Je te déteste passionnément , livre ebook
158
pages
Français
Ebooks
2022
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Je te déteste passionnément
C. Handon
Table des matières
Avertissement
1. Chris
2. Chris
3. Jo
4. Chris
5. Jo
6. Chris
7. Jo
8. Chris
9. Jo
10. Chris
11. Jo
12. Chris
13. Jo
14. Chris
15. Jo
16. Chris
17. Jo
18. Chris
19. Jo
20. Chris
21. Chris
22. Jo
23. Chris
24. Chris
25. Jo
26. Jo
27. Chris
28. Jo
29. Chris
30. Jo
31. Jo
32. Chris
33. Chris
34. Jo
35. Chris
36. Chris
37. Chris
38. Jo
39. Chris
40. Jo
41. Chris
42. Jo
43. Chris
44. Jo
45. Chris
46. Chris
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Myles
Remerciements
Bibliographie
Concernant l’auteure
Notes
Avertissement
Cette œuvre est un ouvrage de fiction. Les noms, les personnages et les évènements sont le produit de l’imagination de l’auteure ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des faits réels, des personnages existants ou ayant existé, serait purement fortuite.
De plus, l’œuvre contient des scènes pour un public adulte, l’auteure décline donc toute responsabilité dans le cas où cette histoire serait lue par un public trop jeune.
À Ted Mosby
Un
Chris
L a drague et moi, ça fait au moins l’infini au carré. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours mangé des râteaux dès que j’ouvrais la bouche. Je suis meilleur pour fermer ma gueule que pour conclure avec une fille.
Et à voir la tête de celle avec qui je discute depuis dix minutes à peine, elle va m’envoyer sur les roses.
— Connard !
Le liquide froid contenu dans son verre m’asperge le visage. Par chance, je ferme les yeux avant que le gin-tonic de la demoiselle me rende aveugle.
Le feeling passait bien, la jolie brune se prêtait au jeu de la séduction, alors pourquoi, après qu’elle m’a dit aimer les grands, se montre-t-elle aussi virulente quand je lui exprime le fait d’apprécier les fortes poitrines ?
Elle a une forte poitrine !
C’était un compliment !
Tout espoir de nous enlacer fiévreusement s’envole quand elle se lève de son siège, les sourcils froncés, comme si elle était prête à mordre. De façon hargneuse, pas de manière sensuelle.
Elle s’éloigne la tête haute, un air de dédain affiché sur les traits. Les autres clients du bar m’observent, interloqués, les habitués, eux, se marrent. Ce n’est pas la première fois qu’ils assistent à ce genre de scène avec moi.
Je retourne à la table, où les copains m’attendent, en traînant des pieds. Je me laisse choir sur la banquette verte en cuir usé, le tee-shirt trempé. Je n’ai même pas le courage d’aller me nettoyer le visage dans les toilettes, j’attrape simplement une serviette en papier pour éponger les dégâts.
— Un jour, il faudra qu’on te chronomètre, s’esclaffe Jacob.
— Mec, ne remue pas le couteau dans la plaie, me défend Carter.
Mes deux meilleurs potes échangent un regard et se mettent à rire. Merci du soutien, les gars…
— Pourquoi parler des seins des filles, c’est tabou ? leur demandé-je, désabusé.
— C’est comme aborder le sujet de l’aubergine chez les mecs, certains complexes doivent être passés sous silence, déclare Jacob en haussant les épaules. Regarde, avec Lexie, je n’évoque jamais sa légère dissymétrie des yeux.
— Tu fais ce que tu veux avec ta gonzesse, lâché-je.
— Ma fiancée, me rectifie mon ami.
Je secoue la tête, exaspéré. Comment ai-je pu oublier ce détail ?
— Il n’empêche que, moi, j’aimerais causer concombre sans complexe, lancé-je. Je sais me servir du mien : jamais une nana n’a eu à s’en plaindre !
— Ton problème à toi, c’est le flot de conneries que tu débites à la minute, lâche Carter.
— Je rêverais d’un monde où l’on parlerait de cul sans passer pour un obsédé, affirmé-je en éludant sa pique. Je veux dire, un corps, c’est… un corps.
— Très pertinent, l’ami, me charrie Jacob.
— Mec, ta gueule, le rembarré-je avec un sourire.
J’ai abusé de bière ce soir et n’ai plus les idées très claires. Je relâche une profonde expiration avant de mordiller ma lèvre supérieure. Carter est déjà marié à Ashley depuis un an. Jacob, lui, a demandé la main de Lexie il y a deux mois. Moi ? Je suis le dernier célibataire de la bande, sur la béquille pour ce soir, car je suis incapable de tenir ne serait-ce que cinq minutes de rendez-vous, et bien loin d’avoir la vie que je souhaitais.
Mon job de webmaster me plaît, et j’ai bon espoir de décrocher une promotion cette année. Mais pour ce qui est de ma vie personnelle, je suis carrément au chômage.
Carter et Jacob, eux, n’ont pas ce problème. J’envie leur situation amoureuse. Pourquoi n’ai-je pas le droit au bonheur moi aussi ? À 30 ans, je suis pourtant plus que prêt à m’investir dans une relation sérieuse !
Deux
Chris
— M ec, j’hallucine ! lâché-je, bouche bée.
En face de mon colocataire et moi, Jordane Anderson, sa petite sœur, prise sur le vif, les doigts enroulés autour de la queue d’un illustre inconnu. Je suis simplement trop focalisé sur cette scène érotique pour l’associer à un patronyme.
