Utamaro
242 pages
Français

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Description

Si la sensualité avait un nom, elle s’appellerait sans doute Utamaro. Soulignant avec délicatesse le jardin des plaisirs que fut un temps Édo, Utamaro, par la richesse des étoffes, les longs cous de cygnes féminins, les regards énigmatiques, évoque en quelques traits la volupté de tout l’Orient. Et si certaines scènes trahissent pudiquement les jeux amoureux, nombre de ses shungas sont univoques rappelant, dès lors, que l’amour au Japon est avant tout érotique. Puis, s’éloignant un temps de ces joies citadines, il explora avec autant de simplicité la sobriété de la nature : neige crépusculaire, lune évanescente... La finesse de sa touche révèle en quelques traits tout le raffinement de l’apprentissage de l’école Kano. Edmond de Goncourt en sublimant l’art de ce maître japonais nous ouvre les portes d’un art dont les codes et les nuances échappent à notre regard. Cet ouvrage initiatique, par ses magnifiques estampes, nous invite dans ce magnifique jardin d’Aphrodite à découvrir, ou à redécouvrir, l’art japonais.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 juillet 2023
Nombre de lectures 0
EAN13 9781783108619
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0800€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Auteur : d’après Edmont de Goncourt

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
Nam Minh Long, 4 ème étage
District 3, Hô Chi Minh-Ville
Vietnam

© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Parkstone Press International, New York, USA
Image-Bar www.image-bar.com

Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays. Sauf mention contraire, le copyright des œuvres reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.

ISBN : 978-1-78310-861-9
Edmont de Goncourt



UTAMARO
Le Peintre des maisons vertes
au fil de son Πuvre
Sommaire


AVANT-PROPOS
I. L’ART D’UTAMARO
L’ Ukiyo-e* , l’école de Kan ō et celle de Tosa
II. LES ŒUVRES PICTURALES
1. Gravures (Nishiki-e*)
2. Albums (séries d’impressions en couleur)
3. K ak émonos*
4. Surimonos*
5. E-m akimonos*
III. LES LIVRES
1. p etits livres jaunes (Kiby ō shi*)
2. Petits livres (Mangas*)
3. Livres érotiques (Shungas*)
Autres livres érotiques en couleur :
Livres érotiques en noir :
4. Livres en couleur
BIBLIOGRAPHIE
GLOSSAIRE
LISTE DES ILLUSTRATIONS
Portrait de la courtisane Hana ō gi de la maison Ōgiya
(Ōgiya uchi Hanaōgi ), 1793-1794. Ōban, nishiki-e, 36,4 x 24,7 cm.
Musée national des Arts asiatiques – Guimet, Paris.


AVANT-PROPOS


Dans sa Vie d’Utamaro , Edmond de Goncourt, dans une langue exquise et avec une grande finesse analytique, a interprété pour nous la signification de cette forme d’art japonais qui trouva sa principale expression dans l’utilisation du bloc de bois polychrome.
L’estampe Ukiyo-e* , méprisée par l’arrogante aristocratie japonaise, devint un véhicule de l’art pour le petit peuple du Japon, et les noms des artistes qui participèrent à son développement circulent familièrement dans chaque atelier, alors que les peintres classiques de l’école de Tosa et de l’école de Kanō sont proportionnellement rarement mentionnés. Le consensus qui régnait au Japon du vivant de Kitagawa Utamaro vient conforter le verdict d’Edmond de Goncourt : aucun artiste n’était plus populaire. Son atelier était assiégé par des éditeurs qui venaient lui passer commande, et, à travers le pays, ses œuvres étaient ardemment prisées, tandis que celles de son célèbre contemporain, Utagawa Toyokuni, étaient à peine connues. Dans la « Barque d’Utamaro », un célèbre surimono* , dont le titre forme un joli jeu de mots sur maro, signifiant vaisseau en japonais, l’artiste est dépeint dans toute sa suprématie. Il y est représenté dans une barque joliment décorée, entouré d’une nuée de beautés rendant hommage à son génie. Il peignait essentiellement des femmes, et bien qu’Edmond de Goncourt décrive l’impressionnante multitude de ses talents, il intitula pourtant son œuvre : « Outamaro, le Peintre des Maisons Vertes ».

