88930-570-4
ISBN pdf : 978-2-88930-571-1
 
 
Ce livre a été publié avec le soutien de la Loterie Romande


et de l’Association William Pierrehumbert.
 
Les Éditions Alphil bénéficient d’un soutien structurel de l’Office fédéral de la culture pour les années 2021-2024.
 
Illustration de couverture : Nusbaumer-graphistes sàrl, www.nusbaumer.ch , à partir de la plaquette votive de Berne, Thormebodewald.
 
Responsable d’édition : Sandra Lena


Introduction


Préface
Christophe Büchi 1
« L es peuples heureux n’ont pas d’histoire », dit l’adage. Comme tous les proverbes, celui-ci recouvre une part de vérité et en occulte une autre. Indéniablement les peuples heureux – pour autant qu’ils existent vraiment – ne font pas la grande histoire, l’histoire avec H majuscule faite de guerres et de batailles. Mais ils ne tombent pas du ciel pour autant. Le « bonheur » d’un peuple, comme son malheur, est le résultat d’un cheminement, souvent cahotant. On ne nait pas heureux : dans le meilleur des cas, on le devient.
Ceci est vrai aussi pour la Suisse. Dans l’ensemble, l’histoire de notre pays parait miraculeusement paisible et « sans histoires », surtout comparée avec celle de nos voisins. Mais elle n’a pas toujours été si tranquille. Rappelons, à titre d’exemple, qu’avant la fondation de l’État fédéral moderne en 1848, les cantons suisses – conservateurs d’un côté, libéraux de l’autre – s’étaient affrontés dans une mini-guerre, qu’on pourrait appeler, en poussant un peu le bouchon, notre « guerre de sécession ». Heureusement, même dans ce conflit qui se déroula du 3 au 29 novembre 1847 et finit avec la victoire éclatante des cantons libéraux, on s’est tué avec une modération tout helvétique. À la fin de cette guerre-éclair menée avec pondération et circonspection par le chef des troupes libérales, le général Guillaume Henri Dufour, on a déploré une centaine de morts et quelque quatre cents blessés. C’est assez pour contredire l’image d’une Suisse toujours pacifique, mais peu au regard des grands massacres de l’histoire.
Si donc, à la suite de Denis de Rougement, auteur de La Suisse ou L’Histoire d’un peuple heureux , on peut parler d’un pays heureux, ce constat s’applique particulièrement à la cohabitation des langues. De nouveau, bien sûr, des nuances sont de mise. Entre les quatre groupes linguistiques qui composent la Suisse depuis le Moyen Âge, il n’a pas toujours régné une harmonie préétablie. Mais leurs relations ne sont pas marquées par des conflits violents comme dans d’autres pays multiculturels. Le « fossé » et autre « barrière de rœsti » ou Röstigraben , qu’on évoque fréquemment entre Romands et Alémaniques et qui a agité les esprits surtout pendant la Première Guerre mondiale et à la fin des années 1990, fait figure d’aimable plaisanterie, comparé aux problèmes de cohésion intérieure que d’autres pays doivent affronter. N’en tirons pas une fierté exagérée et n’y voyons pas une assurance tout risque pour l’avenir. Mais il n’est pas interdit aux Suisses d’en être heureux et d’en éprouver de la reconnaissance.
Cela ne signifie pas que tout est facile dans la Suisse multilingue. Si l’on se penche sérieusement sur son fonctionnement, on constate que si tout a l’air simple, tout est très compliqué. Ce pays qui semble tourner si rondement, fait penser à ces fameuses montres made in Switzerland qu’on appelle les « Grandes complications » où derrière un cadran sobre se cache un mécanisme d’une extraordinaire sophistication.
Examinons un exemple qui nous mènera au cœur de la thématique de ce livre impressionnant, dont nous avons le plaisir et l’honneur d’assumer l’ouverture.
L’actuelle Constitution fédérale datée de 1999 n’est pas bavarde concernant les langues en Suisse. Lapidaire, elle dit dans son article quatre : « Les langues nationales sont l’allemand, le français, l’italien et le romanche. » Tout semble dit. Mais au fond, rien n’est évident.