Jacob m’a imposé sa cadette le mois dernier. Au chômage après avoir traité son patron de sombre con misogyne, Jordane, Jo pour les intimes – dont ce gars en face de nous doit faire partie – n’avait plus de quoi payer son loyer à Chicago. J’ai accepté de lui céder mon bureau, qui était l’ancienne chambre de Carter à l’époque où il vivait encore avec nous.
Je me servais de cette pièce deux jours par semaine lorsque je bosse en télétravail. En contrepartie d’avoir installé tout mon matos dans le salon, j’ai le droit de conserver la XBOX One quand mon meilleur pote se trouvera un petit nid d’amour avec Lexie, sa fiancée .
Un deal comme ça, ça ne se refuse pas !
Mais pour l’heure, je pourrais passer ma nuit et bien plus encore à mater ma colocataire imposée, complètement nue, elle aussi.
Ses cheveux blonds tombent en cascade sur ses épaules, et j’ai du mal à me concentrer sur ses yeux noisette en forme d’amande, à cause de deux mamelons dressés au bout d’une poitrine à damner un saint.
Ce qu’il reste de ma conscience me souffle de détourner le regard quand elle se lève, parce que je crains de me comporter comme un mec en manque.
Bon, je le suis, mais ce n’est pas une raison !
— Dégagez, crie Jordane en nous claquant la porte au nez.
Le bruit m’assassine les tympans, mais un coup d’œil vers mon pote me fait oublier ce désagrément. Il ressemble à un poisson hors de l’eau, tout comme le gars dans sa chambre qui tentait désespérément de cacher son engin.
— Bordel, je viens de la voir astiquer le manche d’un mec, lâche Jacob, tandis que je l’accompagne jusqu’à notre canapé en velours usé.
Un rire niais m’échappe, puis un second, lorsque je réalise me marrer simplement parce que je suis bourré. La situation n’a rien de drôle. Quoique…
— Chris ! Ne te fous pas de ma gueule ! Elle se le tape dans mon propre lit ! lâche Jacob en se prenant la tête dans les mains.
— Techniquement, ils étaient à côté, mais… je peux te faire une place dans le mien si t’as peur de choper une cochonnerie, proposé-je en me tenant les côtes.
Mon colocataire me jette un regard noir. Moi, je me laisse tomber dans le fauteuil, toujours hilare. L’instant d’après, Jordane sort de la chambre de son frère, habillée d’un simple crop top noir et d’un short en jean, sans soutif, comme à son habitude. Elle est accompagnée par le type dont les joues rouges reflètent son embarras.
— Je t’appelle, minaude-t-elle en expédiant son coup d’un soir hors de l’appartement.
Encore une fois, impossible de contenir mon fou rire.
— Menteuse, lancé-je lorsqu’elle referme la porte.
— La ferme, Chris ! Vous étiez supposés être au bar toute la soirée, pourquoi vous êtes revenus ?
Dans l’incapacité de décrocher un mot, parce que je me marre comme un phoque, et que, visiblement, Jacob va avoir besoin de temps pour se remettre du fait que sa petite sœur a une vie sexuelle, Jo pousse un soupir et se dirige vers la cuisine. Lorsqu’elle revient avec un verre d’eau, l’occasion de l’emmerder est trop belle pour la manquer.
— T’aurais peut-être préféré te servir en direct de la Little Giant 1 ?
— Ne sois pas jaloux que je sache faire fonctionner une fontaine, contrairement à toi.
Sa pique concernant mes histoires désastreuses m’arrache une grimace.
— Tout doux, l’astiqueuse de carotte ! répliqué-je. Tu viens à peine de déposer tes valises chez nous et c’est déjà problématique.
— Tu as raison Christopher Clarks, rebondit Jo, je me cogne ton insupportable caractère de maniaque en plus de tes blagues graveleuses. Peut-être est-ce pour ça que tous tes dates s’enfuient en courant.
Quelle connasse !
J’adore mon pote, mais sa sœur, vraiment, c’est une plaie ! Et le pire, c’est la part de vérité qui réside dans ses mots : j’attire les femmes par mon physique pour les faire fuir aussi sec. Mes yeux verts ne m’attirent que des compliments, mais seule mon ex, Mona, acceptait mon humour délirant et mon côté ordonné, à la limite de l’obsession. Sauf que même elle s’est tirée, me brisant le cœur par la même occasion.
— Pourquoi vous êtes revenus ? nous redemande Jo en effaçant ce souvenir douloureux.
— Lexie m’a envoyé un texto. Elle veut qu’on brunche avec ses parents demain pour parler de la cérémonie de mariage.
Sa copine est chiante !
D’ordinaire, je m’entends bien avec Lexie. Cette petite brune a passé de nombreuses heures avec nous dans cet appartement. Nous y avons des souvenirs de groupes mémorables. Mais depuis que Carter et Ashley se sont mariés…
Pendant des mois, elle a mis la pression à Jacob pour qu’il fasse sa demande. Face à la détermination de sa chérie, il a fini par rendre les armes.
Moi, je passe mes soirées, seul au bar ou ici, à supporter Jordane, car les gars sont occupés à aller dans des restos chics pour couples ennuyeux. J’en veux pour preuve l’échec cuisant de cette soirée. Je pensais que l’arrivée de Jo à la colocation donnerait un peu de sang neuf à notre groupe, sauf qu’