— Dora Amsden, 1905
Neige, lune, fleurs, Hanaōgi de la maison de t hé Ōgiya
(Setsugekka Hanaōgi ), ère Kansei (1789-1801).
Ōban, nishiki-e, 36,2 x 24,9 cm.
Musée national des Arts asiatiques – Guimet, Paris.
Jeune Femme maquillant ses lèvres (Kuchibiru), vers 1795-1796.
Ōban, nishiki-e, 36,9 x 25,4 cm. Collection privée, Japon.


I. L’ART D’UTAMARO


Parcourir les albums japonais est une véritable initiation, au cours de laquelle on est particulièrement ébloui par la splendeur d’Utamaro. Ses planches somptueuses frappent l’imagination par son amour de la femme, qu’il enveloppe si voluptueusement dans les grandes étoffes japonaises, dans des plis, des contours, des chutes et des couleurs si recherchées que le cœur défaille à les regarder, à se figurer ce qu’elles représentent de jouissances exquises pour le peintre. Car le vêtement féminin révèle la conception qu’un peuple a de l’amour et cet amour n’est lui-même qu’une forme de la pensée supérieure cristallisée autour d’une source de joie... Utamaro, peintre de l’amour japonais, mourra d’ailleurs de cet amour ; car il ne faut pas oublier que l’amour japonais est surtout érotique. Les shungas* du grand artiste illustrent l’intérêt qu’il porte à ce sujet. Les délicieuses images de femmes remplissent des centaines de livres et d’albums et rappellent, si besoin était, les affinités innombrables de l’art et de l’érotisme... Ainsi le maître d’Utamaro, le peintre Toriyama Sekien, a-t-il pu dire du magnifique Livre des insectes (Illustrations 1 , 2 , 3 , 4 ) : « ici sont les premières œuvres faites avec le cœur ». Le cœur d’Utamaro transparaît dans la quête de la beauté des animaux à travers cette effusion avec laquelle il dépeint les femmes du Yoshiwara* : l’amour de la beauté chez un artiste n’est vrai, que s’il en a la sensualité. L’amour et le sexe se trouvent à la base des sensations esthétiques et deviennent le meilleur sens pour extérioriser l’art qui, en réalité, ne rend jamais mieux la vie que par schématisation, par stylisation...
Utamaro est l’un des artistes du mouvement japonais du « monde flottant » ( Ukiyo ) les plus connus en Europe ; il est resté comme le peintre des « maisons vertes », selon l’expression d’Edmond de Goncourt. On lui associe immédiatement les estampes en couleurs ( nishiki-e* ) de ses grandes courtisanes longilignes, habillées de tissus précieux, à la chevelure noire, morceau de bravoure de l’artisan graveur.
Il traita, outre des idylles dans un décor de nature, des thèmes tels que les couples d’amants célèbres, des portraits de courtisanes ou des visions érotiques du Yoshiwara* . Mais ce sont surtout les représentations féminines d’Utamaro qui frappent par leur beauté sensuelle vivante et charmante, si loin du réalisme, et chargées d’un sens psychologique d’une grande finesse. Il a su proposer un nouvel idéal de la femme, svelte, altière, aux manières réservées. On a pu lui reprocher d’avoir répandu la mode de la figure longue chez les femmes et de donner à ces figures des proportions invraisemblables. Il fut, certes, l’un des éminents représentant de ce style, mais, ses figures féminines, aux proportions faussées, demeurent des œuvres d’un art merveilleux, tellement japonais... En effet, les japonais prisent plus la noblesse dans la grande beauté, que l’observation et l’esprit. Indiciblement, l’évocation fait éclore la beauté, offre ses mille facettes à l’œil, étonne par une complexité d’attitudes plus apparentes que réelles et prend avec la vérité des licences insensées chargées de sens.
On sait peu de choses de la vie d’Utamaro. Ichitarō Kitagawa, de son vrai nom, serait né à Édo vers la moitié du dixhuitième siècle, probablement en 1753, certainement à Kawagoe, dans la province de Musashi. C’est une ancienne habitude des artistes japonais d’abandonner leur nom de famille pour prendre des noms d’artistes. Le peintre prit d’abord comme nom d’intimité, Yūsuke ; comme nom d’élève d’atelier, Murasakiya et comme nom de peintre sorti de l’atelier travaillant d’après sa propre inspiration, le nom d’Utamaro.
Utamaro vint tout jeune à Édo. Après quelques années d’errance, il habita chez Tsutaya Jūzaburō, le célèbre éditeur de livres illustrés de l’époque, dont la marque représentant une feuille de vigne vierge surmontée du sommet du Fujiyama, se voit sur les plus parfaites impressions d’Utamaro. Il demeurait à un jet de pierre des grandes portes menant au Yoshiwara* . Quand Tsutaya Jūzaburō déménagea et établit sa boutique au centre de la ville, Utamaro l’y suivit et resta avec lui jusqu’en 1797, année où l’éditeur décéda. Alors Utamaro logea successivement rue Kyūemon-chō, rue Bakuro-chō, puis se fixa, dans les années qui précédèrent sa mort, près du pont Benkei.
« Naniwaya Okita », 1792-1793.
Hosoban, nishiki-e (imprimé des
deux côtés (verso)), 33,2 x 15,2 cm.
Collection inconnue.
« Naniwaya Okita », 1792-1793.
Hosoban, nishiki-e (imprimé des
deux côtés (recto)), 33,2 x 15,2 cm.
Collection inconnue.