La première observation est d’ordre sociologique. Si la Suisse reconnait quatre langues nationales, de toute évidence, on y parle beaucoup plus d’idiomes. Aux côtés des quatre langues mentionnées, l’anglais joue un rôle de plus en plus important. Toute une série de langues de l’immigration – espagnol, portugais, turc, serbo-croate, albanais, arabe, etc. – font partie du paysage linguistique helvétique et sont d’ores et déjà statistiquement plus importantes que le romanche. Et finalement, pourquoi ne pas parler de la fascinante langue des signes des malentendants ? Ce qui est vrai pour le présent est valable pour le passé. Carrefour au cœur de l’Europe, la Suisse a toujours parlé une multitude de langues, comme l’a montré l’historien Norbert Furrer dans son livre La Suisse aux quarante langues (2002). Désormais, on peut parler d’une Suisse aux cent langues, si ce n’est plus.
Deuxième remarque. Quand la Constitution fédérale fait de l’allemand une des langues nationales, on peut se demander : de quel allemand parle-t-elle ? S’agit-il du hochdeutsch , le si mal nommé « bon allemand », ou du schwiizertütsch , l’allemand de Suisse ou plus exactement : les dialectes alémaniques ? On sait que les Alémaniques utilisent l’allemand standard ( hochdeutsch ) dans le domaine écrit et les dialectes ( schwiizertütsch ) dans la communication orale de tous les jours. Autrement dit, ils pratiquent ce que les linguistes appellent la « diglossie » : l’utilisation de deux langues ou de deux variantes de la même langue avec des fonctions différentes. Il arrive aussi que la ligne de partage entre dialecte et langue standard reste floue. Ainsi, les institutions officielles – parlements, administrations, écoles – constituent en Suisse alémanique un domaine partagé : on y parle tantôt le hochdeutsch (surtout dans des situations officielles et solennelles) et tantôt le schwiizertütsch , la tendance actuelle allant toutefois vers une utilisation encore plus fréquente du dialecte, surtout dans les écoles.
La question se pose donc : quel allemand faut-il considérer comme « national » ? Voici nullement une querelle de spécialistes ou de coupeurs de cheveux en quatre – une « querelle d’Allemands » en quelque sorte. Cette question a été soulevée à de nombreuses occasions dans l’histoire suisse. Dans les années 1930, pour se démarquer de l’Allemagne nazie, des voix alémaniques se sont levées pour demander qu’on fasse du s chwiizertütsch la langue nationale. Après la Seconde Guerre mondiale et la fin du national-socialisme, la revendication est passée aux oubliettes. Mais au début des années 2000, le débat a ressurgi. Face à une forte immigration de main-d’œuvre qualifiée venue d’Allemagne, un mouvement est apparu en Suisse alémanique qui voulait renforcer les dialectes face au hochdeutsch , surtout dans les écoles. Dans plusieurs cantons, des initiatives populaires ont demandé l’utilisation exclusive du schwiizertütsch dans les jardins d’enfants – avec un succès mitigé. Entre-temps, l’immigration allemande n’est plus aussi forte. Dès lors, le débat a perdu une grande partie de son actualité. Toujours est-il qu’il y a là une vraie question que la Constitution fédérale ne tranche pas et qui pourrait un jour de nouveau agiter les esprits.
On le voit : rien n’est simple quand il s’agit de langues. Le cas de la Suisse alémanique n’est pas seul à soulever des questions compliquées. Prenons la Suisse italienne. On dit qu’elle parle, comme le nom l’indique, l’italien. Pour être précis, on devrait parler de plusieurs italiens. La partie italophone du pays est constituée par le canton du Tessin et plusieurs vallées grisonnes. Or, ces régions tessinoises et grisonnes ont toutes leurs propres dialectes. Jusqu’il y a peu, la situation linguistique de la plupart des Suisses italophones ressemblait largement à celle des Alémaniques, les locuteurs passant de l’italien standard au dialecte au gré des circonstances (même si la réticence à utiliser la langue standard a probablement toujours été moindre en Suisse italienne que chez les Alémaniques). Toutefois, de nos jours, contrairement à ce qui se passe en Suisse alémanique, les dialectes reculent, surtout dans l

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