Il étudia d’abord la peinture à l’école de Kanō. Puis, très jeune, il devint l’élève de Toriyama Sekien. Sekien lui enseigna l’art de l’estampe et de la peinture Ukiyo-e* . À ses débuts, Utamaro publia des estampes sous le nom d’Utagawa Toyoaki. Ce sont ses estampes de beautés ( bijin-e ) et ses estampes érotiques qui le rendront célèbre. Ce sont les maîtres Sekien et Shunshō qui transmirent à Utamaro le savoir traditionnel du grand Kiyonaga et de l’aimable et ingénieux Harunobou (1752-1770). Il devint une sorte d’aristocrate de la peinture, dédaignant de peindre les gens de théâtre ou simplement des hommes. À cette époque, la popularité des peintres, dépendait de celle de leur sujet. Et, dans un pays où toutes les catégories de la population adoraient les acteurs de théâtre, il était courant qu’un peintre profitât de la célébrité de ces derniers, en les intégrant dans son œuvre. Utamaro se refusa à dessiner des comédiens, disant fièrement : « je ne veux pas briller à la faveur des acteurs, je veux fonder une école qui ne doive rien qu’au talent du peintre ». Quand l’acteur Ichikawa Yaozō eut un immense succès dans la pièce Ohan et Choyemon que son portrait, dessiné par Toyokuni, devint célèbre, Utamaro, représenta certes la pièce, mais figurée par d’élégantes femmes, jouant dans des compositions imaginaires. Il démontra ainsi que les dessinateurs de l’école vulgaire, qui avaient répété ce sujet, à la façon d’Utagawa Toyokuni (1769-1825), étaient une troupe surgissant de leurs ateliers, une troupe comparable à des « fourmis sortant du bois pourri ». Les femmes seules l’occupèrent, remplirent son art et il devint bientôt l’artiste merveilleux que nous connaissons.
Parmi ceux qui jouèrent, à cette époque, un rôle important pour Utamaro, Tsutaya Jūzaburō (1750-1797) publia ses premiers albums illustrés. Il était entouré d’écrivains, de peintres et d’intellectuels, qui se réunissaient autour de poésies ky ō ka* , à la thématique plus libre et aux règles moins strictes q

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